Cesseras

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Cesseras
Chapelle Saint-Germain de Cesseras
Chapelle Saint-Germain de Cesseras
Blason de Cesseras
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Saint-Pons-de-Thomières
Intercommunalité Communauté de communes Minervois Saint-Ponais Orb-Jaur
Maire
Mandat
Jean-Bernard Tolomio
2014-2020
Code postal 34210
Code commune 34075
Démographie
Gentilé Cesserassois
Population
municipale
375 hab. (2014)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 19′ 33″ nord, 2° 42′ 57″ est
Altitude Min. 54 m – Max. 417 m
Superficie 15,07 km2
Localisation

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Cesseras (en occitan Sesseraç) est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Cesserassois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

La commune de Cesseras se caractérise par une géographie variée : elle comprend l'extrémité de la grande plaine du Minervois et sa rencontre avec les coteaux des causses de Minerve et de Siran. Une partie importante des gorges de la Cesse dépend de Cesseras ; on y trouve notamment, à proximité de hameau de Fauzan, la célèbre grotte de l'Aldène (ou de la Coquille).

Altitude minimale : 54 m ; altitude maximale : 417 m (source : IGN).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles, la graphie du toponyme de Cesseras a varié. « Le dictionnaire topographique de l’Hérault » (1865), œuvre d’Eugène Thomas, ancien président de la Société archéologique de Montpellier, les recense :

  • Cesaranus seu Bassianum villa, 898 (archives de l'église de Narbonne H. L. H, pr. c. 28).
  • Sesseraz, 1095 (2° cart. de la cathédrale de Narbonne ibid. 34o).
  • Saisseras, 1100 (Spicil. X, 163).
  • Ecel. S. Martialis de Seisseria in territorio Minerbensi, 1102 (archives de l'église de St-Pons; H. L. ibid. 357).
  • De Cesseratis, 1135 (2° cart. de la cathédrale de Narbonne ibid. 480).
  • Allod. de Cesserad, 1182 (G. christ. VI, inst. c. 88).
  • Cesserats, 1222 (hôtel de ville de Narbonne H. L. III, pr.c. 275).
  • Cesseratium, 1256 (mes de Colbert, ibid 521).
  • Cesseras, seigneurie de la viguerie de Carcassonne, 1529 (dom. de Montp. ibid. V, c. 85); 1625 (pouillé); 1649 (ibid.); 1760 (ibid.).

Dans son étude « Les noms de lieux de l’Hérault » (Centre d’Etudes Occitanes ; Université Paul-Valéry-1983) Frank R. Hamlin relie l’étymologie de Cesseras à la rivière de la Cesse. Cependant, Paul Fabre, dans son ouvrage « Noms de lieux du Languedoc » (Editions Bonnet on, 1995) note que « les formes anciennes semblent renvoyer (au suffixe) –anum » : la première appellation connue de Cesseras (an 898) le montre : « Cesaranus seu Bassianum » qui évoque un César.

[D’après Georges Sénié "Cartulaire Historique et raisonné de la Commune de Canet (Aude), 1990", il semblerait qu'Eugène Thomas ait confondu « Cesaranus » avec Sérame (hameau situé aujourd’hui à l'extrémité nord de la commune de Lézignan-Corbières) ; « Bassianum » renvoie au domaine de Bassanel, situé non loin de Sérame, sur le territoire communal d’Olonzac). Si l'on accepte cette analyse, la première graphie donnée de Cesseras serait à éliminer ; dès lors, l'hypothèse de Hamlin est tout à fait plausible : Cesseras aurait un rapport direct avec la rivière Cesse.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation humaine est attestée sur la commune de Cesseras depuis 300 000 ans (fouilles de la grotte de la Coquille).

Le village n'apparaît officiellement dans l'histoire qu'en 844, dans un acte de Charles le Chauve (mention de la villa Censaradus).

Au XIIIe siècle, au moment de la croisade contre les Albigeois, le seigneur accusé d'hérésie est dépossédé de ses biens et emprisonné à Carcassonne. En 1255, Saint Louis donne Cesseras à Raimond II Trencavel, en dédommagement des biens confisquées par la Couronne. C'est d'ailleurs dans le château seigneurial que serait mort cet avant-dernier des Trencavel, vers 1263, après avoir servi le roi de France lors de la septième croisade.

Lors de la guerre de Cent Ans, le village est ravagé par les routiers, qui détruisirent notamment l'église Saint-Geniès.

Le , a lieu la bataille de Cesseras-Azillanet dans l'Hérault, pendant les guerres de religion.

