Catastrophe du Bois du Cazier

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Catastrophe du Bois du Cazier
Le Bois du Cazier, à Marcinelle, le 8 août 1956.photographie: Camille Detraux et Raymond Paquay
Le Bois du Cazier, à Marcinelle, le .
photographie: Camille Detraux et Raymond Paquay

Type Catastrophe minière, incendie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Localisation Marcinelle, Charleroi
Coordonnées 50° 22′ 51″ nord, 4° 26′ 34″ est
Date
Bilan
Morts 262 morts

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La catastrophe du Bois du Cazier ou catastrophe de Marcinelle est la plus importante catastrophe minière survenue en Belgique[1] au charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle (Charleroi), le . Elle causa la mort de 262 mineurs. La catastrophe fut couverte internationalement pendant de nombreuses semaines. Elle est ensuite à l'origine d'une prise de conscience de la condition des ouvriers mineurs et des normes de sécurité dans cette industrie.

Le charbonnage du Bois du Cazier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bois du Cazier.

Déroulement du drame[modifier | modifier le code]

Répartition des 275 hommes aux différents niveaux du Bois du Cazier, le matin du .

Le matin du , 274 ouvriers mineurs et un sous-traitant prennent, comme d'habitude, place dans les deux cages composées chacune de huit logettes où, accroupis, 5 hommes peuvent prendre place. Les deux cages sont reliées entre elles pour constituer un contrepoids. Lorsque l'une descend, l'autre remonte. Cette disposition permet de soulager les moteurs. Après 40 minutes, les 275 hommes sont répartis aux différents niveaux: le pompiste est déposé au niveau 170, c'est à dire à 170 mètres, 27 descendent aux niveaux 715 et 765, 89 à 835 et 907 mètres et le gros du contingent, 149 hommes sont descendus à 975 et 1035 mètres. Enfin, un groupe de 9 hommes descend jusqu'à 1 100 mètres[2].

Le Bois du Cazier comporte deux puits surmontés de châssis à molette distants de 27 mètres et communiquant entre eux, l'un permet l'admission de l'air et l'autre son évacuation. Ils descendent à 1035 et 1175 mètres. Un troisième puits est en construction, il descend jusqu'à 879 mètres. Ils sont équipés d'un guidonnage en bois cerclé d'acier qui permet d'y faire descendre et remonter les cages avec les mineurs et, lorsqu'ils sont à pied d'oeuvre au fond, d'y charger les wagonnets remplis de charbon. Sur les flancs des puits courent également les conduites d'eau, d'électricité (6 000 volts), d'huile hydraulique sous pression (6 kg/cm2) et des câbles téléphoniques. Pour la translation des cages, la communication avec la surface se fait au moyen de cordon de sonnette et d'un code : quatre coups signalant que la cage est prête, par exemple. Les hommes arrivés à leur niveau se rendent ensuite à leur poste de travail qui peut parfois être distant de deux kilomètres. A chaque niveau et autour de chaque puits se trouve un « envoyage ». C'est là que les wagonnets remplis de charbon arrivent sur des rails. L’« encageur » les réceptionne et lorsqu'il en a le signal peut commencer à les pousser dans la cage, qui est descendue étage par étage pour permettre l'encagement des huit logettes, un wagonnet rempli chassant un vide de l'autre côté de l’« envoyage »[3].


Articles détaillés : Charbonnage et Mines de charbon de Belgique.

La catastrophe[modifier | modifier le code]

1 Soubassement de la machine d'extraction du puits I. 2 Molette « au repos ». Au sol on apprécie mieux leurs impressionnantes dimensions. 2bis Molettes à leur vraie place. 3 Châssis à molette du puits I, le puits accidenté. 4 Châssis à molette du puits II. 5 Cheminée d'évacuation de l'air aspiré dans le charbonnage. 6 Local technique (ventilation, compresseurs, cabine électrique). 7 À cet endroit se situait, approximativement, le puits III, le puits "Foraky" du nom de la firme qui le creusait.

