Catherine Jessus

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Catherine Jessus est une biologiste française. Directrice de recherche au CNRS, elle est directrice de l'institut des sciences biologiques du CNRS depuis mai 2013 jusqu'à 2019.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catherine Jessus étudie à l'École normale supérieure de jeunes filles dans la promotion 1978[1], puis obtient l'agrégation de sciences naturelles[Quand ?] et le doctorat en biologie (1983)[2].

Elle travaille sur la division cellulaire et la formation des gamètes. Membre du Comité national de la recherche scientifique de 2004 à 2008[3], elle dirige le Laboratoire de biologie du développement à partir de 2004. Entre 2012 et 2014, elle supervise la réorganisation de la recherche en biologie du campus de Jussieu en créant l'Institut de biologie Paris-Seine.

Catherine Jessus est directrice de l'institut des sciences biologiques de mai 2013 jusqu'à février 2019[4],[5].

En 2017, elle coordonne l'écriture de l'ouvrage Étonnant vivant : découvertes et promesses du XXIe siècle aux éditions du CNRS[6].

Affaire de méconduite scientifique[modifier | modifier le code]

À partir de septembre 2017, des signalements anonymes sur le site PubPeer[7] suggèrent qu'elle ait pu manipuler des données scientifiques. Le biologiste allemand Leonid Schneider décrit l'affaire sur son blog For Better Science[8],[10]. Une commission d’enquête du CNRS dont la composition n'a pas été officiellement dévoilée innocente Catherine Jessus début 2018[11],[12],[13]. Néanmoins, l'opacité de la procédure et les conclusions du rapport sont critiquées par un groupe de chercheurs anonymes sur le site Sauvons l'Université[14],[15], information reprise par David Larousserie dans Le Monde[16] et Tristan Vey dans Le Figaro, qui note que pour des faits similaires, dans le même domaine de recherche, l'ex-présidente par intérim du CNRS Anne Peyroche a fait l'objet d'une procédure de mise à pied par le CEA.[17],[18] Le président du CNRS Antoine Petit et le président de Sorbonne Université Jean Chambaz réfutent les accusations[19]. David Larousserie publie sur son blog quelques réactions de chercheurs à la publication de son article[20]. En réponse, des centaines de chercheurs, parmi lesquels Geneviève Almouzni, Jean-Paul Behr, Daniel Choquet, Barbara Demeneix, Alain Fischer, Marc Fontecave, Alain Fuchs, Éric Karsenti, Pierre Joliot, Cécile Michel, Dino Moras, Catherine Picart, Angela Sirigu et Antoine Triller, prennent la défense de Catherine Jessus dans une lettre ouverte où ils évoquent une chasse aux sorcières et dénoncent l'anonymat des chercheurs du contre-rapport publié sur Sauvons l'Université[21]. L'association des journalistes scientifiques de la presse d'information estime que les attaques portées dans cette lettre ouverte contre le journaliste du Monde ébranlent la confiance dans la science et alimentent le soupçon d’entre-soi[22]. Dans un message adressé à la communauté scientifique, le biologiste Patrick Lemaire s’inquiète également : Outre le fait que le ton de ce texte me semble particulièrement inapproprié (et sans nul doute moins nuancé que celui de D. Larousserie qu’il attaque frontalement), et que cibler un journaliste qui fait partie de ceux qui traitent la science avec le plus de soin est particulièrement déplacé, le contenu de ce texte est de nature à faire beaucoup plus de mal que de bien (...)[23],[24]. Hervé Morin, dans Le Monde, résume la controverse et élargit le débat en évoquant la crise profonde que traverse la recherche biomédicale[24]. Dans un éditorial, le journal note que les arguments retenus contre Olivier Voinnet – sa responsabilité de chef de groupe, l’atteinte à l’image de l’organisme – [ont été] oubliés dans le cas de Catherine Jessus[25]; le fait que le rapport d'enquête sur Olivier Voinnet est confidentiel, alors que celui sur Catherine Jessus a été rendu public illustre aussi, selon Le Monde, l'absence de rigueur du CNRS en la matière[26],[27]. Suite aux derniers développements de l'affaire Peyroche, Sylvestre Huet, membre du Conseil de l’intégrité scientifique, écrit en novembre 2018, dans une lettre ouverte à la ministre Frédérique Vidal, que [les affaires] dites de Catherine Jessus (...) et d’Olivier Voinnet (...) ne [lui] semblent pas été traitées comme elles devaient l’être[28].

Dans un premier temps, le journal Mediapart émet une hypothèse de règlement de compte et d'acharnement d'ordre sexiste contre les femmes scientifiques lié à la démission d'Anne Peyroche[29],[30]. Par la suite, dans un entretien publié, Catherine Jessus affirme s'être rendue sur place à l'ETH Zürich en août 2016 pour évaluer les irrégularités des documents papiers pour une consultation sur place, une version électronique lui a été refusé en déclarant « Il est donc totalement faux qu'on m'ait proposé une clé USB » et par conséquent démentant ainsi une information qu'une clé USB a été mise à disposition selon l'enquête du Monde[réf. nécessaire]. À son retour, Catherine Jessus a fait part de ses observations de vive voix auprès du président du CNRS, Alain Fuchs[31]. Selon plusieurs témoignages, les propos de Catherine Jessus sont des mensonges[32]. De même, son implication dans la commission d'investigation sur Olivier Voinnet est avéré contrairement à ses déclarations préalables « mon rôle en 2015 et 2016 s'est limité à alerter le Directoire, la DAJ et la DRH des suspicions de méconduite portées à ma connaissance sur Olivier Voinnet et Patrice Dunoyer[32]. »

