Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet

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Catherine de Rambouillet
Mme de Rambouillet.jpg
Titre de noblesse
Marquise
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Père
Conjoint
Enfants
Julie d'Angennes
Léon-Pompée d'Angennes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées

La marquise de Rambouillet, née Catherine de Vivonne à Rome en 1588 et décédée à Paris le , est une femme d'exception qui tint au XVIIe siècle le premier salon célèbre dans son hôtel (l'hôtel de Rambouillet), situé à Paris, rue Saint-Thomas-du-Louvre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Née à Rome du marquis Jean de Vivonne, seigneur de Pisany (il a été ambassadeur en Italie et en Espagne), et de Giulia Savelli, noble romaine, elle est élevée dans la culture de la conversation, sa mère l'autorisant à assister aux entretiens de son père avec des amis lettrés[2].

Elle est mariée à 12 ans (le 27 janvier 1600) à Charles d'Angennes, vidame du Mans et futur marquis de Rambouillet. Le couple quitte l'hôtel de Rambouillet situé rue Saint-Honoré pour habiter l'hôtel de Pisani, rue Saint-Thomas-du-Louvre, à Paris. Elle redécore entièrement l'ensemble et inspire Marie de Médicis pour l'aménagement du palais du Luxembourg. Elle a sept enfants : deux garçons et cinq filles. Ses deux fils décèdent : le vidame du Mans à 7 ans de la peste (1631), le marquis de Pisani, tué à Nordlingen (1645). Sa fille Julie, aînée de ses sept enfants, la seconde dans son salon, Angélique est la première épouse du comte de Grignan, et les trois autres filles entrent au couvent, l'une (Catherine Charlotte) devenant abbesse d'Yerres. Sa petite-fille, Marie-Julie de Sainte-Maure devint duchesse d'Uzès.

Le salon littéraire[modifier | modifier le code]

Un salon influent[modifier | modifier le code]

À cause de sa santé précaire et des mœurs de la Cour, elle décide d'attirer chez elle le grand monde. Elle s'intéresse aux arts, aux lettres ; elle aime aussi l'histoire et parle plusieurs langues.

Elle tient un salon très brillant, avec l'aide de sa fille Julie (1607-1671), en l'honneur de qui l'on composa La guirlande de Julie, jusqu'au mariage de celle-ci (1645) avec le duc de Montausier, et la mort de Vincent Voiture en 1648.

Son salon a exercé une grande influence sur la langue française et sur la littérature du temps, les précieuses ayant joué un rôle important dans le renouvellement du vocabulaire français. Molière a raillé les excès de ce milieu dans Les Précieuses ridicules.

Un salon féminin et renommé[modifier | modifier le code]

Ce salon est l'un des rares à donner l'honneur aux femmes, contrairement aux autres salons massivement fréquentés par des hommes. Pour ce faire, Madame de Rambouillet avait enrégimenté un escadron de jeunes filles de la meilleure naissance qui agrémentaient les rencontres par leur esprit et leur charme.

Surnommée Arthénice, anagramme composée par Malherbe, elle apparaît sous les traits de Cléomire dans Artamène ou le Grand Cyrus, de Madeleine et Georges de Scudéry, Cyrus étant lui-même Enghien, le Grand Condé.

Parmi les habitués de l'hôtel de Rambouillet, on peut citer :

Le salon disparaît entre 1645 et 1650, à cause de décès dans sa famille et de l'actualité politique (la Fronde).

Épitaphe[modifier | modifier le code]

L'incomparable Arthénice a elle-même composé cette épitaphe

Ici gît Arthénice, exempte des rigueurs,
Dont l'âpreté du sort l'a toujours poursuivie;
Et si tu veux, passant, compter tous ses malheurs,
Tu n'auras qu'a compter les moments de sa vie.

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette rue - aujourd'hui disparue - perpendiculaire à la rue Saint Honoré reliait celle-ci à la Seine. : cf. le plan Gomboust de 1652.
  2. D'après Marcellin Berthelot, Hartwig Derenbourg, A. Giry, E. Glasson et Ch. -A. Laisant, La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, vol. XXVIII : RABBINISME ~ SAAS, Tours, Impr. E. Arrault & Cie, , « Rambouillet (Catherine de Yivonne, marquise de) », p. 142