Le matin du peu avant h, Oscar Mauroy, le « tireur de surface » (celui qui informe le machiniste qui actionne les molettes pour faire descendre et remonter les cages des opérations à effectuer) est informé que trois hommes de l'équipe de nuit ont été retardés et qu'ils doivent être récupérés au niveau 835. Oscar Mauroy informe le niveau 975 qu'ils doivent laisser la dernière logette vide pour récupérer les deux hommes. Les grilles de sécurité sont replacées sur la dernière logette pour accueillir les trois hommes. Par ailleurs, l'envoyeur du niveau 765, Alphonse Caillart, a besoin de deux translations pour évacuer des wagonnets de charbon. Les hommes de nuit sont remontés en surface. Oscar Mauroy informe Gaston Vausort, l'adjoint de l'envoyeur, Antonio Ianetta, au 975 des deux translations durant lesquelles ils devront laisser les cages libres. Celui-ci lui répond que cela ne pose pas de problème puisqu'il doit se rendre au Long plan pour y collecter des wagonnets pleins[4]. Oscar Mauroy cesse de se préoccuper, dès cet instant, du niveau 975 et travaille avec le niveau 765. Au niveau 975, Antonio Ianetta s'est éloigné de la zone « d'envoyage » pour déplacer une berline de bois qui gênait la circulation des wagonnets pleins, il constate à son retour qu'une cage est là. Dans sa déposition, il demande alors à Gaston Vausort s'il peut commencer à charger les wagonnets et, ayant reçu une réponse affirmative, commence à engager le premier wagonnet. Le témoignage d'Oscar Mauroy diverge sur ce point puisqu'il explique qu'au retour de Ianetta, Vausort n'était pas à l'envoyage mais parti au Long plan et que par conséquent, il n'a pas pu communiquer l'information relative aux deux translations pour le 765. Cette question n'est ensuite jamais tranchée puisque Gaston Vausort va trouver la mort dans l'accident[a]. Quoiqu'il en fût, Antonio Ianetta engage un premier wagonnet dans la cage. L'encagement ne se déroule pas correctement puisque le wagonnet chargé ne parvient pas à chasser le vide en raison d'un blocage d'un des arrêtoirs (cales de sécurité). Antonio Ianetta fait le tour de l'envoyage pour déloger le wagonnet vide convaincu du fait que la surface attend son signal pour rappeler la cage. Soudain, la cage est rappelée. le wagonnet vide qui dépassaient de 35 centimètres heurte violemment une poutre métallique au plafond, la descelle de la maçonnerie et l’entraîne dans le puits avant que la cage ne se bloque définitivement. Antonio Ianetta constate alors un déluge de flammes, prend peur et s'enfuit vers l'autre puits tandis que Vausort s'échappe par une autre voie. Ianetta prévient deux mineurs qui se trouvent là de remonter en surface parce qu'il y a un incendie. La cage descend à 1 035 mètres avant de remonter en surface. Le surveillant de surface, Jules Gilson, prévient aussitôt l'ingénieur Alphonse Calicis, directeur des travaux. Il l'interrompt tandis qu'il est en train de planifier une visite d'inspection avec l'ingénieur du corps des mines, Philippe Dassargues, l'informant qu'il y a un « cassage de fosse »[5],[6].

Antonio Iannetta arrivé en surface rencontre l'ingénieur Alphonse Calicis vers h 10, l'informant qu'il y a un incendie à l'envoyage du 975[7].

À h 25, sept hommes du niveau 1035 prennent place dans une cage pour remonter en surface. Il s'agit de Philippe Detobel, bouveleur, René Albert, Robert Barbieux, Carlo Fontaine, Onorato Pasquarelli (le soigneur de chevaux), Attilio Zannin et Marceau Caillard (le fils de l'envoyeur du 765)[8]. Ce dernier contre l'avis de ses camarades décide de ressortir de la cage pour redonner le signal de départ. A peine sorti, la cage est rappelée scellant ainsi son destin. La cage arrive en surface peu après h 30[9].

Le sauvetage[modifier | modifier le code]

Trois sauveteurs équipés de Drägers, le .

À h 30, Pierre Votquenne, ingénieur des mines descend dans le puits avec deux hommes mais sans équipement respiratoire, ils sont contraints de remonter une fois 835 mètres atteints en raison des fumées. Ils tentent à nouveau une descente vers 9h00 munis, cette fois, de dispositifs respiratoires en circuit fermé Dräger. Ils parviennent à atteindre 1035 mètres, mais étant montés dans la précipitation dans le troisième étage, la cage ne s'arrête pas au niveau du sol, ils entendent cependant des gémissements autour de l'envoyage quelques mètres au dessous d'eux. Les cordons de sonnettes ayant été détruits lors de l'accident, les hommes dans la cage ne peuvent prévenir la surface pour les remonter. Jules Gilson prend sur lui de les faire remonter ce qui leur sauvera la vie. À h 30, Alphonse Calicis appelle la centrale de secours leur demandant de se tenir prêts, il les rappelle à h 48 pour qu'ils rallient le site du Bois du Cazier distant d'un kilomètre et demi. À h 15, sous l'action de la chaleur sur les câbles, une des cages s'écrase au fond de la mine, elle sera suivie par la seconde vers 10 h 30. Vers h 30, deux sauveteurs tentent de descendre par le puits en construction (Puits Foraky[b]) pour rallier le niveau 765. Ce puits, en raison des risques liés au grisou avait été isolé des deux autres conduits. Seul un « trou d'homme » a été aménagé mais il ne permet pas le passage d'hommes équipés d'un Dräger (18 kg). Il faudra h 30 pour augmenter le diamètre du pertuis. Arsène Renders, ingénieur chez Foraky, se rend toutefois sans équipement à une dizaine de mètres de l'autre côté, il y trouve le corps d'un cheval mort mais pas âme qui vive. A 10 h 15, pour ne pas attiser les flammes, la ventilation des puits est arrêtée. L'ingénieur Calicis tente de remettre en fonction une des cages restée en surface. Il faut pour ce faire la désolidariser de sa jumelle. L'opération technique dure près de trois heures et permet de disposer à nouveau d'un ascenseur[10].

