Catherine Dior

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Catherine Dior
Image dans Infobox.
Photographie de Catherine et Jacqueline Dior le 23 juillet 1932 (Coll Fondation Alexandre Vassiliev).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
GrasseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Ginette DiorVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Père
Mère
Fratrie

Ginette Dior, dite Catherine Dior, née à Granville (Manche) le et morte le à Grasse[1],[2], est une résistante française.

Elle est la fille de l’industriel Maurice Dior et de Madeleine Martin, et la sœur du grand couturier Christian Dior[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Catherine Dior naît dans une famille bourgeoise qui a fait fortune dans la production d’engrais[4]. Elle est la cadette de cinq enfants[5] et est élevée selon les principes de l’époque, avec sévérité et sans démonstrations d’affection : « ma mère était encore plus sévère avec les filles qu’avec les garçons », dit-elle[6]. En 1931, son père est ruiné à la suite de la crise de 1929. Ensemble ils quittent leur appartement parisien et déménagent dans le Midi, à Callian. Catherine Dior contribue à assurer leur subsistance en cultivant des haricots verts et des petits pois sur le terrain qui entoure la maison[7].

Rôle dans la Résistance intérieure[modifier | modifier le code]

Revenue à Paris avec son frère, Christian Dior, en 1941, elle entre peu de temps après dans la Résistance intérieure, dans le réseau franco-polonais F2. Ce réseau était spécialisé dans le renseignement sur l’armement et des mouvements des armées allemandes[8]. Il a compté jusqu’à deux mille agents et est considéré comme l’un des réseaux de résistance les plus dynamiques en France. Pendant deux ans, elle utilise l’appartement de son frère, situé au 10, rue Royale, pour recevoir des membres de son réseau[9].

Déportation[modifier | modifier le code]

Le 6 juillet 1944, alors qu’elle a rendez-vous avec un autre membre de son réseau place du Trocadéro à Paris, la Gestapo de la rue de la Pompe[10] l’arrête à 5 heures du soir. Comme ses camarades, dont Jean Desbordes qui dirige son secteur et meurt le jour même sous la torture, Catherine Dior est alors torturée. Elle est déportée au camp de Drancy puis dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück[8]. Le train qui l'envoie en Allemagne le est l’un des derniers à emmener des déportés[8].

Libérée près de Dresde en mai 1945[8], Catherine Dior est rapatriée à Paris, très affaiblie et amaigrie[11]. Elle est décorée de la croix de guerre – une distinction rarement accordée à des civils –, de la croix de la Valeur de la Résistance, de la croix des Combattants, et de la Légion d’honneur[8]. Son cousin Sean Dior dira d’elle : « elle a risqué sa vie pour que les autres restent libres[4]. »

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Jusqu’à la fin de sa vie, Catherine Dior mène alors une existence discrète, prenant part à la Fondation de la Résistance[12] et suivant de loin les succès de son frère Christian Dior, de qui elle est très proche. C’est d’ailleurs en hommage à sa sœur que, en 1947, le couturier-parfumeur appelle son premier parfum Miss Dior[13].

Comme lui, elle a hérité de sa mère une passion pour les fleurs et les parfums. D’abord concessionnaire en fleurs aux halles de Paris, elle finit sa vie en Provence, où elle possède une exploitation de près de deux hectares de roses à parfum et des vignes[2].

En 1997, Catherine Dior participe à l’inauguration du musée Christian-Dior de Granville, dont elle est présidente d’honneur[5]. Elle s’y est investie dès le début en faisant notamment don d’une robe qui a appartenu à sa mère, Madeleine Dior[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « matchID - moteur de recherche des personnes décédées », sur deces.matchid.io (consulté le 27 juin 2020)
  2. a b et c Ingrid Brunschwig, « Le conservateur rend hommage a Catherine Dior », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018).
  3. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , 387 p.
  4. a et b (en) « Hommage à Catherine Dior », sur Pays de Fayence (consulté le 10 mars 2018).
  5. a et b Roberte Jourdon, « Messe en hommage à Catherine et Christian Dior », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018).
  6. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , p. 19.
  7. Marie-France Pochna, Christian Dior, Éditions Flammarion, , p. 96.
  8. a b c d et e (en) Jenna Sauers, « The Dior Family's Strange Wartime History », sur Jezebel, (consulté le 10 mars 2018).
  9. Gitta Sereny, The Healing Wound: Experiences and Reflections : Germany, 1938-2001, W. W. Norton & Company, , 428 p..
  10. Marie-Jo Bonnet, Tortionnaires Truands et collabos, La bande de la rue de la Pompe, 1944, Ed. Ouest-France, 2013. (ISBN 978-2-7373-6042-8)
  11. (en) « Commentaire du forum », sur The Fashion Spot (consulté le 10 mars 2018)
  12. (en) « Fondation de la Résistance »
  13. Anne-Cécile Beaudoin, « La vraie Miss Dior : Catherine Dior, héroïne de la résistance », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collection Catherine Dior : derniers souvenirs de famille, vente, Paris, Hôtel Drouot, salle 1 & 7, 26 mars 2012, Éditions Maréchaux Laurentin, 2012
  • Marie-Jo Bonnet, Tortionnaires truands et collabos, La bande de la rue de la Pompe, 1944, Éditions Ouest-France, 2013. (ISBN 978-2-7373-6042-8)
  • Anne Sebba, Les Parisiennes: How the Women of Paris Lived, Loved and Died in the 1940s, Weidenfeld & Nicolson, 2016
  • Bertrand Meyer-Stabley, Christian Dior, sous toutes les coutures, City Edition, 2017

Liens externes[modifier | modifier le code]