Cantar de mio Cid

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Une page du codex original, commençant au vers 1922.

Le Poème du Cid (El Cantar de Mio Cid en espagnol ancien) est la plus vieille chanson de geste de la littérature espagnole ayant pu être conservée. Il relate les aventures épiques du chevalier Rodrigo Díaz de Vivar, le conquérant du royaume de Valence – Le Cid – et de la Reconquista, au cours de laquelle il a manifesté son héroïsme.

Sur l'auteur[modifier | modifier le code]

À l'origine transmise simplement par voie orale, l'œuvre fut mise par écrit en 1207 par un certain Per Abad.

Il y avait cependant déjà le Poème du Cid. Utilisé antérieurement par quelques érudits, il tomba, en quelque sorte, dans le domaine public, du jour où Tomàs Antonio Sànchez le publia, en 1779. Peu s'en fallut d'ailleurs qu'il ne disparût lui aussi : il n'a été sauvé que par un seul manuscrit (dit de Bivar, ou d'Alejandro Pidal). Sous sa forme actuelle et dans la dernière édition de M. Menéndez Pidal, il contient 3730 vers, non compris les deux explicit des copistes. Il manque peu de chose, les vers du début et deux feuillets (entre les vers 2337-2338 et 3707-3708 respectivement). Il avait donc très sensiblement la longueur de notre Roland.

Ce manuscrit est conservé dans un codex du XIVe siècle à la Biblioteca Nacional de Madrid, mais comporte quelques incomplétudes. La première page manque, de même que deux autres au milieu de l'ouvrage. Le poème est écrit en castillan médiéval, ancêtre de l'espagnol moderne (à une époque où léonais et aragonais étaient encore des langues littéraires).

On pense que ce chant a été écrit par deux poètes : un venant de la zone de Gormaz et l’autre de Medinaceli. Selon Menéndez Pidal, la première partie du poème et sa structure générale seraient attribuées à San Estenan de Gormaz, et la seconde partie aurait été complétée plus tard. Cependant, comme cela arrive très souvent avec la tradition orale, le chant a dû subir de nombreux changements avant d’atteindre sa version finale au 18ème siècle, dont Pedro al Abad serait l’auteur. Il y a cependant d’autres théories suggérant que seul un auteur l’aurait écrit, un expert en droit qui aurait étudié dans une certaine ville en France (ce qui expliquerait l’influence française dans le poème) et qui avait le don de donner une forme artistique aux faits historiques connus par ce dernier.

Le titre de l'œuvre (Cantar de Mio Cid) est une invention contemporaine, le nom original donné par son créateur étant impossible à déterminer. Certains hispanophones, suivant le français, l'appellent plutôt, El Poema del Cid, arguant que ce n'est pas une chanson de geste mais un poème constitué de trois chansons.

Synopsis[modifier | modifier le code]

« Le Poème du Cid » un poème épique espagnol basé sur un guerrier médiéval du règne d’Alfonso VI (Roi d’Espagne de 1072 à 1109).

Rodrigo Díaz de Vivar, ou « El Cid » (1043-1099), en tant que personnage historique, était un mercenaire qui se battait parfois du côté des chrétiens et parfois de celui des musulmans pendant la Reconquête (Reconquête espagnole) et qui réussit à conquérir le Royaume de Valence, une ville qui était entre les mains des arabes. Il gagna une grande réputation durant ces batailles, d’où son surnom « al-Sidi » ou « El Cid » (le seigneur).

Sa légende a été répandue par des jongleurs, dont les chansons apportaient des nouvelles sur ses exploits historiques. Le poème nous raconte son exil, exil ordonné par le Roi Alfonso II malgré avoir juré qu’il n’avait rien à voir avec de meurtre de son frère Sancho II de Castille (Zamora, 1072). La cour s’est réunie dans l’église de Santa Maria à Burgos pour le juger. Après avoir juré sur la Bible, le Roi a fait exiler El Cid et l’a envoyé en dehors des frontières castillanes, d’où le « Cantar del Destierro » (Poème de l’Exil).

Le poème est divisé en trois parties :

  1. Cantar del Destierro (Chant de l’Exil) racontant les adieux du Cid à sa famille, son exil et la guerre contre les Catalans jusqu’à la conquête de Valence.
  2. Cantar de las Bodas (Chant des Noces) racontant le mariage de ses filles avec les princes de Carrion, la prise de Valence et la visite de la famille.
  3. La afrenta de corpes (L’affront des corps) racontant l’humiliation de ses filles, battues et répudiées par leurs époux, princes de la cour de León, qui sont condamnés par la Cour de justice ; en guise de bref épilogue, le remariage des filles dans des familles royales : la revanche du Cid.

La structure interne[1] [modifier | modifier le code]

Ce poème se caractérise par son « anisosilabismo », c’est-à-dire que les vers du poème n’ont ni schéma syllabique ni mètre syllabique fixe, et sont divisés en deux hémistiches (moitié d’un vers) dont les mètres varient également. Normalement, les vers suivent le même schéma syllabique comme dans les phrases espagnoles.

Les vers sont groupés en strophes, appelées des couplets héroïques d’assonances, dont le nombre peut varier de trois à cent.

Ce poème parle d’honneur. Tout au long du poème, on témoigne un manque d’honneur à deux occasions (l’exil et l’affront des corps) mais il resurgira plus tard avec l’intervention du Cid lors de la conquête de Valence et des Noces de ses filles avec les héritiers d’Aragon et de Navarre. Cette séquence est la principale du poème et personne ne pourrait souhaiter quelque chose de mieux.

Le réalisme du poème :

Le personnage de Cid Campeador est historique, comme il le sera démontré par les histoires de Roderici et de Carmen Campidoctoris. Mais, l’auteur du livre voulait une histoire inventée réaliste. Le récit de l’histoire s’éloigne du fabuleux et légendaire afin de créer un réalisme et faire en sorte que l’histoire soit crédible. En plus de cela, il existe toute une gamme de ballades dédiées au Cid nous aidant à reconstruire l’histoire, tout comme les textes historiques mentionnés plus haut.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Poème du Cid - El Cantar de Mio Cid », sur donQuijote (consulté le 8 août 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]