Carwood Lipton

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Carwood Lipton
Carwood Lipton
Carwood Lipton

Naissance
Huntington (Virginie-Occidentale)
Décès (à 81 ans)
Southern Pines (Caroline du Nord)
Origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Allégeance Emblem of the United States Department of the Army.svg US Army
Arme Infanterie
Grade US-O2 insignia.svg First lieutenant
Années de service 19421945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Bronze Star
Purple Heart
Croix de guerre 1939-1945

Clifford Carwood Lipton dit Carwood Lipton ( à Huntington - à Southern Pines) est un officier de l'US Army. Membre de la 101e division aéroportée, il participe aux côtés de la célèbre Easy Company à la bataille de Normandie puis s'illustre lors de la bataille des Ardennes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

Carwood Lipton naît et grandi à Huntington en Virginie-Occidentale. Son père meurt dans un accident de la route quand il a dix ans[1] et sa mère, blessée dans le même accident, reste paralysée. Aîné de la fratrie, Carwood prend alors une grande part dans l'éducation de ses frères et sœurs[2]. Après des études secondaires à la Huntington High School, il aide sa mère à tenir une pension de famille puis entre à l'Université Marshall mais n'y reste qu'une année, la quittant pour travailler et subvenir aux besoins de la famille[2]. En 1942, après la lecture d'un article du magazine Life parlant des toutes nouvelles troupes aéroportées et de la difficulté de leur entraînement, Lipton décide de s'engager dans les parachutistes[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Affecté à la Easy Company du 2e bataillon du 506e Régiment d'infanterie parachutée (506th PIR), il est basé au Camp Toccoa en Géorgie où il suit sa formation initiale de combattant avant d'être entraîné au parachutisme à Fort Benning puis d'être envoyé en Angleterre pour préparer l'invasion de l'Europe[1]. Inquiet des carences au combat du commandant de la compagnie, le capitaine Sobel, et du danger que cela représente pour les hommes au moment d'engager le combat contre les allemands, Lipton, Bill Guarnere et plusieurs autres sous-officiers écrivent une lettre au colonel Sink qui commande le régiment[1],[3]. Lui et ses collègues sont sévèrement réprimandés par le colonel mais Lipton conserve sa place et son grade et le capitaine Sobel est écarté de la compagnie au profit du lieutenant Meehan[1]. Dans la nuit du 5 au , il est parachuté avec la 101e Division aéroportée dans le ciel de Normandie. Les parachutistes étant éparpillés parfois loin de leurs zones de saut prévues, Lipton parvient à se rassembler avec quelques hommes dont le lieutenant Dick Winters avec qui il connait les premiers combats[3]. Parvenu à rejoindre le reste du 506th PIR à Sainte-Marie-du-Mont, il participe, toujours sous les ordres de Dick Winters, à l'assaut contre le manoir de Brécourt ce qui lui vaut d'être décoré de la Bronze Star[4]. Quelques jours plus tard, lors de la bataille de Carentan, il est sérieusement blessé au visage et à l'aine par des éclats d'obus[1]. Renvoyé en Angleterre pour y être soigné, il est promu first sergeant et rejoint les rangs de la Easy lorsque celle-ci revient de France pour une période de repos[1].

Carwood Lipton participe ensuite à l'opération Market Garden. Après de rudes combats à Nuenen et la libération d'Eindhoven, il seconde le nouveau commandant de la Easy Company, le lieutenant Heyliger, dans la réalisation d'une opération nocturne destinée à secourir plus d'une centaine de soldats britanniques encerclés par l'ennemi dans le secteur d'Arnhem[3]. Après un séjour de repos et de réorganisation à Mourmelon, le 506th PIR est envoyé en Belgique en décembre 1944 lorsque s'engage la bataille des Ardennes. Le lieutenant Heyliger ayant été blessé en Hollande, son remplaçant, le lieutenant Norman Dike inquiète les hommes par son manque d'implication et de compétences au combat alors que les soldats subissent l'hiver extrêmement rigoureux et les incessants barrages d'artillerie allemands[5]. En , alors que la Easy Company est chargée de s'emparer du village de Foy, Norman Dike est pris de panique, peut-être blessé à l'épaule, et stoppe la progression de l'unité en plein découvert[1],[5]. Malgré les recommandations de Lipton, Dike ne réagit pas et se fait remplacer, sur ordre de Dick Winters qui commande désormais le 2e bataillon, par le lieutenant Speirs[3]. Ce dernier rejoint la compagnie et, après avoir écouté le compte-rendu de la situation donné par Lipton, dirige la fin de l'attaque[3]. Après la prise de Foy, Lipton reçoit les éloges du commandement pour son comportement auprès des hommes de la Easy Company pendant toute la durée du siège de Bastogne[3]. Contribuant à maintenir leur moral et leur motivation face à leurs inquiétudes vis-à-vis du lieutenant Dike, le lieutenant Speirs et le capitaine Winters le considèrent comme ayant agi comme un véritable commandant de compagnie et le recommandent pour une promotion d'officier[1],[3].

