Carte babylonienne du monde

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Carte babylonienne du monde (vers 700 - 500 av. J.-C.).

La carte babylonienne du monde est une représentation schématique avec inscriptions du monde connu du point de vue babylonien. La carte est tracée sur une tablette d'argile, montrant Babylone un peu au nord du centre de la tablette d'argile qui est endommagée, et contenant également un morceau de texte cunéiforme[1].

Elle est généralement datée du Ve siècle av. J.-C. Elle a été découverte à Sippar, au sud de l'Irak, à 97 km au nord de Babylone sur la rive est de l'Euphrate, et publiée en 1899[2]. La tablette d'argile a été déposée au British Museum (BM 92687).

On suppose que les endroits indiqués peuvent faire références à des régions réelles, mais peuvent aussi représenter une représentation mythologique du monde[3].

La découverte de la tablette, les études menées pour sa compréhension et les lieux dans lesquels elle a été exposée[modifier | modifier le code]

Découverte à la fin XIXe siècle en Irak, la tablette a fait l'objet de nombreux travaux destinés à comprendre ce qu'elle représente. Qui plus est, de part son originalité et sa singularité, cet objet a été exposé dans de nombreuses manifestations.

La découverte de la tablette[modifier | modifier le code]

L'archéologie mésopotamienne[modifier | modifier le code]

Les objets mésopotamiens sont connus en Europe depuis le XVIIe siècle. Mais c'est au milieu du XIXe siècle que va se développer l'étude portant sur la Mésopotamie. C'est à partir de 1840 que les fouilles vont prendre un essor considérable. Paul-Émile Botta (considéré comme le fondateur de l'archéologie mésopotamienne) alla explorer le Nord du pays, ce qui était alors une chose qui n'avait pas été entreprise. Le but initial était alors d'enrichir les collections des musées en pièce présentant des écritures cunéiformes : « Ils voulaient enrichir les musées de leur pays respectif (...) et ils prenaient souvent les moyens les plus expéditifs pour parvenir à leurs fins ».

Au fil des années, les fouilles dans cette zone allaient mobiliser des centaines d'archéologues et s'accompagner de la découverte de plus de 100 sites. Ce qu'on peut définir comme la période initiale de l'archéologie mésopotamienne allait être marquée jusqu'à la fin du XIXe siècle par une forte rivalité entre la France et la Grande-Bretagne.

Trouvé des tablettes recouverte d'écriture cunéiforme était un bon début, traduire ces textes représentait un tout autre travail. C'est de la traduction d'une de ces tablettes en 1857 que va naître la science dénommée : l'assyriologie. Cette tablette, découverte par Hormuzd Rassam, est recouverte d'inscriptions attribuées à un roi d'Assyrie. La Royal Asiatic Society de Londres décide de missionner quatre savants afin qu'ils traduisent la tablette chacun de leur côté. Il en résulté que les quatre traductions sont concordantes. La réussite de cette expérience peut être considérée comme l'acte fondateur de l'assyriologie.

Les fouilles qui ont menées à sa découverte[modifier | modifier le code]

D'après le British Museum, l'archéologue qui découvrit la tablette fut Hormuzd Rassam. Ce dernier était archéologue en Mésopotamie au service du Royaume-Uni, et à partir de 1978, ils assura les fouilles en dans cette zone pour le compte du British Museum.

A partir de 1880, il fouilla le site d'Abu Habbah (où se trouvait la ville de Sippar il y a 4000 ans). Dans cette zone située dans le Sud de l'Irak, l'archéologue dégagea plus de 60000 tablettes. C'est parmi ces tablettes que se trouvait celle portant la Carte babylonienne du monde.

Quelques points sont à noter à propos d'Hormuzd Rassam. Il portait au sein du milieu de l'archéologie une mauvaise réputation. En effet, il était accusé de mener un système de pillage : « Rassam continua de s'illustrer de 1878 à 1882 en écumant systématiquement et sans le moindre souci une quinzaine de sites », ou encore, suite à sa nomination comme responsable des fouilles pour le compte du British Museum : « Rassam voulut prendre sa succession et malheureusement l'obtint. Durant deux ans, il promena sa hâte désordonnée sur une quinzaine de sites ».

A quoi ressemble la tablette[modifier | modifier le code]

Une tablette en argile...[modifier | modifier le code]

Comme le dit une citation pour définir la Mésopotamie :« Entre Tigre et Euphrate, un pays d'argile ». L'argile étant autre utilisé comme support pour l'écriture. Les tablettes d'argile étaient alors le support de l'écriture cunéiforme. Le stylo en ce temps était alors le calame (roseau taillé en pointe). Une fois marquée, les tablettes étaient soient séchées à l'air libre, soit cuites dans un four.

Pour qu'elle réussisse à résister jusqu'à notre époque, la tablette portant la carte babylonienne du monde a surement été cuite au four. Cependant, le temps à tout de même fait son oeuvre en détériorant une bonne partie de l'objet. Il en reste tout de même un fragment intéressant, mesurant 12,2 cm de hauteur sur 8,2 cm de largeur.

... marquée sur ses deux faces[modifier | modifier le code]

La tablette a des écritures marquées sur ses deux faces.

Le recto est composé de deux choses : un texte en écriture cunéiforme qui occupe le tiers supérieur de la tablette. Les deux tiers restant sont composées d'une figure accompagnée de texte.

Le verso de la tablette est quant à lui entièrement recouvert de texte.

Pour rappel, les écritures sur le recto et le verso de la tablette ne sont pas contemporaines.

