Cardin Lebret (1675-1734)

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Cardin Lebret
Cardin Lebret.jpg
Cardin Lebret par Hyacinthe Rigaud en 1712.
Biographie
Naissance
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Saint-Clément-de-Flaçon
Décès
Activité
Famille
Père
Conjoint

Cardin Le Bret, né le à Flacourt (78)[1] et mort le à Aix-en-Provence, seigneur de Flacourt, comte de Selles, était un parlementaire d'Aix-en-Provence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre-Cardin Lebret et de Marie-Françoise Veydeau de Grandmont,[2] conseiller au parlement de Provence (1694), maître des requêtes ordinaires de l’Hôtel du roi (1696) commissaire du roi de France (1701), il reçoit les pleins pouvoirs pour délimiter les frontières entre la France et l’Espagne.

En 1704, il est nommé au poste d’Intendant à la place de son père et, fidèle à la couronne, il vend sa vaisselle d’argent afin de faire un emprunt pour payer l’armée et repousser l’invasion du duc de Savoie en Provence. Il se voit récompensé en étant nommé, à la suite de son père, premier président à mortier au parlement de Provence, le . Commandant de la force armée (1724), il devient comte de Selles en 1727 et s’éteint paisiblement dans la nuit du 14 octobre 1734. Le Comte de Selles a su se faire aimer du peuple, admirer et respecter par ses pairs : ce magistrat réunissait les postes qui donnent de l’autorité en Province écrit son neveu, le Marquis d’Argenson. Il a su garder la faveur des deux grands rois : « J’ai connaissance de votre zèle pour mon service » (lettre de Louis XIV) ; « Ne doutez pas que je sois toujours très content de vos services » (lettre de Louis XV).

Cardin Lebret fit quatre mariages :

  • le avec Marie-Thérèse de Lubert (1677-1699), fille de Louis Lubert, trésorier général de la marine
  • le avec Marguerite-Charlotte-Geneviève Le Ferron (morte sans enfants la même année)[3], fille de Jean-Baptiste Le Ferron, seigneur du Plessis-aux-Bois, maître des comptes à Paris et Grand maître des Eaux-et-Forêts de Flandre, Normandie, d'Île-de-France et Soissonnais.´
  • en 1710 avec Thérèse-Angélique Croisset (morte en 1712), fille de Louis-Alexandre Croisset, marquis d’Estiau, premier président du parlement de Paris[4]
  • en juillet 1712 avec Marguerite-Henriette de Labriffe, d'où postérité.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Cardin Lebret commanda un premier portrait à Hyacinthe Rigaud en 1708[5] puis en 1712[6].

Alors qu'il avait souhaité un simple buste lors de sa nomination comme premier président au parlement, Cardin opte cette fois-ci pour une posture plus ostentatoire : « Le comte est représenté debout, en grand costume de premier président, robe rouge, manteau d’hermine ; la main droite levée, la gauche appuyée sur son mortier […] tout est admirable dans ce tableau qui est un chef d’œuvre du maître »[7].

On retrouve en contrepartie la même expression du visage dans la gravure de Cundier, que Henri Van Hulst et Pierre-Jean Mariette disaient « inspiré sans aucun changement [d’un] portrait jusqu’aux genoux »[8].

