Autopartage

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Voitures en autopartage à Paris.
Opération de démonstration du système « Flexcar » (devenu « Zipcar ») dans le district universitaire de Street Fair, de Seattle, État de Washington, États-Unis.
Service d'autopartage sans borne ou avec stationnement libre (anglais : free floating).

Un service d'autopartage[1] (anglais : car sharing), ou voitures en libre-service, est un système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association, ou même un groupe d'individus de manière informelle, met à la disposition des membres du service une ou plusieurs voitures.

L'utilisateur d'un service d'autopartage dispose d'une voiture qu'il ne finance que pour la durée de son besoin. Le reste du temps, la voiture est utilisée par d'autres membres. La diversité d'utilisation, donc de besoins sur des créneaux horaires différents selon les membres, est la clé du succès d'un tel système. Le système s'inscrit dans une logique de mobilité partagée afin de permettre à tout utilisateur d'utiliser un moyen de transport sans pour autant posséder le véhicule (achat d'un service et non d'un bien).

Les coûts d'achat, les efforts d'entretien des véhicules et la recherche de places de stationnement sont mutualisés au service d'autopartage. Ce fonctionnement existe sous différentes formes depuis les années 1950, mais depuis une décennie, il devient une véritable alternative à la propriété individuelle d'une voiture.

Il existe deux types de services : les services organisés d'autopartage et l'autopartage dans la sphère privée. Les premiers sont le fait d'entreprises ou d'organismes qui achètent des véhicules et les louent. L'autopartage dans la sphère privée s’organise, lui, entre particuliers. Depuis 2011, la France a vu se développer les services d'autopartage entre particuliers, appelés « service » car ce sont les particuliers propriétaires des voitures qui proposent un service de location aux conducteurs.

Principes[modifier | modifier le code]

L'autopartage est une initiative communautaire, commerciale ou publique, ou élaborée comme partenariat public-privé. Il consiste à mettre à la disposition à des utilisateurs finaux un ou des véhicules adaptés à leurs besoins.

Ce principe peut s'appliquer principalement de deux façons différentes.

L'autopartage en tant que coopérative de moyens[modifier | modifier le code]

Un groupe d'utilisateurs s'associe en vue de l'achat et du partage de véhicules. C'est le concept d'autopartage le plus souvent mis en œuvre notamment en France). On compte aujourd’hui 35 000 à 70 000 utilisateurs en France[2].

L'autopartage en tant que service[modifier | modifier le code]

L'autopartage est en ce cas un service de location de (très) courte durée, à l’heure ou la journée, de véhicules à des clients inscrits comme abonnés au service. Bien que dérivant fortement des principes de base de la coopérative de moyens, c'est une manière de répondre au même besoin via un service à caractère commercial ou non. Au , l'Agence France-Presse comptait 25 000 adeptes de l’autopartage en France[réf. nécessaire].

Prospective[modifier | modifier le code]

En 2012, certains véhicules sont déjà préparés en usine pour intégrer un logiciel et des capteurs améliorant les conditions de partage, avec notamment un état des lieux pouvant être fait par l'ordinateur de bord[3]. Cette approche, encore expérimentale pourrait être amenée à se développer.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'autopartage « en boucle »[modifier | modifier le code]

C'est le cas le plus répandu, les véhicules sont liés à une station fixe où l'on peut les prendre et où l'on doit les retourner.

Le service propose des voitures neuves, disponibles principalement en ville ou dans certains écoquartiers (Eva-Lanxmeer par exemple) ou entreprises, le plus souvent dans des parkings ou stations fixes.

L'utilisateur doit réserver un véhicule avant chaque utilisation À cette occasion, il peut choisir :

  • la durée de réservation (normalement très courte, de moins d'une heure à quelques heures) ;
  • le type de véhicule (citadine, familiale, monospace, cabriolet, fourgonnette, etc.) ;
  • l'endroit où il va prendre possession du véhicule.

La réservation peut se faire par différents moyens (téléphone, internet, SMS, etc.).

