Catastrophe de la raffinerie de Feyzin

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La raffinerie de Feyzin, dans le département du Rhône a explosé le 4 janvier 1966.

Cette catastrophe a fait 18 morts, dont 11 pompiers et 77 blessés. Au-delà de la raffinerie, les dégâts matériels incluent des toitures endommagées jusqu'à 2,2 km, et des vitres brisées à plus de 8 km. L'explosion a été perçue jusqu'à 16 km en aval de la raffinerie[1].

L'accident a débuté par une fuite de propane, à la suite d'une manipulation pendant un entretien de routine sous une sphère de stockage mal conçue. Le gaz s'est répandu à l'extérieur de l'enceinte de la raffinerie et jusqu'à une route proche. L'incendie s'est déclenché par le contact de la poche de gaz avec un véhicule circulant sur cette route. Cet incendie a entraîné les explosions successives des sphères de stockage de propane.

Video Accident

Cette raffinerie, toujours en activité, a été classée « Seveso ».

Chronologie de la catastrophe[modifier | modifier le code]

Synthèse issue du compte rendu de l'accident par le ministère chargé de l'environnement [1].

Le 4 janvier 1966[modifier | modifier le code]

  • 6 h 35

Un agent du laboratoire de la raffinerie, un aide-opérateur et un agent de sécurité s'approchent d'un des huit réservoirs de gaz de la raffinerie, la sphère 443, pour y faire un prélèvement de propane. Il y a plusieurs prises d'échantillon sur cette sphère, dont les employés ont remarqué un givrage récurrent par temps froid.

  • 6 h 40

Le système d'échantillonnage est contrôlé par deux vannes (supérieure et inférieure). L'aide opérateur ouvre de moitié les deux vannes, et rien ne coule. Il se trouve qu'un bouchon de glace s'est formé entre les deux, ce qui a pour effet de faire augmenter la pression. Quelques secondes plus tard, le bouchon rompt, et le propane jaillit brusquement.

  • 6 h 50

Pendant 10 minutes, les trois employés tentent de refermer la vanne inférieure, en vain. Ils donnent alors l'alarme interne. Sans vent et avec une température assez basse, une nappe de propane de 1 mètre de haut se forme petit à petit au ras du sol (le propane, dans ces conditions, est plus dense que l'air). Cette nappe s'approche de l'autoroute A7 qui est dans le même temps en cours de fermeture par des employés de la raffinerie, avec le chemin départemental 4 (CD4).

  • 7 h 00

Alors que les employés réussissent à joindre la gendarmerie vers 7h05, un camion arrive à pénétrer dans la nappe de gaz en ne voyant pas les barrages improvisés du CD4, il ne l'enflamme cependant pas.

  • 7 h 15

Une voiture essayant d'accéder au CD4 par un chemin perpendiculaire ne voit pas les signes d'un des gardes de la raffinerie. C'est à 160 m à l'est de la sphère 443 qu'elle stoppe sa course, et enflamme la nappe de gaz probablement avec la chaleur provoquée par le frottement des freins.

  • 7 h 16

L'incendie remonte jusqu'à la sphère 443 et la fuite de propane liquéfié en dessous du réservoir (le propane n'a pas encore le temps de s'évaporer et est encore liquide) s'enflamme provoquant un violent chalumeau.

  • de 7 h 16 à 7 h 20

Les premiers secours (pompiers de la raffinerie) arrivent au goutte à goutte, différents dispositifs de refroidissement de la sphère 443 ainsi que de ses voisines (442 et 463) sont enclenchés.

  • 7 h 20

Les pompiers extérieurs sont alertés par un riverain à 7 h 19, les systèmes d'arrosage des autres sphères sont aussi enclenchés.

  • 7 h 30

Les pompiers extérieurs arrivent, et un manque d'eau se fait sentir. On tente donc un pompage dans le Rhône.

  • 7 h 45

La soupape de sécurité de la sphère 443 s'ouvre, et crée un torchère de 10 mètres de haut, c'est le début de l'effet Bleve, encore inconnu à l'époque. À partir de là, les pompiers pensent que la situation va s'améliorer du fait de la baisse de pression et arrêtent d'arroser la sphère 443, et refroidissent seulement les autres.

  • 8 h 05

Certaines équipes pensent à un repli des pompiers.

  • de 8 h 15 à 8 h 30

Les pompiers (ceux de Lyon et de Vienne venus en renfort) tentent plusieurs techniques de refroidissement.

  • 8 h 45

La sphère 443 explose par effet Bleve, formant une boule de feu de 250 m de diamètre et de 400 m de hauteur.

  • 8 h 55

L'ordre d'arrêt d'urgence de toute activité est donné. Évacuation du personnel ayant survécu à l'explosion.

  • 9 h 30

Une autre sphère de propane voisine de la 443 explose aussi par BLEVE.

  • de 9 h 40 à 10 h 30

Trois autres sphères de stockage contenant cette fois du butane s'ouvrent sous l'effet de la chaleur des deux explosions précédentes. Elles n'explosent toutefois pas.

À 10h10, le plan ORSEC est déclenché. Par la suite, deux autres réservoirs cylindriques se sont enflammés, ainsi que 4 bacs de carburéacteurs et un réservoir de supercarburant.

Il aura fallu 24 heures pour lutter contre l'incendie et lever l'alerte le 5 janvier au soir.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'accident aura fait 18 morts (dont sept pompiers de Lyon, quatre pompiers de Vienne, deux employés de la raffinerie, quatre employés d'autres sociétés, et le chauffeur de la voiture à l'origine de l'inflammation de la nappe de propane) et 84 blessés. 1 475 habitations alentours auront aussi été touchées par les explosions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]