Les familles informées se pressent près des grilles de la mine, scrutant le moindre mouvement des molettes surplombant les puits signalant des remontées de cages. Une épaisse fumée noire s'échappe des deux puits, elle est visible à des kilomètres à la ronde. La gendarmerie demande à la foule de laisser un passage pour les véhicules de secours. Un peloton de brancardiers de l'armée belge est détaché sur place. On organise une infirmerie dans la salle des douches pour accueillir les blessés[11]. Les sœurs de la charité de Marcinelle offrent leurs services et les médecins de la caisse commune des charbonnages sont présents pour accueillir les rescapés[12].

Reconstitution d'une galerie du Bois du Cazier.

Vers 12 h 0, Alphonse Calicis, Angelo Galvan, le chef porion de nuit et un autre sauveteur descendent à 170 mètres à la recherche du pompiste, ils doivent rebrousser chemin et sont brûlés par des vapeurs d'eau. À 14 h 0, la ventilation est remise en fonction pour éliminer le bouchon de vapeur. Ils redescendent vers 16 h 30 à 170 mètres, personne, 500, 600 puis finalement 715 mètres où ils découvrent trois hommes dissimulés sous un wagonnet qu'ils avaient renversé pour se protéger (Frans Lowie, Alfons Verheecken et Alfons Van de Plas[13],[14], un jeune de 16 ans que l'ingénieur Calicis prend dans les bras en pleurant avant de le ramener personnellement en surface[13]). Trois autres hommes sont sauvés vers 17 h 0 à 765 mètres (Albert Peers, Louis Saluyts et Karel Wuyts[15],[8],[13]). En fin de journée également, Germain Wilmart, le pompiste est retrouvé vivant et ramené à l'infirmerie mais, trop intoxiqué, il meurt dans les bras de l'assistante sociale, Geneviève Ladrière, l'ange du Cazier comme l'appelaient les journalistes entre eux[16],[17],[8].

icône image Image externe
L'Ange et le Renard du Bois du Cazier
Geneviève Ladrière interroge Angelo Galvan qui vient de remonter du puits pour savoir s'il y a un espoir de retrouver des rescapés.[18]
(photo: Jacky Goessens pour le journal Le Soir.)

Les travaux de sauvetage se poursuivent durant toute la nuit. A 835 mètres où on mesure des taux de monoxyde de carbone mortels deux corps sont retrouvés[19], à 880 mètres, aucune victime n'a été trouvée. Le lendemain, l'objectif des secours est d'atteindre le niveau 907. Ils ont été rejoints par des centrales de secours françaises et allemandes disposant de moyens de communication moderne avec la surface. Le guidonnage du puits étant détruit, il faudra attendre le pour atteindre cette cote. Le , Angelo Berto, un sauveteur remonte en surface depuis le niveau 1035 à trois heures du matin et, désespéré, s'écrie en italien "Tutti cadaveri!"[8], il vient de retrouver cinquante hommes morts asphyxiés au fond d'une galerie. L'un d'entre eux, Anatole Gonet[20], avait laissé un message à la craie sur une poutre de la galerie signalant qu'ils étaient un groupe d'une cinquantaine d'hommes, qu'il était 13 h 15 (le ) et l'endroit vers lequel ils se dirigeaient pour échapper aux fumées[c]. Les hommes sont retouvés à 400 mètres de l'inscription, ils ont probablement été asphyxiés lors de la remise en fonction de l'aération à 14 heures. Ils disposaient de deux wagonnets d'eau[21],[22],[23].

Ce , les derniers espoirs de retrouver des survivants s'éteignent[8].