La prise de possession du véhicule se fait souvent de manière automatique « sans guichet » :

  • soit avec une carte d'accès électronique qui déverrouille les portières ;
  • soit avec une armoire à clés dans le parking s'ouvrant par mot de passe.

La restitution du véhicule se fait aussi de manière automatique. Les véhicules peuvent être empruntés et restitués à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

L'autopartage entre particuliers[modifier | modifier le code]

Il permet aux propriétaires de rentabiliser leur voiture, et aux locataires de disposer de voitures de tous genres, volumes et âges. L’emplacement des voitures est aussi plus souple puisque le service se développe partout où des particuliers proposent des véhicules : campagnes, banlieues ou villes. Ici, la prise de possession du véhicule peut se faire par échange de clés. La restitution du véhicule dépend alors de l’accord entre le propriétaire et le locataire.

L'autopartage en libre service intégral[modifier | modifier le code]

Baptisé aussi « autopartage sans station (d'attache) », « autopartage flottant », c'est le mode le moins contraignant. Ici, pas besoin de réservation, l'utilisateur prend et rend un véhicule dans une vaste zone, souvent à l'échelle d'une ville entière, là ou la signalisation le permet. Un site internet et/ou une application smartphone permettent d'accéder au véhicule et de le rendre en fin de trajet (par exemple à Ulm où le concept d'autopartage développé par Daimler, Car2go, n'est soumis à aucune réservation).

Facturation[modifier | modifier le code]

Les différentes locations sont facturées périodiquement sur la base :

  • du type de véhicule ;
  • de la durée de réservation ;
  • de la distance parcourue.

Les différents opérateurs ont cependant des grilles tarifaires différentes : au temps d'utilisation, un abonnement mensuel fixe avec un paiement à chaque utilisation selon le temps et le kilométrage (avec des frais de prise en charge fixes) ou au forfait.

Les tarifs horaires ou kilométriques et les éventuels frais d'abonnement comprennent l'ensemble des coûts liés au véhicule (investissement initial et des frais d'entretien, assurance, exploitation), dont :

  • carburant ;
  • assurances ;
  • entretien ;
  • amortissement du véhicule ;
  • impôts et taxes ;
  • taxe sur les Véhicules de Tourisme et de Société (pour les sociétés) ;
  • taxe professionnelle (pour les sociétés).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Selon l'économiste Frederic Héran[4], l'autopartage permet de réduire le nombre de voiture en ville et permet aux ménages et aux professionnels de réduire leur possession de véhicules.

L'étude de l'Ademe et du cabinet 6-T[5] démontre qu'une voiture partagé en boucle remplace 10 voitures individuelles et permet ainsi d'économiser 9 places de stationnement.

Alternative à un véhicule peu utilisé[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnes n'utilisent pas ou peu leur voiture (ou seconde voiture) car elles se rendent plus facilement au travail à pied, à bicyclette, à moto ou en transports publics, mais elles conservent néanmoins leur voiture pour un usage occasionnel (achats, loisirs, visites, etc.). Cette voiture qui parcourt généralement moins de 8 000 km par an, est coûteuse (amortissements, assurances, impôts, place de stationnement, etc.).
Deux cas s’offrent à lui :

  • l'autopartage comme alternative à la possession d'une voiture individuelle. L'utilisateur ne possède plus de voiture, il en loue une uniquement quand il en a besoin. L’autopartage permet alors de libérer le volume d'un garage ou d'une place de parking ;
  • l’autopartage entre particuliers comme moyen de rentabiliser cette voiture. L'utilisateur conserve sa voiture et la loue quand il ne l'utilise pas. L'autopartage permet alors de concilier possession de la voiture, écologie et optimisation de son budget.

Utilisation combinée avec les transports publics[modifier | modifier le code]

Localement, des abonnements combinés ont été mis en place par une grande partie des villes disposant d'un service d'autopartage. Ces abonnements couplent un abonnement transports publics et un abonnement autopartage, à un tarif avantageux.

À l'échelle d'un pays, des accords passés entre les différents services d'autopartage permettent la réservation d'un véhicule à la gare principale la plus proche de la destination finale. L'essentiel du voyage se fait en train, mais on parcourt dans ce cas en voiture la dernière partie du trajet, s'il est par exemple peu pratique en transport publics.

