Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille

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Cathédrale Notre-Dame de la Treille
La façade de la cathédrale
La façade de la cathédrale
Présentation
Culte Catholique romain
Rattachement Diocèse de Lille
Début de la construction 1854
Fin des travaux 1999
Architecte Charles Leroy
Paul Vilain
Michel Vilain
Pierre-Louis Carlier
Style dominant Néo-gothique
Protection  Inscrit MH (2009)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Ville Lille
Coordonnées 50° 38′ 23.9″ N 3° 03′ 44.5″ E / 50.639972, 3.06236150° 38′ 23.9″ Nord 3° 03′ 44.5″ Est / 50.639972, 3.062361

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La cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille est la cathédrale de Lille dans le département du Nord en région Nord-Pas-de-Calais. De style néo-gothique, elle est située dans le quartier du Vieux-Lille, à l'emplacement de l'ancienne motte castrale.

Elevée en l'honneur de la Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame de la Treille, du nom d'une statue miraculeuse dont l'existence est attestée dès le XIIe siècle, la cathédrale n'est à l'origine qu'une simple chapelle votive. Le projet de son édification, porté par une commission créée en 1853 par Charles Kolb-Bernard, véritable chef laïc du catholicisme lillois, qui réunit des représentants du clergé et de la haute bourgeoisie industrielle, répond à un double objectif. D'abord, reconstruire une grande église au cœur de la ville, après la destruction pendant la Révolution de la collégiale Saint-Pierre qui abritait la statue de Notre-Dame de la Treille depuis plus de 600 ans. Ensuite et surtout, promouvoir la création d'un siège épiscopal à Lille, qui appartient alors à l'archidiocèse de Cambrai, création jugée indispensable pour disposer des ressources nécessaire à la moralisation d'une population ouvrière qui ne cesse de croître sous les effets de la révolution industrielle. C'est pourquoi l'édifice est conçu d'emblée par ses commanditaires comme une future cathédrale.

Sa construction, qui s'est étalée sur près de 150 ans, a débuté en 1854 par la pose d'une première pierre et le lancement d'un concours international pour la conception d'un édifice de style néo-gothique, inspiré du « gothique de la première moitié du XIIIe siècle ». Parmi les 41 projets déposés, les deux premiers prix sont attribués à des projets anglais. Mais l'idée de confier la construction d'une église en l'honneur de la Vierge à des architectes anglicans soulève de telles objections que la réalisation du projet échoit finalement à l'architecte lillois Charles Leroy. Engagée en 1856, la construction de l'église rencontre ensuite de nombreuses difficultés, en particulier pour réunir les financements nécessaires à la poursuite des travaux. Ils sont réalisés par tranche, sous la direction de plusieurs générations d'architectes, de 1856 à 1973, pour s'achever en 1999 par la pose d'une façade très moderne, une partie du programme initial, qui comportait notamment un massif ouest constitué de deux grandes tours et une rosace, ayant été abandonnée.

Simple chapelle à l'origine, le pape Pie X confère à Notre-Dame de la Treille le titre de basilique mineure en 1904. Le , l'archidiocèse de Cambrai est finalement divisé en deux pour donner naissance au diocèse de Lille et Notre-Dame de la Treille devient cathédrale. En 2008, Lille est élevée au rang d'archevêché et elle devient cathédrale métropolitaine, siège de l'archevêque qui a autorité sur les diocèses d'Arras, Cambrai et Lille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le culte de Notre-Dame de la Treille[modifier | modifier le code]

La cathédrale doit son nom à une statue de la Vierge du dernier quart du XIIe siècle déposée dans la collégiale Saint-Pierre au début du XIIIe siècle et qui a fait depuis l'objet d'une dévotion particulière à Lille. La statue est décrite par Charles Bernard, curé de Sainte-Catherine, comme une statue de pierre peinte « d'un peu plus de deux pieds et demi de hauteur ; elle a un sceptre dans la main droite, et de sa gauche, elle soutient l'enfant Jésus sur les genoux ». Il mentionne que « la statue avec son piédestal est environnée d'un treillis en bois doré » et précise que l'ancienne grille, ou treille, en fer doré, a été perdue en 1792 lors de la destruction de la collégiale Saint-Pierre[1]. Il fait l'hypothèse que la « treille » qui entourait la statue servait à y attacher les vœux des fidèles et lui aurait donné son nom, mais il est aussi possible qu'il lui vienne de Treola, nom de lieu attesté au IXe siècle à proximité de ce qui n’était pas encore Lille[2].

Trois séries de faits miraculeux sont associées à la statue, en 1254, de 1519 à 1527 et de 1634 à 1638[3]. Dès 1254, une confrérie de Notre-Dame de la Treille est établie canoniquement par le pape Alexandre IV[4] et, en 1269, une procession annuelle en l'honneur de Notre-Dame de la Treille est instaurée et se perpétue jusqu'à la révolution[5]. En 1634, Jean Le Vasseur, Mayeur de Lille, consacre la ville à Notre-Dame de la Treille[6] et c'est devant elle qu'en 1667, Louis XIV, qui vient de prendre la Flandre, prête serment de respecter les libertés des Lillois[Cat 1].

Après la destruction de la collégiale Saint-Pierre, fortement endommagée par les bombardements autrichiens lors du siège de 1792, la statue tombe dans l'oubli. Elle est achetée par un sacristain, Albert Gambier ou Cambier, qui en fait don à l’église Sainte-Catherine en 1801[Cat 1]. Ce n'est qu'en 1842 que le père Charles Bernard, devenu curé de la paroisse, rétablit le culte de Notre-Dame de la Treille et rêve de lui redonner toute sa vigueur[2].

Le projet de création d'un diocèse[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, en dépit de la dimension de la ville et de l'importance croissante des communes environnantes, Lille n'est pas le siège d'un évêché et se trouve appartenir à l'archidiocèse de Cambrai. De fait, lorsque, à l'époque du Bas Empire, des évêques s'installent dans les civitates d'Arras, Cambrai, Thérouanne et Tournai, Lille n'existe pas encore. Lors de sa fondation, au XIe siècle, elle relève du diocèse de Tournai.

