Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero

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Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero
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Général Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero 1881
Naissance
Barcelone (Espagne)
Décès 28 ou 29 janvier 1891
Nice (France)
Nationalité Espagnol
Domaines Géodésie, Géographie, Démographie, Métrologie.
Institutions Institut Géographique et Statistique d'Espagne
Formation Académie militaire du Génie de Guadalajara (Espagne)
Renommé pour

Président du Comité international des poids et mesures (1875-1891)

Président de l'Association géodésique internationale (1887-1891)
Distinctions Prix Poncelet

Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero, marquis de Mulhacén, né le à Barcelone[1] et mort le 28[2],[3] ou le 29[4],[5] janvier 1891 à Nice, est un général de division et géographe espagnol[6],[Note 1]. Il représente l'Espagne à la Conférence diplomatique du mètre de 1875 et est le premier président du Comité international des poids et mesures. Précurseur de la géodésie espagnole, il s'engage dans le processus de diffusion internationale du système métrique depuis l'adhésion de l'Espagne à l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe centrale en 1866[7],[8], jusqu'à la distribution d'un prototype de platine iridié aux États signataires de la Convention du mètre, lors de la première réunion de la Conférence générale des poids et mesures en 1889[9]. Ces prototypes définiront le mètre jusqu'en 1960[10]. Également président de l'Association géodésique internationale qui atteint une dimension mondiale grâce à la large adoption du système métrique, Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero joue un rôle majeur dans la collaboration scientifique internationale au XIXe siècle[11],[12].

Conformément à la tradition espagnole, son nom de famille est une combinaison du premier nom de son père, Martín Ibáñez de Prado et du premier nom de sa mère, Carmen Ibáñez de Ibero y González del Río[13],[6],[14]. Comme les noms de ses parents sont similaires il est souvent appelé Ibáñez ou Ibáñez de Ibero ou encore Marquis de Mulhacén[15].

Formation et carrière militaire[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la classe moyenne, Ibáñez est orphelin de père à l'âge de 13 ans[6]. Très jeune encore, à l'âge de quatorze ans, il entre à l'École militaire du génie de Guadalajara, où il se distingue par son application et ses aptitudes précoces, de sorte qu'à l'âge de dix-huit ans il en sort avec le grade de premier lieutenant du génie, et qu'en 1845 il est nommé aux fonctions d'adjudant-major dans le premier bataillon du régiment des sapeurs. Il est promu capitaine en 1847 et commandant en 1849. L'année suivante, le jeune officier est nommé professeur à l'École du génie; mais il ne professe pas longtemps son cours, car en 1851 il est chargé de sa première mission scientifique et militaire à l'étranger, dans le but d'étudier l'organisation du service des pontonniers dans les différentes armées[11]. Il profite si bien de ce voyage d'instruction qu'à son retour de son voyage à Strasbourg, Kloster et Vienne, il publie son premier ouvrage, le Manual deI Pontonero et, ayant pris une part prépondérante dans l'organisation de cette branche du génie, il reçoit l'emploi de second commandant dans cette arme et le grade de colonel[6],[11].

S'étant ainsi fait remarquer, dès les débuts de sa carrière, par sa valeur scientifique et son travail consciencieux, Ibáñez est désigné pour faire partie de la commission chargée de la construction de la carte d'Espagne. C'est de cette époque que date la véritable carrière spéciale du général Ibáñez, carrière à la fois civile et militaire, scientifique et administrative, au cours de laquelle il rend les plus grands services à l'Espagne, où il crée pour ainsi dire la géodésie, transforme la topographie et la cartographie et organise la statistique, et par laquelle il s'élève en même temps au premier rang parmi les promoteurs et les directeurs des organisations internationales pour l'avancement des travaux géodésiques et métrologiques[11].

En 1862 Ibáñez reçoit l'emploi de lieutenant-colonel du génie et, après avoir été élu Secrétaire de la Section des Sciences exactes de l'Académie de Madrid en 1864, il est élevé à l'emploi de colonel d'infanterie et, en 1868, à celui de colonel du génie. Il est promu en 1871 à l'emploi de général de brigade[11].

