Carpocapse

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Carpocapse
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Carpocapse » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après

Taxons concernés

Certaines espèces des genres :

Les Carpocapses sont des lépidoptères de la famille des Tortricidae dont les chenilles (parfois désignées à tort comme des « vers ») se développent dans des fruits, notamment les pommes et les poires.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Ces espèces ont été regroupées dans un genre Carpocapsa, actuellement considéré comme obsolète.[réf. nécessaire]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du grec ancien καρπός, karpós (« fruit », « poignet ») et du latin capsa (« boîte, coffre pour conserver les fruits »), de là sans doute dérivé : insecte que l'on retrouve dans ces boîtes, donc « ver » du fruit.

Moyens de lutte contre les carpocapses[modifier | modifier le code]

Les moyens de luttes contre les carpocapses sont globalement les mêmes pour toutes les espèces. Il existe plusieurs moyens de lutte contre ces ravageurs. Parmi ceux-ci, voici les méthodes les plus efficaces :

Note : Ne pas perdre de vue que l'application continue d'un même moyen de lutte, sur plusieurs années de suite, peut entrainer une sélection artificielle des sujets les plus résistants. Celle-ci mènerait à une insensibilité et donc à l'inefficacité de ce moyen de lutte. Ne pas hésiter à alterner les moyens à disposition pour contrer une potentielle habituation de l’espèce.

L'élimination des fruits véreux[modifier | modifier le code]

L'élimination des fruits véreux dès leur chute permet de supprimer une part importante des chenilles avant qu'elle ne rejoignent la terre. Cette pratique permettra de lutter également contre certaines maladies fongiques comme la tavelure.

Les insecticides[modifier | modifier le code]

L'utilisation d'insecticide comme la Carpovirusine (préparation à base de virus du Carpocapse) permet de protéger efficacement les vergers.

Il existe également des préparations à base de bactéries dites « bactéries Bt » (de l'espèce Bacillus thuringiensis)

Les bandes[modifier | modifier le code]

Il est possible d'installer des bandes pièges (carton ondulé) d'une vingtaine de centimètres de large sur les troncs et les branches (grosses branches charpentières) des pommiers. Ces bandes capturent les larves de carpocapses qui cherchent un abri pour se métamorphoser. Il faut installer les bandes dès le mois de mai et les ouvrir régulièrement pendant l'été (juin, juillet, août) pour tuer les larves qui s'y sont cachées. Attention, ces bandes cartonnées servent également d'abris pour des insectes (perce-oreille, punaise de la famille des Miridae) et des araignées auxiliaires utiles qui consomment les œufs et larves de carpocapse dans le feuillage. Il ne faut donc pas brûler les bandes cartonnées, mais faire tomber les auxiliaires et larves en secouant la bande au-dessus d'un saladier afin de laisser les auxiliaires recoloniser le pommier, et tuer les larves de carpocapse[1].

Les pièges à phéromones[modifier | modifier le code]

Les pièges à phéromones disponibles dans le commerce attirent les carpocapses mâles sur des plaques engluées. Ces pièges peuvent être utilisés pour limiter la population de papillons présente dans le verger. Il est conseillé de coupler l'installation de ces pièges avec un autre moyen de lutte, comme les bandes pièges par exemple.

Dans le même genre de lutte, il existe des diffuseurs d'hormones. C'est un moyen de lutte biologique destiné aux professionnels puisque son efficacité repose sur le nombre de diffuseurs posés par rapport à une surface (on parle de 400 à 1 000 diffuseurs/ hectare). Placée dans les arbres, la phéromone se diffuse dans l'air, désorientant les mâles qui s'épuisent à trouver les femelles. En grande majorité, les mâles meurent avant d'avoir pu s'accoupler et féconder les femelles.

Diffusion d'insectes stériles[modifier | modifier le code]

Le « Programme de la libération intentionnelle d'insectes stériles » (Sterile Insect Release (SIR) Program) a encouragé l'expansion de la production de pommes biologiques en contrôlant avec succès les populations du carpocapse de la pomme dans les principales régions de culture de la pomme en Colombie-Britannique[2].

Installation de prédateurs[modifier | modifier le code]

Enfin, la pose de nichoirs pour favoriser la présence d'oiseaux insectivores dans le verger permet de réduire les populations de carpocapses. Parmi les espèces à favoriser, on trouve la mésange bleue et la mésange charbonnière, mais également la plupart des chauves-souris telles que pipistrelle ou oreillard qui consomment de grandes quantités de larves ou de papillons.

Bon à savoir : le forficule (ou perce-oreille) et de nombreuses araignées chasseuses sont des prédateurs des œufs et larves du carpocapse.

Les nématodes[modifier | modifier le code]

Des nématodes Steinernema feltiae prédateurs des stades hivernants du carpocapse au sol, peuvent être achetés et pulvérisés sur le tronc et au pied de votre pommier. Si les conditions d'humidité et de température sont favorables, ces nématodes peuvent normalement élire résidence dans votre jardin et réaliser un contrôle sur le long terme des populations de carpocapse.

Le sucre[modifier | modifier le code]

La pulvérisation de sucres (fructose et saccharose) à très faibles doses (1 à 10 g pour 100 litres d'eau) protège les arbres et légumes contre bien des agressions[3]. Les pulvérisation peuvent être réalisées dès avril.

Le saccharose peut réduire jusqu’à 40 % les dégâts dus au carpocapse en verger.

Chaulage des troncs[modifier | modifier le code]

Le chaulage des troncs au milieux de l'hiver et avant le débourrement (début mars) est une pratique courante qui permet de détruire les larves de certains insectes parasite (carpocapse notamment) mais aussi les formes hivernantes de la plupart des maladies fongiques (tavelure, cloque, moniliose, chancre...) et les œufs de certains pucerons. A noter que cette pratique se révèle également très efficace contre les auxiliaires de culture son application doit donc rester raisonnée[4].

L'eau de chaux peut être réalisée avec de la chaux vive (interdite en agriculture biologique) de la craie ou de la cendre[5]. Les badigeons peuvent aussi être réalisés avec de l'argile[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manon Lefebvre, 2016, Régulation des ravageurs par les araignées en verger, thèse de doctorat, INRA/CTIFL.
  2. (en) Sterile Insect Release Program Website
  3. « Du sucre, de l’argile ou des champignons au service des plantes », Agra Press, 11 janvier 2010.
  4. a et b « Traitement d’hiver des fruitiers: du blanc sur les troncs », sur Jardipartage (consulté le 14 septembre 2019)
  5. « Les vertus du badigeon de cendres… », sur Jardipartage (consulté le 14 septembre 2019)

Lien externe[modifier | modifier le code]