Un diocèse de Lille aurait pu voir le jour entre 1559 et 1561, lorsque Philippe II d'Espagne décide de créer de nouveaux diocèses aux Pays-Bas pour endiguer la Réforme. Dès cette époque, l'importance économique et démographique de la ville aurait justifié qu'elle devienne l'un d'entre eux, mais la proximité de Tournai, amputé des archidiaconés de Gand et de Bruges érigés en diocèses indépendants, ne l'a pas permis[7].

En 1667, Louis XIV prend Lille et, en 1713, les traités d'Utrecht tracent de nouvelles frontières qui coupent en deux les diocèses d'Ypres, Tournai et Cambrai. Pour résoudre ce problème de juridictions différentes au sein d'un même diocèse, l'intendant de Flandres, Charles d'Esmangart, propose en 1785 la création d'un évêché s'étendant de Dunkerque à Saint-Amand-les-Eaux, dont le siège serait établi à Lille. Les mémoires se succèdent jusqu'en 1788, mais la survenue de la Révolution ne permet pas au projet d'aboutir[8] et, en 1790, c'est le diocèse de Cambrai, amputé de sa partie belge, qui est profondément remanié pour épouser les contours du département du Nord créé la même année[9].

En 1852, le député lillois Charles Kolb-Bernard relance le débat en faveur de la création d'un diocèse qui couvrirait les arrondissements de Lille, Dunkerque et Hazebrouck dans un rapport public intitulé « Intérêts communaux de la ville de Lille »[8]. Anti-républicain, légitimiste, porte-paroles de la haute bourgeoisie protectionniste, véritable chef du catholicisme lillois, Charles Kolb-Bernard est lié par alliance à la famille Bernard, l'une des plus anciennes de la grande bourgeoisie lilloise à laquelle appartient également l'abbé Charles Bernard. Voué à la moralisation de la classe ouvrière alors que les tensions sociales s'exacerbent avec l'arrivée massive d'immigrants belges et la paupérisation d'une part croissante de la population suscitées par la révolution industrielle, il voit dans l'érection d'un évêché le moyen privilégié d'évangéliser une population livrée aux influences socialistes[10]. Si elle gagne en acuité tout au long du siècle, la question n'est pas nouvelle. Dès 1822, défendant une délibération sur l'érection d'un évêché à Lille que le conseil municipal adopte à l'unanimité, son rapporteur, Gaspard Charvet-Defrenne, s'exclame : « Négociants, voulons-nous jouir en paix du fruit de nos travaux et de notre industrie ? Manufacturiers, voulons-nous que les vastes ateliers qui s'élèvent de toutes parts ne deviennent pas un jour la proie des incendiaires ? Voulons-nous qu'ils soient dirigés par des agents fidèles et incorruptibles ? Peuplés d'ouvriers sages et soumis ? Appelons la religion à notre secours, multiplions ses ministres afin qu'ils travaillent à civiliser religieusement cette population qui s'accroit, qui arrive en foule des pays voisins sur nos frontières et qui deviendrait, à la moindre instigation, au moindre mouvement, un foyer de désordre et de révolte »[11]. A cet égard, l'avocat Armand Prat, qui reprend dans un mémoire de 1856 les arguments développés par ses prédécesseurs, assure que « déjà la religion, en multipliant ses moyens d'action, a produit d'heureux résultats dans l'arrondissement. Cela est insuffisant. Il n'y aura de garantie sérieuse et assurée que lorsqu'elle agira d'une manière directe et continuelle sur les populations, par le ministère de l'évêque, son représentant le plus auguste ici-bas. »[12]

L'enjeu de la création d'un siège épiscopal à Lille est aussi linguistique et financier. En effet, le diocèse de Cambrai, tout en longueur, couvre deux aires linguistiques, le flamand étant très présent dans la partie nord occidentale, très éloignée du siège. Or, « le nombre de familles ouvrières parlant exclusivement le flamand est déjà très grand dans l'arrondissement [de Lille] et tend à s'accroitre de plus en plus, au point qu'il importe beaucoup qu'une partie notable du clergé parle cette langue, qui ne peut être apprise dans un âge avancé, et que ne parle pas d'ailleurs la classe dans laquelle le clergé se recrute... »[13]. Quant au point de vue matériel, d'une part, « l'accroissement de population qui en résulterait, le mouvement considérable de personnes qu'occasionneraient les retraites ecclésiastiques, les ordinations, les affaires quotidiennes, contribueraient à augmenter de manière permanente le revenu municipal », tandis que d'autre part « les dépenses seraient en grande partie à la charge du département et de l'Etat. »[14]

Le projet de construction d'une cathédrale[modifier | modifier le code]

A la même époque, au début de 1853, Kolb-Bernard et son cousin l'abbé Charles Bernard, devenu en 1845 vicaire général de Cambrai, sont à l'initiative de la création d'une commission, l'« Œuvre de Notre-Dame de la Treille et Saint-Pierre », dont l'objet est la construction de la plus somptueuse des églises en l'honneur de Notre-Dame de la Treille. Réunissant des représentants du clergé et de la bourgeoisie industrielle lilloise qui soutiennent vigoureusement le projet d'érection d'un évêché à Lille, la commission conçoit d'emblée l'église votive comme une future cathédrale. En vue de sa construction, elle acquiert un terrain au cœur même du Vieux-Lille, sur le site de l’ancienne motte castrale, pour la somme de 223 000 francs[10].

