Carabiniers à cheval (France)

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Carabiniers à cheval
Image illustrative de l'article Carabiniers à cheval (France)
Carabinier du 1er régiment après 1810 (par Carle Vernet, 1812, extrait de La Grande Armée de 1812).

Création 1691
Dissolution 1871
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France Second Empire
Branche Armée française
Type Cavalerie lourde
Rôle Action de choc
Garnison Strasbourg
Guerres Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Sept Ans
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Guerre franco-prussienne
Commandant historique Louis Bonaparte
Jean-Marie Defrance

Les carabiniers à cheval constituent un corps de cavalerie lourde créé sous l'Ancien Régime, et qui persistera jusque sous le Second Empire.

Leurs origines remontent au milieu du XVIe siècle, quand ils sont formés pour être des unités d'élite de la cavalerie légère, armés de carabines. Ils progressent ensuite vers un statut semi-autonome au cours du XVIIIe siècle. Ils ne deviennent des unités indépendantes qu'en 1788, lorsque deux régiments de carabiniers sont mis sur pied. À partir des guerres de la Révolution, ils deviennent les régiments de cavalerie lourde d'élite de l'armée française et se font remarquer pendant les guerres du Premier et du Second Empire, avant d'être dissous en 1871 après la chute de ce dernier.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Les carabiniers français sont pour la première fois mentionnés à la bataille de Neerwinden en 1693, sous les ordres du prince de Conti[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

Une ordonnance du 26 décembre 1679 crée deux carabiniers dans chaque compagnie de cavalerie[2]. Ces carabiniers touchent une solde supérieure à celle des autres cavaliers[note 1]. Le 29 octobre 1690, les carabiniers sont réunis en compagnie distincte au sein de chaque régiment de cavalerie[2]. Après Neerwinden, où les compagnies de carabiniers, réunies sous le commandement du mestre de camp du Royal-Roussillon, le marquis de Beaufort, avaient montré leur valeur, Louis XIV décide de les rassembler en un seul régiment : Royal-Carabiniers[3]. C'est l'objet de l'ordonnance du 1er novembre 1693[4].

Les 100 compagnies sont réunies en 5 brigades de 20 compagnies. Ce régiment, pléthorique[note 2], est mis sous les ordres du duc du Maine, fils de Madame de Montespan. Il prend rang après les régiments de la Reine et des princes du sang, c'est-à-dire le 18e de la liste[6]. À cette date, les carabiniers combattent comme les dragons, à pied ou à cheval[6].

En 1741, le régiment est donné au comte de Provence[note 3]. Il recule alors au 20e rang et perd son titre de Royal[7]. Les brigades du corps des carabiniers sont souvent dispersées dans les différentes armées[8].

Le corps est élargi à dix escadrons au début de la guerre de Sept Ans. Avec ses 25 compagnies, il a alors une force équivalente à celle de cinq régiments de cavalerie[9]. Le dépôt de Strasbourg sera celui des carabiniers pendant plus d'un siècle. Le 13 mai 1758, le corps royal est rebaptisé en Carabiniers royaux de Monsieur le comte de Provence[10]. En 1762, les carabiniers passent à trente escadrons répartis en cinq brigades. En 1776, ils ne constituent plus qu'un seul régiment de huit escadrons comprenant chacun 150 hommes[11]. En 1779, ils sont de nouveau répartis en deux brigades de cinq escadrons pour un total de 1 620 hommes[11].

Campagnes[modifier | modifier le code]

Uniformes[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1763, les carabiniers ont l'habit bleu, avec collet et manteau de même couleur. La doublure de l'habit et les parements sont rouges. Les boutons sont en étain, groupés par trois. Les manches et les épaulettes sont galonnées d'argent, comme le chapeau. La cocarde est noire. La veste et la culotte sont en peau. L'équipement de cheval est bleu bordé d'argent[12].

En 1763, ils ont l'habit à la française, bleu avec revers, doublure et collet, rouges. Les parements et les boutonnières sont galonnées d'argent. L'équipage de cheval est bleu galonné de blanc[12].

Révolution et Premier Empire[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

En 1788, les carabiniers sont définitivement organisés en deux régiments de quatre escadrons[11].

En 1804, Napoléon Ier nomme son frère Louis colonel-général des carabiniers[11]. En 1805, le 1er régiment comptait 441 hommes, et le 2e régiment, 407 officiers, sous-officiers et soldats[13]. En août 1806, l'effectif passa à 820 hommes.

Uniformes[modifier | modifier le code]

Portrait de carabinier, par Théodore Géricault (vers 1812, musée du Louvre).