Angelo Galvan, le Renard du Bois du Cazier, termine un manuscrit d'une vingtaine de feuillets en s'exprimant sur les rapports qui existaient entre la centaine de sauveteurs qui se sont relayés durant ces pénibles semaines:

« Je tiens à dire la grande solidarité, la discipline et la camaraderie qui ont joué entre sauveteurs et mineurs de toutes nationalités. On avait gardé espoir jusqu’au bout, nous avons perdu, et n’avons pu empêcher la mine de garder ses victimes. Trente ans après cette tragédie, je tiens encore à remercier ces hommes qui ont risqué leur vie pour tenter de sauver leurs camarades et je leur dis toute la fierté que j’ai d’avoir travaillé avec eux. Merci.[24] »

Les victimes[modifier | modifier le code]

Le sauvetage se poursuivra durant trois semaines. Seuls treize hommes, ayant pu regagner la surface durant les premières heures du drame seront sauvés. 262 mineurs périssent asphyxiés. Le drame du Bois du Cazier est la plus grave catastrophe minière que connut le pays. le Roi Baudouin en compagnie du premier ministre, Achille van Acker et d'autres officiels se rendent sur place. Une chapelle ardente est improvisée dans la cour de l'école des Haies toute proche[25],[26]. Il faudra trois semaines pour remonter tous les corps mais celui de la 262e victime ne sera découvert qu'en [27],[28]. Le eurent lieu les funérailles officielles des six premières victimes. Le se déroulèrent les funérailles de 37 autres victimes[29].

Nationalité victimes
Drapeau de l'Italie Italie 136
Drapeau de la Belgique Belgique 95
Drapeau de la Pologne Pologne 8
Drapeau de la Grèce Grèce 6
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 5
Drapeau de la Hongrie Hongrie 3
Drapeau de l'Algérie Algérie* 3
Drapeau de la France France 2
Drapeau de la Russie Russie 2
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1
Total 262[8]
* En 1956, l'Algérie est encore française.
Le roi Baudouin et le Premier ministre Achille van Acker.
Monument dédié aux victimes du Bois du Cazier[d].

Les seuls villages italiens de Manoppello et Lettomanoppello[e] eurent à pleurer la disparition de vingt-neuf des leurs. Les corps des 29 mineurs sont rappatriés le . La foule nombreuse fait une haie d'honneur aux cercueils chargés sur des camions[30].

Répercussions politiques[modifier | modifier le code]

Plus de la moitié des victimes étaient, en effet, italiennes. Ceci s'explique par les accords qui avaient été conclus entre la Belgique et l'Italie, le : les accords charbon. L'industrie belge, au sortir de la seconde guerre mondiale avaient été relativement bien préservée contrairement aux ravages que connurent l'Allemagne et le Nord de la France. L'industrie du charbon belge entendait en profiter pour se positionner comme leader sur le marché européen mais ils manquaient de bras. Le gouvernement belge conclut alors un accord avec l'Italie qui lui fournirait de la main d'oeuvre en échange de cinq tonnes de charbon par travailleur et par mois. Le chômage étant à l'époque très élevé en Italie, la Belgique connut un afflut massif de travailleurs italiens. Ils ne furent guerre bien accueillis par la population locale et vivaient dans des conditions déplorables. Au bois du Cazier, ils vivaient dans les anciens baraquements qui avaient hébergé les prisonniers allemands travaillant à la mine au sortir de la guerre. La catastrophe de Marcinelle sera à l'origine d'un blocage des relations diplomatiques entre les deux pays et mit un terme définitif à l' accord charbon[31],[32].

Par ailleurs, la création, en 1952, de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), lors du Traité de Paris, permit aux charbonnages belges de disposer de moyens additionnels importants. Si l'industrie minière belge avait été préservée durant la guerre, en corollaire, elle était vétuste contrairement à nos voisins qui durent reconstruire et qui par conséquent se dotèrent d'outils plus modernes d'exploitation. En Belgique, les fonds de la CECA ne servirent qu'à augmenter la production pour maintenir la Belgique sur l'échiquier international. Il n'y eut dès lors pas d'investissement pour augmenter la sécurité ou pour moderniser les infrastructures[33].

Les causes techniques du sinistre[modifier | modifier le code]

Position des wagonnets au moment de l'accident.

