Centrale La Grande-1

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Centrale La Grande-1
image illustrative de l’article Centrale La Grande-1
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Subdivision Drapeau : Québec Québec
Coordonnées 53° 44′ 04″ nord, 78° 34′ 26″ ouest
Cours d'eau La Grande Rivière
Objectifs et impacts
Vocation production électrique
Propriétaire Hydro-Québec
Date du début des travaux 1988
Date de mise en service 1995
Barrage
Type Au fil de l'eau
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
31,5 m
Hauteur du barrage
(fondation barrage)
27,5 m
Longueur du barrage 330 m
Réservoir
Altitude du réservoir 32 m
Volume du réservoir 9 800 millions de m3
Surface du réservoir 70 200 ha
Longueur du réservoir 75 km
Centrale hydroélectrique
Débit d'équipement 5 950 m3/s
Nombre de turbines 12
Type de turbines Hélice
Puissance installée 1 436 MW
Production annuelle 7 900 GWh/an
Facteur d'utilisation 63 %

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
Centrale La Grande-1

Géolocalisation sur la carte : Québec

(Voir situation sur carte : Québec)
Centrale La Grande-1

La centrale La Grande-1 est une centrale hydroélectrique et un barrage érigés sur la Grande Rivière par la Société d'énergie de la Baie-James pour le compte d'Hydro-Québec. Elle est située à 37 km de Chisasibi, dans la région administrative du Nord-du-Québec, au Québec. Cette centrale, construite dans le cadre de la phase 2 du projet de la Baie-James, a une puissance installée de 1 436 MW. Elle a été mise en service en 1994-1995.

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet de la Baie James.

L'emplacement final et la construction de la centrale La Grande-1, située à 37 km de l'embouchure de La Grande Rivière et à 80 km en aval de l'aménagement Robert-Bourassa, est sans doute l'un des enjeux les plus complexes à confronter les bâtisseurs du projet de la Baie James. Bien que sa construction ait été annoncée dès les premiers avant-projets de 1972, elle a été construite plus de 20 ans plus tard.

Compte tenu de sa position à quelques dizaines de kilomètres de l'embouchure, les plans pour LG-1 ont fluctué au fil des ans. Et pour cause, puisque la construction de cet aménagement est le seul à provoquer le déplacement d'une communauté humaine. Un millier de Cris ont accepté de quitter de leur établissement de l'Île de Fort George en 1981 pour Chisasibi, un nouveau village érigé à 8 km, sur la rive gauche du fleuve[1].

Dès 1972, la localisation de la centrale fait l'objet de débat lors de la requête en injonction déposée par les Cris[2]. Dans la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) de 1975, le concept de complexe La Grande (1975) déplace la centrale de 34 km en amont pour la situer au mille 44 (point kilométrique 71). La convention prévoyait 10 turbines de 91 MW pour une puissance installée de 910 MW[3].

La quatrième Convention complémentaire à la CBJNQ, dite la Convention de Chisasibi, consacre le projet LG 1, révision 1. La convention signée le prévoyait l'installation de 10 groupes au PK 37 pour une puissance de 1 140 MW[4]. Bien qu'elle ne soit plus au programme de la phase 1 depuis 1978, l'aménagement d'un canal de dérivation est entrepris sur le site du PK 37 en 1979, lors du remplissage du réservoir La Grande-2[5].

Le concept établi par la Convention de Chisasibi a ensuite été modifié pour inclure 12 turbines et une puissance de 1 368 MW. Le projet LG-1 est entériné par la Convention complémentaire 7 du [6] et sera finalement construit par la SEBJ au cours des années suivantes.

Évolution du concept de la centrale LG-1
Version du projet et année Point kilométrique Nombre de groupes Puissance installée (MW) Énergie annuelle (GWh) Débit d'équipement (m³/s) Hauteur de chute (m)
Jugement Malouf (1973)[2] 37 8 920 n/d n/d n/d
Complexe La Grande (1975) dans l'annexe du chapitre 8 de la CBJNQ[3] 71 10 910 n/d 4 304 23[note 1]
La Grande-1 révision 1 dans la Convention Chisasibi (1978)[7] 37 10 1 140 7 200 4 304 28[note 2]
Projet La Grande-1 (1986) dans la Convention complémentaire 7[8] 37 12 1 368 7 200 5 950 n/d
Projet de la Baie James, phase 2 (1987)[9] 37 12 1 368 7 400 5 950 27,1

Ouvrages[modifier | modifier le code]

La centrale de La Grande-1 est une centrale au fil de l'eau avec une puissance installée de 1 436 MW en 2010[10]. Construite entre 1988 et 1995[11], la centrale est équipée de 12 turbines hélice[12]. Elle compense une faible hauteur de chute (27,5 m) par le fort débit en aval de l'aménagement Robert-Bourassa, qui est passé de 4 300 m3/s à 5 920 m3/s avec la construction de la centrale La Grande-2-A, à la même époque[9].