De la commission de la carte d'Espagne à la direction de l'Institut Géographique et Statistique National espagnol[modifier | modifier le code]

L'Espagne adopte le système métrique en 1849. L’Académie royale des sciences exactes, physiques et naturelles presse le gouvernement de promouvoir l'établissement d'une carte géographique à grande-échelle de l'Espagne en 1852[14]. Ibáñez comprend tout d'abord que le vaste projet de la carte d'Espagne doit être fondé sur une triangulation de premier ordre du royaume, qui doit elle-même commencer par la mesure d'un certain nombre de bases géodésiques dans les différentes régions du pays. Comme tout l'outillage scientifique et technique pour une vaste entreprise de ce genre doit être créé, Ibáñez, en collaboration avec son camarade de la Commission, le capitaine Carlos Saavedra Menesès, élabore le projet d'un nouvel appareil à mesurer les bases. Avec un coup d'œil parfait, il reconnait que les règles à bouts, dont sont encore munis les appareils les plus parfaits du XVIIIe siècle et ceux de la première moitié du XIXe siècle, que Jean-Charles de Borda ou Friedrich Wilhelm Bessel rapprochent simplement pour en mesurer les intervalles au moyen de languettes à vis ou de coins en verre, seront remplacées avantageusement pour la précision par le système, conçu par Ferdinand Rudolph Hassler pour le Coast-Survey des États-Unis, et qui consiste à utiliser une seule règle à traits et des mesures microscopiques. Entre les deux méthodes au moyen desquelles on tient compte de l'effet de la température, Ibáñez préfère aux règles bimétalliques, en platine et laiton qu'il emploie d'abord pour la base centrale, la simple règle en fer avec thermomètres à mercure incrustés convenablement[11],[12],[16].

Le mètre devient l'unité de référence de la géodésie espagnole[modifier | modifier le code]

Pour exécutér son projet, Ibáñez se rend à Paris et a la bonne fortune de trouver en Jean Brunner, et plus tard en ses deux fils, des artistes constructeurs de premier ordre qui, avec la collaboration et sous la surveillance des deux officiers espagnols, construisent l'appareil qui deviendra célèbre dans les fastes de la géodésie sous le nom de Règle espagnole, dont la perfection abaisse l'erreur kilométrique dans la mesure des bases, de 10 mm qu'elle était encore à la fin du XVIIIe siècle, et de 2 mm qu'avait atteinte Bessel, jusqu'au dessous d'un demi-millimètre[11],[17]. La traçabilité métrologique entre la toise et le mètre est assurée par la comparaison de la règle géodésique espagnole avec la règle numéro 1 de Borda qui sert de module de comparaison avec les autres étalons géodésiques. De plus, la double-toise de Borda qui avait été utilisée pour la mesure de la méridienne de Jean-Baptiste Joseph Delambre et Pierre Méchain est alors la référence pour la mesure de toutes les bases géodésiques en France, sa longueur correspond précisément à 3,8980732 mètres[18],[19],[20],[12].

La règle espagnole se compose de deux règles en platine et en cuivre de 4 mètres de longueur formant par leur superposition un thermomètre métallique[18]. Des étalons géodésiques calibrés sur le mètre avaient déjà été utilisés aux États-Unis[16]. En effet, l'unité de longueur dans laquelle sont mesurées toutes les distances du relevé côtier des États-Unis est le mètre français, dont une copie authentique est conservée dans les archives du Coast Survey Office. Il est la propriété de la Société philosophique américaine, à qui il a été offert par Ferdinand Rudolph Hassler, qui l'avait reçu de Johann Georg Tralles, délégué de la République helvétique au comité international chargé d'établir l'étalon du mètre par comparaison avec la toise, l'unité de longueur utilisée pour la mesure des arcs méridiens en France et au Pérou. Il possède toute l'authenticité de tout mètre d'origine existant, portant non seulement le cachet du Comité mais aussi la marque originale par laquelle il se démarquait des autres étalons lors de l'opération de normalisation[21].