Jusqu’en 1809, les carabiniers portent « l'habit bleu national, les parements et les revers écarlate, le collet bleu, le bonnet d'oursin, la bandoulière et le ceinturon jaune bordés d'un galon blanc. »[14].

En décembre 1809, Napoléon publie un décret instaurant pour les carabiniers un nouvel uniforme : l'habit blanc, une double cuirasse jaune en acier recouvert d'une feuille de cuivre, casque « à la Minerve » à visière et couvre-nuque surmonté d'un cimier de cuivre jaune orné d'une chenille de crin écarlate. Comme armement, les carabiniers disposent, en plus de leur sabre de cavalerie modèle 1803, une paire de pistolets ainsi qu'une carabine (qui sera plus tard supprimée).

Campagnes[modifier | modifier le code]

En 1805, les carabiniers impériaux sont engagés au cours de la campagne d'Autriche contre les Russes et les Autrichiens. Entre le 6 octobre et le 2 décembre ont lieu des affrontements assez meurtriers entre les différentes armées adverses : les carabiniers chargent à Wertingen contre l'infanterie autrichienne. Présents à Elchingen, ils vont participer également à la « bataille des Trois Empereurs », le  : avec à leur tête le général Nansouty, ils attaquent au centre les villages de Jirshikowitz et de Blaswitz, dispersent l'infanterie autrichienne et s'emparent de son artillerie.

En 1809, pendant la campagne d'Autriche, ils chargent à Eckmühl parmi les cuirassiers des généraux Saint-Sulpice et Nansouty contre la cavalerie autrichienne, sont présents au siège de Ratisbonne, combattent une nouvelle fois à la bataille de Wagram.

Les lourdes pertes essuyées à Eckmühl dues aux lances des uhlans autrichiens[réf. souhaitée] décide le prince Louis, frère de l'Empereur et colonel-général du 1er régiment de carabiniers, de doter ses hommes d'une cuirasse dorée, et d'abandonner le bonnet d'ourson au profit du casque à visière.

Campagne de Russie[modifier | modifier le code]

Les deux régiments de carabiniers font partie de la campagne de Russie, intégrés à la 4e division de cuirassiers appartenant à la réserve de cavalerie du maréchal Murat.

Ils prennent une part importante à la bataille de la Moskova où, commandés par le général Defrance, ils se mesurent aux chevaliers-gardes russes en compagnie des cuirassiers du général Caulaincourt. Le fils du général Lariboisière, lieutenant au 1er régiment de carabiniers, est tué lors de la bataille.

Ils s'illustrent à Winkowo, où, menés par Murat en personne, ils culbutent le corps russe du général Baggovut. Le colonel Blancard, du 2e régiment de carabiniers, y est blessé d'un coup de feu.

Lors de la terrible retraite de Russie, les deux régiments voient fondre leurs effectifs de manière drastique. Moins de trois cents hommes survivront.

Campagnes d'Allemagne et de France[modifier | modifier le code]

Attaque des carrés anglais au cours de la bataille de Waterloo : on voit au centre un carabinier grièvement blessé au sol (par Thomas Jones Barker, peinture du XIXe siècle).

En 1813, pendant la campagne d'Allemagne, ils participent à la bataille de Leipzig avec six escadrons à l'effectif pour un total de trois cents cavaliers. Ils sont intégrés à la 1re brigade lourde du général d'Haugéranville, de la 2e division de cavalerie lourde du général Saint-Germain, appartenant au 2e corps de cavalerie du général Sébastiani. Au cours de la bataille, ils sont chargés par des hussards hongrois. Les carabiniers paniquent et tournent bride dans un complet désordre. Heureusement, les cuirassiers des 1er et 5e régiments accourent et repoussent les cavaliers ennemis[note 4].

En 1814, au cours de la campagne de France, ils combattent à Brienne, Vauchamps, Laon, Arcis-sur-Aube et Fère-Champenoise. Faisant partie de la division Compans, les carabiniers s'illustrent également au cours des combats de Claye et de Villeparisis.

Waterloo[modifier | modifier le code]

Napoléon, revenu de son exil à l'île d'Elbe, lançait la campagne de Belgique auquel participe les carabiniers. Le a lieu la bataille de Waterloo. Au cours des combats, les carabiniers sont tenus en réserve, tandis que les cuirassiers et la cavalerie de la Garde mènent des charges multiples contre l'infanterie de Wellington formée en carré sur le plateau du Mont-Saint-Jean. Cependant, après plusieurs heures de combat, les escadrons sont décimés et affaiblis. Le maréchal Ney décide alors d'engager sa dernière réserve, les 800 carabiniers du général Blancard (2e régiment) et malgré la réticence de ce dernier, Ney s'élance de nouveau sur les bataillons anglais. Mais cette dernière attaque ne réussit pas plus que les autres, et les carabiniers doivent se retirer après avoir subi de lourdes pertes.