Sur le site du Bois du Cazier, il était autorisé que les hommes préposés à l'envoyage quittent leur poste, y compris en même temps. Le matin du drame, Gaston Vausort à l'envoyage du 975 est informé par téléphone de deux translations de cage pendant lesquelles il ne pourront pas charger de minerai, ceci pour satisfaire la demande de deux translations du niveau 765. Angelo Ianetta n'est pas là à cet instant, il est en train de déplacer une berline de bois qui gêne la collecte des wagonnets pleins. Lorsqu'il arrive à l'envoyage, une cage attend. Antonio Ianetta dit avoir demandé alors à Gaston Vausort s'il pouvait encager, ayant reçu une réponse affirmative, il a engagé un premier wagonnet rempli. Hélas, la deuxième translation du niveau 765 était en cours, ce qui explique le rappel brutal de la cage tandis que le wagonnet vide et celui rempli étaient à demi engagés. Le wagonnet vide dépassant encore de 35 centimètres a déscellé une poutrelle métallique qui a fait irruption dans le puits arrachant sur son passage une conduite électrique, une conduite d'air comprimé et une conduite d'huile hydraulique sous pression. Avant que l'unique disjoncteur en surface puisse faire son office, un arc électrique a enflammé l'huile déclenchant un déluge de flammes attisé par l'air sous pression. La température a augmenté immédiatement de manière extrême (1100°C) et les fumées toxiques et les flammes se sont propagées très rapidement tant vers le haut que vers le bas en raison de l'aérage des deux puits. L'incendie se déployant dans le puits d'admission d'air, les gaz toxiques furent propagés par les conduits d'aération à l'ensemble de la mine. Les câbles téléphoniques et les cordons de sonnette ayant également été arrachés, il n'y avait plus de communication possible avec les hommes piégés au fond de la mine. La proximité des deux puits (27 mètres) et le triple cloisonnement en bois entre ces deux-ci permettait le passage des fumées et ne retint les flammes qu'une heure environ[34],[35],[36],[37].

Commissions d'enquêtes et jugements[modifier | modifier le code]

Châssis à molettes du Bois du Cazier.

Après la catastrophe, trois instances vont diligenter des enquêtes. Une enquête administrative de l'administration des mines sera placée sous la responsabilité du directeur divisionnaire du bassin Charleroi-Namur, Roger Lefebvre. Il remettra ses conclusions au procureur du Roi. Le rapport ne retiendra aucune responsabilité[38].

Le gouvernement belge, sous la pression populaire, réunit une commission d'enquête parlementaire, le . Elle comporte 27 membres dont Roger Lefebvre déjà chargé de l'enquête administrative. Le rapport s'attardera sur les causes techniques ayant déclenché la catastrophe mais éludera, tout comme l'enquête administrative, des questions plus fondamentales:

« Des questions essentielles comme l’accroissement insensé de la production, le mode d’exploitation vieilli, les travailleurs sans qualification qui ignorent les risques du métier, le système disciplinaire, le problème du manque d’investissement et l’entrée en vigueur des normes de la CECA seront complètement éludées par les membres de la Commission au profit des questions techniques[34]. »

Les documents apparaissant dans le rapport de la commission d'enquête identiques à ceux produit par l'enquête administrative ne laisse aucun doute quant au fait que les deux enquêtes, sous l'action de Roger Lefebvre, ont été menées de concert[39].

Enfin, l'enquête judiciaire est confiée à un juge d'instruction assisté de cinq experts: Maurice Guérin, Inspecteur Général des Mines honoraire et chargé de cours à l’Université de Liège, Fernand Dacos, professeur à l’Université de Liège, Lucien Denoël, professeur émérite à l’Université de Liège, Gustave Tison, professeur émérite à l’Ecole des Mines de Douai, et l’allemand Helmut Fritzche, professeur d’Exploitation des Mines à la Haute Ecole d’Aix-la-Chapelle[39].

Ces experts judiciaires ont pour mission de

« suivre l’instruction ouverte à charge de X du chef d’homicide par imprudence dans l’affaire de la catastrophe minière du Charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle, de prendre connaissance des dossiers et de donner leur avis motivé sur les circonstances et causes de la catastrophe et sur les responsabilités éventuellement encourues[40]. »

Le rapport des experts judiciaires s'oppose quasiment en tout point aux conclusions des deux enquêtes (administrative et parlementaire). Ils retiennent comme éléments causaux susceptibles d'engager des responsabilités individuelles et collectives: La signalisation compliquée et mal renseignée, les procédures de remontée et de descente des cages mal organisées, le fait de faire jouxter des conduites d'huile sous pression et électriques, le disjoncteur commandé par un seul relais, l'absence de moyen de lutte contre le feu au niveau 975 et le retard pris dans l'organisation des secours[34].

Le procès de Marcinelle[modifier | modifier le code]

Les grilles du Bois du Cazier.

En première instance, cinq personnes sont mises à la cause. Il s'agit d'Adolphe Calicis, l'ingénieur des mines directeur des travaux du Bois du Cazier, d'Eugène Jacquemyns, l'ingénieur en chef du charbonnage, de Roger Lefebvre, directeur divisionnaire du bassin de Charleroi-Namur, celui-là même qui avait organisé l'enquête administrative et pris part à l'enquête parlementaire se voyait inculpé, de Philippe Dassargues, présent sur les lieux lors du sinistre, ingénieur des mines chargé de la surveillance du Bois du Cazier et de Louis Devleeschauwer, électricien de la société CONELVA chargé du contrôle des installations électriques du site minier[41].

