Center for Operations Research and Econometrics

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CORE
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Histoire et statut
Fondation
1966
Type
Centre de recherche
Disciplines
Régime linguistique
Fondateur
Localisation
Campus
Pays
Divers
Membre de
Site web

Le Center for Operations Research and Econometrics (CORE) est un centre de recherche interdisciplinaire affilié à l’université catholique de Louvain (UCLouvain) et situé à Louvain-la-Neuve, Belgique.

Depuis 2010, le centre fait partie de l’Institute for Multidisciplinary Research in Quantitative Modelling and Analysis (IMMAQ), tout comme l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et l’Institut de statistique, biostatistique et sciences actuarielles (ISBA)[1].

Le CORE intègre la recherche fondamentale et appliquée dans les domaines clés suivants : l’économie et la théorie des jeux, l’économétrie, la géographie quantitative et économique, la recherche opérationnelle. Les chercheurs du CORE ont pour but de développer une base théorique et méthodologique pour l’analyse des problèmes de décision issus de la politique économique et de la gestion du secteur public et privé ; la théorie de l’optimisation et de la statistique en vue d’apporter des solutions aux problèmes de design et de décision; ainsi que les outils computationnels (algorithmes et logiciels)[2].

Histoire et reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

CORE a été créé à Leuven (Louvain) en 1966 à l’initiative de Jacques Drèze (en) qui est considéré comme son père fondateur, Anton Barten (en) et Guy de Ghellinck. Initialement, le centre était affilié à l’ancienne université catholique de Louvain. À la suite de sa scission en 1968 en deux institutions, la KU Leuven (Katholieke Universiteit Leuven) et l’université catholique de Louvain, CORE a été transféré à Louvain-la-Neuve en 1977 pour rejoindre cette dernière[3].

CORE, dont la création a été inspirée par la Cowles Foundation ainsi que par les autres établissements où Jacques Drèze (en) avait mené des recherches au cours de son séjour aux États-Unis, a apporté la modélisation économique en Europe. Pionnier dans le domaine, CORE a propulsé le développement des la recherche économique belge et européenne qui était très locale à l’époque. Le centre l’a modernisée à travers les connaissances économiques et les pratiques de recherche importées des États-Unis et a contribué à son internationalisation tout en créant une culture économique locale en Europe, par ex., à travers la théorie économique du déséquilibre considérée comme un domaine emblématique en macroéconomie française. Un autre élément de la culture économique continentale était l’établissement de formes de recherche spécifique telles que l’équipe de recherche, la copaternité et l’évaluation par les pairs[4].

En 1966, CORE a ouvert ses portes avec quatre membres du personnel académique et trois chercheurs. À titre de comparaison, le centre accueille actuellement environ 40 membres académiques y compris des professeurs émérites, 26 chargés de recherche adjoints (associate fellows) et associés de recherche (research associates) ainsi que plus de 40 chercheurs doctoraux et postdoctoraux[5].

En 1967, CORE a reçu une subvention de cinq ans de la part de la Fondation Ford qui a propulsé le développement rapide du centre en attirant des membres académiques et des visiteurs. Grâce à ces chercheurs parmi lesquels se trouvent Gérard Debreu, Truman Bewley (en), Hildegard Dierker, Birgit Grodal (en), David Schmeidler (en), Karl Vind et Werner Hildenbrand (en), CORE a obtenu une reconnaissance internationale dans le domaine de l’économie mathématique. La période de la subvention Ford a coïncidé avec l’époque de l’économie néo-walrasienne au CORE qui a également lancé la différenciation des disciplines. Initialement intégrés, les domaines de recherche du CORE se sont développés pour devenir les disciplines complémentaires, mais indépendantes de l’économie mathématique, de la recherche opérationnelle et de l’économétrie. Après la scission des disciplines, la théorie économique du déséquilibre est devenu le domaine de recherche le plus important and le plus influent au CORE, ce qui a écarté le centre des pratiques des États-Unis et l’a établi en tant qu’une école de macroéconomie spécifique.

En 1973, lorsque la subvention Ford a pris fin, le CORE avait étoffé son personnel académique permanent jusqu’à 21 membres avec environ autant de visiteurs. L’entretien du centre a été repris par l’université avec du financement externe provenant de divers contrats de recherche avec le gouvernement belge et différentes organisations. Tandis que les disciplines devenaient de plus en plus différenciées, la programmation mathématique et l’économétrie, initialement des disciplines mineures, se sont eux aussi développées pour devenir des domaines de recherche importants au CORE. Ainsi, l’économétrie bayésienne peut être considérée comme un domaine emblématique du centre, ce dernier étant parfois appelé l’École bayésienne belge.

