Cardamine hirsute

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Cardamine hirsuta

La cardamine hirsute ou cardamine hérissée (Cardamine hirsuta) est une plante herbacée du genre Cardamine, de la famille des brassicacées. Elle est appréciée de la chenille du papillon dénommé Aurore (Anthocharis cardamines).

Phytonymie et appellations[modifier | modifier le code]

Cardamine » est la francisation du latin cardamina qui désignait en latin et en grec (kardaminê, kardamon ou kardamis) un cresson, sans doute le cresson alénois. L'épithète hirsute fait référence à sa base très velue[1].

Cette espèce porte plusieurs noms vernaculaires : Cardamine à tiges nombreuses, Cresson des prés, Cresson de muraille, Cresson de vigne, Cressonette (ses feuilles froissées entre les doigts, exhalent l'odeur soufrée de cresson)[2].

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

La cardamine des prés est une plante herbacée annuelle moyenne (5 à 25 cm de haut), hérissée à la base, formant souvent de grandes colonies.

L'appareil souterrain est réduit à une racine pivotante, sans fibres capillaires. La tige pleine, à section ronde, est glabre et assez peu feuillée. Elle présente une hétérophyllie marquée : les nombreuses feuilles basales en rosette, munies d'un pétiole assez poilu, sont pennatiséquées, à 5-9 lobes presque rondes. Les feuilles caulinaires alternes sont plus petites et plus minces, avec une à quatre paires de folioles, sans oreillettes à la base, à lobes oblongs ou linéaires. Leurs deux faces sont glabres[3].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

La floraison a lieu dès le mois de février, jusqu'en novembre, voire janvier[4].

Les petites fleurs (5 mm de diamètre) ont 4 sépales verts et 4 pétales blancs (2,5–3 mm de long) dressés, étroits, dépassant peu le calice. L'androcée est généralement composé de 4 étamines. La plante est autogame[5].

La plante pratique la nyctinastie : la fleur s'ouvre le matin et se ferme complètement le soir ; elle fait de même par temps humide ou très nuageux. La nyctinastie a un impact positif sur la croissance mais peut, par le processus d'exaptation, jouer un rôle de défense contre les herbivores la nuit, sachant que les principaux consommateurs de ces fleurs, les limaces et les chevreuils, sont surtout actifs de nuit[6].

La grappe fructifère, assez longue, porte des siliques (longues de 20 à 30 mm) dressées, à bec de moitié plus court que leur largeur, terminées par une petite soie à peine visible (0,5 mm de long). Une fois mûres, les siliques s'ouvrent par un simple attouchement de la plante (déhiscence explosive), provoquant la rupture des zones de déhiscence des valves de la silique qui s'enroulent alors brusquement avec un petit claquement projetant les graines à plusieurs dizaines de centimètres (dissémination des petites graines non ailées par autochorie de type ballochorie (en)).

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Terrains nus, découverts, tels que les bords de chemins, les friches, les cultures, mais aussi les vieux murs, ce végétal est présent en environnement urbain (les graines très fines et dispersée permettent à la plante de s'introduire dans les jardinières sur les balcons en pleine ville), en association avec la Drave printanière et le Cystoptère fragile. C'est une espèce nitrophile[4].

Largement répandue en Europe, Asie.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les feuilles et les fleurs fournissent une salade au goût piquant, ce qui lui vaut le nom de « cresson des vignes », « cressonnette » et « quersonnette »[7].

Cette plante aurait des vertus stimulantes, diurétiques et antiscorbutiques[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Fournier, Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France, P. Lechevalier, , p. 53
  2. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolites, Quae, , p. 298
  3. François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 68
  4. a et b Lambinon J. et al., Nouvelle flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Ptéridophytes et Spermatophytes), Meise, Jardin botanique national de Belgique, 6e éd., 2012, 1195 p. (ISBN 978-90-72619-88-4)
  5. « Cardamine hirsuta », canope.ac-besancon.fr
  6. (en) Pavol Prokop, Peter Fedor, « Why do flowers close at night? Experiments with the Lesser celandine Ficaria verna Huds (Ranunculaceae) », Biological Journal of the Linnean Society, vol. 118, no 3,‎ , p. 698-702 (DOI 10.1111/bij.12752).
  7. a et b François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 39.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]