Lorsque Ibáñez mesure, en 1858-59, avec cet appareil, la base centrale de la triangulation d'Espagne, près de Madridejos, dans la province de Tolède, il trouve comme résultat de cette opération modèle la longueur de 14664,5 m ± 0,0025 m, et les deux mensurations de la partie centrale, longue de 2766,9 m, s'accordaient à 0,19 mm près. Le même degré de précision est obtenu avec l'appareil mono-métallique en fer pour les huit autres bases qu'lbáñez mesure plus tard en Espagne, de 1865 à 1879, ainsi que pour les trois bases suisses, qui sont déterminées avec une erreur kilométrique de 0,43 mm[11].

Aimé Laussedat traduit en français la monographie d'Ibáñez relatant la comparaison des résultats de la base centrale de la triangulation d'Espagne, obtenus selon deux différentes méthodes de mesure des bases géodésiques. Ce travail met fin à la controverse qui oppose les géodésiens français et allemands au sujet de la longueur des bases et valide empiriquement la méthode du général Johann Jacob Baeyer, fondateur de l'Association internationale de Géodésie[22],[23],[24].

La règle espagnole deviendra une référence et des répliques en seront construites pour les plus grands pays d'Europe et pour l'Égypte[17],[20],[25]. En 1863, Ibáñez et Ismael Effendi effectuent des mesures, afin de vérifier les caractéristiques de la règle utilisée en Égypte[26]. Les frères Brunner construiront des appareils bimétalliques sur le modèle de la règle espagnole réalisée par leur père. Ces règles seront employées pour les opérations les plus importantes de la géodésie européenne[27],[26],[28],[29].

Ibáñez conçoit un second appareil plus maniable construit avec une règle mono-métallique en fer dotée de thermomètres à mercure, utilisés pour corriger l'augmentation de longueur de la règle provoquée par la dilatation du métal sous l'effet de la température. Cet instrument sera appelé l'appareil Ibáñez et est également réalisé à Paris. Légèrement moins précis, il permet d'augmenter la vitesse des relevés. En 1869, Ibáñez se rend à Southampton avec cette règle pour effectuer des mesures nécessaires à la comparaison internationale des étalons géodésiques. En effet, en 1860, le gouvernement russe, à la demande d'Otto Wilhelm von Struve, invite les gouvernements de Belgique, de France, de Prusse et d'Angleterre à connecter leurs triangulations dans le but de mesurer la longueur d'un arc de parallèle à la latitude de 52° afin de vérifier les dimensions et la figure de la Terre telles qu'elles ont été déduites des mesures d'arc de méridien. Il s'avère nécessaire de comparer les règles géodésiques utilisées dans chaque pays afin de combiner les mesures effectuées. Le gouvernement britannique invite la France, la Belgique, la Prusse, la Russie, l'Inde, l'Australie, l'Espagne, les États-Unis et la Colonie du Cap à envoyer leur règle géodésique au bureau de l'Ordnance Survey à Southampton[21],[30].

L'appareil Ibáñez sera également utilisé en Suisse pour la mesures des bases géodésiques d'Aarberg, Weinfelden et Bellinzone. Les examens minutieux et répétés de la longueur de l'appareil Ibáñez effectués entre 1865 et 1885 montreront une modification de l'état moléculaire de la règle qui se manifeste par une augmentation de son coefficient de dilatation dont la cause est attribuée à l'époque à son transport rapide en train depuis l'Espagne jusqu'en Suisse[31].