Carwood Lipton est officiellement promu sous-lieutenant alors que le 506th PIR effectue un court séjour à Haguenau[1]. Puis il entre en Allemagne et suit la progression de la Easy Company jusqu'à Berchtesgaden[1]. Il fait la connaissance de Ferdinand Porsche avec qui il partage un repas dans un camp de prisonniers[2] puis le , lors de la capitulation de l'armée allemande, il reçoit la reddition du général Tolsdorff commandant le LXXXII. Armeekorps[1],[3]. Promu lieutenant, il reste avec la Easy Company en Autriche jusqu'à la fin totale de la guerre survenant avec la capitulation du Japon. Dirigé vers la France, le 506th PIR est dissout en et Carwood Lipton regagne les États-Unis[1].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Carwood Lipton reste dans l'armée de réserve des États-Unis jusqu'à la guerre de Corée mais n'est pas engagé dans le conflit[2]. À son retour en Amérique, il reprend ses études à l'université Marshall et en ressort trois ans plus tard avec un diplôme d'ingénieur. Il est alors engagé chez Owens-Illinois et y gravit les échelons, devenant directeur d'exploitation[2]. En 1966, il déménage à Bridgeton dans le New Jersey et devient directeur administratif d'une société, puis directeur de la fabrication dans une entreprise verrière à Londres où il s'est installé en 1971[2]. En 1982, il retrouve les États-Unis à Toledo dans l'Ohio et prend sa retraite un an plus tard. Il se retire à Southern Pines en Caroline du Nord où il meurt le [6].

Décorations[modifier | modifier le code]

Combat Infantry Badge.svg
Bronze oak leaf cluster
Bronze oak leaf cluster
Bronze oak leaf cluster
Arrowhead
Bronze star
Bronze star
Bronze star
Cp2j.jpg
Bronze oak leaf cluster
Combat Infantryman Badge
Bronze Star
Avec une feuille de chêne
Purple Heart
Avec deux feuilles de chêne
Good Conduct Medal
American Campaign Medal European-African-Middle Eastern Campaign Medal
Avec une pointe de flèche et trois Service star
World War II Victory Medal
Army of Occupation Medal National Defense Service Medal Croix de guerre 1939-1945
Avec palme
Médaille de la France libérée Croix de guerre belge 1940-1945
Avec palme
Médaille commémorative belge de la guerre 1940-1945
Parachutist Badge
Avec deux étoiles
Presidential Unit Citation
Avec une feuille de chêne

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m Stephen Ambrose, Band of Brothers, Simon & Schuster, (ISBN 978-0-7432-2454-3)
  2. a b c d e et f (en-US) « Biography - C. Carwood Lipton », C. Carwood Lipton,‎ (lire en ligne, consulté le 16 octobre 2017)
  3. a b c d e f g et h (en) Richard D. Winters et Cole C. Kingseed, Beyond Band of Brothers, St Martin's Press, (ISBN 0-425-20813-3)
  4. (en-US) « Easy Company in France: After D-Day - The History Reader », The History Reader,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2017)
  5. a et b (en) Marcus Brotherton, We who are Alive and Remain : Untold Stories from the Band of Brothers, Berkley Pub Group, , 294 p. (ISBN 978-0-425-22763-3)
  6. (en-US) Richard Goldstein, « C. Carwood Lipton, 81, Figure in 'Band of Brothers,' Dies », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 16 octobre 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen Ambrose, Band of brothers : E Company, 506th Regiment, 101st Airborne : From Normandy to Hitler's Eagle's Nest, Simon & Schuster, (ISBN 978-0-7432-2454-3).
  • (en) Richard D. Winters, Cole C. Kingseed, Beyond Band of brothers : The war memories of Major Dock Winters, St Martin's Press, (ISBN 0-425-20813-3).
  • (en) Larry Alexander, Biggest brothers : The Life of Major Dick Winters, the Man Who Led the Band of Brothers, New Amer Library, , 297 p. (ISBN 978-0-451-21839-1).
  • (en) Marcus Brotherton, We who are alive and remain : Untold Stories from the Band of Brothers, Berkley Pub Group, , 294 p. (ISBN 978-0-425-22763-3).
  • (en) Lynn Compton, Call of Duty : My Life Before, During and After the Band of Brothers, Berkley Hardcover, , 275 p. (ISBN 978-0-425-21970-6).
  • (en) Bill Guarnere, Babe Effron, Brothers in battle : Best of friends, Berkley Hardcover, , 296 p. (ISBN 978-0-425-21728-3).
  • (en) Donald Malarkey, Bob Welch, Easy Company Soldier : The Legendary Battles of a Sergeant from World War II's "Band of Brothers", St Martin's Press, , 277 p. (ISBN 978-0-312-37849-3).
  • (en) Marcus Brotherton, Shifty's War : The Authorized Biography of Sergeant Darrell "Shifty" Powers, the Legendary Sharpshooter from the Band of Brothers, Berkley, , 285 p. (ISBN 978-0-425-24097-7).
  • (en) Donald Burgett, The Road to Arnhem : A Screaming Eagle in Holland, Presidio Press, (ISBN 0-89141-682-X).
  • (en) David Kenyon Webster, Stephen Ambrose, Parachute Infantry : An American Paratrooper's Memoir of D-Day and the Fall of the Third Reich, Louisiana State University Press, 1994 (publication posthume), 288 p. (ISBN 978-0-8071-1901-3 et 0-8071-1901-6).
  • (en) Richard E. Killblane and Jake McNiece, Filthy Thirteen : From the Dustbowl to Hitler's Eagle’s Nest - The True Story of the 101st Airborne's Most Legendary Squad of Combat Paratroopers, Casemate Publishers, , 256 p. (ISBN 978-1-935149-81-1, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]