Carte de presse en France

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La carte de presse est, en France, une carte d'identité professionnelle qui permet au journaliste professionnel de prouver son activité, d'accéder plus facilement à des lieux qui lui servent à obtenir des informations (salles de presse, bureaux officiels, musées, etc.) et de faire valoir son droit à la protection sociale prévue par le statut de journaliste professionnel créé par la Loi Brachard. L'exercice du journalisme en France est libre et non réservé aux journalistes professionnels.

Conditions d'attribution de la carte professionnelle[modifier | modifier le code]

La carte de presse a été créée pour éviter que des journalistes soient influencés dans leurs écrits par le fait qu'ils exercent majoritairement leur activité dans un autre métier (publicitaire, avocat, commercial) pour le compte d'une entreprise ne vivant pas de la vente d'un média. Sa détention est la condition nécessaire pour accéder au statut de journaliste professionnel. Les entreprises de presse reconnues par la Commission paritaire des publications et des agences de presse sont tenues de faciliter l'accès à la carte professionnelle aux personnes exerçant la fonction de journaliste en leur sein. L'attribution de la carte n'est soumise à aucun diplôme.

Les entreprises employant des titulaires appliquent toutes la Convention collective nationale de travail des journalistes.

La carte de presse est attribuée par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) conformément à la loi de 1935 (à la suite du rapport Brachard), dans laquelle siègent huit représentants des employeurs et huit élus de salariés[1], dont cinq du Syndicat national des journalistes, deux du Syndicat national des journalistes CGT et un de l'Union syndicale des journalistes CFDT, à la suite des élections de juin 2009. C'est l'une des cinq grandes commissions qui cogèrent la profession, en vertu du paritarisme, des lois spécifiques à la profession. Les 4 autres sont:

L'article L. 7111-6 du code du travail[2], indique que le journaliste professionnel est celui qui a « pour occupation principale, régulière et rétribuée l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques ou dans une ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources ».

La CCIJP est donc amenée à rechercher, pour chaque demande :

  • s'il s'agit bien d'une occupation principale et régulière (3 mois consécutifs pour une première demande) ;
  • si celle-ci procure au postulant l'essentiel de ses ressources soit plus de 50 %, lorsque ce chiffre est supérieur à 75 %, l'obtention est automatique.

Plus concrètement, il faut, s'il s'agit d'une première demande, exercer la profession depuis au moins trois mois consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources. Les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l'employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée.

Cependant, selon l'arrêt Edelson du Conseil d'État, le 5 avril 2002, un journaliste travaillant pour une entreprise qui a pour activité la création d'œuvres audiovisuelles destinées à être diffusées dans le public sera regardé comme journaliste même si l'entreprise de communication n'assure pas directement cette diffusion[3].

Si elles remplissent les conditions de l'article L. 7111-6 du code du travail, les personnes qui publient des articles sur internet peuvent bénéficier du statut de journaliste professionnel. En revanche, lorsque la rédaction et la mise en ligne d'articles constituent le prolongement d'une autre activité, la personne ne pourra pas bénéficier de ce statut. Dans un arrêt du 26 juillet 2007, le Conseil d'État a refusé d'admettre la qualité de journaliste professionnel au directeur du site Sciences actualités de la Cité des sciences[4].

Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l'activité s'apprécie sur les douze mois précédant la demande.

Le salaire mensualisé doit correspondre à celui des barèmes en vigueur dans la catégorie de média pour la fonction exercée. Pour les règlements à la pige, la moyenne mensuelle (sur 3 ou 12 mois) doit s'approcher du SMIC.

L'article 6 de la Convention collective nationale des journalistes spécifie qu'« aucune entreprise (de presse) ne pourra employer pendant plus de trois mois des journalistes professionnels et assimilés qui ne seraient pas titulaires de la carte professionnelle de l'année en cours ou pour lesquels cette carte n'aurait pas été demandée. Cette mesure ne s'applique pas aux correspondants locaux dont la collaboration ne constitue qu'une occupation accessoire »[5].