Les études menées pour sa compréhension[modifier | modifier le code]

L'ensemble des travaux qui permirent une meilleure compréhension de la tablette furent issus du travail d'assyriologues.

La première publication fut le fruit d'un assyriologue allemand en 1899 : Felix Ernst Peiser. Outre traduire les textes présent sur la tablettes, il émit une théorie sur ce que représentait la carte. Pour lui, il s'agissait de Babylone au moment du déluge, mais sa théorie se révéla fausse.

Le seconde assyriologue à se pencher sur la tablette fut Reginald Campbell Thompson en 1906. Ce britannique reprit le travail de F.E. Peiser, et traduit les principales caractéristiques de la carte en anglais. Son travail servit de base aux travaux de deux autres assyriologues : Ernst Friedrich Weidner en 1922 et Eckhard Unger en 1931. En 1988, Wayne Horowitz réalisa une étude sur la carte.

Un élément important allait par la suite se produire. Irving Finkel découvrit en 1995 un morceau manquant de la tablette. Bien que de taille réduite, ce dernier allait permettre de peaufiner l'analyse de la tablette.

Un objet qui a été exposé dans de nombreuses manifestations[modifier | modifier le code]

Quand et où la tablette a t-elle été gravée ?[modifier | modifier le code]

Une datation approximative[modifier | modifier le code]

La tablette portant la carte babylonienne du monde est généralement datée du milieu du Ier millénaire avant JC, plus précisemment entre le VIe siècle et Ve siècle siècle. C'est à dire, durant la période néo-babylonienne. Cette époque coïncide à un temps où la Babylonie et l'Assyrie étaient au maximum de leur extension. En outre, Babylone était une cité florissante perçue comme le centre de l'univers.

D'après les mots marquée sur la tablette, elle ne peut pas être plus vieille que le IXe siècle siècle av JC. En effet, le mot Marratu fut utilisé pour la première fois à ce siècle, dans les insciptions de Salmanazar III. Il en va de même pour les termes Bit Yakin et Urartu.

Une chose importante est à noter: d'après une inscription présente sur la tablette, le schéma présent serait une copie d'une autre tablette datant du IXe siècle siècle. Qui plus est, le texte présent au recto est sans doute contemporain au schéma, ce qui n'est pas le cas du texte au verso. En effet, il n'y est fait aucune mention des lieux représentés sur la carte.

Une origine qui fait débat[modifier | modifier le code]

D'après le British Museum, la tablette est issue de fouilles ayant eu lieu dans l'ancienne ville mésopotamienne de Sippar. Mais, il est aussi possible qu'elle provienne de la ville de Borsippa. Car, d'après le catalogue du musée, et le numéro de la pièce, cette tablette peut tout aussi bien être issue de fouilles ayant eu lieu dans cette ville. Qui plus est, l'un des parents du scribe, qui a préparé la tablette, a pu être identifié dans un document économique, et ce dernier était originaire de la ville mésopotamienne de Borsippa.

Description des zones cartographiées[modifier | modifier le code]

La carte est circulaire avec deux cercles extérieurs. Des textes cunéiformes étiquettent tous les endroits à l'intérieur de la carte circulaire, ainsi que dans quelques régions extérieures. Les deux cercles extérieurs représentent les limites de l'eau qui est étiquetée comme « rivière d'eau amer », la mer salée.

Babylone est au centre de la carte ; les lignes parallèles en bas semblent représenter les marais du sud, et une ligne courbe venant du nord, nord-est semble représenter les monts Zagros[3].

Il existe sept petits cercles intérieurs périphérie, à l'intérieur du cercle, et elles peuvent représenter sept cités.

Sept triangles sur le cercle externe (périmètre de l'eau), sont nommées îles, mais la tablette d'argile endommagée a perdu les trois îles sur le bord inférieur de la tablette.

Les trois îles sont nommées :

île lieu du soleil levant
île le soleil est caché et rien ne eut être vu
île au-delà du vol des oiseaux[3].
Objets de la carte babylonienne du monde [4]
BabylonianWorldMap2.jpg
1. "Montagne" (akkadien : šá-du-ú)
2. "Cité" (akkadien : uru)
3. Urartu (akkadien : ú-ra-áš-tu)
4. Assyrie (akkadien : kuraš+šurki)
5. Der (akkadien : dēr)
6. ?
7. Marécage (akkadien : ap-pa-ru)
8. Elam (akkadien : šuša)
9. Canal (akkadien : bit-qu)
10. Bit Yakin (akkadien : bῑt-ia-᾿-ki-nu)
11. "Cité" (akkadien : uru)
12. Habban (akkadien : ha-ab-ban)
13. Babylone (akkadien : tin.tirki), coupée par l'Euphrate

14 — 17. Océan (eau salée, akkadien : idmar-ra-tum)

18 — 22. Objets mythologiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kurt A. Raaflaub, Richard J. A. Talbert, Geography and Ethnography: Perceptions of the World in Pre-Modern Societies, p. 147, John Wiley & Sons, 2009 (ISBN 1-4051-9146-5)
  2. Kerrigan, The Ancients in Their Own Words, Babylonian Map of the World, p. 36-37.
  3. a, b et c Kerrigan, p. 37.
  4. Wikipédia en russe.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kerrigan, The Ancients in Their Own Words, Michael Kerrigan, Fall River Press, Amber Books Ltd, 2009. (ISBN 978-1-4351-0724-3)
  • Wayne Horowitz, The Babylonian Map of the World, ans : Iraq 50, 1988, p. 147-165

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]