Centre de traitement de l'alerte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le centre de traitement de l'alerte (CTA) est une composante du système d'alerte des pompiers français.

Le CTA est l'échelon avancé du Centre Opérationnel Départemental d'Incendie et de Secours (CODIS) pour la réception, le traitement et la réorientation éventuelle des appels destinés à demander des secours[1].

Les CTA sont définis à l'article R1424-44 du Code Général des Collectivités Territoriales.

Missions[modifier | modifier le code]

La circulaire du 24 juillet 1991[2] fixe les missions des Centres de Traitement de l'Alerte, à savoir :

- recevoir, authentifier et enregistrer les demandes de secours, qu’il doit réorienter si nécessaire sur le centre 15,

- répercuter les appels sur les unités opérationnelles territorialement compétentes en vue de l’envoi des premiers secours,

- alerter les services publics susceptibles d’être concernés par les appels reçus,

- informer le centre 15 dans le cas où les situations dont il a connaissance nécessitent la mise en œuvre de secours relevant de l’aide médicale urgente (SAMU),

- rendre compte au CODIS des appels reçus et des mesures prises par les centres de secours (CS), en vue du déclenchement éventuel de renfort.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire administrative a légué un ou plusieurs CTA par département à l'origine chargés de recevoir les appels d'urgence no 18. La tendance des dernières décennies, en parallèle à la "départementalisation" des services d'incendie, a conduit à une centralisation des CTA (un par département). Les départements continuant à fonctionner avec plusieurs CTA sont aujourd'hui l'exception (au plus deux à quatre centres dans quelques départements).

Les CTA des sapeurs-pompiers français reçoivent le numéro d'urgence 18, mais aussi le n° 112 (numéro européen commun) à plus de 85 % (les centre de réception SAMU pour 15 % des départements). Une dizaine de départements fonctionnent en plate-forme de réception unique sapeurs-pompiers/SAMU n°18-112-15.

La tendance actuelle est à la généralisation des plates-formes de réception communes sapeurs-pompiers/SAMU. Par exemple, les départements de l'Essonne, de la Haute-Savoie, de l'Ariège, du Vaucluse ont regroupé le 18 et le 15 dans une salle commune, dans les locaux du SDIS. Une réflexion est en cours pour associer le 17 avec le 18 notamment. En effet, lors d'un sinistre (incendie, accident, etc.), les deux services sont alertés en parallèle et collectent des informations complémentaires.

Les CTA regroupant les traitements des appels aux pompiers (112 et 18) et aux SAMU (15), sont nommés des CTRA.

Différents CTA regroupés en un seul portent le nom de pôle (exemple : CTA Cambrai + CTA Valenciennes = pôle de Le Quesnoy dept 59 nord).

Au-delà, des expérimentations sont menées pour créer des plates-formes de réception virtuelles entre les services publics de sécurité et de secours : police, gendarmerie, sapeurs-pompiers, SAMU, assurant une plus forte interconnexion et une meilleure coordination opérationnelle entre les services (17-18-15-112)

Les systèmes informatiques d'aide à la décision[modifier | modifier le code]

Les CTA sont tous équipés d'un système d'aide à la décision permettant l'alerte des moyens les plus adéquats en fonction des renseignements pris auprès de l'appelant.

L'opérateur du CTA décroche le téléphone, et tout en interrogeant l'appelant, remplit les champs du logiciel d'alerte :

  • Localisation : Commune, rue, numéro, étage, etc.
    • Si c'est une voie rapide : nom de la voie rapide, sens de circulation concernée par le sinistre, kilomètre concerné, etc.
    • Dans tous les cas, un lieu remarquable à proximité est un élément de localisation avec une importante plus-value.
  • Nature de l'évènement : accident, incendie, inondation, etc.
  • compléments d'information

Il valide ensuite les informations. Le logiciel fait une proposition des moyens les plus adaptés à la localisation et à la nature. L'opérateur valide ou effectue une correction. Il réfère à son chef de salle si nécessaire.

En fonction de la nature, du lieu, des moyens alertés et du contexte, l'opérateur CTA est amené à contacter et informer d'autres personnes et services (SAMU, Enedis, GrDF, Rte, Police, Gendarmerie, etc.)

Les prestataires principaux du marché français des SDIS[modifier | modifier le code]

Société Nom principal du logiciel Technologies Nombre de SDIS équipés
IMPI GIPSI Serveur Excursion / Java 8
Intergraph I/CAD Windows/SQL Serveur/Oracle 6
SIS Artémis Windows / Java 25
Systel Start Windows/Linux/Oracle 45

Un logiciel unique, dénommé NexSIS 18-112[3], sera amené à remplacer les différents outils actuellement utilisés pour gérer les alertes et moyens de secours. Mis en oeuvre progressivement dans les SDIS à partir de fin 2020[4], cette plateforme numérique sera en mesure de traiter, dès fin 2020, tous les appels à destination du 18 et du 112 spécifiquement opérés par les pompiers. L'agence du numérique de la sécurité civile[5], créée en 2018 est chargée d'assurer la conception, le déploiement, la maintenance et le fonctionnement de NexSis 18-112[6].

Données statistiques[modifier | modifier le code]

En 2015, d'après les données de la direction générale de la Sécurité civile et de la Gestion des crises, 64 % des appels reçus par les CTA provenaient du 18 et 36 % du 112. Sur les 22 200 000 appels reçus durant l'année, près d'un tiers (31 %, selon des données partielles) était injustifié[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de l'Intérieur, Circulaire relative à la création, à l'organisation et au fonctionnement des CODIS et des CTA, (lire en ligne)
  2. Circulaire du Ministre de l'Intérieur intitulée "Création, organisation, fonctionnement des centres opérationnels départementaux d’incendie et de secours (CODIS) et des centres de traitement de l’alerte (CTA)"
  3. Décret n° 2019-19 du 9 janvier 2019 relatif au système d'information et de commandement unifié des services d'incendie et de secours et de la sécurité civile « NexSIS 18-112 », (lire en ligne)
  4. « NosDéputés.fr par Regards Citoyens », sur NosDéputés.fr (consulté le 26 janvier 2020)
  5. Décret n° 2018-856 du 8 octobre 2018 portant création de l'Agence du numérique de la sécurité civile, (lire en ligne)
  6. « La création d'une Agence du numérique de la sécurité civile », sur La Gazette des Communes (consulté le 26 janvier 2020)
  7. « Les statistiques des services d'incendies et de secours pour l'année 2015 (édition 2016) », sur pompiers.fr,