On sait par divers témoignages qu’au moins deux portraits de Cardin étaient encore conservés, à la fin du XVIIIe siècle, en Provence. En 1790, Fauris de Saint-Vincens mentionnait également, « à l’hôtel de ville d’Aix, dans une salle à côté de celle ditte du conseil [...] le portrait de M. Lebret peint par Rigaud ». Ce dernier portrait semble avoir été détruit en 1792.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. BMS Flacourt 1667-1795: 5MI416BIS p 22
  2. La descendance de Julien Le Bret vivant à Gisors au XVIe siècle Jean Le Bret (2009)
  3. Peinte par Hyacinthe Rigaud en 1708 contre 150 livres. Roman, 1919, p. 138, 142, 143 ; James-Sarazin, 2003, p. 246-250
  4. Notons que la famille Croisset fut alliée aux Briçonnet et aux Laugeois d’imbercourt, autres clients de Hyacinthe Rigaud
  5. Contre 150 livres, soit un buste. Roman 1919, p. 138. Il se peut que la copie conservée à Versailles garde le souvenir de ce premier portrait. Voir le catalogue des peintures de C. Constans, RMN, 1980, N°5714
  6. Contre 800 livres. Roman 1919, p. 150, 155 ; Gillibert 1910, p. 144-151, repr. p. 147 ; Bernouilli, II, p. 222 ; James-Sarazin 2003, p. 250 ; Perreau, 2004, p. 125, repr. p. 126, fig. 95.
  7. Robert Cardin Lebret, Généalogie historique de la maison Le Bret établie sur documents authentiques, Le Mans, typographie Edmond Monnoyer, 1889
  8. Gravé par Jacques Cundier en 1724 dans Portraits des Premiers Présidents du Parlement de Provence, dédié à Mgr Lebret, comte de Selles, Sgr de Pantin et autres, Premier Président, Intendant et Commandant en Provence, par son très humble serviteur Jacques Cundier, graveur à Aix (Aix. Bibl. Méjanes). Buste dans un cadre ovale, la tête presque de face, le corps de profil vers la droite, en habit de magistrat ; sur le pourtour extérieur de l’ovale : H. Rigaud pinxit - J. Cundier Sculpsit – 1724. Sur la tablette, de part et d’autre d’un médaillon aux armes : Cardin Lebret Comte de Selles, - Seigr. de Pantin et aut. Lieux Coner. / au Parlement de Provance [sic] En 1693... Commandant En - Chef au dt. Paÿs En 1716, 1717 et 1718. H. 25 ; L. 19. ; Gravé par Jacques Cundier en 1727, « buste sans mains, pris sans aucun changement dans un portrait jusqu’aux genoux. L’estampe grandeur de thèse. » Sur le rebord du socle, de part et d’autre d’un médaillon aux armes : Peint par H. Rigaud - Gravé par J.Cundier 1727. Sur le socle : CARDINUS LEBRET / constitutus / PRINCEPS SENATUS AQUENSIS GALLO-PROVINCIAE / RAEFECTUS ET PROREX / eo quod Dilexerit Dominus populum Suum. En marge : D. I. I. ROBAVD EIVSDEM PRAEFECTI IN GALLO PROVINCIA DELEGATVS VENERANDAM / HANC IMAGINEM IAM DIV CORDI ALTE IMPRESSAM IN AERE CONSIGNAVIT QVO ILLI PUBLICUM SUAE / GRATITUDINIS ET REVERENTIAE MONU-MENTUM PERENNIUS CONSECRARET. H. 37 ; L. 28.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Jean Mariette, Notes manuscrites sur les peintres et les graveurs, Paris, 1740-1770, Paris, B.N.F., Est. Ya2 4, VII. fol. 116v
  • Henry van Hulst, « Catalogue de l’œuvre gravé du sieur Hyacinthe Rigaud, rangé selon l’ordre des temps qu’ont été faits les tableaux d’après lesquels les estampes qui composent cet œuvre ont été gravées ; avec les noms du graveur de chacune, l’année qu’elle a été produite et les autres éclaircissements nécessaires », dans Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Membres de l’Académie de Peinture et de Sculpture, Paris, II, 1854, p. 169-200. p. 190
  • Robert Cardin Lebret, Généalogie historique de la maison Le Bret établie sur documents authentiques, Le Mans, typographie Edmond Monnoyer, 1889, p. 60-77
  • A. James-Sarazin, « Hyacinthe Rigaud et ces messieurs d’Aix-en-Provence », dans Bibliothèque de l’École des Chartes, t. 161, 2003/1, p. 250-255

Articles connexes[modifier | modifier le code]