Château vieux de Clermont

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Château vieux de Clermont
Image illustrative de l’article Château vieux de Clermont
Emplacement de l'ancienne tour maîtresse du château.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Seigneurs de Clermont
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Conseil régional
Destination actuelle Ruiné
Coordonnées 45° 58′ 25″ nord, 5° 54′ 33″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Genevois
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Clermont
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Château vieux de Clermont
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château vieux de Clermont

Le château de Clermont (Clarus mons, Claromont, Clarmonz), dit château vieux par commodité, est un ancien château fort, du XIe siècle, siège d'une châtellenie, dont les vestiges se dressent sur la commune de Clermont dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Dans la partie basse du château, dite plain-château, a été édifié à la fin du XVIe siècle, par l'évêque Gallois de Regard un château de plaisance de style Renaissance, à partir des pierres du vieux château.

Situation[modifier | modifier le code]

Les ruines du château de Clermont se dressent dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Clermont, au sommet d'un crêt molassique le « Molard » dit « mont Saint-Jean » à 650 mètres d'altitude. Au Moyen Âge, Clermont devient une importante bourgade fortifiée. Ces remparts venaient se raccorder à celle du plain-château.

Le château surveillait la route de Chambéry à Genève et le carrefour des routes vers Seyssel à l'ouest et vers Sallenôves à l'est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Clermont, mentionné sous les formes Clarus mons, Claromont, Clarmonz[2], est à l'origine la possession des seigneurs de Clermont. La famille de Clermont est mentionnée en 1060[3] comme vassal des comtes de Genève. Le château passe, à l'extinction de la lignée vers la fin du XIIe siècle[4], aux comtes, qui en feront le centre d'une châtellenie, puis au XIVe siècle[4], le siège du bailliage du Genevois. Aux XIIIe et XIVe siècles, les comtes qui résident habituellement au château d'Annecy en font leur résidence d'été[5] et y font des travaux.

En 1346, le comte Amédée III de Genève rend hommage à l'évêque de Genève, au château[6].

Dans l'enceinte basse ou plain-château des familles nobles de la région y ont une demeure ; on peut citer les familles de Hauteville, Pelly (avant le XVe siècle), et après le passage du fief aux Savoie, l'installation des Viry, ainsi que les Regard, mentionnés à partir de 1395[7],[Note 1].

À la suite de l'acquisition du comté de Genève en 1401, le château devient la propriété de la Maison de Savoie. Il devient une résidence courante du prince Janus de Savoie, au même titre que deux de Duingt et Bonneville[9].

La famille Regard obtient la charge de châtelain de Clermont. Pierre de Regard sera d'ailleurs anobli en 1511[7], et en 1512 y naît Gallois de Regard, son fils[4].

Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert autorisera le [Note 2], Mgr Gallois de Regard, évêque de Bagnorea (Bagnoregio) et camérier du pape Paul IV, fortune faite, à ériger un nouveau château[7]. Il se fera construire également un hôtel particulier à Annecy pour en faire sa résidence d’été.

En 1630, à la suite de l'invasion du duché de Savoie par les troupes de Louis XIII, le château est définitivement ruiné[10].

Description[modifier | modifier le code]

Emplacement de l'ancienne tour maîtresse du château comtal.

Il ne subsiste aujourd'hui que de rares vestiges du château médiéval, on distingue encore les débris d'une enceinte et les soubassements du donjon cylindrique de 10,40 m de diamètre. Cette tour maitresse circulaire isolée à l'origine qui avait des murs d'une épaisseur de près de 4 mètres fut vraisemblablement érigée dans le deuxième quart du XIIIe siècle[11]. On lui accola par la suite un logis, faisant de cet ensemble un « donjon », sans en modifier son accès qui se trouvait en hauteur[12].

Il comprenait deux enceintes, une enceinte basse, ou « plain-château »[13], et une enceinte haute. Dans cette dernière s'élevait un donjon enchemisé lui-même par un mur circulaire, deux tours et un corps de logis.

Chapelle édifiée au nord du site castral à la fin des années 1930.

Campagne de fouille de juillet 2017[modifier | modifier le code]

Une campagne de fouille a été réalisée sur le site disparu du château comtal durant le mois de juillet 2017, sous la conduite de Loïc Benoit, archéologue à l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP) du Conseil départemental de la Haute-Savoie et doctorant au Centre interuniversitaire d'histoire et d'archéologie médiévales[14]. Une prospection géophysique a été réalisée afin d'étudier l'emplacement probable de la tour-maîtresse de l'ancien château[14]. L'analyse permet de révéler des murs de 3,70 mètres d’épaisseur[14].

Châtellenie de Clermont[modifier | modifier le code]

Le château de Clermont est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum)[15]. Il s’agit plus particulièrement d’une châtellenie comtale, relevant directement du comte de Genève[16].

