Cathédrale Saint-Michel de Belgrade

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Cathédrale Saint-Michel de Belgrade
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Michel de Belgrade
La cathédrale Saint-Michel de Belgrade
Présentation
Nom local Саборна Црква Св. Архангела Михаила
Saborna crkva Sv. Arhangela Mihaila
Culte Orthodoxe serbe
Type Cathédrale
Rattachement l'archéparchie de Belgrade-Karlovci
Début de la construction 1837
Fin des travaux 1840
Style dominant Classique
Baroque
Protection Monument culturel d'importance exceptionnelle
Bien culturel de la Ville de Belgrade
Site web http://www.saborna-crkva.com
Géographie
Pays Drapeau de la Serbie Serbie
Districts Belgrade
Ville Belgrade
Coordonnées 44° 49′ 05″ Nord 20° 27′ 08″ Est / 44.818073, 20.452248

Géolocalisation sur la carte : Serbie

(Voir situation sur carte : Serbie)
Cathédrale Saint-Michel de Belgrade

La Cathédrale Saint-Michel-Archange de Belgrade (en serbe cyrillique : Саборна Црква Св. Архангела Михаила ; en serbe latin : Saborna crkva Sv. Arhangela Mihaila) est une cathédrale orthodoxe située à Belgrade, la capitale la Serbie.La Cathédrale de Belgrade se trouve dans la partie ancienne de la ville, au carrefour des rue Kralja Petra et Kneza Sime Markovic, autrefois Bogojavljanska et Dubrovacka.

La Cathédrale Saint-Michel à Belgrade par son architecture, ses œuvres artistiques et une riche collection représente un monument extraordinaire. C’est un monument historique inestimable lié au sort du Belgrade serbe de la première moitié du XIXe siècle, qui s’est justement formé dans la zone autour de la Cathédrale devenant son église, centre administratif et culturel. À l’époque où apparait graduellement une nouvelle situation socio-politique en Serbie, la Cathédrale est devenue le siège de la lutte pour l’émancipation du centralisme turc jusqu’à la libération finale après plusieurs siècles de domination turque sur l'ensemble de la région.

Elle est un des lieux de culte les plus importants du pays. En raison de sa valeur historique et architecturale, sur une Décision en 1979, elle figure sur la liste des monuments culturels d'importance exceptionnelle de la République de Serbie[1] et sur la liste des biens culturels de la Ville de Belgrade[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'iconostase de la cathédrale

La cathédrale Saint-Michel a été construite de 1837 à 1840 sur l'ordre du prince Miloš Obrenović par Adam Fridrih Kverfeld, un architecte de Pančevo. Elle est dédiée à l'Archange Saint-Michel.

À quoi elle ressemblait, témoigne précieusement le prêtre protestant  et écrivain de voyage Stjepan Gerlah dans sa description du voyage de mission impériale à Constantinople en 1573-1578. Bien que spacieuse, avec tous les ustensiles liturgique et le mobilier nécessaire, elle ne pouvait pas recevoir le nombreux peuple chrétien de la ville de Belgrade.

Des données plus tardives sur l’existence de cette église(détruite et réparée, l’ancienne église combattait avec les mauvais moments jusqu’au 22 juin 1836, quand, après de nombreuses discussions le duc Milos Obrenovic a rendu l’ordonnance sur sa démolition finale et la construction d’une nouvelle église) ont été conservées par des voyageurs principalement au XVIIe et XVIIIe siècle, qui nous informe largement de son sort. Lors des conflits turco-autrichiens au début du XVIIIe siècle, l’église a été détruite, mais étant donné que le gouvernement autrichien était explicite en disant qu’il était interdit de renouveler les temples serbes détruits, le métropolite de cette époque Mojsije Petrovic, qui était dans l’attente de l’appui de l’empereur russe Pierre le Grand qui meurt entretemps, entreprend indépendamment la reconstruction de l’église à partir de la base, l’ornant d’une nouvelle iconostase. Malheureusement, les difficiles circonstances historiques se sont à nouveau refléter sur la vie de l’église, donc cela n’a pas été sa dernière reconstruction.

Avec le Traité de paix signé à Belgrade en 1739, les Turcs entre autres, ont de nouveau gagné Belgrade et « dès qu’ils sont entrés dans la ville, ils ont à cette occasion montré leur colère envers les Serbes et les sanctuaires serbes »[3]. La magnifique résidence de la métropole serbe a été démolie tandis que « l’église a été pillée et ses voûtes dévastées »[4]. Quelques décennies plus tard, au début de l’année 1798, l’Église fut à nouveau détruite, cette fois par le feu. Rénovée, elle servira jusqu’au début de l’année 1813, lorsqu’après l’effondrement de Premier soulèvement serbe, elle a été de nouveau pillée et profanée par les Turcs. Les travaux nécessaires ont été effectués après la Deuxième insurrection serbe.

