Canular du monoxyde de dihydrogène

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Le canular du monoxyde de dihydrogène consiste à attribuer à l’eau une dénomination complexe inconnue des non-initiés, et à tenir à son sujet un discours solennellement scientifique, de manière à créer chez l’auditeur une inquiétude injustifiée.

Origines du canular[modifier | modifier le code]

Une version populaire de ce canular a été créée par Eric Lechner et Lars Norpchen et Matthew Kaufman, colocataires alors qu'ils étudiaient à l'Université de Californie à Santa Cruz en 1990[1], revisitée par Craig Jackson en 1994[2] et portée à la connaissance du public en 1997 lorsque Nathan Zohner, un collégien de 14 ans, recueillit des signatures pour faire interdire le « DHMO » (Dihydrogen Monoxide, nom anglais du monoxyde de dihydrogène) dans le cadre de son projet de science intitulé « À quel point sommes-nous crédules ? » (« How Gullible Are We? »)[3].

Cette mystification peut être interprétée, au choix, comme étant :

  • une démonstration de la crédulité du public par rapport aux informations formulées dans un jargon scientifique alarmiste. Une pétition a été signée par des centaines de personnes pour retirer le monoxyde de dihydrogène de l'environnement ;
  • une dénonciation de certains politiques qui instaurent volontairement un climat de panique dans la population ;
  • une dénonciation de certains scientifiques qui, imbus de leurs connaissances, accumulent les termes techniques, rendant obscurs — pas toujours involontairement — les discours par lesquels ils sont censés informer leurs auditeurs ;
  • une dénonciation de certains activistes environnementaux qui cherchent à instaurer un climat de peur irrationnelle en utilisant un vocabulaire pseudo-scientifique.

Explication du nom[modifier | modifier le code]

L’eau est un composé chimique de formule H2O.

  • Un oxyde est un composé chimique obtenu par action de l’oxygène sur un corps (oxydation), par exemple un métal ; la formule brute d’un oxyde est de la forme XmOn’. H2O est un oxyde : le monoxyde de dihydrogène (mono- et di- pour signaler que deux atomes d’hydrogène sont liés à un seul atome d’oxygène).
  • De la même manière, un hydroxyde a une formule du type R-OH ; on peut écrire celle de l’eau H-OH, et en conséquence l’appeler hydroxyde d’hydrogène, ce qui permet une variante du canular.
  • Le même H-OH peut être vu comme un acide (formule commençant par H-) : l’acide hydroxyque (ou oxhydrique), d’où une troisième version du canular.
  • Enfin, par autoprotolyse ( ou ), l’eau peut se séparer en ions hydrogène ou oxonium et hydroxyde, ce qui peut permettre de nommer ce produit « hydroxyde d’hydrogène » ou « hydroxyde d’oxonium ».

La nomenclature IUPAC donne comme nom de l'eau « eau ».

Propriétés associées au produit[modifier | modifier le code]

Du monoxyde de dihydrogène sous forme liquide
Liquide troublé par du monoxyde de dihydrogène liquide

Les dénonciateurs des « risques » du monoxyde de dihydrogène pointent les caractéristiques suivantes[4],[5] :

  • son inhalation, même en faible quantité, peut causer une mort par asphyxie ;
  • sa forme gazeuse peut causer de graves brûlures ;
  • le contact prolongé avec sa forme solide provoque des lésions des tissus ;
  • a été trouvé dans des biopsies de tumeurs et lésions pré-cancéreuses.
  • est souvent associé aux cyclones mortels survenant notamment dans le centre des États-Unis.
  • des variations de température du monoxyde de dihydrogène sont soupçonnées de contribuer au phénomène climatique El Niño.
  • il est un élément principal des pluies acides ;
  • il contribue à l’érosion des sols ;
  • il est relâché en grande quantité par les centrales nucléaires, directement dans les rivières et les mers, ou bien dans l'atmosphère ;
  • il peut être à l’origine de catastrophes écologiques diverses et variées lors d’intempéries ;
  • sous sa forme gazeuse, c'est un puissant gaz à effet de serre ;
  • on le trouve en très fortes concentrations dans les océans mais il pollue aussi de nombreux fleuves et rivières ;
  • sa forme solide peut provoquer de graves troubles, voire des accidents irrémédiables, par exemple pour le transport maritime ;
  • sa forme poudreuse, en particulier concentrée en plaques instables, peut être un obstacle au développement harmonieux des loisirs de montagne ;
  • il provoque la corrosion et la destruction des métaux et des appareils électriques ;
  • il augmente considérablement les risques en présence de conducteurs électriques sous tension ;
  • une ingestion excessive peut causer des effets néfastes pouvant entraîner la mort ;
  • il a été retrouvé dans les tumeurs de malades du cancer en phase terminale ;
  • in vitro, il provoque l’éclatement des cellules humaines ;
  • il est utilisé dans des cas de torture ou lors d'interventions policières contre des manifestants ;
  • son exposition diminue l'efficacité des freins automobiles ;
  • il serait le composant principal entrant dans la fabrication d'une certaine catégorie de bombes artisanales ;
  • il présente à la fois un caractère acide et basique ;
  • c'est un puissant solvant, largement utilisé dans l'industrie chimique ;
  • parmi les symptômes résultant de l'ingestion de monoxyde de dihydrogène on peut observer une sudation et une miction excessives, et éventuellement une sensation de ballonnement, des nausées et vomissements, ainsi qu'un déséquilibre électrolytique corporel
  • la plupart des jeunes délinquants en consomment ;
  • certains alcooliques le mélangent avec leur boisson pour prétendument en atténuer les effets, alors même qu'il trouble ce pastis.
  • pour les sujets dépendants, le sevrage de monoxyde de dihydrogène signifie une mort certaine ;
  • toutes les personnes étant entrées en contact avec lui sont mortes ou vont mourir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Warning! Dangerous Contamination! », sur groups.google.com (consulté le 29 mars 2017)
  2. (en) « Mysterious killer chemical », sur www.abc.net.au,‎ (consulté le 29 mars 2017)
  3. Dihydrogen Monoxide sur Urban Legends Reference Pages, consulté le 11 janvier 2011
  4. (fr) « Monoxyde de dihydrogène - les faits », sur www.dhmo.org (consulté le 29 mars 2017)
  5. « Le Monoxyde de Dihydrogène : un danger méconnu ? | CultureSciences-Chimie », sur culturesciences.chimie.ens.fr (consulté le 29 mars 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]