Nivellement[modifier | modifier le code]

Lorsqu'Adolphe Hirsch propose à l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe de comprendre dans le programme de ses travaux les nivellements de précision qui, combinés avec le relevé systématique des hauteurs de la mer au moyen d'appareils enregistreurs dans un grand nombre de ports, couvriront l'Europe d'un vaste réseau hypsométrique reliant les différentes mers à travers les continents, et permettront ainsi non seulement d'obtenir des altitudes exactes pour les points trigonométriques de premier ordre, mais de fournir une base solide et si possible fondée sur un seul et même niveau fondamental pour toute la topographie de l'Europe et pour les nombreux besoins pratiques des ingénieurs de chemins de fer, de canaux, etc. Le colonel Ibáñez appuie vivement ce projet et l'Espagne est, après la Suisse, le premier pays où l'on organise les nivellements et installe des maréographes dans les ports d'Alicante, de Cadix et de Santander. Déjà en 1864 Ibáñez publie un ouvrage sous le titre: Estudios sobre nivelacion geodésica. Avant sa mort, il a la satisfaction de voir ce vaste réseau hypsométrique de l'Espagne, s'étendant sur 10255 km, presque terminé, et la différence de niveau entre l'Océan à Cadix et Santander, et la Méditerranée à Alicante, fixée en moyenne à + 0,52 m[11].

Triangulation des îles Baléares[modifier | modifier le code]

En 1865, Ibanez conçoit le projet, qu'il exécute jusqu'en 1868, de rattacher géodésiquement les îles Baléares entre elles et avec la péninsule. Cette opération intéressante, pour laquelle Ibanez a fait construire quelques appareils nouveaux, entre autres de puissants réflecteurs permettant l'observation nocturne de longue distance, se trouve exposée dans l'ouvrage: Descripcion geodésica de las Islas Baleares, qu'il publie en 1871[11].

Fondation de l'Institut géographique et statistique d'Espagne[modifier | modifier le code]

Après avoir été en 1870 nommé Sous-Directeur de statistique et Directeur des travaux géodésiques à la Direction générale de statistique, Ibáñez aura la grande satisfaction de voir, par décret du 12 septembre 1870, organiser, au Ministère del Fomento, sur sa proposition et d'après ses projets, l'Institut géographique dont il sera nommé directeur. Tous les gouvernements qui se sont succédé en Espagne - il est vrai que le général Ibáñez ne s'est jamais mêlé de politique - le confirmeront dans ce poste et favoriseront le développement de l'Institut. En 1873, ce dernier est augmenté et transformé sous le titre de Direction générale de l'Institut géographique et statistique d'Espagne. C'est le plus vaste établissement de ce genre qui existe, dont l'organisation a servi de modèle, sur bien des points, à des institutions analogues dans d'autres pays. Il embrasse à la fois la géodésie, la topographie générale y compris les nivellements, la cartographie, la statistique et en particulier les recensements périodiques de la population, enfin le service général des poids et mesures. Tous ces services ont été organisés par Ibáñez qui, à côté du corps des topographes et de celui de la statistique, y crée un autre personnel, nommé " Auxiliaires de Géodésie ", recruté à la suite d'examens sérieux parmi les sous-officiers de l'armée espagnole, et destiné à l'exécution des nivellements de précision. En y ajoutant les inspecteurs et vérificateurs des poids et mesures, le personnel de l'Institut d'Espagne compte plus de six cents fonctionnaires et employés, commandés et dirigés par un grand nombre d'officiers appartenant à toutes les armes[11].

Institutions internationales[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle est marqué par l'intensification de la collaboration internationale dans le domaine scientifique. En effet, la coordination de l'observation des phénomènes géophysiques dans différents points du globe revêt une importance primordiale et est à l'origine de la création des premières associations scientifiques internationales. Carl Friedrich Gauss, Alexander von Humbolt et Wilhelm Eduard Weber créent le Magnetischer Verein en 1836. La création de cette association est suivie par la fondation de l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe centrale en 1863 à l'initiative du général Johann Jacob Baeyer. L'étude de la Terre précède la physique et contribuera à l'élaboration des ses méthodes. Celle-ci n'est à l'origine qu'une philosophie naturelle dont l'objet est l'observation de phénomènes comme la pesanteur[32]. De plus, la détermination de la figure de la Terre constitue à l'époque un problème de la plus haute importance en astronomie, dans la mesure où le diamètre de la Terre est l'unité à laquelle toutes les distances célestes doivent être référées[33].