Un concours international est lancé en 1854 pour la conception d'un édifice de style néo-gothique, inspiré du « gothique de la première moitié du XIIIe siècle », dont la première pierre est posée le par Mgr Régnier, archevêque de Cambrai, en présence de dix évêques, du maire, du préfet et d'une immense foule, avant même qu'un projet architectural n'ait été retenu[10]. Le cahier des charges du bâtiment mis au concours est très explicite : il s'agit de proposer la cathédrale idéale du moyen-âge dans toutes ses dimensions, la construction mais aussi l'ornementation et l'ameublement du futur édifice. D'une longueur de 100 à 110 mètres de long, l'église doit notamment comprendre une ou deux tours surmontées de flèches, trois portails à voussures profondes, trois nefs, un transept, un chœur, un sanctuaire et des chapelles absidiales séparées du sanctuaire par le bas-côté. Le budget pour le gros œuvre est fixé à trois millions, non compris le terrain, les verrières et l'ameublement. Les vitraux et la décoration intérieure font l'objet de dessins et de devis séparés et d'une adjudication particulière[15].

Le jury constitué par la commission comprend plusieurs personnalités françaises et étrangères, parmi lesquelles Adolphe Napoléon Didron, Arcisse de Caumont et August Reichensperger, tous éminents spécialistes de l’architecture religieuse du Moyen Âge. Le concours reçoit 41 projets, en provenance de toute l'Europe. En mars 1856, le premier prix est attribué aux anglais William Burges et Henry Clutton, le deuxième à l'anglais George Edmund Street et le troisième revient à Jean-Baptiste Lassus. Mais le jury ne peut se résoudre à confier la construction d'un édifice en l'honneur de la Vierge aux lauréats britanniques, de confession anglicane, et le révérend père Arthur Martin, membre du jury, propose de réunir tous les projets en un seul. C'est lui qui porte ce nouveau projet, auquel il associe l'architecte lillois Charles Leroy, qui n'a obtenu qu'une quatrième médaille d'argent au concours pour la cathédrale. A la mort prématurée du père Martin, en novembre 1856, Charles Leroy se retrouve seul en charge du chantier. Il reste fidèle aux plans du père Martin, mais simplifie le décor qu'il avait prévu[2].

La construction de l'édifice[modifier | modifier le code]

Maquette du projet initial de la cathédrale

Les travaux sont véritablement engagés en juin 1856 mais s'avèrent plus difficiles que prévus. L'humidité du sol nécessite de creuser une immense crypte qui grève le budget de la commission[Cat 2]. Des souscriptions sont lancées mais l’argent manque régulièrement et le chantier, concurrencé notamment par celui de l’université catholique, avance de façon irrégulière[16].

La construction du chœur s'étend de 1856 à 1869, date à laquelle il est inauguré. La statue miraculeuse y est déposée le 21 septembre 1872 en présence de Mgr Chigi, nonce à Paris, et de quatorze évêques.

Lorsque, en 1874, des cloches sont données à l'église, les deux tours clochers prévues sur la façade ne sont pas encore érigées. Un campanile de 35 mètres de haut est alors construit à la hâte à droite de l'église pour les accueillir.

Interrompus par un procès entre la commission et son architecte, les travaux ne reprennent qu'en 1893 sous la direction de l'architecte Paul Vilain. La chapelle absidiale est alors érigée de 1893 à 1899 et la construction des autres chapelles du chœur s'étend jusqu'en 1908. De 1908 à 1913, c'est la sacristie qui est construite.

De nouveau interrompu par la Première Guerre mondiale, le chantier ne se poursuit ensuite que lentement. Le transept nord est érigé entre 1922 et 1928 et le transept sud entre 1928 et 1938. La nef est édifiée à partir de 1941 et, en 1947, alors qu'elle n'est achevée qu'à hauteur du triforium, une façade provisoire de brique est posée, mettant un terme aux travaux.

Finalement, la conception initiale de la cathédrale ne sera jamais entièrement exécutée. En 1953, la décision est prise de réduire la hauteur des voûtes. Elles ne seront achevées qu'en 1973. De même, la façade ouest devait comporter une rosace et deux grandes tours dont la construction est abandonnée.

En 1983, Mgr Vilnet, évêque de Lille, est à l'initiative de la fondation de l’Association pour la rénovation du site de la Treille, créée pour promouvoir l'achèvement de la façade. Elle recueille auprès des particuliers et entreprises 20 des 40 millions de francs nécessaires à la réalisation des travaux. Le reste est financé par l’Évêché[16]. En 1991, la décision de terminer la cathédrale avec une nouvelle façade ouest, de style résolument moderne, est adoptée par l’association diocésaine de Lille. Peter Rice et l'architecte lillois Pierre-Louis Carlier sont alors retenus pour piloter le chantier qui s'achève en 1999.

Dix ans plus tard, le , la cathédrale fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques[17].

Statut et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Contrairement à la plupart des cathédrales françaises, la cathédrale de Lille n'est pas la propriété de l'Etat. Simple chapelle votive lors de son édification, elle est à l'origine la propriété d'une commission privée devenue société anonyme en 1875. Elle reçoit le titre de basilique en 1904, mais reste sans titre paroissial et échappe ainsi à la nationalisation qui fait suite à la Loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Devenue cathédrale en 1913, elle est ensuite progressivement cédée, en 1935 puis en 1974, à une association diocésaine, l'Association diocésaine de Lille, qui en est encore actuellement propriétaire[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieurs[modifier | modifier le code]

Lille ND de la treille 2.jpg

Seule la partie orientale de l'édifice correspond au projet d'origine. Construite progressivement d'est en ouest, chaque partie étant achevée avant que ne commence la suivante, l'évolution de la construction suit l'évolution des techniques sur près de 150 ans. Dans les années 1920, les techniques traditionnelles utilisées au début des travaux sont progressivement abandonnées pour faire place à des techniques plus modernes, avec en particulier l'utilisation de l'acier et du béton. Les parties hautes sont ensuite élevées en ciment, en lieu et place de la voûte de pierre sur croisée d'ogive que prévoyait le projet initial, tandis que la façade utilise des techniques de la fin du XXe siècle.

