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Cendres et Diamant

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Cendres et Diamant
Description de l'image Tomasz Wójcik - Ashes and Diamonds.jpg.
Titre original Popiół i diament
Réalisation Andrzej Wajda
Scénario Andrzej Wajda
Jerzy Andrzejewski
Pays de production Drapeau de la Pologne Pologne
Genre Drame
Durée 103 minutes
Sortie 1958

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Cendres et Diamant ((en polonais : Popiół i diament)) est un film polonais réalisé par Andrzej Wajda et sorti en 1958[1],[2],[3], adapté du roman éponyme de l'écrivain polonais Jerzy Andrzejewski, écrit en 1948.

C'est le 3e volet de la trilogie de la guerre du réalisateur, après Une fille a parlé (1955) et Ils aimaient la vie (1957). Le film prend place peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, dans la ville d'Ostrowiec.

Le film est refusé en compétition au Festival de Cannes, mais est projeté à la Mostra de Venise, où il remporte le prix FRIPESCI. Le film est acclamé à sa sortie, en Pologne et dans le monde, et est considéré comme un des films polonais les plus célèbres de l'histoire.

Le , alors que la capitulation officielle de l'Allemagne nazi est signée à Berlin, Maciek (Zbigniew Cybulski), Andrzej (Adam Pawlikowski) et Drewnowski, trois anciens membres de l'Armia Krajowa, nationalistes polonais, tentent d'assassiner Konrad Szczuka, secrétaire régional du Parti ouvrier polonais, leur adversaire politique.

Le guet-apens échoue, mais Maciek retrouve par hasard Szczuka dans un hôtel, où a lieu un banquet en honneur de l'armistice allemande. Andrzej et Maciek se préparent à reproduire la mission, mais Maciek entreprend une liaison avec la serveuse au bar, Krystyna (Ewa Krzyzewska), et trouve l'oubli dans ses bras, le temps d'une nuit.

En parallèle leur camarade Drewnowski se saoule au bar avec un représentant du parti au pouvoir, Pieniążek, qui lui fait miroiter un poste au futur gouvernement. Ivre il provoque un tollé lors du banquet à l'hôtel, arrosant les invités avec un extincteur, et quittant la salle honteux, sa carrière de fonctionnaire déjà ruinée.

Les deux amoureux déambulent dans la ville tout juste libérée, discutant de la possibilité d'un avenir ensemble. Maciek est tiraillé entre son amour pour Krystyna et son devoir moral envers la résistance. Andrzej l'incite finalement à mener à bien l'attentat, le menaçant de disgrâce en cas de désertion. Celui-ci exécute alors Szczuka lorsqu'il quitte l'hôtel pour retrouver son fils, arrêté par la police militaire pour avoir rejoint une milice résistante.

Après l'assassinat, Maciek décide de quitter la ville en train. Krystyna a le coeur brisé par cette nouvelle. Sur son trajet il tombe sur Drewnowski, essayant de se racheter auprès de la résistance, et qui l'appelle en le suivant dans la ville. En fuyant Maciek croise des soldats communistes, et échange des coups de feu avec eux dans la panique. Blessé il s'enfuit et finit par errer dans une décharge publique, où il agonise et meurt[3].

Fiche technique

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Distribution

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Cendres et Diamant est vaguement basé sur le roman éponyme de Jerzy Andrzejewski, qui faisait partie des livres obligatoires à l'école, pour l'image positive qu'il donnait du parti communiste[4],[5]. De premières adaptations sont envisagées par Erwin Axer et Antoni Bohdziewicz. Le film est envisagé comme une œuvre de propagande, caricaturant plus encore les personnages. Dans le script de Bohdziewicz, Waga fait du chantage à Maciek pour l'obliger à accomplir sa mission, ce dernier finit par s'allier avec Szczuka. Cette version est jugée trop défensive[6].

Une autre adaptation est entreprise par Jan Rybkowski, qui s'engage finalement dans la réalisation d'une comédie, Kapelusz pana Anatola (pl), et transmet le projet à Wajda[6].

Wajda entre en contact avec Andrzejewski, et suggère plusieurs changements à l'histoire de base. La trame autour du juge Kossecki est supprimée pour concentrer l'histoire autour de Maciek et Szczuka. Wajda propose de condenser toute l'histoire en une nuit[4],[6]. Le scénario est complété en , et soumis au comité d'évaluation des scénarios. Le script est finalement validé par les membres de la commission : Aleksander Ścibor-Rylski, Andrzej Braun, Krzysztof Teodor Toeplitz, Tadeusz Konwicki et Andrzej Karpowski[5].