En publiant l’Edit (Hatiserif) en 1830, le jour de Saint-Andrija Prozvani, avec lequel est obtenue la liberté de culte, par ordre du prince Milos « à côté de l’ancienne église a été érigée un clocher en bois »[4], dans lequel ont été mises les cloches. En raison de la coulée des cloches, un grand feu a été brulé pendant trois jours. À côté de ce feu passaient les gens, qui jetaient divers objets d’argent dans le moule avec le bronze, de sorte que les cloches aient un son « argenté ».

Les Belgradois de cette époque ont cet événement « espéré comme quelque chose de grand et impénétrable. Pour eux, le son des cloches ne signifiait pas seulement une cérémonie religieuse ordinaire, les cloches étaient un symbole de victoire espérée pendant des siècles »[5]. Les Turcs ont sur cette décision du prince Milos regardé avec incrédulité et menace. Jusqu’aujourd’hui a été conservée l’anecdote lorsque le vizir de Belgrade Husein-pacha Gavanoz Oglu (1827-1833) a abordé le duc Petar Cukic responsable de lever les cloches, le menaçant qu’il va être puni pour cela. Le brave commandant répondit : « Je sais, je sais efendum Pacha, si je lève je mourrais par la main turque et si ne les lève pas, je vai smourrir de la main de mon maître le prince Milos. J’aime plus mourir aux mains des Turcs que des mains de mon maître comme son serviteur désobéissant. »[6]

Aujourd’hui, dans le clocher de l’église de l’Ascension (1863) parmi les cinq cloches de différentes tailles et origines se trouve aussi la cloche de l’ancienne Cathédrale, qui a été sonnée pour la première fois le 15 février 1830, lorsque la Principauté de Serbie est devenue autonome.

La construction de la nouvelle église a été lancée le 28 avril 1837. La consécration de la fondation le 15 juillet 1837 de cette « église cathédrale de Belgrade »[7] un contemporain a décrit comme un événement exceptionnel assisté par le métropolite Petar Jovanovic, les dignitaires de l’église les plus élevés, la princesse Ljubica et les héritiers Milan et Mihailo, les paysans, les enfants et le « peuple des deux milieux »[8]. Les canons ont tirés alors que les gens « dans l’église donnait la bénédiction à ce temps de chance »[8]. Le jour de la fête du Saint-Archange Michael, le 8 novembre 1845, le métropolite Petar Jovanovic a effectué la consécration de l’église et y a servi sa première liturgie.

La Cathédrale était l’un des plus grands bâtiments de la Principauté de Serbie après l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Topčider (1832/1834), la plus ancienne église à Belgrade. Bien que la question de l’auteur des plans architecturaux pour la construction de l’église ait été longtemps contestée, il est certain qu’elle a été érigée par des maîtres de construction de Pancevo, selon le projet de Fridrich Adam Kverfeld. Construite près des remparts, sur un endroit élevé elle était remarquable de tous les côtés et particulièrement la haute tour du clocher avec une grande croix dorée qui « tout regard étranger attire sur soi, en particulier ceux de Zemun »[8].

L’église est une bâtisse avec une nef avec une abside orientale semi-circulaire et un narthex à l’ouest, au-dessus duquel se dresse le haut clocher. L’intérieur est divisé en partie de l’autel, le naos et le narthex dans lequel se trouve le baptistère et l’escalier pour le clocher. Contrairement à la façade nord et sud, identiques et traitées simplement, à l’ouest – la façade principale est distinguée par un portail représentatif et une large approche d’escalier. Selon leur structure et des proportions fines, l’architecture de la Cathédrale a immédiatement accepté les modèles des églises néoclassiques avec une tour baroque distinctive, qui à l’époque était construite en Autriche  et parmi lesquelles se trouve la Cathédrale plus ancienne à Sremski Karlovac (1758), qui était un modèle possible.

Ce type d’église sera très répandu en Serbie pendant le règne de Milos.

À la fin de la construction a commencé la décoration et l’ameublement de l’intérieur. La paroisse de Belgrade a engagé le sculpteur, sculpteur sur bois et fondeur Dimitrije Petrovic (1799 - + 1852), formé à l’Académie de Vienne, sur la rédaction de l’iconostase et le chœur. Dimitrije Petrovic avait déjà travaillé pour les Obrenovic, entre autres le prince Milos lui avait ordonné la coulée en 1838 des emblèmes serbes pour les canons qui étaient commandé en Autriche. Toutefois, en raison de certains désaccords avec la municipalité, Dimitrije Petrovic après avoir fait la structure architecturale de l’iconostase et son montage en 1842 à l’église, quitte pour toujours Belgrade. Luxueusement formé avec certains éléments décoratifs éclectiques, l’iconostase de la Cathédrale Saint-Michel de Belgrade est certainement l’iconostase classiciste le plus représentatif en Serbie.

