Carnaval de Guyane

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Carnaval de Guyane
Carnaval de Cayenne en 1903
Carnaval de Cayenne en 1903
Généralités
Ville Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni
Lieu en ville
Date entre l'Épiphanie et le Mercredi des Cendres
Participants le roi Vaval, le Touloulou, les nèg'marrons, Zombi baréyo, le Jé farin, Bobi, Karolin, Lanmò (la mort), Soussouris (la chauve-souris), Diab rouj (diable rouge)

Le Carnaval de Guyane est l'un des évènements majeurs de Guyane. Il se déroule entre l'Épiphanie au début de janvier, et le Mercredi des Cendres en février ou mars.

Description et origine[modifier | modifier le code]

Défilé du Carnaval dans les rues de Cayenne en 2007
Danseuse en fleur à Kourou

Cette fête appartient à la culture créole guyanaise. Il a pour origine le carnaval tel qu'il est pratiqué en Europe. Au début de la colonisation, les colons pratiquaient le carnaval, mais il était interdit aux esclaves. Bravant l'interdiction, les esclaves pratiquaient le carnaval, dans des fêtes clandestines. Ils y voyaient un moyen de retrouver un peu de liberté, de commémorer comme les africains la fertilité et les moissons et de tourner en dérision les colons. Aujourd'hui les communautés métropolitaines, brésiliennes et chinoises y prennent part[1].

Il a une durée variable fixée par les fêtes religieuses, il a lieu entre l'Épiphanie au début de janvier, et le Mercredi des Cendres marquant le début du Carême calculé selon la date de Pâques en février ou mars. Il a lieu du vendredi soir au lundi matin[2].

Les jours gras clôturent le carnaval, il s'agit du mercredi des cendres[2].

Costumes traditionnels[modifier | modifier le code]

Des Touloulous dans les rues de Cayenne en 2007
Les nèg'marrons à Kourou
Reine du carnaval de Kourou

Il existe plusieurs costumes traditionnels qui représentent des figures mythiques du carnaval guyanais

le roi Vaval[modifier | modifier le code]

Figure mythique du carnaval. Il est le roi du carnaval. Il est intronisé au début du carnaval. Il meurt le mercredi des Cendres, pour renaître tel le Phénix l'année suivante[2].

Le Touloulou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Touloulou.

Le plus célèbre des personnages. C'est une dame habillée de manière élégante de la tête aux pieds. Elle porte un jupon, une cagoule, un loup (masque) et des longs gants, afin que l'on ne voie pas un centimètre de peau. Le but est que la femme se déguisant en touloulou ne soit pas reconnue. Elle défile dans la rue mais elle participe aussi aux bals masqués. Elle représente les femmes bourgeoises des XVIIIe et XIXe siècles[2].

les nèg'marrons[modifier | modifier le code]

Ce sont des groupes d'hommes vêtus d'un kalimbé (pagne rouge) et enduits d'huile et de suie. Ils ont également une graine d'Awara dans la bouche. Il cherchent à s'essuyer contre les passants en les aspergeant de noir. Ils représentent des esclaves fugitifs, appelés marrons[2].

Zombi baréyo[modifier | modifier le code]

Personnage figurant un zombie[2].

le Jé farin[modifier | modifier le code]

Ce costume est tout blanc. Il est constitué d'un pantalon, une chemise, un chapeau pointu et un masque. Il rappelle à tous un métier traditionnel : le boulanger. La tradition veut que les enfants jouent avec lui, et en réponse le jé farin les enfarine[2].

Bobi[modifier | modifier le code]

Il est constitué de vieux sacs de pommes de terre qui recouvrent le corps. Il est retenu avec une laisse. Il figure un ours, il serait inspiré par les premiers montreurs d'ours[2].

Karolin[modifier | modifier le code]

c'est une femme riche possédant de l'or que porte son mari sur son dos. Jalouse, elle l'oblige à se déplacer ainsi afin de le protéger des autres femmes[2].

Lanmò (la mort)[modifier | modifier le code]

il est vêtu de blanc de la tête aux pieds, son costume permet d'envelopper les spectateurs. Ce personnage représente la mort[2].

Soussouris (la chauve-souris)[modifier | modifier le code]

C'est un personnage vêtu d'un juste-au-corps ailé de la tête aux pieds, généralement noir ou bicolore. Plutôt maléfique et réputée pour son comportement de vampire, elle poursuit les passants dans la rue et les "pique"[2].

Diab rouj (diable rouge)[modifier | modifier le code]

C'est un diable vêtu de rouge et de noir. On le voit dans les rues pendant le mardi gras[2].