La façade principale[modifier | modifier le code]

La façade et sa rosace

Longtemps, la façade de la cathédrale n'a été qu'un mur de brique. La façade actuelle, conçue par l'architecte Pierre-Louis Carlier et réalisée par l'architecte Raymond Pâques, a été inaugurée le 19 décembre 1999 par Monseigneur Gérard Defois. Totalement indépendante du reste de l'édifice, sa partie centrale est composée d’une ogive de 30 mètres de haut, tapissée de 110 plaques de marbre blanc de 28 millimètres d’épaisseur, que soutient une structure métallique de Peter Rice, concepteur de l'opéra de Sydney.

Elle contient un vitrail circulaire de 6,5 mètres de diamètre, dessiné par Ladislas Kijno, constitué de 20 plaques de verre trempé, insérées dans une armature inox. Le thème de la Résurrection y est évoqué notamment à travers le visage du Christ, mais on peut aussi y apercevoir l’arbre de Jessé, le roi David jouant de la harpe, saint Michel terrassant le dragon, un mouton portant une oriflamme, le symbole du Saint-Esprit, les trois lettres de Pax, un agneau pascal, des fruits, l’image de Notre Dame de la Treille, les feuilles de la vigne, la clé de Saint Pierre, un ciboire et une hostie, un poisson avec le chrisme grec ΙΧΘΥΣ / ICHTYS...[Cat 3]

Le portail principal de 5 mètres de haut a été réalisé en verre et en bronze par Georges Jeanclos. Son décor reprend le thème d’une treille de ceps sur laquelle s’accrochent des groupes de dormeurs tandis que le pilier central porte une Vierge. La façade comprend également deux portails latéraux réalisés par Maya Salvado Ferrer sur la base des esquisses de Jeanclos décédé trop tôt pour achever le projet.

Le transept[modifier | modifier le code]

Le transept, particulièrement massif, est épaulé par de très robustes contreforts en équerre décorés de tabernacles vides à flèches pyramidales. Chaque bras présente des baies latérales et, en façade, deux baies encadrent un portail surmonté d'un galbe. Le sommet porte deux initiales entrelacées, inscrites en relief, SJ au nord, pour saint Joseph, et SE au sud, pour saint Eubert.

Le portail Nord[modifier | modifier le code]
Le chapiteau du portail Nord.

Achevé en 1924, le portail nord est dédié à saint Joseph. Sa statue y occupe le pilier central. De chaque côté ont été érigées les statues de Melchisédech, Énosh, Adam, Abel, Noé et Aaron.

Le tympan représente Joseph dans la Bible dans sa partie inférieure, au-dessus il présente Joseph dans les Évangiles et enfin célèbre, au sommet, la gloire du patriarche.

La voussure porte quarante-deux figures. Les quarante figures centrales représentent les aïeux du Christ depuis le roi David selon la généalogie décrite par saint Matthieu. Les deux figurent extrêmes représentent et opposent l’Église triomphante et la Synagogue déchue les yeux bandés et l’étendard brisé[Cat 4].

Le portail Sud[modifier | modifier le code]
Le portail sud.

Inauguré en 1938, le portail Sud est dédié à saint Eubert. La statue du saint y occupe le pilier central. Sur les côtés, ont été érigées les statues d’autres saints évangélisateurs de la région, Éleuthère de Tournai, saint Quentin, saint Piat, saint Chrysole, Martin de Tours et Éloi de Noyon.

Le tympan représente la vocation d’Eubert, les miracles posthumes qui lui sont attribués, la découverte de son corps en 1230, ainsi que son apothéose. En haut, à gauche de la représentation de Dieu le père, saint Achille est représenté sous les traits d'Achille Liénart, évêque de Lille de 1928 à 1968.

Comme le portail nord, la voussure porte 42 figures, représentant ici les martyrs des dix premières persécutions (54-305)[Cat 4].

Les chapelles latérales[modifier | modifier le code]

Chaque chapelle est dotée d'un toit indépendant à quatre pans coupés très étiré en hauteur. Elles sont séparées par des arcs-boutants à deux niveaux ornés d'un tabernacle vide de statue au niveau supérieur. Restés inachevés, les arcs-boutants ne dépassent pas la deuxième volée, au dessus des chapelles latérales. Les fenêtres hautes sont précédées d'un passage ouvert protégé par un garde-corps posé sur une épaisse corniche chanfreinée.

La chapelle axiale[modifier | modifier le code]

L'archange du chevet de la cathédrale.

Le faîte de l'édifice en pierre de Soignies est surmonté d'une grande statue de cuivre de l'archange Gabriel, celui qui est venu annoncer à Marie qu'elle serait mère de Dieu. Le toit d'ardoise est couronné d'un faîtage en cuivre repoussé où alternent le lis des armoiries de Lille, le lion de Flandre et la rose de Marie. Tout autour, les contreforts portent des pinacles d'où jaillissent des gargouilles et dans lesquels des anges aux ailes déployées présentent, sur des banderoles, les vertus de la Vierge Marie.

La salle capitulaire[modifier | modifier le code]

Placée au sud-est du chœur, la salle capitulaire est reliée à la cathédrale par la seule aile de cloître qui ait été construite. L'édifice est inachevé : fermé à l'ouest par un mur en pierre blanche, ce dernier devait être initialement une paroi interne.

Le campanile Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Érigé face au portail sud à titre provisoire afin d'abriter les cloches données à l'église à l'occasion du solennel couronnement de la statue miraculeuse, le , le campanile Saint-Nicolas est construit à la hâte, en briques avec quelques pierres sur des fondations d'à peine un mètre de profondeur. Haut de 35 mètres, il comporte quatre niveaux, aveugles pour les premiers, ajouré d'ouïes et de baies jumelées pour le dernier dont la partie supérieure est occupée par les cadrans d'une horloge. Quatre frontons triangulaires forment pignon pour soutenir une terrasse à garde corps en bois. Au premier étage, sont installés la sonnerie à la volée (6 cloches), le cylindre de ritournelles, le carillon (41 cloches) et son clavier. Au deuxième étage on trouve les trois cloches aiguës de la sonnerie et le carillon et au troisième étage, les cloches graves de la sonnerie. Manifestement provisoire, cet édifice ne doit sa survie qu'à l'absence de tour en façade.