Officiers[modifier | modifier le code]

Charles-Philippe de France, comte d'Artois, en uniforme de colonel général des carabiniers, par François Gérard (vers 1815, collection du château de Versailles).

1er régiment :

  • 1805 : François Borghèse
  • 1807 : colonel Laroche
  • 1808 : François Borghèse
  • 1813 : colonel de Bailliencourt
  • 1815 : colonel Roge

2e régiment :

  • 1807 : colonel Blancard
  • 1813 : colonel de Seve
  • 1815 : colonel Beugnat

Officiers tués ou mortellement blessés entre 1805 et 1815 : 43

Officiers blessés entre 1805 et 1815 : 146

D'un Empire à l'autre[modifier | modifier le code]

Restauration[modifier | modifier le code]

Organisation
Un seul régiment de carabiniers est conservé. En 1825, il est dédoublé[15].
Uniformes
Campagnes

Second Empire[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

En 1867, les 2 régiments de carabiniers sont fusionnés. Le nouveau régiment aligne 6 escadrons de 145 sabres[16]. Pour les manœuvres, c'est toujours le règlement de 1829 qui s'applique. Comme le signale le colonel Dugué Mac Carthy, « On s'attache davantage à l'exactitude d'évolutions compliquées qu'à l'objectif à atteindre »[17].

Uniformes[modifier | modifier le code]

Les carabiniers portent toujours la cuirasse, et le casque à chenille[18].

Campagnes[modifier | modifier le code]

Historique des garnisons et batailles[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

De la Restauration au Second Empire[modifier | modifier le code]

Étendards[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

  • De 1716 à 1740, il y a un étendard par escadron[20].

Révolution & Empire[modifier | modifier le code]

Batailles inscrites au revers du drapeau modèle 1812 :

Restauration et Second Empire[modifier | modifier le code]

Évolution de l'uniforme[modifier | modifier le code]

Carabiniers

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire qu'ils perçoivent 13 livres au lieu de 12[2].
  2. Par rapport à un régiment de cavalerie qui ne compte qu'une douzaine de compagnies[5].
  3. Il est âgé de 3 ans… Ce qui conduit à la création de l'inspecteur-commandant des carabiniers qui commande réellement.
  4. Le sous-lieutenant Rilliet du 1er cuirassier est témoin de la scène : « […] Lorsque l'ennemi est à cent pas, les carabiniers font demi-tour, se précipitent en désordre sur le 2e régiment qu'ils entraînent dans leur fuite ; ces deux régiments se jettent sur le nôtre et entraînent le premier escadron, les deux autres tinrent fermes, et nous chargeâmes les hussards qui ne nous attendirent pas. […] »

Références[modifier | modifier le code]

  1. René Jasinski, À travers le XVIIe siècle, A.G. Nizet, .
  2. a, b et c Susane, I, p. 146
  3. Susane, I, p. 149.
  4. Susane, II, p. 189.
  5. Susane, I, p. 152.
  6. a et b Susane, II, p. 190.
  7. Susane, I, p. 191.
  8. Susane, I, p. 194.
  9. Susane, I, p. 158.
  10. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées LeBas1841.
  11. a, b, c et d Pawly 2005, p. 4.
  12. a et b Susane, II, p. 201-202.
  13. Pawly 2005, p. 7.
  14. État militaire de 1802
  15. Susane 1874, p. 206
  16. Ortholan 2010, p. 117
  17. Ortholan 2010, p. 120
  18. Ortholan 2010, p. 118
  19. French Carabiniers and the Colonels Who Led Them 1792-1815
  20. Susane 1874, p. 153

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • A. Albert et Joseph-Émile Vanson, Le manuscrit des carabiniers, Berger-Levrault, .
  • Jean-Pierre Béneytou, Histoire de la Cavalerie française, des origines à nos jours, Lavauzelle, , 243 p. (ISBN 978-2-7025-1517-4).
  • Marcel Dugué Mac Carthy, La cavalerie au temps des chevaux, E/P/A, , 327 p. (ISBN 2-85120-313-4). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ronald Pawly, Napoleon's Carabiniers, Osprey Publishing, , 48 p. (ISBN 9781841767093). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Louis Susane, Histoire de la cavalerie française, vol. 1 et 2, J. Hetzel et Cie, (ISBN 9781143148248). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Picard, La cavalerie dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, vol. 1 et 2, Saumur, S. Milon fils, , 826 p..
  • Henri Ortholan, L'armée du Second Empire, Soteca, , 365 p. (ISBN 978-2916385235). Document utilisé pour la rédaction de l’article