En 1977, le CORE a étendu les activités de formation en lançant le Programme doctoral européen en économie quantitative (European Doctoral Program in Quantitative Economics, EDP) rejoint par la suite par les autres partenaires. En 1985, l’Association économique européenne (European Economic Association) a été créée à l’initiative de Jacques Drèze (en) (son premier président), Jean Gabszewicz, Louis Phlips, Jacques Thisse et Jean Waelbroeck.

Aujourd’hui, les domaines de recherche clés du CORE sont l’économie, la théorie des jeux, la recherche opérationnelle et la géographie quantitative et économique. Les objectifs principaux consistent à stimuler la recherche de qualité, à développer des réseaux de collaboration et d’échange scientifique, former les jeunes chercheurs doctoraux et postdoctoraux, ainsi qu’à faire bénéficier aux professionnels dans les secteurs public et privé des connaissances scientifiques.

Personnel[modifier | modifier le code]

L’effectif permanent du CORE comprend généralement environ quarante membres académiques venant de l'UCLouvain, d’autres universités belges et de certaines universités étrangères voisines (Katholieke Universiteit Leuven, université libre de Bruxelles, université Saint-Louis - Bruxelles, université de Liège, université de Mons, université de Namur, université de Maastricht, université de Lille et université du Luxembourg) ainsi que plusieurs employés administratifs.

Annuellement, le centre accueille en moyenne vingt-cinq chercheurs venant au CORE pour des visites de longue durée comprenant deux catégories de visiteurs externes: les chargés de recherche adjoints (associate fellows) et les associés de recherche (research associates) qui travaillent au CORE sur une base hebdomadaire ou annuelle respectivement. Ils sont nommés pour une durée de deux ans sous réserve du soutien de deux membres du CORE avec la possibilité de prolonger cette période. Les chargés de recherche adjoints et les associés de recherche sont censés participer à toutes les activités du CORE comprenant ses projets scientifiques, séminaires et publications. Chaque année, plusieurs chercheurs (research fellows) reçoivent des bourses postdoctorales (CORE Fellowships) attribuées sur une base compétitive pour une durée d’un à trois ans. Dans le cadre de ses programmes doctoraux, le centre travaille annuellement avec quelque trente doctorants. Outre les séjours de longue durée, le CORE accueille régulièrement des académiques et des chercheurs pour des visites de courte durée allant de quelques jours à plusieurs semaines.

Les membres et visiteurs du CORE venant d’institutions dans le monde entier et un directeur de recherche sur trois nommé de l’externe, le CORE se caractérise par un environnement de travail international et attribue une importance particulière aux relations liées aux réseaux de recherche.

Recherches[modifier | modifier le code]

Les domaines de recherche principaux du CORE' sont : l’économie et la théorie des jeux, l’économétrie, la recherche opérationnelle et la géographie quantitative et économique.

Économie et théorie des jeux[modifier | modifier le code]

Parmi les domaines de recherche principaux développés au CORE sont traditionnellement la théorie de l'équilibre général (l'incertitude, les marchés incomplets, le calcul de l'équilibre, la non-convexité dans le secteur de la production, l’introduction de la monnaie, l’équilibre des prix, l’étude du chômage), l’économie industrielle, l’économie politique, l'économie spatiale, l'économie publique, l’économie de l'environnement, la théorie de la décision, la macroéconomie ainsi que la théorie des jeux coopératifs et non-coopératifs (les concepts d'équilibre, l'incertitude, les solutions coopératives). Actuellement, la recherche dans ce domaine comprend des développements théoriques, appliqués et empiriques. Elle a pour but de fournir une base théorique en vue de solutions aux problèmes relatifs à la réglementation du marché et à l’organisation du secteur public. Les domaines de recherche actuels comprennent l’organisation industrielle, l’économie publique et l’économie politique, l'économie de l'environnement, l’économie du bien-être et la théorie du choix social, l’équilibre général et différentes thématiques relatives à la théorie des jeux.