Intérieurs[modifier | modifier le code]

Plan de Notre-Dame-de-la-Treille

L'intérieur de la cathédrale mesure 110 mètres de long sur 54 mètres de large au transept, 38,80 mètres de large au niveau du chœur et 26,40 mètres de large au niveau de la nef. Cette dernière, de six travées, est pourvue de bas-côtés mais ne comprend pas de chapelle. Le transept comporte des collatéraux à l'est et à l'ouest, chaque bras étant pourvu de trois travées de part et d'autre d'une croisée de plan carré. Une chapelle est ménagée dans l'aile nord, son pendant, dans l'aile sud, n'ayant jamais été installée. Le chœur comprend cinq travées droites et un chevet à cinq pans. Il est encadré par un déambulatoire qui dessert quatre chapelles rayonnantes polygonales et une chapelle axiale, plus profonde. Deux autres chapelles rectangulaires sont installées de part et d'autre, en amont des chapelles polygonales.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur, en 1999.

En vue de l'inauguration de la cathédrale achevée, en décembre 1999, la commission diocésaine d'art sacré décide d’aménager un nouveau chœur. Un autel octogonal de bronze doré de 1,5 mètre de diamètre est alors réalisé par le sculpteur Philippe Stopin en remplacement de l’autel de marbre blanc, une tapisserie d’Yves Millecamps est placée derrière l’ambon et un grand lustre de 10 mètres de haut conçu par Alban Behagle est placé au-dessus du chœur[Cat 5].

Les chapelles du Chœur[modifier | modifier le code]

Elles sont au nombre de sept et sont richement décorées dans un style néo-gothique.

Chapelle de saint Joseph[modifier | modifier le code]
La chapelle saint Joseph.

Achevée en 1908, la chapelle saint Joseph comporte une mosaïque murale qui représente le pape Pie XI avec à sa droite le cardinal Régnier, archevêque de Cambrai, parmi d'autres ecclésiastiques et les doyens des cinq facultés catholiques de Lille et à sa gauche le comte de Chambord, héritier du trône de France, suivi de représentants de divers corps de métier.

La table de l'autel, qui repose sur trois colonnes, est en granit rose des Vosges, en marbre vert des Alpes et en pierre blanche colorée.

Le bas de l’autel porte les outils du charpentier dans un premier médaillon et les attributs de la royauté (la couronne, le glaive, le sceptre et le bâton de justice) dans un second, Joseph étant descendant du roi David.

Le tabernacle porte trois médaillons illustrant les vertus théologales (la Foi, symbolisée par le serpent d'airain ; l’Espérance, symbolisée par l'ancre ; la Charité, symbolisée par le pélican). De part et d’autre, sont représentés le quotidien de la Sainte Famille et la mort de Joseph[Cat 6].

La verrière présente dans la rosace l'apothéose de saint Joseph dans le ciel et dix médaillons qui retracent les principaux épisodes de sa vie (de gauche à droite et de bas en haut : les fiançailles, l'apparition de l'ange, l'entrevue avec Marie, le mariage, la crèche, la fuite en Égypte, le séjour en Égypte, le retour à Nazareth, le voyage à Jérusalem, Jésus retrouvé dans le temple).

Chapelle de sainte Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]
La chapelle Jeanne d'Arc.

Achevée en 1904, on parle plutôt ici de chapelle de Jeanne d'Arc puisqu'au moment de son édification Jeanne d'Arc n'avait pas encore été canonisée par l'Église.

Sur la mosaïque du sol, on trouve la sainte ampoule qui servait à oindre le front des rois lors de leur sacre. Sur les mosaïques des murs on retrouve un exemple de parité puisque l'on a six figures d'hommes à gauche (saint Martin, Clovis, Charlemagne, Hugues Capet, Louis IX de France et Louis XVI) et six figures de femmes sur le côté droit (sainte Aurélie, Blanche de Castille, Madame Elisabeth, sainte Geneviève, sainte Clotilde et Hildegarde de Bingen).

Les Trois verrières racontent la vie de Jeanne d'Arc : sa mission à gauche, sa carrière à droite et son martyre.

Son autel est en marbre rose des Pyrénées. Sur le tombeau se trouve un bas-relief en bronze reproduisant un tableau d'Ingres. Sur la porte du tabernacle est représenté le Bon Pasteur en bronze doré.

L'épée d'honneur qui est accrochée au socle de la statue fut offerte par les catholiques français en 1907 au capitaine Magniez qui, en 1906, à l'époque des inventaires prévus par la loi de séparation de l’Église et de L’État, refusa de faire briser à coups de hache les portes de l'église de Saint-Jans-Cappel (Nord)[Cat 6].

Chapelle de saint Jean l'Évangéliste[modifier | modifier le code]
La chapelle saint Jean.

Également achevée en 1904, la chapelle saint Jean l'Évangéliste est dédiée au savoir et à l’éducation, alors qu'Émile Combes, Président du Conseil, mène une politique anticléricale qui conduit à interdire aux religieux d'enseigner[Cat 6].

La table de l'autel de marbre rouge, en calacata, recouvre le sarcophage de Sainte Plinia, martyre translatée des catacombes de Rome au diocèse de Cambrai en 1847. Le retable représente le Christ enseignant aux trois âges de la vie : l'enseignement primaire, où Jésus fait venir à lui les petits enfants, l'enseignement secondaire, avec Jésus parmi les docteurs et, sur la porte du tabernacle, l'enseignement supérieur, où Jésus donne à ses apôtres la mission d'enseigner.

Les verrières figurent les saints enseignants, Jean-Baptiste de La Salle (enseignement primaire), Louis de Gonzague (enseignement secondaire) et Thomas d’Aquin (enseignement supérieur).

Les mosaïques murales se lisent de bas en haut et sont dédiées à quelques disciplines académiques et à leurs représentants. À gauche, la philosophie, la rhétorique, l'arithmétique, la dialectique, la grammaire et la géographie ; à droite, les sciences naturelles, la peinture, l'architecture, la géométrie, la musique et l'astronomie.