Sous l'Ancien Régime, l'église était sous le vocable de Saint-Geniès et sous l'invocation de Notre-Dame de la Serre. Il existait une paroisse annexe, Saint-Germain-de-Courbissac. Bien que citée en 1790, Saint-Germain n'est pas créée commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1983 en cours
(au avrile 2014)
Jean-Bernard Tolomio DVG Retraité Fonction publique

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 375 habitants, en diminution de -4,34 % par rapport à 2009 (Hérault : 6,81 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
520 456 539 617 605 578 572 586 605
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
556 543 624 612 632 700 665 661 692
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
648 676 634 663 638 679 669 527 514
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
560 442 433 388 382 400 419 372 375
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006 [4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Les listes nominatives de recensement de population ont été numérisées et sont consultables en ligne sur le site des Archives départementales de l’Hérault[5].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Cesseras.
Vue panoramique de Cesseras
Dolmen de la Cigalière

La commune est particulièrement riche en monuments historiques :

  • Grotte d'Aldène (dite aussi de Fauzan ou de la Coquille). Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [6].
  • Dolmen de la Cigalière (métairie de Balzabé). Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [7]..
  • Chapelle Saint-Germain-de-la-Serre[8] (à deux kilomètres à l'ouest du village), chef d'œuvre de l'art roman en Minervois, caractérisée par ses bandes lombardes. C'est l'ancienne église paroissiale d'un village aujourd'hui disparu. La première campagne de chantier remonte au XIe siècle ; l'édifice a ensuite été surélevée au XIIe siècle (la différence d'appareil est bien visible). L'intérieur, à vaisseau unique, est voûté en berceau brisé pour la nef et en cul-de-four pour l'abside. L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [9]..
  • Église Saint-Geniès, église paroissiale du village caractéristique du gothique méridional : vaste nef unique ouverte sur des chapelles latérales, abside à pans rayonnants. L'édifice a été reconstruite au XVe siècle après les ravages des Routiers. Son portail renaissance, protégé sous un porche à croisée d'ogives, est daté du XVIe siècle. Le clocher, puissante tour crénelée, est le seul vestige de l'édifice roman antérieur. Il faisait partie du système de fortification du village. Il renferme un trésor d'art sacré, dont le fameux bras reliquaire de Saint-Salvy (visite : renseignement à la mairie). L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [10].
  • Site de l'ancienne chapelle Saint-Salvy : vestiges d'une chapelle du Haut Moyen Âge, présentant un appareil en opus spicatum caractéristique. L'édifice a été détruite durant les guerres de religion ; son trésor a été transporté à l'église Saint-Geniès. Les ruines sont classées Monument Historique par arrêté du 15 septembre 1971.
  • Le vieux village conserve des vestiges de ses remparts (tours et courtines). Il possède aussi quelques vieilles maisons (fenêtres à meneaux) et des éléments de l'ancien château, démantelé à partir de la Révolution : deux tours rondes, dont une couronnée d'une couverture à tuiles vernissées. Le site du village, niché sous les premiers contreforts du Massif Central, est particulièrement séduisant.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cesseras aurait accueilli, selon la légende, le dernier ressortissant de la lignée des Trencavel, Raymond II, qui serait mort dans le château seigneurial vers 1267.

Le village de Cesseras est le berceau familial de Nancy Fabre, Révérende Mère Mechtilde Fabre (Cesseras 1839/Lima 1919), Supérieure Principale des Sœurs de St Joseph de Cluny qui fonda au Pérou de nombreuses maisons d'éducation et qui reçut en marque de reconnaissance du gouvernement français les palmes d'Officier d'Académie en 1917.

On lui doit la fondation de six maisons d'éducation :

  • Deux à Lima dont le grand pensionnat fondé en 1889 qui, vu son importance, devint la Maison Principale du district du Pérou.
  • Une maison d'éducation fondée à Ica en 1890.
  • Un pensionnat fondé en 1893 au port de Lima (Le Callao).
  • Une cinquième maison d'éducation dans la montagne fondée à Barranco en 1904.
  • Une dernière maison à Chicuito, au bord de la mer, construit en 1909.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Cesseras

Les armes de Cesseras se blasonnent ainsi : de gueules à trois fasces d'or, à une hache d'armes d'argent brochant en pal.[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le dépôt cultuel de la grotte de la Balme-Rouge à Cesseras (Hérault) », Archéologie en Languedoc, Sète, Fédération archéologique de l'Hérault, no 4,‎ , p. 117-159
  • « Cesseras (Hérault) - Église Saint-Germain de la Serre », dans Congrès Archéologique de France, 131e session, Pays de l'Aude. 1973, Paris, Société française d'archéologie, coll. « Congrès archéologique de France » (no 131), , p. 61-69
  • « L'œuvre de la charité dans la Communauté de Cesseras (1321-1789) », Revue historique du diocèse de Montpellier, Montpellier,‎ 1909-1910, p. 252-256 et 401-406
  • Hélène Barge, « La grotte sépulcrale de Gazel 2 à Cesseras (Hérault) », Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles de Béziers, Béziers, Société d'étude des sciences naturelles de Béziers, t. V,‎ , p. 78-97
  • Joseph Barthez, « Archives de la communauté de Cesseras : inventaire de 1634 », Revue historique du diocèse de Montpellier, Montpellier,‎ 1910-1911, p. 467-474
  • Joseph Barthez, « Archives de la communauté de Cesseras (suite) : inventaire de 1634 », Revue historique du diocèse de Montpellier, Montpellier,‎ 1910-1911, p. 505-511
  • Colette Brussieux, Cesseras : étude de conservation préventive des objets mobiliers, Montpellier, Conseil général de l'Hérault,
  • Robert Marty, « Les graffitis de la grotte d'Aldène à Cesseras (34) », Histoire et généalogie en Minervois, no 67,‎ , p. 13-20
  • Laurent Maurette, « La Grotte des Poteries, à Fauzan (commune de Cesseras, Hérault) », L'Anthropologie, t. XXVI, no 2-3,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]