Catilina

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Catilina
Maccari-Cicero.jpg

Cesare Maccari, Cicéron dénonce Catilina (63 av. J.-C.), XIXe siècle, villa Madama, Rome.

Fonctions
Sénateur romain (d)
Préteur
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Activité

Lucius Sergius Catilina (108 av. J.-C. à Pistoria - 62 av. J.-C. à Pistoria) est un homme politique romain connu pour deux conjurations visant à renverser le Sénat de la République romaine.

Cursus[modifier | modifier le code]

Catilina est issu d'une famille noble, la gens Sergia, descendant, selon la légende, de Sergeste, un des compagnons d'Énée[1], mais qui ne fut jamais vraiment riche.

Pendant la guerre sociale, Catilina sert avec Pompée et Cicéron sous les ordres de Gnaeus Pompeius Strabo. Puis il soutient Sylla lors de la guerre civile de 84 à 81. À cette occasion, il tue Marius Gratidianus, parent de Caius Marius et de Cicéron.

En 73, il est accusé d'inceste avec une vestale[2], Fabia, qui était la demi-sœur de Terentia, l'épouse de Cicéron[3]. Le crime est passible de la peine de mort, mais Catilina est acquitté.

Il devient préteur en 68 et gouverne la province d'Afrique pendant les deux années qui suivent.

Première conjuration[modifier | modifier le code]

À son retour, en 66, il est accusé de concussion mais acquitté. Cette accusation l'empêche cependant de déposer sa candidature au consulat dans les délais requis. Il fomente une première conspiration avec Autronius[4] et Publius Cornelius Sulla, consuls désignés mais poursuivis et condamnés pour brigue. Le but des conjurés est d'abord d'assassiner les consuls L. Cotta et L. Torquatus aux Calendes de janvier (1er janvier), donner la dictature à Crassus, dont César serait le maître de cavalerie, et rendre à Sylla et Autronius le consulat qu'on leur a ôté. Crassus ne se montre pas le jour convenu et, pour cette raison, César ne donne pas le signal prévu, qui est, selon Curion, de laisser tomber sa toge de son épaule[5]. Le complot s'ébruite et est reporté aux nones de février (5 février). À ce moment, ce ne sont plus les seuls consuls qu'ils veulent assassiner, mais la plupart des sénateurs[2]. Cette fois-ci, Catilina lui-même aurait commandé le putsch. Or, selon Salluste, ami de César et qui ne cite ni César ni Crassus, il donne trop tôt le signal aux conjurés trop peu nombreux et pas assez armés.

Deuxième conjuration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conjuration de Catilina.

C'est la plus connue et elle offre à Cicéron l'heure de gloire qu'il espérait connaître au cours de son consulat, même si certaines des actions qu'il entreprend à cette occasion lui valent plus tard l'exil. En 64, Catilina est battu par Cicéron aux élections consulaires pour l'année 63. Il décide alors de se présenter comme le défenseur des populares et des vétérans de Sylla et commence à organiser une nouvelle conspiration.

En 63, Cicéron découvre la conspiration grâce à Fulvia, la maîtresse de Curius, l'un des conjurés. Il en révèle les détails au Sénat dans un discours dont l'exorde est resté célèbre : « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? »« Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? »[6] C'est la Première catilinaire, prononcée le 8 novembre (il en prononcera trois autres les 9 novembre, 3 et 5 décembre) qui oblige Catilina à fuir Rome. Il rejoint alors en Étrurie le camp de son ami Manlius pour augmenter les effectifs de son armée[2], laissant à ses partisans le soin de chercher la complicité des Allobroges (tribu gauloise de la province de Narbonnaise). Ceux-ci refusent et avertissent même les autorités romaines. Cinq conjurés sont arrêtés. Sur proposition de Caton d'Utique et malgré les réserves formulées par César, ceux-ci sont exécutés sans procès, sur base du senatus consultum ultimum (pleins pouvoirs) accordé au consul le 21 octobre 63, procédé dont la légalité est encore aujourd'hui discutée et qui vaudra l'exil à Cicéron.

En janvier 62, Catilina et ses compagnons sont interceptés et défaits par des troupes romaines à Pistorium, et Catilina y trouve la mort en combattant. Un sénateur commente : « Quelle belle mort !... Dommage qu'elle n'ait pas servi la République »[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Virgile, Énéide, 1,510
  2. a, b et c Salluste, Conjuration de Catilina, XV, XVIII, XXXII
  3. Pierre Grimal 1986, p. 162
  4. Publius Autronius Paetus, que Suétone prénomme erronément Lucius.
  5. Suétone, Vies des douze César, 9,1
  6. Cicéron : 1re Catilinaire, 1

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Syme, Sallust, Londres, Cambridge university press, 1964, 236 p.
  • Pierre Grimal, Cicéron, Paris, Fayard, (1re éd. 1986), 478 p., chap. VIII (« Le consulat ») Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]