La peinture de la Cathédrale Saint-Michel a été confiée à l’un des plus célèbres peintres serbes du XIXe siècle, Dimitri Avramovic (1815 -+ 1855) qui dans la période entre 1841 et 1845, a peint en tout dix-huit grandes compositions murales et environ cinquante icônes pour l’iconostase. L’artiste a été influencé par l’école historique de Vienne et les Nazaréens allemands, mais son sens pour la coloration dramatique et le rythme osé – plastique a réuni dans style artistique original, atteignant sur les surfaces murales de la Cathédrale Saint Michel d’uniques compositions monumentales de contenu religieux, dans la peinture serbe récente. Le genre d’échos qu’a eu son travail, nous parle la donnée qu’après avoir peint  la Cathédrale il ait reçu une offre du prince Aleksandar Karadjordjevic de peindre l’iconostase de l’église de Karadjordjeva à Topola (1845), ce qui était un grand honneur pour le jeune artiste et un signe qu’Avramovic  a gagné une réputation de peintre respectée et estimé.

En plus des œuvres de peintures et des sculptures en bois sur l’iconostase, les chœurs et les chaires, des peintures murales, une valeur particulière dans l’église représente le trésor dans lequel se conserve les objects d’art appliqué – de l’orfèvrerie du XVIIIe et du XIXe siècle, des habits, des croix, des icônes individuelles de la seconde moitié du XIXe siècle et d’autres objets de valeur culturo-historique.

Près de l’église, plus précisément à l’endroit où longe les rues Zadarska, une partie de la rue Kralja Petra et Kosancicev Venac, se trouvait le vieux cimetière serbe. Son agrandissement progressif s’est poursuivi dans la zone de la porte de la Cathédrale Saint-Michel, qui était durant les premières décennies du XIXe siècle non clôturée et servait comme une sorte de cimetière où était enterrés quelques personnalités plus connus de Serbie : Hajji Ruvim (1754 -+ 1804), le prince Sima Markovic (1768 -+ 1817), le duc Petar Nikolajevic Moler (1775 -+ 1816). Le crâne de Karadjordje était jusqu’en 1837 enterré dans la partie sud de la porte, lorsque par la volonté et l’ordre de la princesse Ljubica elle est déterrée et transférée à Topola. Dans l’église même se trouve les reliques du Saint empereur Uros et du Saint despote Stefan Stiljanovica (+1540) et les tombeaux des dirigeants de l’église. En face del’entrée principale de l’église sont enterrés l’écrivain serbe et éducateur Dositej Obradovic (1742-1811) et le réformateur de la langue serbe Vuk Karadzic (1787-1864).

Dans le cadre de la Cathédrale Saint-Michel de Belgrade en 1853 est fondée la Première communauté de chant de Belgrade qui est encore aujourd’hui actif. Cette chorale a été dirigée par tous les grands compositeurs de musique serbe comme Josif Marinkovic, Stevan Mokranjac, Kornelije Stankovic et d’autres.

Le Patriarcat de l'Église orthodoxe serbe[modifier | modifier le code]

En face de la cathédrale se trouve le bâtiment du Patriarcat, construit en 1934 et 1935 par l'architecte Viktor Lukomski. De plan carré, il présente un aspect monumental. La façade est ornée d'un portique avec les armes du Patriarcat de Serbie. En haut de la façade se trouve une niche ornée d'une mosaïque représentant Saint Jean Baptiste. Dans l'aile est du bâtiment se trouve une chapelle dédicacée à Saint Siméon ; elle contient une iconostase créée par les maîtres d'Ohrid avec des icônes peintes par Vladimir Predojević en 1935.

La bibliothèque et le musée de l'Église orthodoxe de Serbie se trouvent également dans ce bâtiment.

Le Patriarcat de l'Église orthodoxe de Serbie

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Saborna crkva », sur http://spomenicikulture.mi.sanu.ac.rs (consulté le 23 octobre 2012)
  2. (sr)(en) « Orthodox Cathedral », sur http://beogradskonasledje.rs, Site de l'Institut pour la protection du patrimoine de la ville de Belgrade (consulté le 23 octobre 2012)
  3. http://beogradskonasledje.rs/uncategorized/2008
  4. a et b Joakim Vujic, Voyages en Serbie, livre I, 1828, page 23, Belgrade, 1901
  5. Nikola Nestorovic, Bâtisse et architecte à Belgrade du siècle dernier, page 22, Belgrade 1937
  6. Mémorial de la Cathédrale à Belgrade, page 41
  7. Dragan J. Rankovic, Du passé de Belgrade, BON no 3, page 210
  8. a, b et c Milan Dj. Milicevic, Souvenir, 1831-1855, page 61, Belgrade, 1952

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]