Cette forte corrélation entre la performance de LG-1 — qui ne dispose que d'un petit réservoir de 64 km2 —, et du complexe en amont fait dire à Hydro-Québec que l'exploitation des centrales La Grande-1, Robert-Bourassa et La Grande-2-A sont «indissociables»[13].

Construction[modifier | modifier le code]

Bien que la construction des ouvrages de l'aménagement n'aient pas débuté avant 1988, plusieurs travaux ont été effectués sur le site du point kilométrique 37 au cours de la décennie qui a précédé. Ainsi, la SEBJ a bénéficié des conditions de débit réduit provoquées par le remplissage du réservoir La Grande-2 (aujourd'hui réservoir Robert-Bourassa) en 1979 pour aménager un canal de dérivation provisoire et deux batardeaux.

D'une largeur de 50 m et long de 800 m, le canal érigé en rive nord a été construit pour un débit de 6 000 m3/s[14].

Impacts sociaux[modifier | modifier le code]

Chisasibi[modifier | modifier le code]

Article principal : Chisasibi.

Le village de Chisasibi (en cri: La Grande Rivière) est établi sur la rive gauche de La Grande Rivière, à 8 km de l'île de Fort George. Il a été établi à cet endroit aux termes de la Convention de Chisasibi signée le 27 novembre 1978, qui prévoit le déménagement de la communauté autochtone.

L'ancien village cri était déjà sujet aux inondations avant la construction du complexe La Grande. Jean-Claude Jay-Rayon, auteur d'un ouvrage consacré au projet en 1973, et résidant de Fort George pendant 18 mois au début des années 1970, affirme que les crues printanières y sont fréquentes[15].

Impacts sur l'environnement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le document mentionne 77 pieds.
  2. Le document mentionne 92,5 pieds.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fraser 1995, p. 125.
  2. a et b Malouf 1973, p. 73-74.
  3. a et b CBJNQ 1998, p. 156-157.
  4. CBJNQ 1998, p. 553-564.
  5. Société d'énergie de la Baie James 1987, p. 12.
  6. CBJNQ 1998, p. 645-666.
  7. CBJNQ 1998, p. 557
  8. CBJNQ 1998, p. 646
  9. a et b Société d'énergie de la Baie James 1987, p. 13.
  10. Hydro-Québec Production, « Centrales hydroélectriques (au 31 décembre 2010) », sur Hydro-Québec (consulté le 30 avril 2011)
  11. Fraser 1995, p. 102.
  12. Société d'énergie de la Baie James 1996, p. 397.
  13. Hydro-Québec Production 2004, p. 4-81.
  14. Société d'énergie de la Baie James 1996, p. 141.
  15. Jay-Rayon 1973.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • Yves Bélanger et Robert Comeau (dir.), Hydro-Québec : Autres temps, autres défis, Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec, , 352 p. (ISBN 2-7605-0809-9).
  • André Bolduc, Du génie au pouvoir : Robert A. Boyd, à la gouverne d'Hydro-Québec aux années glorieuses, Montréal, Libre Expression, , 259 p. (ISBN 2-89111-829-4).
  • Roxane Fraser, Baie James, le guide touristique, Montréal, VLB Éditeur, , 204 p. (ISBN 2-89005-612-0)
  • Jean-Claude Jay-Rayon, Le dossier Baie James, Montréal, Leméac, coll. « Dossiers », , 187 p.
  • Roger Lacasse, Baie James, une épopée, Montréal, Libre Expression, , 653 p. (ISBN 2-89111-109-5).
  • Albert Malouf (préf. André Gagnon), La Baie James indienne : Texte intégral du jugement du juge Albert Malouf, Montréal, Éditions du Jour, , 211 p.
  • Pierre Turgeon, La Radissonie, le pays de la baie James, Montréal, Libre expression, , 191 p. (ISBN 2-89111-502-3).
  • Convention de la Baie-James et du Nord québécois et conventions complémentaires (édition 1998), Sainte-Foy, Les Publications du Québec, , 754 p., PDF (ISBN 2-551-17981-5, lire en ligne)
Publications d'Hydro-Québec