Cercle social

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La notion de cercle social désigne des groupements sociaux qui ont du sens; les gens ne s'y affilient pas par hasard, mais parce qu'ils s'y identifient. : la famille, un cercle d'amis, une communauté épistémique, un parti politique dont on devient membre, pour ne nommer que quelques exemples. (Bidard, Degenne, Grossetti, 2011) Le processus d'affiliation joue fortement dans la formation des cercles sociaux et tend à créer un "nous"; une identité sociale pour le groupe et ainsi à renforcer la cohésion sociale, mais aussi à créer de l'exclusion sociale, de la discrimination et ou de la ségrégation, en créant une distinction. (Bidard, Degenne, Grossetti, 2011)


Histoire de la notion[modifier | modifier le code]

Georg Simmel fut un des premiers sociologues à s'intéresser à la notion de cercle. Il consacre un chapitre entier de Sociologie, Étude sur les formes de la socialisation sur ce sujet. Dans ce chapitre intitulé « le croisement des cercles sociaux »[1] Il s'intéresse au processus d'individuation qu'il observe dans les sociétés dites modernes. Il explique qu'un individu contemporain débute sa vie en appartenant à un cercle social, la famille, et qu'au cours de sa socialisation individuelle, il sera amené à fréquenter d'autres cercles sociaux.

Chaque cercle social est ici conceptualisé comme un environnement sensé. Ces "contextes" se caractérisent entre autres par l'ensemble des valeurs et des normes qui y prévalent. Comme une multitude de cercles sociaux s'entrecroisent dans la vie contemporaine, l'individualité se développe selon les cercles auxquels l'individu appartient :

« Ce qui donne aussi à l'individualisation la possibilité de croître à l'infini, c'est le fait que dans les différents cercles auxquels elle appartient simultanément, la même personne peut avoir des positions relatives différentes »[2]

Aujourd'hui, cette notion est reprise chez Harrison White, en sociologie des dynamiques relationnelles et dans le cadre de l'interactionnisme structural, dans un sens très similaire à celui employé par Simmel en 1908, sous le terme de "netdoms" ou "network domains"; il s'agit d'environnements sensés où les relations et interactions se déroulent[3],[4]. Les identités sociales commutent d'un netdom à l'autre, ainsi une même "personne" n'est pas exactement la même dans un "contexte" familiale, que dans un contexte amical ou professionnel.

Liens internes connexes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. SIMMEL, G. (1999). Sociologie, Étude sur les formes de la socialisation, Paris, PUF (Chapitre : Le croisement des cercles sociaux - 1908, p. 407-452)
  2. SIMMEL, G. Sociologie, Étude sur les formes de la socialisation. p. 424
  3. DEGENNE, A. FORSÉ, M. (2004) Les réseaux sociaux, p. 15
  4. Claire Bidart, Alain Degenne et Michel Grossetti (2015), La vie en réseau: dynamique des relations sociales, Presses universitaires de France.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • SIMMEL, G. (1999). Sociologie, Étude sur les formes de la socialisation, Paris, PUF
  • DEGENNE, A. & FORSÉ M. (2004). Les réseaux sociaux, 2e Édition, Paris, Armand Colin, Collection U