Contribution de l'Espagne à la mesure de l'arc de méridien d'Europe-Afrique de l'ouest[modifier | modifier le code]

En 1865, les travaux de triangulation de l'Espagne sont bien avancés et le réseau géodésique espagnol est connecté avec la France à travers les Pyrénées[23]. En 1866, l'Espagne adhère à l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe centrale, lors de la réunion de sa Commission permanente à Neuchâtel, Ibáñez y annonce le concours de l'Espagne à la mesure d'un arc méridien qui s'étendra des îles Shetland au Sahara[12],[11],[34],[8]. En effet, Louis Puissant avait déclaré le 2 mai 1836 devant l'Académie des sciences que Delambre et Méchain avaient commis une erreur dans la mesure de l'arc méridien utilisé pour déterminer la longueur du mètre[35]. C'est pourquoi de 1861 à 1866, Antoine Yvon Villarceau vérifie les opérations géodésiques en huit points de la méridienne. Quelques-unes des erreurs dont étaient entachées les opérations de Delambre et Méchain sont alors corrigées. Entre 1870 et 1894, François Perrier, puis Jean-Antonin-Léon Bassot procéderont à la mesure de la nouvelle méridienne de France[36].

L'arc méridien d'Europe-Afrique de l'ouest s'étendant des îles Shetland, en passant par la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne jusqu'à El Aghuat en Algérie, dont les paramètres ont été calculés à partir de triangulations réalisées au milieu et à la fin du XIXe siècle.

En 1879, Ibáñez et François Perrier dirigent la jonction du réseau géodésique espagnol avec l'Algérie et permettent ainsi la mesure d'un arc de méridien qui s'étendra des Shetland aux confins du Sahara. Cette réalisation constitue une prouesse technique pour l'époque. Il s'agit d'observer des signaux lumineux se propageant à une distance allant jusqu'à 270 km par-dessus la Méditerranée. Les appareils nécessaires à la production des signaux lumineux électriques sont transportés dans des stations d'altitude situées sur les monts Mulhacén et Tetica en Espagne et Filhaoussen et M'Sabiha en Algérie[37],[38],[39].

François Perrier annoncera à l'Académie des sciences en juillet 1879[38] :

« Si l'on jette les yeux sur une carte d'Europe, et que l'on considère l'immense série des travaux géodésiques qui couvrent actuellement d'un bout à l'autre les îles Britanniques, la France, l'Espagne et l'Algérie, on comprendra aussitôt combien il importait de relier entre eux ces grands réseaux de triangles pour en faire un tout allant de la plus septentrionale des îles Shetland, par 61° de latitude, jusqu'au grand désert d'Afrique, par 34°. Il s'agit là, en effet, du tiers à peu près de la distance de l'équateur au pôle. La mesure de son amplitude géodésique et astronomique devait être une des plus belles contributions que la Géodésie pût offrir aux géomètres pour l'étude de la figure du globe terrestre. Biot et Arago, à leur retour d'Espagne, avaient entrevu cette possibilité dans un lointain avenir, si jamais disaient-ils, la civilisation s'établissait de nouveau sur les rives qu'Arago avait trouvé si inhospitalières. Ce rêve, bien hardi, s'est pourtant réalisé ; l'Algérie devenue française, a eu besoin d'une carte comme la France : la triangulation qui devait lui servir de base est terminée depuis des années ; nous venons de la rendre utile à la Science, en déterminant astronomiquement les points principaux. De son côté, l'Espagne terminait ses opérations géodésiques sur son territoire, en leur donnant une précision bien remarquable. Il ne restait donc plus qu'à franchir la Méditerranée par de grands triangles pour réunir d'un seul coup tous ces travaux. Les deux gouvernements d'Espagne et de France ont tenu à honneur d'entreprendre cette oeuvre de concert; ils ont chargé de l'exécution les officiers espagnols de l'Institut géographique et les officiers d'état-major français qui sont attachés au Service géodésique du Ministère de la Guerre. Je viens dire à l'Académie, après le général Ibañez, qui lui a déjà annoncé en son nom et au mien le service commun, que la jonction des deux continents est enfin réalisée et lui donner les détails qui lui permettront d'apprécier l'oeuvre entreprise par les deux pays. Désormais, la Science possède un arc méridien de 27°, le plus grand qui ait été mesuré sur la Terre et projeté astronomiquement sur le ciel. »