Le procureur du Roi questionne le fait que lorsque l'accident est survenu, c'est Philippe Dassargues, le plus haut responsable sur place qui aurait du prendre la tête des opérations de sauvetage. Ensuite, lorsque son supérieur, Roger Lefebvre est arrivé sur place (Philippe Dassargues avait préféré quitter le site pour aller le chercher) c'est ce dernier qui aurait du diriger la manœuvre[42].

Il y avait beaucoup d'attente par rapport à ce procès qui devait être, sur fond de lutte syndicale et de prise de conscience de la condition des ouvriers miniers, non seulement celui d'individus, mais également celui d'un système. Le parti communiste de Belgique, au travers de différentes instances financera un collège d'avocats pour les familles qui souhaitaient des réponses à leurs interrogations. Ce procès-là n'eut pas lieu. Le procès en première instance débuta le devant la 7e chambre correctionnelle de Charleroi qui s'était réunie dans un auditoire de l'Université du travail de Charleroi. Le verdict est rendu le . Les cinq prévenus sont acquittés. Les syndicats, les familles n'en décolèrent pas, on parla alors de justice de classe. Le ministère public et les parties civiles interjettent un appel devant la cour d'appel de Bruxelles. Après une quarantaine d'audiences, le , la cour d'appel condamne le seul Adolphe Calicis à six mois de réclusion avec sursis et relaxe les quatre autres prévenus[43],[42].

« pour avoir “(...) par défaut de prévoyance ou de précaution, mais sans intention d’attenter à la personne d’autrui, involontairement causé la mort de 262 personnes (...), [et] porté des coups ou fait des blessures à 6 autres (...)”[44]. »

Cette condamnation est vécue tant dans les rangs de la communauté des ingénieurs que parmi les représentants des ouvriers comme la condamnation d'un bouc émissaire. La S.A. des charbonnages du Bois du Cazier est également condamnée à supporter les frais de justice et à une amende de 2000 francs belges[42].

Les parties civiles, soutenues par les communistes se pourvoient en cassation qui rend son arrêt le . Il casse l'arrêt de la cours d'appel. Le public et les médias, à l'exception notable de la presse communiste, ne s'intéressent plus au procès qui est devenu une véritable querelle d'experts éludant soigneusement les questions de fond. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel de Liège. Les dirigeants de la mine souhaitant mettre un terme aux poursuites judiciaires transigent et règlent à l'amiable leur différend avec les parties civiles en octroyant 3000 francs belges par victime[42],[f].

La sécurité dans les mines belges[modifier | modifier le code]

Avant 1956[modifier | modifier le code]

Lampe de sécurité de mineur de type Wolf disposant d'un verre de sécurité du Val-Saint-Lambert.

En 1949, Jean Van Lierde, un ancien résistant, catholique, fervent opposant au colonialisme et conseiller de Patrice Lumumba refuse de faire son service militaire. La Belgique ne permettant pas à cette époque de faire objection de conscience, il est emprisonné. À sa sortie il est à nouveau contraint de faire son service militaire. Nouveau refus, nouvel emprisonnement. En 1952, le gouvernement belge lui propose de faire un service civil de trois années au Bois du Cazier. Il accepte. En 1953, il publie un opuscule intitulé "Six mois dans l'enfer d'une mine belge"[45]. Il est licencié sur le champ. Il ne devra cependant pas accomplir le reste de son service civil et sera officiellement démobilisé en 1956[32].

En , Gastone Lodolo tient une conférence à Dampremy durant laquelle il dénonce les conditions de sécurité dans lesquelles les mineurs sont contraints de travailler. Le ministre de la justice, Albert Lilar, le fait expulser du pays au motif de "nuisance à l'économie du pays"[46].

Un mois avant la catastrophe de Marcinelle, la cour d'appel de Liège rendait son verdict dans le cadre de l'affaire du puits du Many qui avait fait 26 morts, le . Les attendus du jugements parlent sans ambage[47]:

« Les dirigeants du Many se sont laissés hypnothiser par la production au détriment de la sécurité des ouvriers. Le charbonnage du Many travaillait dans des conditions qui constituaient un défi aux règles de la prudence la plus élémentaire. [...] L'explication de l'attitude des prévenus est à trouver dans un état d'esprit, l'état d'esprit trop intéressé de celui qui s'obstine à se servir d'un objet usé pour en retirer encore quelques bénéfices, malgré les dangers dont il menace autrui et qui, pour atteindre ce but, commet les pires imprudences. L'économie, quelle que soit sont importance pour le bien général, ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand bien de tous les biens et devant être prolongée jusqu'aux limites les plus extrêmes...[47] »

Après 1956[modifier | modifier le code]

Suite à la catastrophe du Bois du Cazier, d'importantes mesures furent adoptées dès 1957 en matière de prévention et de lutte contre les incendies miniers. Le port du masque fut rendu obligatoire et des recherches scientifiques furent menées pour réduire le risque d'incendie lié aux bandes transporteuses. Au niveau européen se tint une conférence internationale dans le cadre de la CECA qui promulgua pas moins de 308 résolutions qui pour la plupart furent mises en oeuvre en Belgique. Elle déboucha également sur la mise sur pied d'une commission internationale permanente qui émit plus de 350 résolutions[48].

