Ceratitis capitata

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cératite.

Ceratitis capitata, la mouche méditerranéenne des fruits, est une espèce d'insectes diptères de la famille des Tephritidae, originaire d'Afrique subsaharienne. C'est la seule espèce de son genre présente en Europe.

C'est un insecte ravageur de nombreuses cultures fruitières, présent dans toutes les régions de climat méditerranéen des deux hémisphères.

Noms vernaculaires : mouche méditerranéenne des fruits, mouche méditerranéenne, mouche des fruits, mouche de l'oranger, cératite[1].

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Tephritis capitata (Wiedemann, 1824)
  • Trypeta capitata (Wiedemann, 1824)
  • Ceratitis hispanica (Breme, 1842)
  • Ceratitis citriperda (Macleay, 1829)
  • Ceratitis citripeda (Efflatoun, 1924)
  • Pardalaspis asparagi (Bezzi, 1924)

Biologie[modifier | modifier le code]

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Les mouches adultes pondent leur œufs sous l'épiderme des fruits, particulièrement là où la peau est déjà déchirée. L'œuf éclot au bout de trois jours, et la larve se développe à l'intérieur du fruit en se nourrissant de la pulpe. Les adultes n'ont qu'une faible capacité à se disperser mais le commerce international des fruits peut transporter des fruits infectés à des milliers de kilomètres.

Ennemis naturels[modifier | modifier le code]

La mouche méditerranéenne des fruits est attaquée par de nombreuses espèces de guêpes parasitoïdes de la famille des Braconidae. Certaines d'entre elles, telles que Diachasmimorpha tryoni et Diachasmimorpha longicaudata, sont capables de détecter les larves à l'intérieur des fruits. Les guêpes déposent leurs œufs dans le corps des asticots grâce à leur ovipositeur. La larve de la guêpe se développe en consommant son hôte au cours de la nymphose et la guêpe adulte émerge ensuite de la pupe[2].

De nombreux prédateurs généralistes des insectes attaquent également la mouche des fruits, c'est le cas notamment des fourmis (comme par exemple Linepithema humile, la fourmi d'Argentine ou Solenopsis geminata, la fourmi de feu tropicale)[3], araignées, mantes et réduves. Les oiseaux, notamment les poules, attaquent les larves qui émergent des fruits, tandis que certains nématodes entomopathogènes du sol attaquent les larves, lorsque celles-ci s'enterrent pour la nymphose, ou les pupes (chrysalides)[2],[4].

Description[modifier | modifier le code]

Œuf : blanc, fuselé, 1 mm de long.

Larve : blanc jaunâtre longue de 7 à 8 mm.

Nymphe : pupe marron rougeâtre.

L'adulte mesure de 0,5 à 0,8 mm de long, soit les deux tiers environ de la taille d'une mouche domestique. Le corps est de couleur jaunâtre, virant au brun dans certaines parties, en particulier l'abdomen, les pattes et certaines taches sur les ailes. L'abdomen de forme ovale, est revêtu à la face supérieure de fines soies noires dispersées, et présente deux bandes transversales plus claires dans la partie basale. La femelle se distingue par son abdomen plus volumineux et par sa longue tarière située à l'extrémité de l'abdomen.

Le thorax est convexe à sa face supérieure, de couleur blanc-crème à jaunâtre, marbré de taches noires. Le scutellum est noir dans sa moitié apicale, traversée par une ligne jaune sinueuse sub-basale.

Les ailes, longues de 4 à 6 mm, sont généralement tenues dans une position tombante chez les mouches vivantes. Elles sont larges, transparentes et vitreuses avec des marques noires, brunes et jaune brunâtre, avec des reflets plus ternes. Elles présentent dans leur milieu une bande transversale assez large, jaune brunâtre.

