Cerfeuil sauvage

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Anthriscus sylvestris

Anthriscus sylvestris, l'Anthrisque sauvage, encore appelé Cerfeuil sauvage ou Cerfeuil des bois, est une plante herbacée bisannuelle ou vivace (parfois annuelle) de la famille des Apiaceae.

Étymologie et dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom scientifique anthriscum désignait le cerfeuil sauvage. La plante porte comme noms vernaculaires « persil sauvage », « persil des bois », « persil d'âne », « cerfeuil d'âne », « ciguë blanche », en raison de sa ressemblance avec la grande et la petite ciguë[1].

Description[modifier | modifier le code]

Ses principales caractéristiques sont[2] :

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Plante bisannuelle ou vivace, fétide, à souche épaisse et allongée, elle a une tige dressée vert franc, creuse, cannelée, à nœuds un peu renflés, glabre sur sa partie supérieure (alors que celle du Cerfeuil des fous, plante toxique, est pleine et a des poils raides sur toute sa longueur), poussant à une hauteur de 60 à 170 cm. Les feuilles de 15 à 30 cm de long sont luisantes, les inférieures à pétiole égalant environ le limbe ou plus court, bi[3] à tripennatiséquées, à segments oblongs-lancéolés, rapprochés, subaigu[4].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Inflorescences

La période de floraison s'étend d'avril à juillet. L'inflorescence est une ombelle d'ombellules (l'ombelle portant de 7 à 16 rayons presque égaux, l'ombellule de 8 à 12 rayons secondaires), avec un involucre nul (bractées rapidement caduques dès la floraison) tandis que l'involucelle est composée de 5 folioles lancéolées réfléchies. Les fleurs blanches, de petite taille (3,5-4 mm de diamètre) et sans calice en raison de l'inflorescence relativement condensée, sont portées par un pédoncule long et glabre. L'ombelle est en effet souvent polygame, ce qui se traduit par un dimorphisme floral : les fleurs centrales sont bisexuées ou femelles et actinomorphes et comportent une corolle formée de 5 pétales égaux, mais légèrement plus grands sur l'extérieur dans les fleurs périphériques mâles ou stériles et zygomorphes, contribuant à faire de l'ombelle une simili-fleur. Les périphériques servent essentiellement d'organes d'attraction pour les insectes pollinisateurs et les centrales sont surtout réservées à la reproduction. Les fleurs à pollinisation entomogame ont un androcée constitué de 5 étamines alternipétales (androcée isostémone) ; l'ovaire infère issu de deux carpelles soudés, porte deux styles dressés qui s'élargissent à la base en un disque ou coussinet nectarifère (stylopode). Les fruits, noirs et secs, sont des schizocarpes (diakènes) lisses et luisants, à bec très court. La dissémination des graines (noires à brunes, 0,7 à 1 cm de longueur) est barochore[4].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Cette plante rudérale envahissante est favorisée par le défrichement qui assèche le sol et fait disparaître les éléments mésophytiques. Elle fait ainsi souvent partie de la végétation anthropogène (prairies amendées, talus, haies, chemins, avec de nombreuses graminées), nitrophile à dominance d’espèces vivaces, eurosibérienne et méditerranéenne. Elle est également une espèce indicatrice du type d’habitat installé en lisière forestière nitrophile, hygrocline et demi-sciaphile. En France, elle est rattachée aux alliances phytosociologiques suivantes : prairies (Arrhenatheretalia), aulnaies-frênaies (Alno-Padion), chênaies (Carpino-Fagenalia) ; lisières (Trifolion medii, Geo-Alliarion, Calystegion) ; hêtraies, hêtraies-sapinières (Fagion sylvaticae)[5].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Alimentaire[modifier | modifier le code]

Sa racine est toxique. Elle contient notamment un lignane antimitotique (empêchant la division cellulaire) qui a une action abortive. Les jeunes feuilles, fleurs et les jeunes fruits sont comestibles quoique d'un goût plus fort que ceux de sa congénère le cerfeuil (Anthriscus cerefolium), et à la limite du déplaisant[6]. Les feuilles et les tiges florales se mangent crues ou finement hachées dans les salades ou peuvent être cuites en légumes. Les boutons floraux tendres peuvent parfumer salades et tartines beurrées ou être conservés dans du vinaigre épicé pour les manger comme apéritif. Les graines sont employées en condiment comme celles de carvi, aromatisant divers plats[7].

Médicinale[modifier | modifier le code]

Plante médicinale utilisée en Chine depuis l'Antiquité, elle passe pour être stimulante, digestive stomachique, diurétique, dépurative et sudorifique[8].

Confusions possibles[modifier | modifier le code]

Cueilli dans la nature pour consommer ses parties comestibles, elle doit inciter le promeneur à veiller à ne pas pas confondre ce cerfeuil avec la grande et la petite ciguë. Le cerfeuil a une tige poilue vers le bas alors que chez la ciguë, elle est entièrement glabre et tachetée de rouge-pourpre, notamment dans la partie inférieure. Les feuilles du cerfeuil sont tripennées, celles de la grande ciguë plus découpées et divisées (composées trois à cinq fois). L'involucelle de la petite ciguë porte 1 à 5 longues bractéoles linéaires, pendantes, plus grandes. L'Anthrisque sauvage se distingue également de la berce du Caucase (plante invasive produisant des toxines phototoxiques), cette dernière atteignant 2 mètres et ayant des ombelles qui portent 50 à 150 rayons. Il se distingue aussi du Cerfeuil penché aux feuilles plus glauques et à la tige tachetée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolite, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 147.
  2. Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.
  3. Feuilles formées de 3 folioles de forme triangulaire, elles-mêmes subdivisées en segments séparés.
  4. a et b Hippolyte Coste, Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes, P. Klincksieck, , p. 734.
  5. Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, Gérard Dumé, Flore forestière française : guide écologique illustré. Montagnes, Forêt privée française, , p. 959.
  6. La saveur des feuilles est un mélange de carotte, d’anis et de cumin. La racine est légèrement piquante.
  7. François Couplan, Le régal végétal : plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, , p. 103
  8. Paul Fournier, Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France, P. Lechevalier, , p. 332

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]