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Château d'Hérisson

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Château d'Hérisson
Présentation
Type
Fondation
XIe siècle-XIVe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Style
Propriétaires
Ville de Hérisson (d) (depuis ), liste des seigneurs puis ducs de BourbonVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
État de conservation
Site web
Localisation
Localisation
Région historique
Coordonnées
Carte

Le château d'Hérisson est un ancien château fort du XIe siècle, remanié à plusieurs reprises, dont les vestiges se dressent sur la commune d'Hérisson dans le département de l'Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il ne subsiste au début du XXIe siècle que des ruines de ce château fort. Une association[1], « Sauvegarde du château féodal d'Hérisson », travaille à sa restauration, sous le contrôle de l'architecte en chef des monuments historiques.

Les ruines du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Les vestiges du château d'Hérisson sont situés dans un large méandre de l'Aumance, affluent du Cher, sur une butte rocheuse, sur la commune d'Hérisson, au nord de Montluçon, dans le département de l'Allier. La place-forte permettait aux ducs de Bourbon de gouverner la partie occidentale de leur duché.

Historique[modifier | modifier le code]

Le site fut sans doute fortifié dès l'invasion wisigothique[note 1]. Un premier château est construit en 989[réf. nécessaire] et terminé au XIe siècle. Au XIe siècle, Hérisson appartient aux sires de Bourbon, mais le fief est sous la suzeraineté des comtes de Champagne. Le château primitif comportait un donjon carré et un second plus petit. Le château fort a probablement été commencé par un sire de Bourbon, en un lieu qui surveillait un gué sur la rivière et un carrefour de voies anciennes. Au XIIe siècle, la place est le refuge de pillards[note 2]. Au XIIIe siècle il devient le siège d'une châtellenie. Il est agrandi et renforcé au XIVe siècle par le duc Louis II de Bourbon. Le château actuel remplace le premier, avec augmentation des défenses par la création de fortifications.

Pendant la Fronde, il est pris par les partisans du prince de Condé, venus du château de Montrond, puis repris par le comte de Saint-Géran[note 3], gouverneur du Bourbonnais, fidèle au roi. Sur l'ordre de Mazarin, le château est démantelé à partir de 1652[3],[note 4] et il a probablement servi de carrière de pierres aux habitants de la ville.

Le château, qui appartenait à la famille de Condé, passa en 1830 au duc d'Aumale, héritier du dernier prince de Condé. Il fut ensuite vendu à Pierre Simon de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, et en à Maurice d'Irisson[note 5]. Il fut acheté par la suite par Louis Bignon, restaurateur parisien natif d'Hérisson.

Au milieu du XXe siècle, le château appartenait au Touring club de France, qui y organisait des fouilles et des chantiers de restauration. Après la liquidation de l'association, en 1983, le château a été acquis par la ville d'Hérisson.

En 2006 la ville en a délégué la restauration et l'entretien à une association (« Sauvegarde du Château féodal de Hérisson » (S.C.H.)[4].) par l'intermédiaire d'un bail emphytéotique de dix ans. Une médaille du château figure sur la coquille de l'épée d'académicien de l'économiste Gaston Leduc, né à Hérisson et élu membre de l'Institut en 1967.

Description[modifier | modifier le code]

« Le chastel d'Hérisson est place très forte et de fort belle marque, situé sur un haut rocher près le fleuve d'Œil[note 6] dans une vallée environnée de montaignes et rochers, concistant ledict chastel en huict belles tours et une neufiesme qui est la plus grande servant de donjon et au-dessus d'une platte forme dans laquelle il a quatre grandes chambres accompaignées de gardes robbes, caves et d'une chapelle, du tiltre de Sainct Ligier, et au dessoubs en la court du donjon un corps de logis à quatre grandes chambres et la maison du geoilier ; au dessoubs du donjon est la basse court, à l'entrée de laquelle y a un revellin[note 7] et un pont levis et au dedans entre deux portes une grande voulte percée en hault en trois endroicts pour getter pierres et défendre l'entrée et sur icelle y a ung petit jardin et un puis, tout dans la forteresse du donjon lequel est partout environné de machecollis et faulces brayes et basty et édifié de grosses pierres de taille très dure faictes en pointe de diamant ; en la basse court qui est toute ruinée et les murailles qui la séparoient d'avec la ville tumbées, y a une chapelle de Sainct Blaise... »

— Nicolas de Nicolay, Description générale du Bourbonnais en 1569[5].

Les vestiges actuels se dressent sur une butte rocheuse de 90 m sur 35 m dominant une terrasse intermédiaire entre le château et le village formant basse-cour, toutes deux conservant une bonne part de leurs enceintes flanquées de tours cylindriques, dont quatre sont encore altières[6].

À l'extrémité nord du château haut se dresse, face au plateau le plus proche, un donjon carré du XIVe siècle[6] couronné de mâchicoulis, et dont il ne subsiste que deux pans. Les logis étaient disposé le long des courtines[6]. À noter la taille de certaines archères qui atteignent 2,50 m de haut[7].

Une vaste basse-cour complétait cet ensemble. Le bourg établi au pied du château fut doté également d'une enceinte complète, dont il reste de notables parties[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'affirmation se trouve dans la notice de la base Mérimée, mais n'est pas appuyée sur des éléments concrets.
  2. L'Église interdira tout office dans le bourg.
  3. Fils du maréchal de Saint-Géran.
  4. Son démantèlement aurait employé pas moins de 3 000 hommes.
  5. Il se faisait appeler le comte Maurice d'Irisson d'Hérisson. Il est connu pour avoir publié en 1875 la Description générale du Bourbonnais de Nicolas de Nicolay.
  6. Nicolay ne fait pas d'erreur : jusqu'au XVIIIe siècle, on considérait que c'était l'Aumance qui se jetait dans l'Œil ; c'est semble-t-il à la suite d'une erreur des Cassini que la situation a été inversée. C'est donc l'Œil qui arrosait Hérisson au XVIe siècle et la toponymie en garde la trace, par exemple dans le nom de la rue de Gateuil, le long de la rivière, qui rappelle le gué de l'Œil.
  7. Revellin (ou ravelin) : élément de fortification placé à l'avant de la porte et destiné à la protéger.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'association.
  2. « Ruines du château », notice no PA00093114, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Josyane et Alain Cassaigne, 500 châteaux de France : Un patrimoine d'exception, Éditions de La Martinière, , 395 p. (ISBN 978-2-7324-4549-6), p. 14.
  4. Déclaration de S.C.H., site des annonces du journal officiel des associations.
  5. Éd. Maurice d'Irisson, p. 116.
  6. a b c et d André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p. (ASIN B004Z1ACJ4), p. 30.
  7. Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 115.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]