Celâl Bayar

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Celâl Bayar
Image illustrative de l'article Celâl Bayar
Fonctions
3e président de la République de Turquie
Élection
Premier ministre Adnan Menderes
Prédécesseur İsmet İnönü
Successeur Cemal Gürsel
3e Premier ministre turc
Président Mustafa Kemal Atatürk
İsmet İnönü
Groupe politique Parti républicain du peuple
Prédécesseur İsmet İnönü
Successeur Refik Saydam
Ministre de l'Économie
1932 –
Président Mustafa Kemal Atatürk
Premier ministre İsmet İnönü
Groupe politique Parti républicain du peuple
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Umurbey dans le district de Gemlik, Empire ottoman
Date de décès (à 103 ans)
Lieu de décès Istanbul, Turquie
Nationalité turc
Parti politique Demokrat Parti (1946–1961)

Parti républicain du peuple (1923–1945)

Profession banquier
Religion musulman

Signature

Celâl Bayar
Premiers ministres turcs
Présidents de la République de Turquie

Celâl Bayar, né le à Umurbey dans le district de Gemlik et mort le (à 103 ans) à Istanbul, fut le troisième président de la Turquie et chef du Demokrat Parti ou DP (« Parti démocrate »).

Biographie[modifier | modifier le code]

Bayar a commencé sa vie politique en devenant d’abord membre du Comité Union et Progrès et par la suite membre de son organisation secrète, la Teskilat-i Mahsusa. Il fut particulièrement impliqué dans le processus de création d’une bourgeoisie turque musulmane destinée à remplacer celle existante et cosmopolite des Chrétiens ottomans et ceci l’amena à prendre des positions hostiles aux minorités chrétiennes de l’Empire. En 1911, la première action clandestine significative de Bayar fut de menacer et de propager l’effroi parmi les Grecs ottomans vivant en Anatolie occidentale, en employant des forces informelles qui les incitèrent à émigrer pour la Crète ou pour d’autres régions de Grèce, c’est-à-dire loin de l’Asie mineure que les dirigeants de Comité Union et Progrès commençaient à considérer, après les guerres balkaniques, comme « le foyer national turc »[réf. nécessaire]. Le succès qu’il rencontra dans cette entreprise lui permis de gravir rapidement les rangs du parti mais provoqua également son emprisonnement par les Britanniques après la Première Guerre mondiale.

Après sa libération, Bayar rejoint l’Assemblée nationale turque pour devenir l’un de ses membres les plus indéboulonnables. Il devint ministre de l'Économie dans le gouvernement kémaliste en 1921-1922, puis conseiller de la délégation turque à la conférence de Lausanne (1922-1923). Après la victoire, il travailla dans le secteur privé et en 1924, il fut le fondateur de İşbankası, la plus grande banque privée de Turquie, puis revint dans la vie politique comme ministre des Finances, de 1932 à 1937[1]. Celâl Bayar défendit et pratiqua l'étatisme, mais, à la différence d'Ismet Inönü, il y voyait une politique provisoire, adaptée aux nécessités particulières de la Turquie dans les années 1920 et surtout 1930[1].

À la suite de la démission d'İnönü de son poste, il fut nommé premier ministre par Atatürk le . Il garda ce poste jusqu'à la mort d'Atatürk, puis au début de la présidence İnönü, jusqu'au . Il redevint alors député. Le , il créa le Demokrat Parti (DP) avec Adnan Menderes[2]. DP a remporté les élections législatives du et Bayar devint président de la république. Son mandat fut renouvelé en 1954 et 1957.

Il était Président de la République turque lorsque, les 6 et 7 septembre 1955, l’Etat planifia et orchestra les attaques contre les propriétés, et parfois contre les vies, des membres des minorités grecques, arméniennes et juives d’Istanbul. Même s’il fut plus tard jugé pour son rôle dans le cadre de ces évènements, il fut acquitté par les militaires en raison de son âge.

Il fut renversé le par un coup d'État militaire mené par le Général Cemal Gürsel et envoyé, le 10 juin, avec Adnan Menderes et d'autres membres du gouvernement et de son parti devant une cour militaire sur la petite île de Yassiada dans la mer de Marmara. Lui et 15 autres membres du parti furent accusés de violer la constitution et furent condamnés à mort, le , par la haute cour de justice. Le gouvernement militaire confirma la peine pour Menderes, Zorlu et Polatkan, mais la peine de Bayar fut commuée en emprisonnement à vie en raison de son âge avancé. Bayar fut écroué, mais libéré le du fait de sa mauvaise santé. Il fut amnistié en 1966, mais il préféra rester en dehors de la vie politique, se consacrant à la rédaction de ses volumineux Mémoires.

Il mourut à l'âge de 103 ans et fut enterré dans son village natal, Umurbey à Bursa.

Ouvrages de Celâl Bayar[modifier | modifier le code]

  • Ben de Yazdım (« Moi aussi j'ai écrit »), Istanbul, huit volumes, 1965-1972, rééd. 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Dilek Barlas, Etatism and Diplomacy in Turkey. Economic and Foreign Strategies in an Uncertain World, 1929-1939, Éditions Brill,‎ 1998, 223 p. (ISBN 9004108556, lire en ligne), p. 67-69
  2. Bernard Lewis, Islam et Laïcité. L'émergence de la Turquie moderne, Paris, Fayard, 1988, pp. 267-269.