La mosaïque au sol évoque le poison que faillit avaler l'apôtre : c'est un semis de coupes d'où jaillit un petit dragon. Au centre, le tétramorphe : l'aigle de Jean, le lion de Marc, le bœuf de Luc et l'ange de Matthieu.

Sainte Chapelle[modifier | modifier le code]
La Sainte Chapelle.
L'autel de la Sainte Chapelle.

Entreprise en 1856 et achevée en 1897, la Sainte Chapelle, qui compte quatre travées droites et un chevet à sept pans, est inspirée de la Sainte Chapelle de Paris[Cat 6]. Elle est fermée par une grille en fer forgé portant des enroulements de feuillages inspirés de l'idée de la treille.

L’allée centrale est revêtue d'une mosaïque formant tapis qui présente la cité de Lille dans ses dimensions militaire, symbolisée par des tours et des murs à la façon du moyen-âge, artistique et scientifique, symbolisées par les bâtiments de l'université catholique, et industrielle, symbolisée par des usines et leurs cheminées, sur lesquelles rayonne le monogramme de Marie qui s'étend sur le tout. Elle est prolongée par une mosaïque au pied de l'autel qui représente la Création : les quatre éléments, les astres et le règne animal.

Le sanctuaire comporte onze grandes verrières, réalisées par Édouard Didron, sous des voûtes de 17 mètres de haut[Cat 6]. Quatre d'entre elles représentent la vie de la Vierge Marie, depuis son immaculée conception jusqu'à son couronnement au ciel. Deux autres présentent les marques de son culte à Lille. Les deux suivantes rappellent les miracles qui lui sont attribués au XVIe siècle et au XVIIe siècle. Deux vitraux au fond, dans les pans coupés, présentent l'histoire de la patronne de Lille et de son sanctuaire, des premiers miracles en 1254 à la présentation de la basilique nouvelle. Le vitrail du centre est consacré à la glorification de Notre-Dame de la Treille : en haut les trois personnes divines dont Marie est la fille, la mère et l'épouse, au centre des anges portent la couronne que Pie IX a décernée à la patronne de Lille, au dessous ceux qui l'ont honorée et ont développé son culte, papes et prélats, princes et empereurs, clercs et religieux, laïques de toutes conditions.

Les mosaïques murales qui ornent quatre fenêtres aveugles représentent douze femmes de l’Ancien Testament, chacune alternant avec un symbole (le fleuve de vie-Eve, l'arche de Noé-Sara, etc.)

Un piédestal placé derrière l'autel est surmonté d'un habitacle qui abrite la statue de Notre-Dame de la Treille. Il s'agit d'une statue moderne réalisée par Marie Madeleine Weerts, l'originale de la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Treille ayant été volée en juillet 1959. Elle est portée par trois saints pèlerins, Thomas Becket, saint Louis et saint Bernard. Aux angles supérieur de l'habitacle, quatre chimères soutiennent quatre lampes, tandis que onze autres (soit quinze au total en référence aux mystères du rosaire) sont disposées aux pieds de la statue. Le dais, soutenu par quatre groupes de colonnettes en onyx du Brésil, est dominé par un clocheton surmonté d'une flèche ajourée. Aux angles du clocheton, des anges aux ailes rabattues sonnent de l'oliphant.

Sur l'autel de bronze doré, la table de communion porte six statues, trois personnages de l’Ancien Testament (Melchisédech, Ruth et Élie) et trois saints glorifiant le Sacrifice (sainte Julienne, saint Thomas d’Aquin et sainte Marguerite-Marie). Dans le bas, trois médaillons de bronze florentin représentent la Maternité. Le retable, sur lequel sont représentés Jean-Baptiste sanctifié par l'intermédiaire de Marie et les noces de Canaa, est surmonté d'un calvaire en ronde bosse où Marie et saint Jean sont au pied de la croix.

L'ensemble, autel, habitacle, chandeliers, lampes et ornements, décoré de pierres précieuses, améthystes, jaspes, malachites, et d'émaux, est l'œuvre des orfèvres parisiens Trioullier et fils.

Chapelle de sainte Anne[modifier | modifier le code]
La chapelle sainte Anne.

Achevée en 1904, la chapelle sainte Anne, mère de la Vierge et patronne des menuisiers et des couturières, est dédiée au travail et représente quelques corporations lilloises. Elle témoigne de l'attachement de la bourgeoisie lilloise au système corporatif par opposition au syndicalisme qui se développe sous l’influence des idées socialistes[Cat 6]. Soixante-dix corps de métiers sont représentés, dont trente sont figurés par des saints patrons lillois : trois dans les vitraux, douze dans les mosaïques murales et quinze dans la mosaïque au sol.

L'autel, en brèche violette avec colonnes d'onyx ambré, porte une mosaïque d'émail qui représente l'arche de Noé. Au centre, Sainte Anne est entourée de deux scènes également en mosaïque d'émail. La première symbolise la famille, elle représente Joachim et Anne conduisant leur fille Marie au temple de Jérusalem ; la seconde symbolise le travail, elle représente Joachim et Anne apprenant à leur fille à filer.

Les quatre mosaïques murales figurent chacune trois saints patrons dans trois grands médaillons et des artisans dans des médaillons plus petits. Elles évoquent de gauche à droite le bâtiment, l'industrie, l'alimentation et l'habillement.

Les trois verrières sont dédiées chacune à un saint patron corporatif majeur de la ville. De gauche à droite, saint Arnould, patron des brasseurs, saint Éloi, patron de l'industrie du fer et saint Nicolas, patron de l'industrie du fil.

La mosaïque au sol représente quinze corporations et quatre confréries : les arbalétriers, les archers, les tireurs d'armes et les canonniers.

Chapelle de saint Charles le Bon[modifier | modifier le code]
La chapelle saint Charles.

Achevée en 1904, cette chapelle est dédiée à ceux qui ont fait la grandeur de la Flandre et en premier lieu à Charles le Bon qui participe à la première croisade de 1096 à 1099[Cat 6].

