Carcinome canalaire in situ

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Carcinome canalaire in situ. HE, x400

Le carcinome canalaire in situ (CCIS) est un cancer du sein de type carcinome in situ touchant des cellules des canaux galactophores du sein. C'est un précurseur du cancer du sein infiltrant[1],[2],[3].

Cancérogénèse[modifier | modifier le code]

De la dysplasie au cancer du sein[modifier | modifier le code]

Le CCIS (carcinome canalaire in situ) se développe à partir des cellules épithéliales tapissant les canaux galactophores. Ces canaux ont pour fonction de conduire le lait produit par les lobules mammaires jusqu'au mamelon. À la phase initiale de prolifération des cellules cancéreuses celles-ci n'ont pas encore la capacité de s'étendre au-delà du canal où il a pris naissance, ici le canal galactophore. La limite entre le canal et le tissu de soutien est la membrane basale. C'est donc le franchissement de cette membrane basale qui distingue le CCIS du cancer du sein (sous entendu « invasif »). Il semble aujourd'hui acquis que pratiquement tous les cancers du sein se développent à partir d'un CCIS.[réf. nécessaire]

Environ 20 % des CCIS ayant donné lieu à une intervention chirurgicale révèlent, après analyse histologique, la présence d'une forme envahissante (cancer du sein)[4],[5].

Prolifération du CCIS[modifier | modifier le code]

Le mode de prolifération du CCIS dépend de son degré de différenciation. Les CCIS bien différenciés ont tendance à se propager de façon discontinue au sein d'un même quadrant mammaire. L'examen microscopique de la pièce opératoire retrouve, dans 70 % des CCIS bien différenciés, plusieurs foyers discontinus de CCIS séparés par des zones de tissu sain. On parle de lésions multifocales (plusieurs foyers) et monocentrique (un seul quadrant). Les CCIS peu différenciés ont en revanche un mode de prolifération continu - c'est-à-dire monocentrique - dans 90 % des cas. Les lésions multicentriques, qui atteignent donc plusieurs quadrants sont plus rares.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le nombre de cas s'est fortement accru avec le développement du dépistage systématique par mammographie, posant la question du surdiagnostic[5],[4]. En France, les CCIS représentent 20 % des cancers du sein détectés[5].

Dépistage et diagnostic[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cancer du sein#Dépistage.

Anatomo-pathologie[modifier | modifier le code]

Le CCIS est donc défini par « la prolifération de cellules malignes à l'intérieur du réseau galactophorique, sans franchissement de la membrane basale détectable au microscope optique[6]. »

Grade histopathologique[modifier | modifier le code]

Il existe une classification histopathologique qui classe le CCIS en trois grades :

  • bas grade : grade nucléaire 1 et 2 sans nécrose
  • grade intermédiaire : grade nucléaire 1 ou 2 avec nécrose
  • haut grade : grade nucléaire 3 avec ou sans nécrose.

Compte rendu anatomo-pathologique[modifier | modifier le code]

le compte rendu anatomo-pathologique doit comporter les éléments suivants :

  • grade nucléaire (1 à 3).
    • grade nucléaire
  • nécrose
    • comédonécrose : zone de nécrose centrale, linéaire en section longitudinale, au sein d'un canal
    • nécrose ponctuée
    • absence de nécrose
  • polarisation cellulaire
  • architecture : comédocarcinome, cribriforme, papillaire, micropapillaire ou solide.

Bilan d'extension[modifier | modifier le code]

Modalités thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Simple suivi[modifier | modifier le code]

Compte-tenu du manque de prédictibilité d'une évolution de ce carcinome vers des formes invasives (cancer du sein), et des risques associés à un traitement chirurgical, il est quelquefois proposé, en fonction de la localisation et du grade des cellules, de limiter les actions à un simple suivi. Une méta-étude de 2013 montre que le rapport bénéfices/risques d'un traitement est très incertain, et que proposer un simple suivi est une option valable notamment lorsque le CCIS est asymptomatique[4]

Chirurgie[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de chirurgie pour le CCIS : la chirurgie conservatrice et la mastectomie. La chirurgie conservatrice amène souvent un résultat esthétique satisfaisant, avec une conservation du sein mais des conditions strictes doivent être respectées pour assurer l'efficacité du traitement et minimiser le risque de rechute.

Pour les deux types, l'acte chirurgical est suivi de douleurs persistantes dans 13 % des cas[4].

Chirurgie conservatrice[modifier | modifier le code]

La chirurgie conservatrice (tumorectomie) est contre-indiquée si « les lésions sont étendues ou multiples, ne pouvant être enlevées de façon carcinologiquement satisfaisante avec un résultat esthétique acceptable[6]. »

Mastectomie[modifier | modifier le code]

En cas d'ablation totale du sein, le sur-risque lié à la présence d'un CCIS disparaît. Le risque de développer un nouveau carcinome ou un cancer du sein est lui égal à celui rencontré dans la population féminine[4]. La masectomie peut être combinée avec une opération de chirurgie reconstructrice.

Reprise chirurgicale[modifier | modifier le code]

Radiothérapie[modifier | modifier le code]

En cas de traitement conservateur il est clair aujourd'hui qu'une radiothérapie post opératoire réduit notablement le risque de rechute. il existe à ce jour au moins trois grandes études internationales (NSABP-B-17, OERTC et UKDCIS) qui démontrent que la radiothérapie du sein après traitement conservateur pour un CCIS réduit d'environ 50 % le risque de récidive locale. Selon l'étude de 2013 déjà citée, la diminution du risque de récidive est à mettre en balance avec les risques associés au traitement par radiothérapie[4]. En revanche la radiothérapie ne réduit pas le risque de décès[4], qui est de toute façon extrêmement faible.

Stratégie thérapeutique[modifier | modifier le code]

Surveillance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Haute autorité de santé, [PDF] Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé - Dépistage et prévention du cancer du sein, 2015, page 8
  2. (en) NCCN Foundation, NCCN Guidelines for Patients, Stage 0 Breast Cancer, 2014, page 6
  3. (en) Hans-Peter Sinna, Hans Kreipeb « A Brief Overview of the WHO Classification of Breast Tumors, 4th Edition, Focusing on Issues and Updates from the 3rd Edition », Breast Care (Basel), mai 2013, volume 8, pages 149–154
  4. a, b, c, d, e, f et g (en) « Treatment of ductal carcinoma in situ: an uncertain harm-benefit balance. », Prescrire International,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c Brazzaville 2011 – Cancer du sein : Carcinome canalaire in situ (CCIS) du sein, sur canal-u.tv, consulté le 18 janvier 2016 [vidéo]
  6. a et b SOR 2004 pour la prise en charge des carcinomes in situ du sein

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]