Le point fondamental de la Nouvelle Méridienne de France est le Panthéon. Toutefois, le réseau géodésique ne suit pas exactement le méridien. Il dérive parfois à l'Est et parfois à l'Ouest. Selon les calculs effectués au Bureau central de l'association géodésique, le méridien de Greenwich est plus proche de la moyenne des mesures que le méridien de Paris. L'arc de méridien, rebaptisé arc de méridien d'Europe-Afrique de l'ouest par Alexander Ross Clarke et Friedrich Robert Helmert donne une valeur pour le rayon équatorial de la Terre a = 6 377 935 mètres, l’ellipticité supposée étant de 1/299,15. Le rayon de courbure de cet arc n'est pas uniforme, étant en moyenne d'environ 600 mètres plus grand dans la partie nord que dans la partie sud[33].

La Convention du mètre initiative des géodésiens[modifier | modifier le code]

En 1866, Ibáñez offre à la Commission permanente de l'Association géodésique deux de ses ouvrages traduits en français par Aimé Laussedat[8]. Il s'agit de Expériences faites avec l'appareil à mesurer les bases appartenant à la commission de la carte d'Espagne qui relate la comparaison de la double-toise de Borda avec la règle espagnole et Base centrale de la triangulation géodésique d'Espagne qui contient le rapport de la comparaison de la règle espagnole et de la règle égyptienne[8],[20],[18],[23]. L'année suivante l'Association géodésique deviendra l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe[7]. Le général Baeyer, Adolphe Hirsch et le colonel Ibáñez étant tombés d'accord, ils décident, pour rendre comparables toutes les unités, de proposer à l'Association de choisir le mètre pour unité géodésique, de créer un Mètre prototype international différant aussi peu que possible du Mètre des Archives, de doter tous les pays d'étalons identiques et de déterminer de la manière la plus exacte les équations de tous les étalons employés en géodésie, par rapport à ce prototype ; enfin, pour réaliser ces résolutions de principe, de prier les gouvernements de réunir à Paris une Commission internationale du Mètre. Cette Commission sera en effet convoquée en 1870 ; mais, forcée par les événements de suspendre ses séances, elle ne pourra les reprendre utilement qu'en 1872[11],[40].

Dès la première session de la Commission internationale du mètre en 1870, Ibáñez est intégré dans le Comité des travaux préparatoires[41],[42]. Lors de la séance du 12 octobre 1872, Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero est élu président du Comité permanent de la Commission internationale du mètre qui deviendra le Comité international des poids et mesures (CIPM)[43],[19].

Membre de la Commission permanente de l'Association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe depuis 1871, Ibáñez en est élu président en 1874[44],[45]. En sa qualité de Président de la Commission permanente, le général lbáñez, appuyé par la grande majorité de ses collègues, saura vaincre, avec une fermeté admirable et infiniment de tact, tous les obstacles qui s'opposeront à la réalisation complète des décisions de la Commission du Mètre, et surtout à la création d'un Bureau international des poids et mesures. Les gouvernements, convaincus de plus en plus de l'utilité d'une telle institution dans l'intérêt des sciences, de l'industrie et du commerce, s'entendent pour convoquer au printemps de 1875 la Conférence diplomatique qui aboutit, le 20 mai de la même année, à la conclusion de la Convention du Mètre. Par la finesse déliée de son esprit diplomatique autant que par sa grande compétence scientifique, le général Ibáñez, qui représente l'Espagne dans la Conférence, contribue beaucoup à cet heureux résultat, qui assurera à plus de vingt États des deux mondes et à une population de 460 millions d'âmes la possession d'un système de poids et mesures métriques, d'une précision inconnue jusqu'alors, complètement identiques partout et offrant toutes les garanties d'inaltérabilité. Aussi, lorsque le Comité international des poids et mesures, chargé de la direction de cette institution internationale, sera nommé par la Conférence, il choisira dans sa première séance, à l'unanimité, le Général Ibáñez pour Président[11],[46].