Économétrie[modifier | modifier le code]

La recherché en économétrie au CORE vise à développer des modèles quantitatifs ainsi que des méthodes statistiques et computationnelles appliqués pour traiter les données économiques. Parmi les principales contributions du CORE à l’économétrie sont l'estimation bayésienne des systèmes d'équations simultanées (les méthodes d'inférence bayésienne sont largement utilisées dans la recherche au CORE) et les concepts d’exogénéité faible et forte utilisés dans l'inférence statistique. Les autres domaines de recherche importants comprennent l'économétrie financière avec des thématiques telles que la microstructure des marchés financiers ou les modèles de volatilité et l'économétrie structurelle. La recherche actuelle en économétrie porte sur l'économétrie financière, l’économétrie des séries temporelles et les méthodes bayésiennes.

Recherche opérationnelle[modifier | modifier le code]

La recherche dans ce domaine est liée à l'optimisation et à la programmation mathématique. Parmi les principaux domaines de contribution sont l’optimisation discrète, la programmation en nombres entiers et l'optimisation convexe. La recherche porte également sur les gros investissements dans le secteur de l'énergie, les transferts d'électricité et les marchés de l'électricité, la conception et la régulation du marché européen ainsi que sur la gestion de la chaîne logistique. La recherche opérationnelle est étroitement liée à la géographie économique à travers l’utilisation des méthodes de programmation mathématique pour résoudre les problèmes de décision en matière de localisation. Les domaines de recherche actuels comprennent la modélisation et la recherche de solutions aux problèmes d’économie industrielle, l'optimisation discrète, l’optimisation linéaire et non linéaire et le calcul des équilibres.

Géographie quantitative et économique[modifier | modifier le code]

La recherche en géographie au CORE est étroitement liée à l’économie, par exemple, l’étude conjointe de la localisation des activités humaines et de leur empreinte environnementale. Elle se focalise sur la géographie quantitative et économique et trouve ses applications dans la politique de planification de l'utilisation des terres. Actuellement, les domaines de recherche en géographie comprennent les modèles de localisation-allocation, la géographie des transports et la mobilité durable, les analyses quantitatives spatiales, la géographie humaine et économique.

Chaires et projets scientifiques[modifier | modifier le code]

Environ trente projets scientifiques sont développés au CORE chaque année. Ils sont financés sous forme de subventions et de contrats par les secteurs public et privé y compris le Gouvernement fédéral belge, notamment, la Politique scientifique fédérale, le Fonds de la recherche scientifique - FNRS, la Communauté française de Belgique, la Commission européenne, notamment, le Conseil européen de la recherche, les Programmes-cadre, les Actions COST, différentes institutions publiques belges et étrangères, des entreprises privées, etc.

Au CORE, il y a actuellement trois chaires de recherche :

  • ENGIE Chair in Energy Economics and Energy Risk Management (la chaire ENGIE en économie de l’énergie et en gestion des risques énergétiques) financée par ENGIE et soutenant la recherche dans le domaine de la gestion des risques sur les marchés de l'énergie[6].
  • Kronos Group Chair in Strategic Sourcing and Procurement (la chaire Kronos en approvisionnement stratégique) financée par Kronos Group, Belgique et combinant des activités de recherche, d’enseignement et de réseautage en approvisionnement stratégique, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique[7].
  • Chair Lhoist Berghmans in Environmental Economics and Management (la chaire Lhoist Berghmans en économie et gestion de l'environnement) comprenant des activités de recherche et d’enseignement qui ont pour but l’analyse coût-bénéfice de l’application des technologies alternatives dans l’industrie et l’évaluation de l'impact des activités industrielles sur l'environnement et le niveau de vie.

Programmes doctoraux[modifier | modifier le code]

Le CORE accueille régulièrement quelque trente doctorants qui poursuivent leurs recherches sous la supervision de ses membres. En moyenne, environ sept thèses sont soutenues au CORE chaque année avec encore quelque 25 en cours. La supervision est effectuée dans le cadre des programmes doctoraux de différents départements de l’UCLouvain liés aux domaines de recherche du CORE ainsi que des programmes doctoraux interinstitutionnels suivants:

Événements scientifiques[modifier | modifier le code]

À présent, huit séminaires ont lieu au CORE régulièrement, y compris les trois séminaires hebdomadaires traditionnels en économétrie, économie et en recherche opérationnelle et un séminaire organisé par ECORES, une association conjointe du CORE (UCLouvain), de l’ECARES (ULB) et du CES (KU Leuven).

