Catastrophe de Baia Mare

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Catastrophe de Baia Mare
Image illustrative de l’article Catastrophe de Baia Mare

Type accident minier
Pays Drapeau de la Roumanie Roumanie
Coordonnées 47° 39′ 00″ nord, 23° 38′ 30″ est
Date 30 janvier 2000

Géolocalisation sur la carte : Roumanie
(Voir situation sur carte : Roumanie)
Catastrophe de Baia Mare

La catastrophe de 2000 de Baia Mare, en Roumanie, qualifiée de pire désastre écologique en Europe de l'Est depuis Tchernobyl[1], a été un accident minier consistant en un déversement de cyanure dans le bassin hydrographique du Someș et de la Tisza à la suite de la rupture d'un barrage qui contenait des eaux contaminées. L'accident s'est produit aux alentours de Baia Mare à la suite des activités industrielles de la société Aurul, une coentreprise avec participation australienne (par Esmeralda Exploration) et roumaine (par une société du gouvernement roumain) spécialisée dans l'exploitation aurifère.

Les eaux polluées ont atteint la Tisza et le Danube (jusqu'à Belgrade), tuant sur le champ de grandes quantités de poissons en Hongrie et en Serbie et Roumanie.

Contexte[modifier | modifier le code]

La société Aurul est une coentreprise, formée par la société Esmeralda Exploration et le gouvernement roumain. La société a déclaré être capable de nettoyer des résidus miniers toxiques, sous-produits de l'extraction d'or, qui se répandait par le vent sur les habitations proches[2]. Promettant de s'occuper de ces résidus, et d'extraire l'or restant par cyanuration, la société a envoyé ses déchets vers un barrage près de Bozinta Mare, dans le département de Maramures.

Rupture du barrage[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 30 janvier 2000, un barrage contenant les eaux contaminées rompt, et 100 000 mètres cubes d'eau contaminées au cyanure (contenant environ 100 tonnes de cyanure) et aux métaux lourds se répandent sur des terres cultivables puis dans la rivière Someș[1],[2].

Esmeralda Exploration rejette la responsabilité de l'accident sur les importantes chutes de neiges[1].

Effets[modifier | modifier le code]

Après le déversement, le Someș avait des concentrations de cyanure 700 fois supérieures aux niveaux autorisés. Le Someș se jette dans la Tisza, le deuxième plus grand fleuve de Hongrie, qui se jette ensuite dans le Danube. Le déversement a contaminé l'approvisionnement en eau potable de plus de 2,5 millions de Hongrois[1]. En plus du cyanure, des métaux lourds ont également été rejetés dans la rivière et ont eu un impact négatif durable sur l'environnement[1].

La faune a été particulièrement affectée sur la Tisza : sur un tronçon, pratiquement tous les êtres vivants ont été tués, et plus au sud, dans la partie serbe, 80% de la vie aquatique a été tuée[1]. Plus de 100 tonnes de poissons morts avaient été trouvées en février 2000 dans la Tisza[3],[4]. 60 espèces de poissons ont été affectées, parmi lesquelles 20 sont des espèces protégées.

Le gouvernement roumain a suggéré que les poissons pourraient être morts de froid, et qu'ils ne seraient pas en faute. En Hongrie, des volontaires ont participé dans des actions d'élimination des poissons morts, pour éviter au cyanure de se propager à travers la chaîne alimentaire. Cependant, des animaux sauvages (renards, loutres et balbusards) avaient déjà été trouvés morts ou malades après avoir consommé des poissons contaminés[1].

Après que le cyanure ait été transporté dans le Danube, il a été considérablement dilué, mais dans certains endroits du Danube, sa concentration était toujours de 20 à 50 fois au-delà de la concentration « tolérable »[3].

Deux ans après l'accident, l'écosystème a commencé à récupérer, mais était toujours loin de son niveau initial. Les pêcheurs ont déclaré que leurs prises en 2002 n'étaient que d'un cinquième de leurs quantités avant l'accident[5].

Accident suivant[modifier | modifier le code]

Cinq semaines plus tard, un autre déversement d'eaux contaminées, cette fois-ci avec des métaux lourds, a eu lieu. Une digue a cédé à Baia Borşa, dans la même région. 20 000 mètres cubes d'eau contaminées au zinc, plomb et cuivre se sont déversées dans la Tirza[6].

Réactions[modifier | modifier le code]

Brett Montgomery, le président de l'entreprise, a refusé la responsabilité de son entreprise, déclarant que les dégâts du déversement ont été « grossièrement exagérés », et que les poissons sont morts en si grand nombre à cause du manque d'oxygène dans l'eau, dû au gel de la rivière[1].

Un porte-parole de l'entreprise a plus tard déclaré que les rapports des médias de la Hongrie et de la Serbie sont motivés politiquement. Il a déclaré que les poissons ont été tués par différents déversements d'installations industrielles tout au long de la Tisza, à cause des explosions utilisées pour casser des morceaux de glace sur la rivière ou simplement à cause des eaux usées rejetées directement dans la rivière[7].

Le gouvernement hongrois a appelé le stockage de cyanure près d'une rivière de la folie, et a déclaré que la météo n'avait pas été extraordinaire[1].

En février 2000, comme la pollution atteignit la partie roumaine du Danube, le gouvernement a temporairement interdit la pêche et la consommation d'eau potable[7].

Héritage[modifier | modifier le code]

Des groupes environnementaux, comme le groupe Amis de la Terre et Greenpeace, ont soutenu que le désastre est une raison de plus pour interdire des technologies minières dangereuse, comme l'extraction d'or en utilisant du cyanure[7].

Le groupe de métal allemand Rammstein a produit une chanson parlant de l'accident, appelée Donaukinder (Enfants du Danube en allemand)[8].

Trois tentatives ont été faites au Parlement roumain pour interdire la cyanuration de l'or en Roumanie, mais aucune n'a réussi jusqu'à présent[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i (en) « Death of a river », sur news.bbc.co.uk, (consulté le 2 février 2019)
  2. a et b (en) « Romania's poison dump », sur http://news.bbc.co.uk, (consulté le 29 décembre 2019)
  3. a et b (en) « Hungary appeals for ecological help », sur news.bbc.co.uk, (consulté le 2 février 2019)
  4. (en) Alex Kuli, « Cyanide Spill Poisons Tisza », (consulté le 29 décembre 2019)
  5. (en) « Map: Pollution hotspots », sur http://news.bbc.co.uk, (consulté le 29 décembre 2019)
  6. (en) « Hungary demands action over pollution », (consulté le 29 décembre 2019)
  7. a b et c (en) « Firm rejects cyanide damage claims », sur http://news.bbc.co.uk, (consulté le 30 décembre 2019)
  8. (cs) « „Kyanidový Černobyl“ ničil před 20 lety život v řekách, o práci připravil i rybáře », sur ceskatelevize.cz, (consulté le 18 juin 2020).
  9. (ro) Horaţiu Pepine, « A treia încercare de interzicere a cianurilor », (consulté le 30 décembre 2019)