Le Prototype international du mètre constituera la base du nouveau système international d'unités, mais il n'aura plus aucune relation avec les dimensions de la Terre que les géodésiens s'efforcent de déterminer au XIXe siècle. Il ne sera plus que la représentation matérielle de l'unité du système. Si la métrologie de précision profite des progrès de la géodésie, celle-ci ne peut continuer à prospérer sans le concours de la métrologie. En effet, toutes les mesures d'arcs terrestres et toutes les déterminations de la pesanteur par le pendule doivent impérativement être exprimées dans une unité commune. La métrologie se doit donc de créer une unité adoptée et respectée par toutes les nations de façon à pouvoir comparer avec la plus grande précision toutes les règles ainsi que tous les battants des pendules employés par les géodésiens. Ceci de manière à pouvoir combiner les travaux effectués dans les différentes nations afin de mesurer la Terre[47].

Ibáñez préside la Commission permanente de l'association géodésique internationale pour la mesure des degrés en Europe de 1874 à 1886. Après la mort de Johann Jacob Baeyer, il devient le premier président de l'Association géodésique internationale de 1887 à 1891[48],[12],[45].

En 1889, le Comité international des poids et mesures, reconstitué par la Conférence générale des poids et mesures, est de nouveau unanime à lui confier la présidence, dont il remplira les fonctions avec une infatigable sollicitude, même lorsque la maladie lui rendra le travail moins facile, et jusqu'aux derniers jours de sa vie[11].

Fin de carrière et décès[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux titres que le général Ibáñez s'est acquis à la reconnaissance de son pays et de la science, la jonction géodésique de l'Espagne et de l'Algérie est une des plus remarquables. C'était donc une idée heureuse du gouvernement espagnol que celle de choisir le nom du pic de Mulhacén afln de rattacher pour toujours le souvenir de ce célèbre fait de science au nom d'Ibáñez, en conférant à ce dernier le titre nobiliaire de "Premier Marquis de Mulhacén", accordé, est-il dit dans le décret royal, "pour récompenser les éclatants services rendus par lui durant sa longue carrière, en dirigeant avec un rare talent l'Institut géographique et statistique d'Espagne, et en contribuant au prestige de la nation espagnole parmi les autres nations de l'Europe et de l'Amérique"[11].

En 1889, Ibáñez malade démissionne de la direction de l'Institut de Géographie et de Statistique qu'il dirige depuis 19 ans. Sa décision semble en outre avoir été précipitée par la publication d'un décret qui lui retire le contrôle économique de l'Institut pour le remettre au ministre des Travaux Publics[14]. Cette démission prend effet au cours d'une campagne de dénigrement orchestrée par le journaliste carliste Antonio de Valbuena. La réapparition de la première épouse du général après son décès en 1891 achèvera de le discréditer et entraînera l'annulation de son second mariage[13].

Ibáñez décède à Nice dans la nuit du 28 au 29 janvier 1891[49]. Lors de ses obsèques, le gouvernement Français fait rendre au général Ibáñez les honneurs dus à un militaire de haut rang. Son tombeau se trouve dans le cimetière du Château à Nice en France[50].

Famille[modifier | modifier le code]

Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero se marie en 1861 avec une française, Jeanne Baboulène Thénié. Une fille est issue de ce mariage. Il se remarie en 1878 avec une suissesse, Cécilia Grandchamp. Carlos Ibáñez de Ibero Grandchamp naît de cette seconde union[51]. Après la mort de Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero en 1891, ses deux enfants et Cécilia Grandchamp s'établissent à Genève d'où cette dernière est originaire[52],[53].