Parmi les événements scientifiques organisés par le CORE sont également des ateliers doctoraux réguliers permettant aux doctorants de présenter leurs recherches accomplies et en cours ainsi que les lecture series accueillant des scientifiques renommés d’institutions académiques belges et étrangères qui sont invités au CORE pour donner une série de cours sur des sujets liés à ses domaines de recherche.

Le CORE organise et co-organise fréquemment divers événements scientifiques au niveau local et international qui ont lieu tant au CORE qu’à d’autres institutions en Belgique et à l’étranger: conférences, colloques, ateliers, forums, écoles, etc. Les membres du CORE assistent régulièrement à des séminaires, des conférences et des colloques externes, le plus souvent pour faire une présentation, et sont invités à d’autres institutions pour des séjours et visites académiques.

Publications[modifier | modifier le code]

Le CORE publie actuellement trois séries des ouvrages scientifiques :

  • CORE Discussion Papers : Les CORE Discussion Papers comprennent les articles écrits par tous les membres du CORE ainsi que par les visiteurs scientifiques pendant leur travail au centre qui sont ouverts à la discussion en étant soumis pour publication dans des revues scientifiques.
  • CORE Reprints : Les CORE Reprints contiennent tous les travaux publiés par des membres du CORE et des visiteurs.
  • CORE Lecture Series : La série a été créée en 1987 avec la Fondation CORE, une association scientifique internationale financée par le secteur privé qui a pour but de soutenir la recherche en économétrie, économie et la recherche opérationnelle ainsi que la coopération et la formation scientifique dans ces domaines. La série est constituée des présentations des scientifiques renommés invités au centre pour donner une conférence sur des sujets liés aux domaines de recherche du CORE.

Outre les CORE Discussion Papers et les CORE Reprints, les membres et visiteurs du centre contribuent à la production de différents ouvrages scientifiques externes comprenant des publications dans des revues : mimeos, manuscrits, comptes rendus, articles de recherche, working papers, discussions papers, actes de colloque, notes de conférence, guides, rapports techniques, etc. De même, plusieurs livres, ouvrages édités et articles de presse sont publiés par les chercheurs du CORE chaque année. Les membres et visiteurs du CORE sont également impliqués dans diverses activités rédactionnelles et travaillent en tant que rédacteurs en chef, membres du comité de rédaction et du comité scientifique, éditeurs, co-éditeurs, éditeurs invités, etc. de différentes revues scientifiques.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Parmi les distinctions scientifiques reçues par les membres du CORE sont: Prix Lanchester, Prix Francqui, Chaire Francqui, Médaille d’or européenne (EURO), Doctorat Honoris Causa, Prix Dantzig, Prix de théorie John von Neumann, European Prize in Regional Science, Robert C. Witt Award, De la Vega Prize, Walter Isard Award, Kulp-Wright Book Award, Wernaers Prize, Social Choice and Welfare Prize, Emile de Laveleye Prize, William Alonso Memorial Prize, Ferdinand de Lesseps Prize, Risques–Les Echos Prize, SIAM Activity Group on Optimization Prize, etc., divers prix de thèse (Savage Award, Ernst Meyer Prize, Sogesci-BVWB Prize, Orbel Award, etc.) ainsi que des titres de membre et de fellow (honoraire) au sein de différentes institutions académiques, de recherche et d’autres établissements.

Chercheurs renommés du CORE[modifier | modifier le code]

Parmi les chercheurs renommés ayant contribué au travail du CORE au travers de visites, de publications et de participation à des séminaires et conférences, on peut citer, à titre non exhaustif : Kenneth Arrow, Robert Aumann, Claude d'Aspremont, Gérard Debreu, Marc Fleurbaey, John Geanakoplos (en), Michel Goemans, Christian Gouriéroux, Patrick Harker (en), Werner Hildenbrand (en), Matthew Jackson (en), Thomas Magnanti (en), François Maniquet, Eric Maskin, Franco Modigliani, Roger Myerson, George Nemhauser, Arkadi Nemirovski, Yurii Nesterov, Ariel Rubinstein, Thomas Sargent, Reinhard Selten, Lloyd Shapley, Joseph Stiglitz, Jacques-François Thisse, Jean Tirole, Laurence Wolsey.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]