Château de Bagatelle (Somme)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne château situé à Abbeville. Pour le château de Bagatelle du bois de Boulogne à Paris, voir Château de Bagatelle (Seine). Pour homonymes, voir Bagatelle.
Château de Bagatelle
Image illustrative de l'article Château de Bagatelle (Somme)
Façade avant.
Période ou style Folie
Début construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Josse Van Robais
Propriétaire actuel Yannick Chagnon[1]
Protection  Inscrit MH (1926) + Jardin régulier et parc 26/11/1946
Coordonnées 50° 05′ 42″ nord, 1° 50′ 36″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Province Hauts-de-France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Commune Abbeville

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Château de Bagatelle

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Château de Bagatelle

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Château de Bagatelle

Le château de Bagatelle est un château du XVIIIe siècle situé à Abbeville, dans le département de la Somme.

Histoire[modifier | modifier le code]

« Un bijou qui joignait l'agréable à l'utile. »

— Michel-Jean Sedaine

[réf. nécessaire]

La maison est édifiée sur un terrain nu du faubourg de Saint-Gilles, acquis en 1752 par Abraham Van Robais (1698-1779 - son portrait par Jean-Baptiste Perronneau, de 1769, est au musée du Louvre), dernier fils d'Isaac van Robais († 1703) et héritier de son oncle Josse, dit de Ryxdorpen, en 1735. Disposant alors de grands moyens, il remplace l'ex-hôtel Leroy de Valine à Abbeville par une autre demeure.

Fin 1665, son grand-père Josse - puis Joseph - Van Robais († 1694), drapier et négociant de Middelbourg, a été attiré par Jean-Baptiste Colbert, surintendant des bâtiments et manufactures royales depuis 1664, qui veut relancer l'industrie textile locale. Pour ce faire, il est naturalisé français, autorisé à pratiquer la religion protestante, exonéré d'impôts et de taxes d'importation, obtient une « prime » de 12 000 livres et le monopole de fabrication de draps fins pour vingt ans, afin de créer la manufacture des Rames (en référence aux rangées de rames utilisées pour le séchage des draps).

Ce n’était à l’origine qu’un petit pavillon dit en rez-de-jardin de quatre pièces, une « bagatelle » ou « Folie (château de plaisance) », selon les traités d'architecture de Jacques-François Blondel (1737) et de Charles-Étienne Briseux (1743), utilisée pour recevoir les clients importants de l'industriel et qui, pour cette raison, ne comptait qu'un salon d'hiver, un salon d'été et une salle à manger, mais pas de chambres, d'office ou de pièces de commodités.

La construction en brique qui n'a ni fondations ni cave, est dotée d'un toit plat dit « en terrasse » ou « à l'Italienne » (comme ceux du château de Versailles et des Trianons). Elle est disposée « en lanterne », les pièces étant éclairées de chaque côté pour laisser entrer le plus de lumière possible.

En 1763, afin de pouvoir créer un étage de chambres, est ajouté à l'élévation un niveau ou attique, « dernier étage d'une façade qui n'a que la moitié ou au plus les deux tiers de la hauteur de l'étage inférieur », selon Jules Adeline (p. 35 de la réédition de 1889 de son Lexique des termes d'art).

En 1793 les Van Robais, dont le privilège n'avait pas été renouvelé en 1768, vendent le château à Pierre-François Roze (officier de la marine royale ?), puis, en 1802, la manufacture familiale à Michel Grandin, manufacturier d'Elbeuf.

En 1810, Bagatelle est revendu à François-Gabriel de Wailly, dont les héritiers feront ajouter un comble dit « à la Mansard », puis, en 1898, deux pavillons latéraux, par l'architecte Parent. En 1878, la ferme, devenue vétuste, a été remplacée par deux ailes. Depuis, l'aspect extérieur de la demeure n'a pas changé[3]. Ces importantes transformations et agrandissements d'une « folie[N 1] » de la seconde moitié du XVIIIe siècle, modifient son aspect originel, évoquent - en plus harmonieux - ceux que subit un siècle plus tard le plus célèbre « Bagatelle » du monde, celui du bois de Boulogne à Paris, entre autres lourdement surélevé par le 4e marquis d'Hertford († 1870) , puis par son héritier Richard wallace († 1890).

Les de Wailly conservent Bagatelle pendant près de deux siècles, avant de le vendre aux actuels propriétaires qui ont entrepris une campagne de restauration des intérieurs et du jardin.

Situé dans le sud de la ville, à proximité de la route de Paris (entre le faubourg Saint-Gilles et la route d'Amiens), il dispose également d'un parc botanique de 10 hectares.

La maison a été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 18 mai 1926, puis le 26 novembre 1946, le jardin régulier, jardin à la française, et le parc[4].

La visite[modifier | modifier le code]

Le château est généralement ouvert à la visite en été, chaque après-midi, de 14h00 à 18h00, sauf le mardi.

Dans le vestibule se trouve un escalier à double-révolution dont la fine rampe en fer forgé d'origine est due à Simon Pfaff de Pfaffenhoffen. Il donne accès au premier étage du corps central où se trouvent deux petits appartements et un boudoir. Le visiteur est frappé par la légèreté de cet escalier pourtant placé dans une pièce aux dimensions réduites.

Le salon rond, ancien « salon d'été », pièce centrale qui a conservé ses lambris peints et des dessus-de-porte, est éclairé par trois fenêtres et offre une vue sur le jardin « à la française » et, plus loin, sur les allées du parc botanique. Cette pièce est encadrée par la salle à manger et le « salon d'hiver ».

Si l'aile sud abrite des pièces privées, l'aile nord, construite en 1878, se visite. Elle a été abîmée par un obus pendant la Deuxième Guerre mondiale, sa bibliothèque a perdu l'ensemble de ses ouvrages. Quant au salon de musique, il résonne encore des notes d'Éric Satie ou de Vincent d'Indy qui furent hôtes du château.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Fournier, Van Robais et Saint Frères, l'héritage de deux dynasties industrielles, revue "Vieilles Maisons Françaises", no 234, septembre 2010, p. 42 à 49, illustré.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce nom de folie, qu’on retrouve par exemple pour le château de Long, n’a rien à voir avec de prétendues dépenses pharaoniques de construction : il vient du latin « folium », et désigne une demeure de plaisance bâtie dans le feuillage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Céline Dubois, La « Bagatelle » des Van Robais, le Courrier picard, édition Picardie maritime, p.10, 12 août 2015.
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  3. Louis Grenier, Château de Bagatelle, Abbeville, 1994.
  4. Notice no PA00116032, base Mérimée, ministère français de la Culture.