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

La presse internationale couvrira la catastrophe durant de nombreuses semaines. En Belgique, pour la première fois, la télévision couvre l'événement au jour le jour[49]. Pierre Bellemare, sur Europe 1, récolte dans le cadre de son émission Vous êtes formidables, 28 millions de francs français pour venir en aide aux familles des victimes [50](204 veuves et 417 orphelins).

Commémorations[modifier | modifier le code]

Tous les une commémoration se déroule sur le site du Bois du Cazier durant laquelle, on fait tinter la cloche Maria Mater Orphanorum à 262 reprises et les noms des 262 victimes sont égrenés[8].

  • En 2006, le Tour d'Italie fait étape au Bois du Cazier pour saluer les victimes et les sauveteurs de la catastrophe[51].

Le site du Bois du Cazier aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bois du Cazier.

Le site, classé patrimoine mondial par l'UNESCO en 2012, comporte aujourd'hui un Espace 8 août 1956 , un mémorial qui rend hommage aux 262 victimes, un Musée de l’Industrie et un Musée du Verre[52].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rapport de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes de la catastrophe survenue au charbonnage du Bois de Cazier, le 8 août 1956, Bruxelles, ministère des Affaires économiques, , 297 p. (OCLC 255425957, lire en ligne).
  • Willy Bourgeois, Serge Mayence (recueil des documents) et Dino Attanasio (illustrations), Marcinelle 1035 m, Gérard et Cie, coll. « Marabout junior » (no 84), , 147 p. (ASIN B0017X59NW, présentation en ligne).
  • Éric Brogniet, « Le bois du Cazier », Institut du Patrimoine Wallon, Namur, coll. « Suivez mon regard », 2011.
  • F. Dassetto, M. Dumoulin, 8 août 1956, Marcinelle, Louvain-La-Neuve: CIACO, 1986.
  • Marie-Louise De Roeck, Julie Urbain et Paul Lootens, Tutti cadaveri : le procès de la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle, Bruxelles, éditions Aden, coll. « Epo », , 277 p. (ISBN 2930402210 et 978-2930402215).
  • Jean-Louis Delaet, Alain Forti, Francis Groff, Le Bois du Cazier: Marcinelle, Editions Labor, 2003, 135 p. (ISBN 2804018113), (ISBN 9782804018115)
  • Gérard Detillieu, Il était une fois, le pays noir, Charleroi, Gérard Detillieu, , 124 p. (ISBN 2-9600073-0-1).
  • Alain Forti et Christian Joosten, Cazier judiciaire : Marcinelle, chronique d'une catastrophe annoncée, éditions Luc Pire, coll. « Voix du jour », , 282 p. (ISBN 287415606X et 978-2874156069).
  • Alain Forti et Christian Joosten, La catastrophe du Bois du Cazier : Extrait de Cazier judiciaire, éditions Renaissance du livre, , 150 p. (ISBN 978-2507053208).
  • Marcel Leroy, Angelo Galvan, le Renard du Bois du Cazier, éditions Luc Pire, , 160 p..
  • Nathalie Michel et Pierre-Philippe Poliart, Bois du Cazier : l'histoire d'un symbole - les enfants du Cazier, , 205 p..
  • Anne Morelli (dir.) et Nicolas Verschueren (dir.), Retour sur Marcinelle, Bruxelles, Couleur Livres, (ISBN 978-2-87003-875-8).
  • Françoise Ory, Marcinelle : le 8 août 1956, 8h10…, Namur, Sudpresse, coll. « Les cahiers de Sudpresse », , 52 p..
  • Nathalie Vanmunster, « Le charbonnage du Bois du Cazier », dans Jean-Patrick Duchesne et Pierre Henrion (dir.), Patrimoine et réaffectation en Wallonie, Namur, Région wallonne - division du Patrimoine, (ISBN 2-87401-180-0), p. 81-84.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Jean Puissant, Guénaël Vande Vijver, « La catastrophe de Marcinelle entre mémoire et histoire », Les analyses de l'IHOES, actes de colloque,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • Julie Urbain, « Le procès de la catastrophe du Bois du Cazier (1959-1962) », Brood & Rozen,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • Philippe Tomsin, « Le fonctionnement de la commission d’enquête sur la catastrophe du charbonnage du Bois de Cazier (Marcinelle, 8 août 1956). Entretien avec le professeur Stassen », Revue du Nord,‎ (lire en ligne [PDF]).

