Château Gaudrelle

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Château Gaudrelle
Image illustrative de l’article Château Gaudrelle
Le Château Gaudrelle à Vouvray
Période ou style XVIIe siècle
Type Château viticole
Début construction XVIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire actuel Famille Monmousseau
Destination actuelle Privée
Site web http://www.chateaugaudrelle.com
Coordonnées 47° 25′ 42″ nord, 0° 47′ 51″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Commune Vouvray

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château Gaudrelle

Le château Gaudrelle, situé sur l'appellation d'origine contrôlée vouvray (AOC), est un domaine de 20 hectares fondé au XVIIe siècle[2]. Il était à l’époque la propriété d’un riche soyeux de Tours (la manufacture de la soie et la magnanerie étaient les deux plus grands fleurons de l’industrie locale). Il est dans la zone inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco du Val de Loire[3].

Histoire du domaine[modifier | modifier le code]

Carte postale du Château de la Gaudrelle à Vouvray. Vue avant la restauration.

Le Château Gaudrelle est à l'origine une gentilhommière du XVIIe siècle[4].

Une prévoté existait aussi au XIIe siècle à Gaudrelle. Elle constituait une dignité et un bénéfice dépendant de la Collégiale Saint-Martin de Tours[5].

Ce logis faisait autrefois partie d'un ensemble de constructions.

En 1537, elle appartenait à Jean Dubissier, dit d'Auvergne, qualifié de seigneur de la Gaudrelle. En 1580, Guillaume Coliuet et Jean Marchais la vendirent à Jean Lasneau, seigneur de Cohabert[6].

En 1757, le bâtiment est vétuste. Il est acheté par Jean Moisand, qui le fait restaurer. Hérité par sa fille Marguerite, le domaine est doté d'une chapelle, bénie en 1764, et aménagée dans une cave troglodytique, qui a retrouvé sa fonction primitive.

En 1847, la propriété est démembrée et une grande partie des constructions est détruite, pour une raison inconnue. Les lucarnes ont été refaites vers la fin du XXe siècle. La porte d'entrée est encadrée par deux pilastres doriques[7].

Il est la propriété de la famille Monmousseau depuis 1931[8],[9],[10], et a subi deux agrandissements, l’un en 1974 et l’autre en 2004. Aujourd'hui, Alexandre Monmousseau en est le producteur récoltant.

Architecture[modifier | modifier le code]

La Gaudrelle est constituée par un bâtiment élevé d'un rez-de-chaussée et d'un comble éclairé par des lucarnes de pierre au midi.

Non loin du manoir se trouve la chapelle troglodyte (entièrement creusée dans le rocher), sur le plan d'une croix grecque et comprenant une nef, un transept dont les croisillons sont, comme la nef, voûtés d'un berceau en plein cintre, et une abside voûtée en cul-de-four. Le rocher couvrant la croisée du transept a été évidé et cette croisée est dominée par un clocher carré, couvert d'une toiture pyramidale, et qui émerge au-dessus du coteau[4].

Le terroir[modifier | modifier le code]

Couches géologiques sur les coteaux de Vouvray.

Les sols sont Argilo-calcaires ou argilo siliceux. La roche mère, crayeuse, est de l’époque du Turonien (environ 90 millions d’années av. J.-C.). Les coteaux de Vouvray, situés sur la rive nord de la Loire sont exposés plein sud. Le vignoble recouvre des coteaux de craie blanche du Turonien. Les coteaux sont entrecoupés de vallées confluentes (ruisseaux affluents de la Loire), et recouverts de « perruche » (argile à silex qui donnent le caractère minéral) et « d’aubuis » (argilo-calcaires qui font la puissance des liquoreux).

Vignoble et méthode de culture[modifier | modifier le code]

Cépage[modifier | modifier le code]

Le vignoble est exclusivement planté de chenin blanc. La culture du chenin à Vouvray remonte à Saint Martin de Tours (fin du IVe siècle). Celui-ci avait fondé son ermitage aux portes de Tours. Sur le lieu même où se situe aujourd'hui l'Abbaye de Marmoutier.

