Center for Public Integrity

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Le Center for Public Integrity (CPI) (littéralement « Centre pour l'intégrité publique ») est une organisation de journalistes d'investigation, sans but lucratif, créée en 1989, basée à Washington aux États-Unis.

Présentation[modifier | modifier le code]

Elle s'est donnée pour objectif de « dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées, dans le but de les pousser à agir avec honnêteté, intégrité, responsabilité, afin de faire prévaloir l'intérêt public ». Avec cinquante collaborateurs, le CPI est une des plus importantes organisations de ce type. Elle ne se veut ni un parti, ni un groupe de pression mais est qualifiée de progressiste et libérale (gauche du Parti démocrate).

L'organisation publie ses travaux sur son propre site et les diffuse à un réseau de journaux dans de nombreux pays.

Profiteur de guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Profiteur de guerre#Moyen-Orient.

En 2004, le recueil The Buying of the President figure parmi les meilleures ventes du New York Times pendant trois mois. Il traite des profits réalisés par des hommes et femmes politiques ayant soutenu les guerres en Irak et en Afghanistan. Cet ouvrage est centré sur les États-Unis uniquement[1].

International Consortium for Investigative Journalism[modifier | modifier le code]

L'International Consortium for Investigative Journalism (ICIJ) (littéralement « Consortium international pour le journalisme d'investigation ») est une émanation du Center for Public Integrity (CPI). Cette émanation permet de ne plus centrer les enquêtes uniquement sur les États-Unis. En 2013, le consortium comptait 160 membres journalistes dans 60 pays[2],[3].

Quatre journalistes français sont membres de l'ICIJ : Fabrice Arfi[4] et Karl Laske[5], journalistes d'investigation à Mediapart, Edouard Perrin[6], journaliste d'investigation aux productions Premières Lignes ainsi qu'Aurore Gorius[7], journaliste indépendante.

Offshore Leaks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Offshore Leaks.

Le 4 avril 2013, cette organisation révèle le résultat de quinze mois d'enquêtes, rassemblant 260 gigaoctets de données concernant les propriétaires de comptes en banque offshore. L'ICIJ s'est associé avec The Guardian, la BBC, Le Monde, The Washington Post, SonntagsZeitung (de), Le Matin, Süddeutsche Zeitung et Norddeutscher Rundfunk afin de diffuser une série d'enquêtes sur les comptes dans des paradis fiscaux ((en)offshore). L'ICIJ et ses partenaires comptent révéler les phénomènes de corruption des gouvernements à travers le monde, les stratagèmes de fraude fiscale utilisés par les riches, l'utilisation des comptes secrets dans les systèmes de Ponzi, le rôle actif des grandes banques pour faciliter le secret de leurs clients ainsi que les stratégies et les acteurs qui rendent ces activités possibles.

En 2014, le Consortium international pour le journalisme d'investigation affirme que 20 000 Chinois seraient impliqués dans des compagnies offshore basées dans les paradis fiscaux. En particulier des princes rouges, membres des familles des dirigeants du parti communiste chinois. Le Consortium a enquêté sur près de 2,5 millions de dossiers financiers pendant deux ans. Les documents proviennent de deux entreprises basées aux îles Vierges britanniques[8].

Luxembourg Leaks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Luxembourg Leaks.

Le 5 novembre 2014, l'organisation révèle, en collaboration avec une quarantaine de journaux, dont Le Monde, The Guardian, la Süddeutsche Zeitung, l'Asahi Shimbun et Le Soir, le contenu de centaines d'accords fiscaux préalables très avantageux conclus avec le fisc luxembourgeois par le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers pour le compte de nombreux clients internationaux au nombre desquels sont cités Apple, Amazon, Heinz, Pepsi, Ikea et Deutsche Bank. Des copies de ces documents sont publiées sur un site web[9] librement accessible au public[10].

SwissLeaks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SwissLeaks.

En février 2015, l'organisation révèle, en collaboration avec 154 journalistes de 47 pays et d'une soixantaine de médias internationaux, un système international de fraude fiscale et de blanchiment d'argent qui aurait été mis en place par la banque britannique HSBC à partir de la Suisse. Selon les journalistes, entre novembre 2006 et mars 2007, plus de 180 milliards d’euros ont transité, à Genève, sur les comptes de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, concernant 188 pays différents. Des chefs d’État, des personnalités médiatiques du monde des affaires, de la politique, du sport, ainsi que des artistes, mais également des financiers du terrorisme, des trafiquants de drogue et des trafiquants d'armes figurent sur la liste des clients[11],[12].

Panama Papers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Panama Papers.

En mars 2016, 109 rédactions membres de l'ICIJ dans 79 pays révèlent simultanément ce que l'ICIJ qualifie de « plus gros scandale d'évasion fiscale »[13]. Plusieurs millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca constituent une source d'information sur les activités des clients de ce cabinet, impliquant des personnalités de premier plan dans une quarantaine de pays.

Financement[modifier | modifier le code]

En 2003, le Wall Street Journal a critiqué le CPI pour avoir accepté des fonds importants de George Soros[14],[15]. Le site de l'Open Society Foundations, organisation de Soros, fait part de quatre subventions au Centre. En 2002, le CPI reçoit une subvention de 1 million $ pour une période de trois ans[16]. En 2009, le CPI a indiqué qu'il a reçu 651.650 $ de l'Open Society Foundations[17]. La question de l'indépendance réelle du CPI en dépit des subventions importantes apportées par les fondations de George Soros a été posée par Jennifer Rubin dans le Washington Post[18],

Le Centre reçoit des dons, entre autres, de [19]:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sources dans l'article détaillé Profiteur de guerre#Moyen-Orient
  2. Le collectif à l'origine de l'«Offshore Leaks» Le Figaro, 5 avril 2014
  3. Hervé Brusini, Qui est l'ICIJ, le consortium derrière le scandale des paradis fiscaux ? Francetvinfo.fr, 4 avril 2013
  4. Fiche de Fabrice Arfi sur le site de l'ICIJ.
  5. Fiche de Karl Laske sur le site de l'ICIJ.
  6. Fiche d'Édouard Perrin sur le site de l'ICIJ
  7. Fiche d'Aurore Gorius sur le site de l'ICIJ.
  8. Sources dans l'article détaillé Offshore Leaks
  9. (en) « explore-documents-luxembourg-leaks-database », sur http://www.icij.org, (consulté le 25 novembre 2014)
  10. Evasion fiscale : tout sur les secrets du Luxembourg, Anne Michel, Le Monde, 5 novembre 2014
  11. Fabrice Lhomme et Gérard Davet, « SwissLeaks : révélations sur un système international de fraude fiscale », Le Monde, (consulté le 9 février 2015)
  12. Serge Michel, « SwissLeaks : Les coulisses d’une investigation mondiale », Le Monde, 9 février 2015 (consulté le 9 février 2015)
  13. « "Panama Papers" : l'ICIJ, c'est quoi ? », sur www.europe1.fr (consulté le 6 avril 2016)
  14. (en) Editorial Board, « The Soros Agenda », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  15. (en) Cliff Kincaid, « The Hidden Soros Agenda: Drugs, Money, the Media, and Political Power », Accuracy in Media,‎ (lire en ligne)
  16. (en) « OSI:Grants, Scholarships & Fellowships », Soros.org,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « Why Don't We Hear About Soros' Ties to Over 30 Major News Organizations », Fox News,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Is the Center for Public Integrity’s work advocacy or journalism?, washingtonpost.com, 2 septembre 2011
  19. (en) How the Center for Public Integrity is Funded, www.publicintegrity.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]