Capsella bursa-pastoris

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Capsella bursa-pastoris est une espèce de plante herbacée annuelle, bisannuelle ou vivace de la famille des Brassicaceae. C'est l'une des espèces de « Bourse à pasteur ».

Phytonymie[modifier | modifier le code]

Le nom scientifique de la plante Capsella bursa-pastoris vient du latin capsella, capsule (petite boîte), bursa, sac et pastoris, berger, allusion au fruit qui est une silique, capsule large et courte en forme de cœur qui évoque un sac de berger[1].

Elle porte aussi comme noms vernaculaires molette à berger, capselle, bourse de capucin, bourse de Juda, moutarde de Mithriade, millefieurs ou bourse-à-berger[2].

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

C'est une espèce de plante herbacée annuelle (elle a alors une petite racine), bisannuelle ou vivace (racine pivotante) à tiges uniques dressées, anguleuses et striées. Rameuses depuis la base, filiformes, velues dans le bas, elles peuvent atteindre 70 cm de haut. Un polymorphisme foliaire permet de distinguer 2 types de feuilles d'un vert-gris: les feuilles basales en rosette sont dotées d'un pétiole court et d'un limbe profondément divisé en lobes plus ou moins dirigés vers le haut, de forme très variable (forme entière et grossièrement dentée à pennatipartite, à contour oblancéolé, de 3 à 15 cm de long) ; les feuilles caulinaires sont peu nombreuses, sessiles, amplexicaules, au limbe plus petit que celui des feuilles basales, généralement entier, oblong[3].

La plante dégage au froissement une odeur légèrement alliacée[4].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les petites fleurs hermaphrodite, dotées d'un pédicelle d'environ de 6 mm et environ 2 fois plus longs que les sépales de long (s'allongeant chez le fruit, jusqu'à 20 mm de long), sont disposées en grappes terminales compactes atteignant 20 cm de long. Les sépales d'environ 1,5 mm de long, verts, sont pubescents pour la plupart, tandis que les pétales spatulés, de de 2 à 3 mm et environ 2 fois plus longs que les sépales, sont munis d'un onglet blanc. La période de floraison va de mars à décembre. La pollinisation autogame donne des fruits triangulaires et aplatis (cœur, bourse), des silicules au goût un peu salé. Ces petites siliques de 5 à 10 mm × 2,5 à 8 mm, sont déhiscentes par 2 valves à nervation réticulée. Bordées d'une aile échancrée au sommet, elles favorisent la dissémination anémochore des graines[3].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Plante annuelle poussant partout (adventice ou « mauvaise herbe »), c'est une espèce pionnière des milieux perturbés. Cette plante également bisannuelle ou plante vivace se rencontre en Europe (région méditerranéenne, Europe méridionale), Macaronésie ainsi que sur les autres continents.

Proto-carnivore ?[modifier | modifier le code]

Les graines sont enrobées d'un mucilage qui, en présence d'eau, se transforme en un piège gluant et mortel pour de petits arthropodes du sol. On ne sait pas, à ce jour, s'il s'agit d'un mécanisme de défense ou si les proies sont digérées pour profiter à la plantule[5].

Usage[modifier | modifier le code]

Usage alimentaire[modifier | modifier le code]

La racines peuvent se consommer mais elles deviennent vite fibreuses. Les graines sont utilisées comme condiment mais leur récolte est fastidieuse. Les jeunes feuilles de la rosette, au goût salé un peu piquant, se consomment crues en salade ou cuites en soupe. Les tiges fibreuses sont utilisées uniquement cuites (infusion, soupe). Le sommet des inflorescences qui sert à décorer les salades se mange tel quel[6].

Au Japon, elle fait partie de la traditionnelle salade en début d'année : la salade aux 7 herbes (voir la fête du Nanakusa-no-sekku).

Usage médicinal[modifier | modifier le code]

« Les parties aériennes sont utilisées depuis l'Antiquité pour leur pouvoir hémostatique : elles servent à soigner les hémorragies internes et externes, et l'infusion chaude et amère se prend comme emménagogue, diaphorétique, veinotonique, antiscorbutique, astringent, antidiarrhéique et diurétique. Il s'emploie aussi en gynécologie pour réguler le flux menstruel car il comprime les vaisseaux sanguins[7] ».

En usage externe, le sirop ou la teinture de capselle (parties aériennes macérées dans de l'alcool de grain) combat les troubles musculaires. Elle est notamment citée dans le livre le plus connu de Maria Treben, La santé à la pharmacie du Bon Dieu[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolites, éditions Quæ, , p. 32
  2. Michel Pierre, Michel Lys, Secrets des plantes, éditions Artemis, , p. 82
  3. a et b PROTA. Plantes médicinales, Backhuys Publishers, , p. 159
  4. Michel Botineau, Guide des plantes comestibles de France, éditions Belin, , p. 62
  5. (en) JT. Barber, « Capsella bursa-pastoris seeds. Are they "carnivorous'? », Carniv. Pl. Newsl., vol. 7, no 2,‎ , p. 39-42.
  6. François Couplan, Le régal végétal : Reconnaître et cuisiner les plantes comestibles, Sang de la Terre, , 527 p. (ISBN 9782869853195), p. 306—307
  7. PROTA. Plantes médicinales, Backhuys Publishers, , p. 158
  8. Maria Treben, La santé à la pharmacie du Bon Dieu, pp. 14-16.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]