Le mâle porte sur la tête, insérées entre les yeux près des antennes, deux soies orbitales modifiées en appendices spatulés, à l'extrémité pointue, un peu en forme de losange, et de couleur noire. Ces appendices différencie la mouche méditerranéenne des fruits des espèces apparentées du sous-genre Ceratitis. Les yeux sont pourpre rougeâtre[5],[6].

Distribution[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition de la Cératite, Ceratitis capitata, comprend l'Afrique, le bassin méditerranéen et de nombreuses régions du monde, incluant l'Australasie, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud (notamment le Brésil).

Pays dans lesquels la mouche méditerranéenne des fruits, Ceratitis capitata, est établie :

En Amérique du Nord, l'espèce a été introduite aux États-Unis (Floride, Californie, Texas), aux Bermudes et au Mexique[7], mais elle y a été déclarée officiellement éradiquée. Elle n'est plus présente sur le territoire américain qu'à Hawaï. Elle a également été éradiquée au Belize, au Chili, dans le sud de l'Ukraine et en Nouvelle-Zélande[8] où elle avait été introduite accidentellement[6].

Invasions[modifier | modifier le code]

L'espèce est responsable de 900 millions de dollars de perte par an dans les seuls vergers californiens.

La forme ou le fond de cet article scientifique est à vérifier. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)

Améliorez-le, ou discuter des points à vérifier. Si vous venez d'apposer le bandeau, merci d'indiquer ici les points à vérifier.

Elle cause des dommages dans une grande gamme de cultures fruitières.

La cératite représente un important insecte ravageur, provoquant de gros dégâts dans les cultures fruitières (en particulier les agrumes et les pêches). Les dommages résultent à la fois des piqûres lors de la ponte dans les fruits, l'alimentation par les larves, et la décomposition des tissus végétaux par des micro-organismes envahisseurs secondaires (bactéries, champignons) entraînant la putréfaction des fruits[9].

Contrôle[modifier | modifier le code]

Des recherches ont été menées pour chercher à contrôler cette mouche. En particulier, l'utilisation de la technique de mâles stériles a permis l'éradication de l'espèce dans plusieurs régions.

En 1980, on a également tenté de l'éradiquer en Californie par l'épandage de malathion par hélicoptère pendant plusieurs mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ceratitis capitata ( CERTCA ) », OEPP (consulté le 30 août 2014).
  2. a et b (en) Amy Allen, « Ceratitis capitata », sur Animal Diversity Web (ADW),‎ (consulté le 22 mai 2016).
  3. (en) Jeffrey N. L. Stibick, « Natural Enemies of True Fruit Flies (Tephritidae) », sur APHIS - Plant Protection and Quarantin, USDA,‎ (consulté le 22 mai 2016).
  4. (en) Cristhiane Rohde, Alcides Moino Junior, Fabiano D. Carvalho, Marco A. T. da Silva, « Selection of entomopathogenic nematodes for the control of the fruit fly Ceratitis capitata (Diptera: Tephritidae) », Revista Brasileira de Ciências Agrárias, Universidade Federal Rural de Pernambuc, vol. 7,‎ , p. 797-802 (ISSN 1981-0997, lire en ligne)
  5. (en) Ronald F.L. Mau, Jayma L.Martin Kessing, « Ceratitis capitata (Wiedemann) », sur Crop Knowledge Master, Université de Hawaï, College of Tropical Agriculture and Human Resources (consulté le 19 mai 2016).
  6. a, b et c « Fiche informative sur les organismes de quarantaine - Ceratitis capitata », sur Organisme de quarantaine OEPP, Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (consulté le 19 mai 2016).
  7. (es) David Castellanos Hernández, « Mosca del Mediterráneo », SENASICA,‎ (consulté le 22 mai 2016).
  8. (en) George Gill,, « Queensland fruit fly responses (2014) », sur Ministry of Primary Industries (consulté le 22 mai 2016).
  9. « 100 of The Worst », sur DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe) (consulté le 1er septembre 2012)

Références externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]