Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie

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Centre de recherche pour l'étude
et l'observation des conditions
de vie (CRÉDOC)
Création 1954
Siège 142 rue du Chevaleret
75013 Paris
Pays Drapeau de la France France
Rattachement DGCCRF et DGCIS
Directeur Yvon Merlière
Disciplines économie, sociologie, statistique

Le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (plus connu sous le nom de CRÉDOC) est un organisme d'études et de recherche au service des acteurs de la vie économique et sociale. Il mène de nombreux travaux interdisciplinaires (économiques, sociologiques, statistiques, voire linguistiques).

L'organisme a été dirigé de 1987 à 2009 par Robert Rochefort et est actuellement dirigé par Régis Bigot. L'actuel président du CRÉDOC est Christian Tardivon, Contrôleur d'État, lequel est membre de droit du Conseil national de la consommation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du CRÉDOC en 1954 sous la forme d’une association loi de 1901, parmi de multiples centres également initiés et financés à l'origine par le Commissariat au plan.

  • Au départ, sa mission est essentiellement d’étudier les diverses formes et fonctions de la consommation. Son sigle d'origine signifie « Centre de recherche pour l'étude et l'observation de la consommation ». Pour ce faire, il rassemble des économistes, des statisticiens et des sociologues dont une bonne partie est directement payée par le CNRS.
  • En 1955, sous l'impulsion du Commissariat au plan, le CRÉDOC se dote d'une « Division d’économie médicale », dite « la DEM », afin de créer un système statistique permettant de saisir l’étendue et la complexité du système de santé en France. Après avoir mis en place les premières enquêtes sur les consommations médicales, ce petit groupe de médecins hospitaliers et de statisticiens contribue à établir les premiers « comptes de la santé » pour la préparation du budget et du plan.
  • Dans les années 1960, la DEM et d'autres équipes du CRÉDOC apportent leurs compétences pour aider au développement des « missions RCB » ( Missions de « Rationalisation des choix budgétaires » sur le modèle du PPBS (Planning Programming Budgeting System) développé aux États-Unis par l'administration du Pentagone[1].
  • Puis la Division d’économie médicale s’est autonomisée au sein du CRÉDOC grâce à des financements propres qui lui ont permis de développer les grandes enquêtes sur les besoins de santé et sur l’offre du système de soins dont la gestion publique avait besoin pour maîtriser l’économie de la santé en France. Mais la persistance d’un département autonome est devenue contradictoire avec la volonté de réorganisation du CRÉDOC exprimée en 1984 par sa nouvelle directrice venant de l'Insee, Catherine Blum. Cette dernière a alors exigé que la DEM soit séparée du CRÉDOC, opération qui a abouti en 1985 à une nouvelle association loi de 1901, laquelle a pris le nom de CREDES.
  • De 1978 à 1994 le CRÉDOC met en place sous l’impulsion du statisticien Ludovic Lebart un dispositif permanent d'enquêtes sur les modes de vie, opinions et aspirations des Français, lequel fournit toujours une base de données précieuse sur l’évolution des comportements de consommation en France ainsi que sur leurs déterminants. Dans la période qui a suivi, le départ d'une bonne partie de l'équipe ayant fondé l'enquête Aspirations, la diminution de la part des financements publics dans le budget et, enfin, l'essor de la concurrence des instituts privés ont conduit son directeur, Robert Rochefort, à diversifier de plus en plus les débouchés du CRÉDOC : par le développement de nombreuses enquêtes et études de marché, mais aussi par la construction de systèmes d'information et la mise en place de multiples formes de construction et d'analyse des données telles les enquêtes qualitatives par entretien, les réunions de groupe de données ou l'analyse lexicale.
  • Depuis 2005, le CRÉDOC est membre du ENSR.

Missions[modifier | modifier le code]

Le CRÉDOC mène des missions de conseil et de recherche sur la société française et le comportement des individus en tant que consommateurs ou encore comme membres de la société civile. Certaines de ses analyses sur la société française sont rendues publiques et participent au débat national.

Le CRÉDOC accompagne également des acteurs publics, para-publics ou privés dans leurs réflexions et leurs prises de décision, de la préconisation de l'étude à sa réalisation, des conclusions aux pistes d'action qui en découlent.

Financement[modifier | modifier le code]

Le CRÉDOC est subventionné par l'État à hauteur de 10 % de ses revenus et dépend du ministre chargé de la consommation et du commerce. Pour les 90 % restants, il répond à des appels d'offres formulés par le secteur public, para-public et à des demandes de clients privés. Son modèle repose, depuis 20 ans, sur un financement qui fait appel essentiellement au marché concurrentiel[2]. L'émission Cash investigation présentée par Élise Lucet a mis en doute une étude du CRÉDOC, en partie financée par Coca-Cola, qui avait affirmé qu'il n'y avait pas de corrélation entre la consommation de sodas et l'obésité[3],[4]. L'étude en question affirmait qu'il n'y avait pas de corrélation statistique entre les quantités de sodas consommés et l'IMC. Les conclusions de cette étude avaient été relayées par les médias, ainsi que par la communication de Coca-Cola, co-financeur de cette étude[5]. En juin 2012, des journalistes d'Arrêt sur images mettent en doute les études du CRÉDOC qui seraient orientées dans le sens des entreprises qui les financent[6].

Parmi les clients du CRÉDOC, on compte des entreprises de tous secteurs (Danone, Orangina, Panzani, Bongrain, GDF-SUEZ, RATP, Henkel...) des distributeurs (Carrefour, Auchan, Monoprix...) des organismes publics ou parapublics (Ademe, Caisse Nationale des Allocations Familiales, Pôle emploi, Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des Chances...)[7],[8].

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Le CRÉDOC publie une lettre mensuelle, Consommation & Modes de Vie. Chaque numéro est consacré à un thème unique, éclairant les grands débats contemporains. Il publie également des rapports et études thématiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet la thèse de sociologie de Magali Robelet Les figures de la qualité des soins – Rationalisations et normalisation dans une économie de la qualité, LEST, 2003.
  2. Présentation du CRÉDOC.
  3. France 2, Cash investigation par Élise Lucet
  4. Comportements et consommations alimentaires en France, publication du Credoc, 2010.
  5. Site officiel de Coca-Cola page intitulée "Coca-Cola répond à vos questions", La consommation de boissons sucrées est-elle responsable de l’obésité ?
  6. Le chiffrage bidon des victimes était signé Crédoc, Coca, aspartame : un additif nommé CRÉDOC.
  7. Note de Conjoncture Sociétale
  8. L'enquête "Conditions de vie et aspirations des Français".

Liens externes[modifier | modifier le code]