Pièces à fournir lors de la première demande[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un postulant demande la carte de presse pour la première fois, il doit fournir les documents suivants :

  • la photocopie recto verso de la carte nationale d'identité (délivrée depuis moins de 10 ans), ou du passeport avec page comportant la validité, ou d'un certificat de nationalité, ou, le cas échéant, du titre de séjour en cours de validité ; les journalistes étrangers, résidant et travaillant en France, doivent posséder une carte de résident portant la mention « toutes professions salariées » ;
  • un CV avec un exemplaire des publications auxquelles le postulant collabore avec l'indication des travaux effectués (presse écrite) ;
  • deux photos d'identité ;
  • une photocopie des trois derniers bulletins de salaire ;
  • un extrait de casier judiciaire datant de moins de 3 mois ;
  • un certificat d'employeur, spécifiant très exactement la fonction exercée et le montant des appointements qui doivent correspondre au barème annexé à la Convention collective nationale des journalistes (ou éventuellement photocopie du contrat ou lettre d'engagement) ; ces employeurs régleront à la CCIJP la seconde moitié des frais de dossier ;
  • pour les collaborateurs rémunérés à la pige, le certificat d'employeur devra préciser, outre la qualification exacte, le montant des piges perçues sur une période de trois mois consécutifs au minimum. Les pièces justificatives devront être jointes ;
  • une attestation sur l'honneur certifiant que le journalisme est bien la profession principale et régulière ;
  • le règlement des droits de dossier par chèque bancaire ou postal ;
  • la fiche d'état civil n'est plus exigée.

Renouvellement[modifier | modifier le code]

La carte de presse est renouvelée chaque année[1].

Le journaliste doit remplir le formulaire de demande de renouvellement, et l'adresser à la Commission accompagné d'un certificat délivré par son employeur et du dernier bulletin de salaire reçu portant le cumul annuel.

Cette demande peut également être adressée à la Commission par le biais de l'employeur qui, dans ce cas, complète en lieu et place du certificat individuel un bordereau collectif tenant lieu d'attestation patronale.

La demande de renouvellement s'examine sur les douze mois d'activités précédant la date de dépôt du dossier. Cette période est ramenée à trois mois lorsqu'il s'agit d'une réintégration (retour à la profession après interruption).

Incompatibilité[modifier | modifier le code]

L'article L. 7111-6 du code du travail a établi une incompatibilité en ce qui concerne les agents de publicité et le métier de journaliste, ce qui ne signifie pas que les journalistes ne puissent occasionnellement et en tout cas minoritairement percevoir des commissions d'ordre publicitaire.

En revanche, depuis 1964, les fonctions de chargé de relations publiques et d'attaché de presse sont totalement incompatibles avec le statut de journaliste professionnel, même si celles-ci sont très accessoires au regard des activités journalistiques[6].

Enfin, un troisième cas d'incompatibilité a été ajouté en mai 1986, par un arrêt du Conseil d'État qui a estimé que le statut de fonctionnaire ou d'agent public contractuel est exclusif du bénéfice de tout autre statut professionnel[7].

Avantages[modifier | modifier le code]

Bien que cela ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, en pratique, le titulaire de la carte de presse bénéfice d'un certain nombre d'avantages :

  • Entrée gratuite dans les musées nationaux et souvent dans les musées privés,
  • Entrée gratuite dans les expositions, les salons, certains parcs d'exposition et sans faire la queue (carte coupe-file),
  • Réduction auprès de certaines marques (automobile, informatique, mode, « soldes presse »)[8].

Le journaliste retraité peut prétendre (sous condition) à une carte de presse de « journaliste professionnel honoraire » en application de l'article L7111-6 du Code du travail. Cette carte est attribuée à vie. Il bénéficie des mêmes avantages que ci-dessus.

Les journalistes bénéficient également d'une décote de 7 650 € (indemnité représentative d’allocations pour frais d’emploi) sur leur revenu imposable mais cela ne résulte pas de la carte de presse (BOI 5 F-14-99)[9],[10].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les cartes de presse distribuées en 2016 se répartissent de la manière suivante[11] :

Catégorie Femmes Hommes Total
CDI 11 591 14 430 26 021
Pigistes 3 494 3 106 6 600
CDD 632 513 1 145
Autre 768 760 1 528
Total général 16 485 18 809 35 294¹

1. dont 1 549 premières demandes

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]