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • François de Brigode (journaliste), Pierre Bellemare (intervenant) et René Henoumont (intervenant), Bois du Cazier, Pierre Bellemare se souvient, RTBF (émission Ce Soir), (lire en ligne).
  • Sarah Heinderyckx, Il y a 60 ans, la catastrophe du Bois du Cazier faisait 262 morts, RTBF, (lire en ligne).
  • Pierre Manuel (Journaliste), Marcinelle, 5 ans après ..., RTBF, 9000000, novembre 1961. (SONUMA).
  • Robert Mayence (réalisateur), Christian Druitte (journaliste) et Marc Preyat, La catastrophe du Bois du Cazier, RTBF, (lire en ligne).

Série TV[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il sera retrouvé asphyxié à cinquante mètres de l'envoyage du 975 où il officiait (in Philippe Tomsin, « Le fonctionnement de la commission d’enquête sur la catastrophe du charbonnage du Bois de Cazier (Marcinelle, 8 août 1956). Entretien avec le professeur Stassen », Revue du Nord, mars 2012, p. 209)
  2. Du nom de la société qui en assurait le forçage
  3. "On recule pour la fumée vers quatre paumes, nous sommes environ cinquante, il est une heure quart. Gonet"
  4. Œuvre du sculpteur Dominique Stroobant.
  5. Respectivement 22 et 7 victimes.
  6. Marcel Leroy mentionne 5000 francs belges.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Urbain 2006, p. 7.
  2. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 19'06.
  3. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 27'00.
  4. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 26'27.
  5. Urbain 2006, p. 11 et sq..
  6. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 25'20.
  7. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 31'35.
  8. a b c d e f et g Leroy 2016, p. non numérotées (chapitre I).
  9. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 1/3 54'05.
  10. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 2/3 1'00.
  11. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 2/3 17'20.
  12. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 2/3 37'03.
  13. a b et c Leroy 2016, p. non numérotées (chapitre IV).
  14. Forti et Joosten 2006, p. 168.
  15. Forti et Joosten 2006, p. 60.
  16. Roger Rossart, L'ange du Cazier, août 2006, La Libre Belgique.
  17. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 3/3 3'41.
  18. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 3/3 4'45.
  19. Forti et Joosten 2006, p. 144.
  20. Bourgeois 1956, p. 92.
  21. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 3/3 0'24.
  22. Mayence, Druitte et Preyat 1981, 3/3 5'35.
  23. Bourgeois 1956, p. 90 et sq..
  24. Leroy 2016, p. non numérotées (chapitre II).
  25. Forti et Joosten 2006, p. 57.
  26. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 2/3 6'15.
  27. Heinderyckx 2016, documentaire, 3'45.
  28. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 2/3 46'15.
  29. Le Vif, Il y a 55 ans, le drame du Bois du Cazier en images, août 2011.
  30. Leroy 2016, p. non numérotées (dernière page du premier chapitre).
  31. Heinderyckx 2016, documentaire, 4'03.
  32. a et b Pierre Verhas, Bois du Cazier 8 août 1956 : le jour où l’histoire ouvrière bascula, le Grand Soir, août 2016.
  33. Urbain 2006, p. 9.
  34. a b et c Urbain 2006, p. 15.
  35. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 1/3 48'22.
  36. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 2/3 8'20.
  37. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 3/3 16'10.
  38. Urbain 2006, p. 14.
  39. a et b Urbain 2006, p. 12 et sq..
  40. Urbain 2006, p. 13.
  41. Urbain 2006, p. 17.
  42. a b c et d Urbain 2006, p. 15 et sq..
  43. Forti et Joosten 2006, p. 265 et sq..
  44. Urbain 2006, p. 16.
  45. Jean Van Lierde, Six mois dans l'enfer d'une mine belge, jeunes gardes socialistes de Bruxelles, Bruxelles, 1953.
  46. Sébastien Jahan, « Marie-Louise De Roeck, Julie Urbain, Paul Lootens, Tutti cadaveri : le procès de la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 101 | 2007, mis en ligne le 22 juin 2009, consulté le 25 août 2018.
  47. a et b Bourgeois 1956, p. 107 et sq..
  48. Mayence, Druitte et Preyat 1981, documentaire, 3/3 24'30.
  49. Urbain 2006, p. 12.
  50. Brigode 1986, documentaire, fournir le minutage si possible.
  51. Leroy 2016, p. non numérotées (chapitre V).
  52. Site du Bois du Cazier
  53. IMDb
  54. IMDb