Canon de marine de 6 pouces BL Mk XII

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BL 6 inch Mk XII naval gun
Tourelle double de 6 pouces du HMS Enterprise (en)
Tourelle double de 6 pouces du HMS Enterprise (en)
Caractéristiques de service
Type Artillerie navale
Batterie côtière
Service 1914 - 1945
Utilisateurs Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Production
Concepteur Royal Gun Factory[1]
Année de conception 1911
Constructeur Royal Gun Factory
Production 1914
Exemplaires produits 463 exemplaires[2]
Variantes Mark XII, XIIA, XIIB
Mark XX
Caractéristiques générales
Poids du canon seul 7 tonnes
Longueur du canon seul 270 pouces (686 cm)
Longueur en calibre 45
Longueur du canon et de l'affût 279,728 pouces (711 cm)
Calibre 152 mm
Cadence de tir 5 - 7 coups par minute[3]
Vitesse initiale 861 m/s
Portée pratique 18 750 yards (17 150 m)
Portée maximale 20 620 yards (18 850 m)
Munitions CPC, HE[n 1]
Durée de vie 670 coups[2]
Alimentation Arme à chargement par la culasse
Hausse +40° à -7°
Pas de rayure 36

Le canon de marine de 6 pouces BL Mk XII (en anglais BL 6 inch Mk XII naval gun[n 2]) est un canon naval britannique conçu au début du XXe siècle. Successeur du Mark XI (en), il est monté sur de nombreux cuirassés de la Royal Navy à partir de 1914, ainsi que sur la plupart des croiseurs construits durant la Première Guerre mondiale.

Conception[modifier | modifier le code]

Le , l'Amirauté britannique demande à ce que soit conçu un nouveau canon de 6 pouces (152 mm) et de 45 calibres ; aussi léger que possible, il doit néanmoins rester solide et précis : en effet, la version précédente, la Mark XI (en) est trop lourde à manipuler. La Royal Gun Factory soumet son concept en juin, plus léger que la Mark XI d'environ 100 kilos. Elswick Ordnance Company et Vickers proposent ensuite leurs modèles, mais l'Amirauté considère qu'ils possèdent une chambre trop petite ; la proposition de la Royal Gun Factory est alors acceptée, et approuvée par le First Lord en octobre[1].

Le canon de marine du 6 pouces BL Mark XII est constitué de deux tubes et est entièrement chemisé. Le rechargement par la culasse est manuel de type Welin (en). Une version Mark XIIA est produite avec une chambre légèrement différente, ainsi qu'une version Mark XIIB d'un calibre légèrement inférieur afin d'améliorer la précision. En octobre 1917, une version Mark XX est expérimentée avec une plus petite chambre, dans l'espoir de réduire l'usure des Mark XII. Une trop grande baisse de la précision entraîne l'abandon du projet, et l'unique exemplaire construit est reconverti en Mark XII[4]. En tout, ce sont 463 exemplaires qui sont produits, dont 431 sont toujours en service en 1939[2].

Les tourelles sur lesquelles sont montés ces canons sont quant à elles de types très différents. Ainsi en 1918, grâce à l'expérience acquise durant la Première Guerre mondiale, l'Amirauté demande à tester des tourelles fermées, qui permettraient aux servants d'opérer par tout temps et d'augmenter la précision. Cette tourelle n'est finalement testée que sur le HMS Diomede (en) ; en effet celle-ci, trop différente de celle initialement prévue, entraîne des modifications trop coûteuses au niveau du pont et du système de conduite de tir[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le canon de marine de 6 pouces BL Mk XII dispose d'une vitesse à la bouche de 2 825 pieds (861 m) mètres par seconde. Il a une portée maximale de 20 620 yards (18 850 m) à une élévation de 40° et une portée utile de 18 750 yards (17 150 m) à une élévation de 30°. Pouvant tirer de cinq à sept coups par minute, le canon a une durée de vie moyenne de 670 coups et peut tirer des munitions CPC et HE[n 1]. D'un poids de sept tonnes, il est monté en tourelles simples. Un montage en tourelle double est expérimenté sur le croiseur léger HMS Enterprise (en); il est validé et repris avec le Mark XXIII (en) sur les navires des classes Leander et Arethusa[3].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le canon de marine de 6 pouces BL Mk XII est monté en tant qu'armement secondaire sur les cuirassés des classes Queen Elizabeth et Revenge, ainsi que sur les monitors HMS Abercrombie (en), Raglan (en), Sir Thomas Picton (en) et M29 à M33 (en). Il est monté en tant qu'armement principal sur les croiseurs légers de la classe Birmingham à la classe Emerald[1]. Il est aussi installé sur plusieurs croiseurs auxiliaires qui servent durant la Seconde Guerre mondiale, tel l'Alcantara. Durant le conflit, certains canons sont démontés dans l'urgence afin de servir de batteries côtières[2].

Tourelles des canons de 6 pouces BL Mk XII
Désignation Poids Élévation Utilisation Remarques
PVII 14,352 tonnes De +20° à -7° Classe Birmingham, plusieurs croiseurs auxiliaires Utilisé en batteries côtières fixes
PVII* 14,123 tonnes De +20° à -7° Classes Arethusa, Caroline, Calliope, Cambrian, Centaur, canonnière Aphis (en), plusieurs croiseurs auxiliaires
PIX 13,590 tonnes De +14° à -7° Cuirassés des classes Queen Elizabeth et Revenge. Monitors Abercrombie (en), Raglan (en), Sir Thomas Picton (en) et de classe M29 (en)
PXIII 14,758 tonnes De +30° à -7° Croiseur léger Adelaide (en) PVII avec un blindage plus épais
PXIII* 15,050 tonnes De +30° à -7° Classes Caledon et Cardiff, croiseur lourd Effingham (en) après refonte Utilisé en batteries côtières mobiles
PXIII** 14,910 tonnes De +30° à -7° Classe Carlisle, plusieurs croiseurs auxiliaires
CPXIV 15,058 tonnes De +30° à -5° Classes Danae et Emerald, plusieurs croiseurs auxiliaires
Mark XVI N/A De +40° à -5° HMS Diomede (en) Tourelle simple étanche fermée
Mark XVII N/A De +40° à -5° HMS Enterprise (en) Tourelle double fermée

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b CPC signifie Common Armor-Piercing Charge, munition antiblindage ; HE signifie High Explosive, hautement explosif
  2. BL signifie breech-loading weapon, arme à chargement par la culasse

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Friedman 2011, p. 84
  2. a, b, c et d Campbell 1985, p. 38
  3. a et b Fiche sur navweaps
  4. Friedman 2011, p. 85

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Norman Friedman, Naval Weapons of World War One : Guns, Torpedoes, Mines and ASW Weapons of All Nations, Seaforth Publishing,‎ [détail de l’édition]
  • (en) John Campbell, Naval Weapons of World War Two, Conway Maritime Press,‎ [détail de l’édition]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]