Carlos Ibáñez de Ibero Grandchamp, ingénieur et docteur en philosophie et en lettres de l'Université de Paris fonde en 1913 l'Institut d'études hispaniques (actuelle UFR d'Études Ibériques et Latino-Américaines de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université)[52],[54]. L'annulation du mariage de ses parents l'empêchera d'obtenir le titre de marquis de Mulhacén[13],[53].

La fille aînée de Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero, Elena Ibáñez de Ibero épousera un avocat et homme politique suisse, Jacques Louis Willemin[55]. Le titre de marquis de Mulhacén passera à leur fils, puis à leur petit-fils, le fils d'Elena Willemin et d'Albert Dupont-Willemin, un politicien genevois[13],[56].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1859. C. Ibáñez de Ibero y Carlos Saavedra Menesès, traduction de Aimé Laussedat, Expériences faites avec l'appareil à mesurer les bases appartenant à la commission de la carte d'Espagne, Paris, J. Dumaine, 1860.
  • 1863. C. Ibáñez de Ibero y Antonio Aguilar y Vela, "Historia de los instrumentos de Observación en Astronomía y Geodesia. Influencia que en la constitución de ambas ciencias éstos han ejercido", Discurso de Recepción y Contestación a un nuevo Académico, Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales, Madrid, 1863.
  • 1863. C. Ibáñez de Ibero y M. Ismail-Efendi, "Comparación de la regla geodésica, perteneciente al Gobierno de su Alteza el Virrey de Egipto, con la que sirvió para medición de la Base central del Mapa de España", Memorias. Serie Primera. Tomo II. Parte 2. Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales, Madrid, 1863.
  • 1865. Base centrale de la triangulation Géodésique d'Espagne, Madrid, Imp. Rivadeneyra, 1865. (lire en ligne)
  • 1869. Nuevo aparato de medir bases geodésicas, Madrid, Imp. del Memorial de Ingenieros, 1869.
  • 1871. Descripción geodésica de las Islas Baleares, Madrid, Imp. Rivadeneyra, 1871.
  • 1871. Discursos leídos ante la Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales en la recepción pública del Sr. D. Pedro Alcántara de la Llave el día 26 de marzo de 1871, Madrid, Imprenta de la Viuda e Hijo de D.E. Aguado, 1871.
  • 1880. Enlace Geodésico y Astronómico de Europa y África: Notas presentadas a la Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales por sus individuos D. Carlos Ibáñez y D. Miguel Merino, Madrid, Imprenta de la Viuda e Hijo de D.E. Aguado, 1881 [En la página 68 cita a Charles S. Peirce].
  • 1881. Discurso de don Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero en la recepción pública de don Joaquín Barraquer y Rovira en la Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales, Madrid, Imprenta de la Viuda e Hijo de D.E. Aguado, 1881.
  • 1881. C. Ibáñez de Ibero y Joaquín M. Barraquer i Rovira, "Aplicación e importancia del péndulo en la investigación de la figura de la Tierra", Discurso de Recepción y Contestación a un nuevo Académico, Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales, Madrid, 1881.
  • 1884. Mapa de España Formado por el Excmo. Señor Mariscal de Campo D. Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero con motivo de la división del territorio en zonas militares para situar las Reservas y Depósitos del Ejército, Madrid, Lit. del Instituto Geográfico y Estadístico, 1884.
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les sources en Espagne retiennent comme date du décès le 28 janvier, alors qu'ailleurs on mentionne le 29 janvier 1891. Le décalage horaire entre Nice et Madrid constitue une source de confusion. En effet, à l'époque, il n'y a pas d'heure nationale, ni en Espagne, ni en France. Chaque ville vit à l'heure solaire. Ibáñez décède peu avant l'adoption de la loi du 14 mars 1891 qui unifie l'heure en France en prenant comme référence le méridien de Paris. L'Espagne décidera par décret du 27 juillet 1900, exécutoire dès le 1er janvier 1901 de se conformer à l'heure du méridien de Greenwich.

Références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]