Carrière de Miséry

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La carrière de Miséry est une ancienne carrière désaffectée situé à Nantes, en France, dans le quartier Bellevue - Chantenay - Sainte-Anne.

Description[modifier | modifier le code]

La carrière de Miséry se trouve sur la rive droite de la Loire, au pied de la butte Saint-Anne formant l'extrémité sud du Sillon de Bretagne.

C'est un terrain de 3,10 hectares s'ouvrant en arc de cercle sur le fleuve, auquel on accède sur son côté sud depuis le boulevard de Cardiff et le quai Marquis-d'Aiguillon, tandis que les autres côtés en surplomb sont occupés notamment par le square Maurice-Schwob.

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende veut que la carrière hérite du nom de « Miséry » car elle aurait servi de refuge à des miséreux ainsi qu'à des ermites. Exploitée depuis le XVIe siècle, elle appartenait aux seigneurs de la Hautière qui depuis cette époque en laissèrent la jouissance à la Ville de Nantes pour en extraire de la baryte sulfatée ainsi que deux variétés de granit (une roche très dure gris-bleu et une roche friable jaune) qui serviront d'abord à construire le pont de Pirmil et à renforcer l'enceinte de la ville[1], puis à paver les rues nantaises[2],[3].

Au XVIIIe siècle, la carrière de ne cesse de s'agrandir au point de semer la discorde entre la ville de Nantes, les propriétaires et les riverains. Sous la Révolution, elle sert de lieu d'exécution au moment de la déroute de l'armée vendéenne lors de la Terreur[1],[2].

À partir de 1857, la ligne de chemin de fer entre Nantes et Saint-Nazaire longe le site sur son côté sud. Cette configuration dura presque un siècle jusqu'en 1955, année de l'inauguration du tunnel ferroviaire de Chantenay à partir de laquelle les rails sont enlevés[4]. Dans les années 1970, une partie de l'espace vacant laissé par la voie ferrée permet d'élargir les voies routières[5].

Dès 1900, le site est occupé par une brasserie fondée par Eugène Burgelin, originaire de l'est de la France. L'activité brassicole cohabite alors jusqu'en 1915 avec l'activité extractive qui cesse cette année-là[1]. En 1905, les trois plus grosses brasseries de Nantes (Schaeffer, Rottenbach et Burgelin) regroupent leurs activités sur le site de Miséry et fondent la « Société des brasseries nantaises » qui pour emblème un paludier. Un an plus tard, les Brasseries de la Meuse rachètent une partie des actions des trois associés. Le développement de l'activité employant une main-d'œuvre essentiellement féminine est alors fulgurante. L'usine qui, en 1928, a mis en place le premier atelier d'embouteillage de France, produit 200 000 bouteilles par jour et est considérée durant les années 1950 comme étant parmi l'une des plus importantes de France[1]. L'activité brassicole perdure jusqu'au rachat de l'usine par le groupe BSN-Gervais Danone, qui décida de sa fermeture en 1985[2].

La majeure partie des bâtiments est détruite dès 1987, les derniers édifices comme le grand hall et le chalet de réception furent démolis en 1995. Depuis, ce terrain, propriété de la ville, est resté à l'état de friche[2],[6],[7].

Néanmoins, en juillet 2016, la municipalité envisageait de transformer l'ancienne carrière en jardin public dans le cadre d'un projet de réhabilitation du quartier du Bas-Chantenay. Ce jardin devrait pouvoir être inauguré en 2019 pour sa partie ouest, tandis l'aménagement de la partie est interviendra trois ans plus tard. Plus de 200 espèces végétales y seront plantées et bénéficieront du micro-climat de la carrière, abritée du vent et exposée plein sud. Il comportera une cascade de 25 mètres de hauteur, un escalier à flanc de falaise permettant de rejoindre le square Maurice-Schwob, sept belvédères en surplomb et un mur d’escalade de 30 voies réparties en quatre secteurs de difficultés variables, allant de l'initiation aux niveaux plus techniques[8].

Cette réhabilitation qui s'accompagnerait de l'installation d'une nouvelle attraction des Machines de l'île baptisée l'Arbre aux Hérons ne verrait cependant pas le jour avant 2022[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « La carrière Miséry, une si longue histoire » [PDF], Nantes passion, (consulté le 21 juin 2015), p. 42/43.
  2. a b c et d « Carrières Miséry puis Brasseries de la Meuse (détruites) », Patrimoine des Pays de la Loire (consulté le 21 juin 2015).
  3. « Nantes à la carte : La carrière de Miséry », Télénantes (consulté le 28 janvier 2017).
  4. « Quai du Marquis-d'Aiguillon », section « Mémoire de la Butte » de l'« Association de la Butte Sainte-Anne » (consulté le 19 juin 2015).
  5. « Escalier et statue Sainte-Anne », Patrimoine des Pays de la Loire (consulté le 21 juin 2015).
  6. « La carrière Miséry, une parenthèse insolite dans la ville », sur Fragil.org (consulté le 21 juin 2015).
  7. Marie-Hélène Prouteau, La ville aux maisons qui penchent, Suites nantaises, chapitre «Et les rêves prendront leur revanche», La Chambre d'échos, 2017.
  8. Ville de Nantes, « Le Jardin extraordinaire se dévoile », www.nantes.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 avril 2018)
  9. L'incroyable Arbre aux hérons s'enracinera dans la carrière Miséry sur le site de la Ville de Nantes
  10. L'Arbre aux hérons, future attraction du nouveau Bas-Chantenay, Ouest-France, 7 juillet 2016.