Publications[modifier | modifier le code]

« Etonnant vivant : découvertes et promesses du XXIe siècle », sur France Culture
« L'INSERM et le CNRS militent, dans un livre blanc, pour un meilleur financement de la recherche », sur Le Quotidien du médecin
« Un livre pour comprendre ce qui caractérise le vivant », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Recherche, sur archicubes.ens.fr.
  2. http://www.sudoc.fr/042941032.
  3. Arrêté du portant nomination aux sections du Comité national de la recherche scientifique, Journal officiel de la République française no 221 du .
  4. (en) « André Le Bivic – New Director of the CNRS Institute of Biological Sciences », IBDM,‎ (lire en ligne)
  5. « Catherine Jessus | CNRS », sur www.cnrs.fr
  6. Nicolas Martin, « La méthode Scientifique. Sciences du vivant : les nouveaux explorateurs. Avec Catherine Jessus » [audio], sur France Culture,
  7. (en) « PubPeer - Catherine Jessus », sur pubpeer.com (consulté le 29 mai 2018)
  8. (en) Leonid Schneider, « Voinnet’s CNRS investigator Catherine Jessus with own data integrity issues », For Better Science,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2018)
  9. Seraya Maouche, « Les affaires Jessus et Peyroche: Règlements de comptes ou fraude scientifique? (2) », sur Club de Mediapart,
  10. Contrairement à l'affirmation de Leonid Schneider, Catherine Jessus n'aurait pas participé à la commission d’investigation de l’affaire Voinnet[9].
  11. « Rapport concernant les mises en cause, sur internet, de publications dont Mme Jessus est co-auteur. Conclusions » [PDF], sur www.cnrs.fr,
  12. « Rapport concernant les mises en cause de publications dont Mme Jessus est co-auteur. Analyse Détaillée, Article par Article » [PDF], sur www.cnrs.fr,
  13. Hervé Morin et David Larousserie, « L’honneur sauvegardé de la biologiste Catherine Jessus », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. Groupe d’expert anonyme, « Promotion de l’intégrité scientifique au CNRS et à Sorbonne Université : incompétence ou malhonnêteté scientifique ? », sur www.sauvonsluniversite.fr,
  15. « Lettre ouverte d’un groupe d’experts anonyme concernant le rapport de la commission anonyme ayant enquêté sur les publications dont Mme Jessus est co-auteur » [PDF], sur www.sauvonsluniversite.fr,
  16. David Larousserie, « Intégrité scientifique à géométrie variable », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. Tristan Vey, « Fraude scientifique : une guerre de rapports « anonymes » empoisonne le CNRS », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  18. « Fraude scientifique: une guerre de rapports «anonymes» empoisonne le CNRS », sur Réseau Actu (consulté le 3 juin 2018)
  19. Seraya Maouche, « Petit et Chambaz réfutent les accusations publiées sur « Sauvons l’Université » », sur Club de Mediapart,
  20. David Larousserie, « Quand les chercheurs déraillent… » [blog], sur A la source,
  21. « Ethique Scientifique, Ethique Journalistique », sur scienceactive.net (consulté le 29 mai 2018)
  22. « Enquêter sur l’intégrité de scientifiques n’a rien de « nauséabond » | AJSPI », sur ajspi.com,
  23. Tournesol, Pr., « Le rapport du CNRS sur l'affaire Jessus attise les passions », sur sauvonsluniversite, (consulté le 5 juin 2018)
  24. a et b Hervé Morin, « Comment nous avons enquêté sur une affaire d’intégrité scientifique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  25. « L’intégrité scientifique est intangible », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  26. Hervé Morin et David Larousserie, « Deux biologistes sanctionnés par le CNRS », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2018)
  27. David Larousserie, « La biologie française minée par l’inconduite scientifique », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2018)
  28. Sylvestre Huet, « Intégrité scientifique : lettre ouverte à la ministre de la recherche », {Sciences²},‎ (lire en ligne, consulté le 11 janvier 2019)
  29. Seraya Maouche, « Les affaires Jessus et Peyroche: Règlements de comptes ou fraude scientifique? (2) », sur Club de Mediapart (consulté le 29 avril 2019)
  30. Seraya Maouche, « Les affaires Jessus et Peyroche: Règlements de comptes ou fraude scientifique? (1) », sur Club de Mediapart (consulté le 29 avril 2019)
  31. Seraya Maouche, « Catherine Jessus nous répond sur l'affaire Voinnet et de ses co-auteurs(1) », sur Club de Mediapart (consulté le 29 avril 2019)
  32. a et b Seraya Maouche (La scientifique Ortrun Mittelsten Scheid de l'Institute Gregor Mendel de recherche sur la biologie moléculaire des plantes à Vienne, nous a confirmé que Catherine Jessus et Catherine Rechenmann, directrice adjointe à l'INSB, étaient en contact avec elle en octobre 2016 afin qu'elle intègre la commission d'investigation sur Olivier Voinnet. Ces informations contredisent la version qui nous a été donnée par Catherine Jessus au sujet de son rôle dans cette affaire : "Mon rôle en 2015 et 2016 s'est limité à alerter le Directoire, la DAJ et la DRH des suspicions de méconduite portées à ma connaissance sur Olivier Voinnet et Patrice Dunoyer."), « Catherine Jessus nous repond sur l'affaire Voinnet et de ses co-auteurs », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  33. Décret du portant promotion et nomination, Journal officiel de la République française no 0001 du .

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]