Au XVIIe siècle, les armes du mandement de Clermont se blasonnaient ainsi : une clef d'or en champ de gueules avec une truffe au-dessous de la clef[17].

Dans le comté de Genève[18], puis le comté de Savoie à partir de 1401, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[19],[20]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[21]. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net [...] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »[22].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent d'Agostino, Évelyne Chauvin Desfleurs, « Le Château de Regard à Clermont-en-Genevois : un renouvellement des connaissances par l'archéologie du bâti », Châtoscope. Représentations multiples des Châteaux de Haute-Savoie, catalogue d’exposition, Annecy, p. 52-57.
  • Laurent d'Agostino, Évelyne Chauvin Desfleurs, Château de Regard (Clermont-en-Genevois, Haute-Savoie), R.F.O. de prospection, HADES / DRAC Rhône-Alpes, SRA, 2011, 3 vol.
  • Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Matthieu de La Corbière, « Une prestigieuse résidence des comtes de Genève : le château de Clermont », La Revue Savoisienne, vol. 151,‎ , p. 307-330
  • Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [PDF] Nicolas Payraud, « Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle », HAL - Archives ouvertes, no tel-00998263,‎ , p. 3.4. La châtellenie de Sallanches (lire en ligne).
  • Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita, , 193 p. (ISBN 978-2-88295-117-5), p. 53-55.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon une Notice généalogique sur la famille de Regard (1893), la famille serait originaire de Romagne (Italie)[8].
  2. Christian Regat mentionne la date de 1578[10].
  3. Maître est une qualité associée « aux procureurs, notaires, praticiens et commissaires »[26].
  4. Qualité donnée à une personne en fonction de son rang social attribuée par les notaires, équivalent de sieur[26], Égrège « adj., masc, titre ou qualité qu'on donnait quelquefois dans les actes du quinzième siècle à un homme d'un grand savoir, et d'une grande probité ; il accompagnait ordinairement celui de noble, ou de magnifique. »[27].
  5. Honorable est une qualité associé aux artisans qui ont réussi[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. Blondel 1956, p. 77.
  3. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 340.
  4. a b et c Regat - Aubert 1999, p. 53-55.
  5. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05-101676-3), p. 153.
  6. Duparc 1978, p. 286 (Lire en ligne).
  7. a b et c Blondel 1956, p. 78.
  8. Notice généalogique sur la famille de Regard, publiée dans les Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Imprimerie générale savoisienne, Chambéry, 1893, Modèle:Pp.26-27 (lire en ligne).
  9. Laurent Perrillat, « Les apanages de Genevois au XVe siècle. quelques résultats de recherches sur les institutions et les hommes », Etudes savoisiennes, no halshs-0102376,‎ (lire en ligne).
  10. a et b Regat - Aubert 1999, p. 54.
  11. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève. Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe – XIVe siècle), coll. « Mémoires et documents », Annecy, Académie salésienne, 2003, 646 p., (ISBN 2-901102-18-2), p. 297.
  12. Matthieu de la Corbière, ibid., p. 298.
  13. Matthieu de la Corbière, ibid., p. 299.
  14. a b et c « À l’ombre du château, un ensemble fortifié du Moyen Âge se réveille », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  15. Payraud 2009, p. Annexe 8 : liste des ensembles fortifiés intégrés au corpus.
  16. Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 616 p. (lire en ligne), p. 416.
  17. J.-F. Gonthier, « Funérailles de Charles-Amédée de Savoie, duc de Nemours (1659) », Revue savoisienne, vol. XI, no série II,‎ , p. 249 (lire en ligne).
  18. Duparc 1978, p. 413 et suivantes (lire en ligne).
  19. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-84206-347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  20. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  21. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  22. Nicolas Carrier, « A travers les archives médiévales de la principauté savoyarde - Les comptes de châtellenies », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté en mars 2018).
  23. ADS1.
  24. Payraud 2009, p. 671-682, Annexe 11 : liste des châtelains recensés dans le cadre de cette étude.
  25. Laurent Perrillat, L'apanage de Genevois aux XVIe et XVIIe siècles : pouvoirs, institutions, société, vol. 113, t. 2, Académie salésienne, , 1070 p. (lire en ligne), « Annexe n°4 - Listes des châtelains et fermiers de châtellenies de l'apanage aux XVIe et XVIIe siècle », p. 936-937, « Clermont ».
  26. a b et c Jean Nicolas, La Savoie au XVIIIe siècle, Noblesse et Bourgeoisie, Les Marches, La Fontaine de Siloé, coll. « Le Champ régional », , 1242 p. (ISBN 978-2-84206-222-4, lire en ligne), p. 66.
  27. Nicolas Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, Paris, (lire en ligne).