Développement

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Le tournage est originellement prévu à Łódź, mais a finalement lieu dans un atelier à Wrocław, pour des raisons budgétaires et limiter l'intervention des décideurs. Certaines scènes sont tournées dans l'église Sainte-Barbara à Wrocław, ou dans une chapelle vers Trzebnica. Le budget total du film est de 6 070 000 zloty, dont un salaire de 69 000 zloty pour Wajda et 31 500 zloty pour Andrzejewski[4].

Pour le casting, l'assistant réalisateur Janusz Morgenstern recommande Zbigniew Cybulski dans le rôle principal. Bogumił Kobiela, collègue de Cybulski prend le rôle de Drewnowski, tandis que Wacław Zastrzeżyński, un acteur de théâtre peu expériementé est choisi pour jouer Szczuka[6].

Tournage et sortie

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Le tournage dure soixante jours, et le film utilise le format 1:1.85, une première dans le cinéma polonais[4]. Plusieurs scènes sont modifiées durant le tournage, comme la scène de la mort de Szczuka, certaines scènes contenant de l'iconographie chrétienne, et la fameuse scène des verres en feu[6],[7].

La sortie du film est presque interdite par les autorités communistes qui voient d'un mauvais œil que l'histoire soit centrée autour du personnage de Maciek, un résistant nationaliste. L'auteur Andrzejewski parvient à convaincre les activistes du PZPR de la justesse du propos du film, et celui-ci est projeté pour la première fois le en Pologne[4]. Malgré les polémiques, le film sort en octobre 1958, mais n'est pas sélectionné pour le festival de Cannes. En revanche il est plus tard représenté à la Mostra de Venise, où il reçoit le prix FRIPESCI[4].

Cendres et Diamant est un succès international à sa sortie. Selon Janina Falkowska, c'est le film le plus reconnu de Wajda, et un des plus importants de l'école polonaise du cinéma[8]. Le film est très populaire auprès d'un public d'indépendantistes polonais. Il engrange au total 1 722 000 entrées au cinéma[4].

Le film reçoit plusieurs critiques de la part des autorités communistes, alors au pouvoir, qui lui reprochent son ambiguïté idéologique vis-à-vis des actions menées par l'Armia Krajowa, et un manque de portée éducative. Une autre critique qui lui est adressée est la représentation anachronique du personnage de Maciek, habillé à la mode des années 1950 plutôt que de 1945[4].

Après la chute du communisme en 1989, d'autres critiques émergent reprochant justement au film de falsifier l'histoire, et d'avoir participé à la propagande du régime communiste, bien que certains, comme Tadeusz Lubelski, reconnaissent que le ton idéologique y est bien plus neutre que dans le livre originel[6],[9].

En dehors de la Pologne, le film est également salué par la critique. Certains experts comparent son travail à celui d'Erich von Stroheim ou au film Los Olvidados de Luis Buñuel[8],[10]. Si certains saluent les références de Wajda à l'art baroque, d'autres trouvent l'esthétique trop maniérée, et chargée.

« Andrzej Wajda reprend un thème douloureux : le déchirement de la Pologne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette œuvre brillante, pleine d'émotion, parfois même de tendresse, aux images d'une beauté insolite, est essentiellement dramatique et tragique.[...] Le titre même du film est extrait d'un poème évoquant les diamants de l'amour qui scintillent parmi les cendres froides de la guerre[11]. »

Le film recueille un score de 96% pour 27 avis sur Rotten Tomatoes[12]. Le film reçoit le prix FRIPESCI à la Mostra de Venise en 1959, et est également sélectionné aux BAFTA, dans la catégorie « Meilleur acteur » pour Zbigniew Cybulski et « Meilleur film » pour Andrzej Wajda[13].

Peinture murale du personnage de Zbigniew Cybulski à Łódź.

Le film est cité par plusieurs critiques comme le film le plus important du cinéma polonais. Il est classé 38e par Empire dans le « Top 100 des meilleurs films internationaux» en 2019[14]. Dans un sondage conduit par le Musée polonais de la cinématographie à Łódź, Cendres et Diamant et classé 3e meilleur film polonais de tous les temps[15]. Plusieurs réalisateurs influents, comme Martin Scorsese, Hayao Miyazaki, Francis Ford Coppola, Paweł Pawlikowski et Roy Andersson le comptent parmi leurs films favoris[16],[17],[18],[19].

Plusieurs films polonais feront par la suite référence à Cendres et Diamant, comme le film polémique Nikt nie woła (1960) de Kazimierz Kutz où un soldat inspiré de Maciek renonce à mener à bien sa mission et s'enfuit dans l'ouest du pays. Dans L'art d'être aimée (Jak być kochaną, 1961), Wojciech Jerzy Has parodie la scène des verres en feu, tournant le personnage de Maciek en dérision[6].