Influence de la Loire[modifier | modifier le code]

En bordure de la vallée de la Loire les sols se réchauffent rapidement sous l’influence océanique qui pénètre jusqu’au cœur du vignoble. Des automnes ensoleillés favorisent la sur-maturité, voire la pourriture noble. L’obtention de vins tendres (demi-secs), mœlleux ou liquoreux, dépend de la variabilité climatique.

Méthode de culture[modifier | modifier le code]

Entretien du vignoble[modifier | modifier le code]

L’âge moyen du vignoble sur le domaine est de 35 ans. Il est procédé chaque année à des replantations de l’ordre d’un demi-hectare. La densité de plantation est de 6666 pieds par hectare. Le vignoble est taillé en gobelet-éventail à 4 – 5 coursons de 2 ou 3 yeux chacun. Le rendement moyen est de 45 hectolitres par hectare.

Entretien du sol[modifier | modifier le code]

Le sol est enherbé et la flore qui s’y développe est indigène. La bande d’herbe est entretenue par des tontes successives (2 à 3 par an). Le reste de la surface du sol est entretenu par passage d’herbicide « brûlant » et non résiduaire (pas de rémanence dans le sol). L’avantage de cette méthode réside en 5 points :

  1. Abandon des herbicides résiduaires (Triazine essentiellement) et utilisation de Glyphosate, herbicide sans classement toxicologique ;
  2. Nette diminution de l’érosion du sol et des broyis de sarment ;
  3. Nette augmentation du taux de matières organiques ainsi que de la vie du sol (faune et flore) ;
  4. Meilleure portance du sol vis-à-vis du matériel ;
  5. Nette diminution du compactage du sol.

Entretien des vignes[modifier | modifier le code]

Il est procédé pendant la saison verte à un ébourgeonnage sévère des parcelles afin de répartir au mieux la végétation ainsi que les grappes. Deux effeuillages sont pratiqués, l’un après la fleur à la chute du capuchon floral et l’autre à la véraison. Ces dernières opérations contribuent largement à une meilleure maturité, à un réel contrôle du rendement et une nette diminution des traitements phytosanitaires.

Récolte[modifier | modifier le code]

La cueillette est réalisée à la machine, équipée d’un égrenoir pour les parcelles destinées à la production de vins à « bulles », secs et secs-tendre. Ces types de vins nécessitent de récolter des raisins sans pourriture (pureté aromatique, amertume). Or, il se trouve que c’est le grain le plus lourd qui pour une force de secouage donnée, va tomber en premier. Le grain le plus lourd est celui qui est le plus mûr, les grains atteints de pourriture ou insuffisamment mûrs sont plus légers. Leur inertie étant plus faible, il faut secouer plus fort pour les décrocher. Avec un réglage judicieux de l’engin, le tri du raisin est possible mais surtout efficace. De plus, l’utilisation de l’égrenoir est un véritable plus sur le plan de la pureté aromatique.

Concernant les vins liquoreux, les raisins sont récoltés par tris successifs en deux passages. Naturellement, cette opération ne peut être réalisée qu’à la main.

Galerie[modifier | modifier le code]

Quelques photos anciennes du Château :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Google Maps
  2. (fr) Blog Tourainissime
  3. (fr) Site de l'Unesco
  4. a et b (fr) La Touraine archéologique : Guide du touriste en Indre-et-Loire, Mayenne, Joseph Floch, , 735 p. (ISBN 2-85554-072-0)
  5. (fr) Le dico des rues oésiennes, Jean-Luc Galliot & Gérard Gasnier Édition,
  6. (fr) Carré de Busserolle, Jacques-Xavier (1823-1904), Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : Tome III, Tours, impr. de Rouillé-Ladevèze, 1878-1884 (lire en ligne)
  7. (fr) Le Patrimoine des Communes d'Indre-et-Loire : Tome II, Paris, Flohic éditions, , 1405 p. (ISBN 9782842341152)
  8. (en) Article dans le New-York Times du 17 avril 1955
  9. (en) Article dans le New-York Times du 11 novembre 1987
  10. (fr) Article dans Marianne par Périco Légasse le samedi 7 novembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]