Le retable comprend trois bas-reliefs d'argent encadrés de deux colonnettes d'onyx vert. Ils représentent, au centre, la dédicace de la ville à la Vierge par Jean le Vasseur en 1634 et, de part et d'autre, Marguerite de Constantinople offrant à la Vierge le bref de sa confrérie et le premier chapitre de la Toison d'or tenu à Lille en 1431.

Jean le Vasseur est également représenté sur les mosaïques murales parmi d'autres personnages illustres comme Baudouin V de Flandre, fondateur de Lille, ou Louis XIV.

Le rappel des croisades est figuré par la croix de Jérusalem sous l’autel et, au-dessus de l'autel, par le reliquaire contenant un ossement de saint Louis. Aux quatre coins de son socle sont représentés quatre pèlerins de Notre Dame de la Treille : saint Bernard, saint Louis, saint Vincent Ferrier et saint Thomas de Cantorbery.

La mosaïque du pavé porte les 128 blasons des paroisses de l'ancienne Châtellenie de Lille.

Les vitraux retracent la vie et le martyre de saint Charles le Bon, assassiné par le clan du prévôt du chapitre Saint-Donatien de Bruges en 1127 (à gauche, sa prospérité, au centre son martyr à Bruges, à droite, la conspiration).

Chapelle du Sacré-Cœur de Jésus[modifier | modifier le code]
Mosaïque murale de la chapelle du Sacré-Cœur de Jésus

Achevée en 1908, la chapelle du Sacré-Cœur de Jésus contient le baptistère. Les mosaïques représentent toutes les races et tous les âges de la vie adorant le Christ.

La partie haute de la mosaïque murale représente le christ roi entouré à sa droite de David et d'Isaïe et à sa gauche de saint Jean et saint Paul. La frise inférieure représente de gauche à droite la race noire, la race blanche, la race rouge et la race jaune, chacune aux quatre âges de la vie (enfance, adolescence, maturité, vieillesse).

Le retable porte deux petits médaillons, l'un qui figure Léon XIII consacrant l'Église au Sacré-Cœur devant la basilique Saint-Pierre de Rome en 1899 et l'autre qui figure le Cardinal Richard consacrant la France au Sacré-Cœur devant la basilique de Montmartre, élevée en expiation des péchés de la Commune de Paris[Cat 6].

Le tabernacle, surmonté d'une coupole garnie d'émaux, est entouré de quatre anges qui représentent les quatre fins de la messe (l'Adoration, l'Action de grâces, la Réparation et l'Adoration).

La chapelle saint Pierre[modifier | modifier le code]

La chapelle saint Pierre

Aménagée dans le transept nord, cette chapelle devait avoir pour pendant une chapelle Saint Eubert dans le transept sud qui ne sera jamais installée.

Achevée en 1936, elle retrace la vie de saint Pierre. De part et d’autre du tabernacle, deux émaux illustrent le reniement de Pierre. Sur le tabernacle, le Christ ressuscité pardonne à Pierre sa faiblesse.

Le sol porte les insignes pontificaux, la tiare et les clefs de Saint Pierre qui donnent accès au royaume de Dieu[Cat 6].

Crypte[modifier | modifier le code]

La crypte de 2 500 m2 est la plus vaste d'Europe[Cat 2]. Sa partie la plus récente date de 1936 et accueille le centre d'art sacré contemporain qui présente des œuvres de la collection Delaine sur le thème de la Passion[Cat 7]. Sa partie la plus ancienne abrite les tombeaux des évêques ainsi que ceux de l'industriel lillois Philibert Vrau et de son beau-frère, Camille Féron-Vrau. Les dépouilles de ces deux grands hommes, qui ont beaucoup œuvré pour la Faculté Libre de Médecine de Lille, ont été transférés dans un caveau de la Faculté. Au chevet de l’abside repose sur une pierre tombale la tombe sans corps de Jean Le Vasseur[Cat 2], mayeur de Lille qui dédia la ville à la Vierge de la Treille en 1634, dont la dépouille imputrescible a été exhumée puis cachée par les autorités révolutionnaires[18].

Orgues[modifier | modifier le code]

Le Grand Orgue du studio 104 de la Maison de la Radio à Paris, cédé par Radio France, a été béni le par Mgr Ulrich[19]. L'orgue néoclassique, pesant 41 tonnes, a été construit en 1966 par le facteur d'orgues Danion–Gonzalez, puis relevé par Bernard Dargassies en 1989. Sa réinstallation à Notre-Dame-de-la-Treille en 2007–2008 a été confiée au facteur d'orgues Klais (Bonn, Allemagne). Parmi les plus grandes orgues de France, il est doté d'une console mobile de 102 jeux, répartis sur 4 claviers de 61 notes et un pédalier de 32 notes, et de plus de 7600 tuyaux[20].

Composition du grand orgue[21]