Le carnaval des rues[modifier | modifier le code]

Danseuse brésilienne
Dragon chinois

Tous les dimanches après-midi, ont lieu les défilé dans les rues de Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni. Des groupes déguisés selon la thématique de l'année, y défilent autour de chars décorés, au rythme des percussions et des cuivres. La préparation des groupes durent des mois avant le carnaval. Les groupes défilent devant des milliers de spectateurs qui se massent sur les trottoirs et les gradins aménagés pour l'occasion[3].

Les groupes les plus connus sont:

  • Kassialata
  • Caimite
  • Kalajirou
  • Piraye
  • Reno Band
  • Chiré Ban'n
  • OsBand
  • les Belles de la Madeleine
  • Junior City
  • Wanted
  • Mayouri Tchô-NèG
  • Patawa Folia

Des groupes brésiliens, identiques à ceux que l'on rencontre au Carnaval de Rio, sont également appréciés pour leurs rythmes et leurs costumes affriolants. La communauté asiatique de Guyane participe également aux défilés en apportant sa touche caractéristique, avec des dragons.

Le carnaval des familles[modifier | modifier le code]

Galette des Rois artisanale.

Durant tout le carnaval, les familles se réunissent pour manger la galette des rois. C'est la tradition de la galette des rois connue en Europe durant l'Épiphanie, prolongée sur toute la période carnavalesque. Usuellement, le roi paye la galette la semaine suivante. La galette peut être à la frangipane, à la goyave ou au coco[4].

Après l'Abolition de l'esclavage en 1848, l'économie de la Guyane est sinistrée, un nombre important de la population vit du travail de la terre dans des "habitations". Les gens cultivent la terre, on connait la valeur du travail en commun: le Mayouri. En Guyane, c'est à cette époque que nait la tradition de la galette des rois, ou plus précisément du "rend le bouquet". Un couple organise le repas et la fête. Il désigne à la fin le couple qui organisera la réunion suivante en lui remettant le bouquet[4].

Les Bals masqués[modifier | modifier le code]

Les Touloulous de Kourou
La Matado de Kourou
La parade des touloulous
Les danseurs

Les Dancings, appelées "Universités" organisent des bals masqués durant lesquels les hommes viennent danser avec les touloulous. Les soirées ont lieu les (jeudi,) vendredi et samedi soir. Cette tradition est propre à la Guyane, elle n'existe nulle part ailleurs[2].

C'est une innovation récente qui n'est apparue que depuis les années 1990. Lors de ces soirées, les femmes se déguisent et prennent le rôle des Touloulous (ce sont elles qui invitent les hommes non déguisées à danser). Ces soirées sont de plus en plus populaires et ont lieu plusieurs fois pendant le carnaval. Ce succès a fait inverser les rôles puisque des cavaliers, lassés de tapisser aux soirées de touloulous, se sont à leur tour déguisés et masqués pour inviter les femmes à danser[5].

Les danses du carnaval sont la mazurka, la biguine et le piké djouk. C'est le Touloulou qui invite les hommes à danser, ils ne peuvent pas refuser[6]. Seules les touloulous ont le droit de danser, si une femme non déguisée danse, l'orchestre s'arrête.

Les "universités" sont les suivantes:

  • Kalinana à Matoury

Les Orchestres[modifier | modifier le code]

Les Blues Stars

Il existe plusieurs orchestres, les plus célèbres sont :

  • les Mécènes, qui officient dans la salle Polina, leur chanteur vedette était Bernard Inglis, décédé en 2002, il reste un pilier du carnaval Guyanais.
  • les Blues Stars, qui jouent chez Nana (le Soleil levant). Leur chanteur vedette est Victor Clet, dit Quéquette, si populaire que sa photo était imprimée sur les bouteilles de Rhum Saint-Maurice lors du carnaval 2006[7].
  • Karnivor, qui compte en son sein Saül Sylvestre(auteur, compositeur)et 18 musiciens, Arnaud Champestaing, chanteur, Nadège Chauvet, chanteuse du groupe. Lors de la cérémonie des Lindor, qui récompense les artistes guyanais pour leur production durant l'année, le groupe Karnivor fût récompensé par sept Lindor[8].

À la fin du carnaval, deux groupes s'affrontent au cours d'un duel musical dans la salle du Grand Blanc.

Impact économique[modifier | modifier le code]

Le carnaval est un atout touristique pour la Guyane. Les touristes viennent en majorité des Antilles et de la métropole. On constate une augmentation de la fréquentation hôtelière durant la période du carnaval, appelé pic du Carnaval.

Les boîtes de nuit profitent des soirées touloulous, où des milliers de personnes viennent danser. Des centaines de couturières s'occupent de la confection des costumes de touloulous.

La Fédération des Festivals et Carnavals de Guyane édite annuellement la revue Touloulou Magazine depuis 1994.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]