Les avantages d'une combinaison transports publics-autopartage sont :

  • une plus grande utilisation des transports publics et des modes doux (vélo, marche) ;
  • rationalisation des pratiques de déplacements ;
  • augmentation de la mobilité disponible ;
  • un gain d'argent (en évitant les coûts d'acquisition et d'entretien d'un véhicule peu utilisé et en réduisant le nombre de places de stationnement nécessaires) ;
  • un gain pour l'environnement (réduction des gaz à effet de serre et de la pollution)
  • meilleure utilisation de l'espace public.

Dans les pays francophones[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Station d'autopartage Citiz à Strasbourg.

Des expériences d’autopartage existent déjà depuis 1999 dans vingt-trois grandes villes françaises.

Le développement de la location de voitures entre particuliers permet à l’autopartage de se développer dans toute la France, partout où des particuliers proposeront des véhicules , campagnes, banlieues comme villes pour des courtes durées.

Si les premières expériences françaises d’autopartage remontent aux années 1970, cette forme de transport ne s'est réellement développée qu'à partir de la fin des années 1990, sur le modèle de ce qui avait été inventé en Suisse au milieu des années 1980. L'avance de ces pays pourrait s'expliquer par une sensibilité accrue de la population, mais aussi par leur avance en matière de gestion du stationnement dans les centres-villes et par la qualité de leurs transports en commun ; autant d'incitations à n'utiliser la voiture que ponctuellement.

Certains élus, tels que le sénateur-maire Roland Ries ont promu l'autopartage[6], qui a aussi été l'une des nombreuses propositions du Grenelle de l'environnement, retenue par le Grenelle I et précisée par le projet de loi Grenelle II. Ce dernier annonce en effet un label consacré à l'autopartage, qui bénéficiera donc enfin d'une définition juridique claire (« la mise en commun au profit d'utilisateurs abonnés d'une flotte de véhicules de transports terrestres à moteur. Chaque abonné peut accéder à un véhicule sans conducteur pour le trajet de son choix et pour une durée limitée ». Un décret en Conseil d'État fixe les conditions d'obtention du label[7].

De son côté, l'autopartage entre particuliers est une pratique moins connue mais numériquement plus importante, avec entre 35 000 et 70 000 personnes[8].

À Paris, la Mairie de Paris a créé un label Autopartage « autopartage, label Paris » ou « autopartage Paris » qui a été attribué à six acteurs de l'autopartage. Ce label permet aux opérateurs de mettre des voitures en autopartage sur des « places sur voirie » réservées et gardées par des arceaux. Il existe aussi des solutions d'auto-partage réservée aux entreprises et à leurs salariés.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, l'opérateur historique d'autopartage est une société créée par l'ASBL Taxistop : Cambio[9].

Avec des partenaires allemands (Cambio), Taxistop fonde l'autopartage en Belgique en 2002, comme une action de MOSES — un programme de l'Union européenne. Actuellement, ce service est disponible dans plus de vingt villes en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles (en partenariat avec la STIB).

L'ASBL Taxistop a également mis en place, en 2012, des outils pour aider les particuliers à partager un véhicule entre eux.

La société Zen Car propose un réseau d'autopartage électrique à Bruxelles[10].

Le service de voitures partagées DriveNow est disponible à Bruxelles le [11].

En Suisse[modifier | modifier le code]

L'autopartage est très développé en Suisse. La coopérative Mobility a ouvert plus de 1 530 emplacements, totalisant 3 120 véhicules, desservant près de 224 000 utilisateurs[12]. Elle a vu le jour en 1997, à la suite des coopératives ATG AutoTeilet Genossenschaft et ShareCom, créées simultanément en 1987[13].

Au Luxembourg[modifier | modifier le code]

Au Luxembourg, trois systèmes ont progressivement vu le jour depuis 2013 : City Mov' dans la Nordstad (sous la marque Nordstad eMovin) et à Hesperange, Carloh à Luxembourg et enfin Flex qui couvre l'ensemble du pays avec plus d'une vingtaine de stations. En 2018, le service City Mov' ferme ses portes, les stations d'Hespoerange sont reversées au système Flex[14].