Grand Orgue C–c4
Montre 16'
Bourdon 16'
Flûte 8'
Montre 8'
Bourdon 8'
Gros Nasard 51/3'
Prestant 4'
Flûte à chem. 4'
Nasard 22/3'
Grosse Tierce 31/5'
Quinte 2'
Doublette 2'
Tierce 13/5'
Cornet V
Fourniture V
Cymbale IV
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'
Chamade 8'
Chamade 4'
II Positif C–c4
Flûte creuse 8'
Montre 8'
Bourdon 8'
Salicional 8'
Prestant 4'
Flûte 4'
Nasard 22/3'
Doublette 2'
Tierce 13/5'
Larigot 11/3'
Piccolo 1'
Plein-jeu IV
Cymbale-tierce III
Trompette 8'
Cromorne 8'
Clairon 4'
III Récit expressif C–c4
Quintaton 16'
Flûte harm. 8'
Flûte céleste 8'
Principal 8'
Gemshorn 8'
Gambe 8'
Voix céleste 8'
Cor de nuit 8'
Flûte octav. 4'
Octave 4'
Cor de cham. 4'
Nasard harm. 22/3'
Octavin 2'
Principal 2'
Tierce harm. 13/5'
Piccolo 1'
Plein-jeu III-V
Bombarde 16'
Trompette 8'
Basson-Hautbois 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Trémolo
IV Écho/Solo C–c4
Bourdon 16'
Flûte harm. 8'
Principal 8'
Flûte à chem. 8'
Quintaton 8'
Flûte 4'
Octave 4'
Nazard 22/3'
Flageolet 2'
Tierce 13/5'
Fourniture IV
Cymbale II
Ranquette 16'
Régale 8'
Clarinette 8'
Chalumeau 4'
Pédale C–g3
Principal 32'
Soubasse 32'
Flûte 16'
Principal 16'
Soubasse 16'
Grande quinte 102/3'
Flûte 8'
Principal 8'
Bourdon 8'
Grande Tierce 62/5'
Quinte 51/3'
Flûte 4'
Principal 4'
Principal 2'
Mixture V
Bombarde 32'
Bombarde 16'
Basson 16'
Trompette 8'
Basson 8'
Clairon 4'
Basson 4'
Clairon 2'

L'orgue de chœur est installé sur une estrade, dans le transept nord. Construit par Aristide Cavaillé-Coll en 1869, il est pourvu de deux claviers et d'un pédalier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Site de la cathédrale.
  1. a et b « Histoire de la statue », sur www.cathedralelille.com (consulté le 30 août 2015).
  2. a, b et c « La crypte », sur www.cathedralelille.com (consulté le 4 septembre 2015).
  3. « La rosace », sur www.cathedralelille.com (consulté le 3 septembre 2015).
  4. a et b « Extérieur de la cathédrale », sur www.cathedralelille.com (consulté le 3 septembre 2015).
  5. « Le grand chœur », sur www.cathedralelille.com (consulté le 3 septembre 2015).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Les chapelles », sur www.cathedralelille.com (consulté le 3 septembre 2015).
  7. « Centre d'art sacré », sur www.cathedralelille.com (consulté le 4 septembre 2015).
  • Autres sources.
  1. Bernard 1843, p. 24.
  2. a, b, c et d Frédéric Vienne, « Les archives d'une basilique devenue cathédrale : Notre-Dame de la Treille à Lille », Bulletin de l'Association des Archivistes de l'église de France, no 59,‎ , p. 11-20 (lire en ligne).
  3. Bernard 1843, p. 77-89.
  4. Bernard 1843, p. 32-34.
  5. Bernard 1843, p. 35-46.
  6. Bernard 1843, p. 58-62.
  7. « Histoire », sur www.diocese-tournai.be (consulté le 30 août 2015).
  8. a et b Frédéric Vienne, « Les fondements de la création du diocèse », sur www.lille.catholique.fr (consulté le 30 août 2015).
  9. « La révolution de 1789 - Le concordat de 1801 », sur www.cathocambrai.com (consulté le 30 août 2015).
  10. a, b et c Pierre Pierrard, « Un grand bourgeois de Lille : Charles Kolb-Bernard (1798-1888) », Revue du Nord, t. 48, no 190,‎ , p. 381-425 (lire en ligne).
  11. Armand Prat, Considérations sur la création d'un évêché à Lille, Lille, imprimerie de E. Reboux,‎ , 36 p. (lire en ligne), p. 15-16.
  12. Armand Prat, Considérations sur la création d'un évêché à Lille, Lille, imprimerie de E. Reboux,‎ , 36 p. (lire en ligne), p. 26-27.
  13. Armand Prat, Considérations sur la création d'un évêché à Lille, Lille, imprimerie de E. Reboux,‎ , 36 p. (lire en ligne), p. 33.
  14. Armand Prat, Considérations sur la création d'un évêché à Lille, Lille, imprimerie de E. Reboux,‎ , 36 p. (lire en ligne), p. 27.
  15. Didron Ainé, « Une cathédrale au concours », Annales archéologiques, vol. 14,‎ , p. 384-389 (lire en ligne).
  16. a et b E. De Vreyer, « 1854, la première pierre de la Treille », sur www.lille.fr (consulté le 30 août 2015).
  17. « Notice no PA59000146 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Augustin Joseph Bourgeois, « Relation de l'exhumation du corps de M. Levasseur, en 1793 », dans Michel Cuvelier, Mémoires sur la vie de M. Jean Levasseur, mayeur de la ville de Lille au XVIIe siècle, et sur la fondation de la chartreuse de La Boutillerie, Lille, L. Lefort,‎ , 180 p. (lire en ligne), p. 166-173.
  19. La Voix du Nord, édition du 1er et 2 juin 2008, p. 16
  20. Serge Médot, « Le Grand-Orgue de Notre Dame de la Treille », sur sergemedot.over-blog.org (consulté le 30 août 2015).
  21. « Cathédrale Notre-Dame de la Treille, Danion-Gonzalez, 1967 », sur orguesfrance.com (consulté le 30 août 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Joseph Bernard, Histoire de Notre-Dame de la Treille, Lille, Lefort,‎ , 184 p. (lire en ligne)
  • Louis-François Capelle, Histoire complète des fêtes célébrées à Lille, en 1854, à l‛occasion du jubilé séculaire de Notre-Dame de la Treille, Patronne de cette ville,‎ , 220 p. (lire en ligne)
  • Edouard Hautcœur, Histoire de Notre-Dame de la Treille, patronne de Lille, Lille, Imprimerie Lefebvre-Ducrocq,‎ , 356 p. (lire en ligne)
  • Frédéric Vienne, Notre Dame de la Treille : du rêve à la réalité, Yris,‎ , 312 p. (ISBN 978-2912215086)
  • Gérard Janssen, Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille: héraldique et épigraphie, Lille simplement n°4, décembre 2013, pp. 53-68
  • Collectif, Lille, La Grâce d'une Cathédrale : La treille, lumière du Nord, La Nuée bleue,‎ , 404 p. (ISBN 978-2809912494)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]