Wajda lui-même fera plusieurs fois référence à ce film dans d'autres de ses œuvres. Dans Paysage après la Bataille (Krajobraz po bitwie, 1969) et Les Noces (Wesele, 1972), il fait allusion à la scène finale de danse[20]. Dans L'Anneau de Crin (Pierścionek z orłem w koronie, 1992), il fait une référence à la scène des verres en feu, de façon ironique[8].

Le chanteur Roger Waters de Pink Floyd déclare que le film a eu un immense impact sur lui plus jeune, et la chanson Two Suns in the Sunset, sur l'album The Final Cut fait directement référence au film[21],[22].

Le metteur en scène Eugenio Barba, après avoir visionné le film en 1960, est tellement impressioné qu'il décide de poursuivre ses études à l'université de Varsovie. Il écrit un livre sur son expérience en Pologne intitulé Land of Ashes and Diamonds (1999)[23].

Récompense

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Notes et références

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  1. (pl) Jerzy Eisler, « Popiół i diament », sur polska1918-89.pl
  2. (en) Janina Falkowska, Andrzej Wajda: History, Politics, and Nostalgia in Polish Cinema, Berghahn Books, , 340 p. (ISBN 9781845455088, lire en ligne), p. 277
  3. a et b (en) Peter Hamas, The Cinema of Central Europe, Wallflower Press, , 291 p. (ISBN 9781904764205, lire en ligne)
  4. a b c d e f g et h Krzysztof Kornacki, Popiół i diament Andrzeja Wajdy, Gdansk, (ISBN 978-83-7453-858-9)
  5. a et b Paul Coates, « Forms of the Polish Intellectual's Self-Criticism: Revisiting Ashes and Diamonds with Andrzejewski and Wajda », Canadian Slavonic Papers, no 38,‎ (ISSN 0008-5006, DOI 10.1080/00085006.1996.11092126)
  6. a b c d e f et g « HISTORIA POLSKIEGO FILMU - ARTYKUŁY - AKADEMIA POLSKIEGO FILMU », sur akademiapolskiegofilmu.pl (consulté le )
  7. Jerzy Andrzejewsi, Ashes and Diamonds, (ISBN 0-14-005277-1, lire en ligne)
  8. a b et c Janina Falkowska, Andrzej Wajda: History, Politics, and Nostalgia in Polish Cinema, Berghann Series, (ISBN 978-1-84545-508-8, lire en ligne)
  9. Andrzej Werner, Polskie, arcypolskie, Londres, (ISBN 0-902352-60-1, lire en ligne)
  10. (en-GB) Derek Malcolm et By Derek Malcolm, « Andrzej Wajda: Ashes and Diamonds », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  11. Répertoire général des films 1960, édition Penser-Vrai, 1960
  12. (en) « Ashes and Diamonds | Rotten Tomatoes », sur www.rottentomatoes.com (consulté le )
  13. (en) « Film », sur Bafta (consulté le )
  14. (en) « The 100 Best Films Of World Cinema », sur Empire, (consulté le )
  15. (pl) « POLSKA – NAJLEPSZE FILMY według wszystkich ankietowanych », Muzeum Kinematografii w Łodzi,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. (en-US) « Scorsese’s 12 favorite films », Miramax,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  17. (en) « TSPDT - Hayao Miyazaki », sur TSPDT (consulté le )
  18. (en-US) Germain Lussier, « Quentin Tarantino, Martin Scorsese, Woody Allen, Francis Ford Coppola And Michael Mann List The Best Movies Ever », sur SlashFilm, (consulté le )
  19. (en) « Roy Andersson | BFI » [archive du ], sur www.bfi.org.uk (consulté le )
  20. Adam Garbicz, Kino, wehikuł, magiczny: przewodnik osiągnięć filmu fabularnego, Cracovie, Wydawnictwo Literackie, (ISBN 978-83-08-01377-9, lire en ligne)
  21. (pl) INTERIA.PL, « "Solidarność jest przykładem dla reszty świata" », interia.pl,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  22. (en) J. J. McDermott, « The European Masterpieces Part 3: Ashes and Diamonds (1958 Andrzei Wajda) », sur Momentary Cinema, (consulté le )
  23. (en) Eugenio Barba et Jerzy Grotowski, Land of Ashes and Diamonds: My Apprenticeship in Poland : Followed By. 26 Letters from Jerzy Grotowski to Eugenio Barba, Black Mountain Press, (ISBN 978-1-902867-00-7, lire en ligne)

Liens externes

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