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Québec, le service Communauto existe depuis 1994[15]. L'offre de service couvre désormais Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau. Afin d'encourager davantage la population à opter pour le transport en commun, les services de Communauto peuvent être combinés à l'accès à tarif réduit au nouveau réseau de vélos en libre-service BIXI ainsi qu'aux services de transports en commun de la ville de Montréal. À Montréal. il y a aussi une autre compagnie qui offre ce service soit Autoplateau avec plusieurs voitures sur le plateau Mont-Royal.

En juin 2013, Communauto a lancé en partenariat avec une PME française un nouveau service d'autopartage avec des voitures en « libre-service intégral » permettant aux utilisateurs de rendre les véhicules, des Nissan Leaf, où ils le souhaitent dans des zones de Montréal définies[16].

Depuis juin 2014, la compagnie de partage de voitures Car2Go est également disponible sur l'île de Montréal, proposant principalement des Smarts et depuis l'été 2017 des Mercedes CLA et GLA.

En 2018, Zipcar devrait également desservir l'île de Montréal.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Voiture Flinkster, le service d'autopartage de la Deutsche Bahn, en Allemagne.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Zipcar est actuellement la première société d'autopartage du monde[17]. elle est implantée dans une soixantaine de villes aux États-Unis et compte 325 000 utilisateurs[17]. Elle propose de petits véhicules et des automobiles moins gourmandes en carburant.

Début 2013, ZipCar a été racheté par Avis, le groupe américain de location.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

L'autopartage connaît un développement très rapide à Londres. Streetcar, créé en 2004, a été racheté par Zipcar en 2010[18]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Avec le witkar, les Pays-Bas ont conduit une des premières exprériences d'autopartage entre 1974 et 1986.

Afrique du nord[modifier | modifier le code]

Cheetah Car devient la première plateforme maghrébine à proposer un système de covoiturage. En 2015, l'entreprise s'implante au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « service d'autopartage », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française.
  2. [PDF] Bruno Cordier, L’autopartage entre particuliers, ADETEC pour l'ADEME et le MEEDDM, octobre 2009.
  3. Environnement Magazine, Un loueur impose un virage technologique à l'autopartage, 12 juin 2012
  4. « Autolib': demain, je partage ma voiture? », sur LExpress.fr, (consulté le 23 août 2019)
  5. « Enquête nationale Autopartage - mise à jour », sur 6t (consulté le 23 août 2019)
  6. Article sur l'Autopartage sur le site Internet du sénateur-maire Roland Ries
    Proposition de loi de Roland Ries tendant à promouvoir l'autopartage adoptée à l'unanimité par le Sénat et dossier législatif sur le site Internet du Sénat.
  7. Décret no 2012-280 du 28 février 2012 relatif au label « autopartage ».
  8. Rapport d'étude sur l'autopartage dans la sphère privée, par Bruno Cordier.
  9. La Libre.be, « Sans intervention publique, l’auto partagée peine à s’implanter », sur LaLibre.be, (consulté le 23 janvier 2021)
  10. « Zen Car se recentre sur la vente de plateformes d'autopartage », sur L'Echo, (consulté le 23 janvier 2021)
  11. « Le service de voitures partagées DriveNow débarque à Bruxelles le 6 juillet », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2017).
  12. « Mobility Société Coopérative », sur www.mobility.ch (consulté le 11 janvier 2021)
  13. Site internet mobility.ch, [lire en ligne]
  14. « À Hesperange, Flex prend la suite de City Mov' », sur http://www.automotion.lu, (consulté le 22 octobre 2018)
  15. Qui sommes-nous ?, Communauto.
  16. VULOG et Communauto partagent la leaf à Montréal, sur www.france-mobilite-electrique.org.
  17. a et b Nathalie Brafman, « Aux États-Unis, Zipcar réinvente la voiture », Le Monde, novembre 2009.
  18. Site internet streetcar.co.uk, [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]