Canon antiaérien

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Canon de 88 mm pris par la résistance slovaque, le plus célèbre de sa catégorie, le Flak 88.

Les canons antiaériens sont des armes à feu de moyen ou gros calibre créées pour défendre l'infanterie, les blindés (chars d'assaut, transports de troupes…) et les navires des attaques aériennes (avions et hélicoptères) : leur histoire est donc liée à l'histoire de l'aviation militaire et à celle de la lutte antiaérienne.

Description[modifier | modifier le code]

Depuis le milieu de la guerre froide, les canons antiaériens ont en général un calibre très petit (< 30 mm), ce qui leur permet d'utiliser des obus légers, avec une cadence de tir bien plus élevée que celle des obus classiques. Celle-ci leur est nécessaire, dans la mesure où leurs projectiles n'atteignent pas tous leur cible et où les avions et hélicoptères volent vite.

Ils sont installés sur un support fixe (bases militaires, villes importantes…) ou mobile (transports de troupes, navires de guerre…) inclinable à presque 90° (verticalement) et capable de tourner sur lui-même.

Histoire[modifier | modifier le code]

Canon anti-ballons

En 1870, au cours du siège de Paris, des ballons montés, avec nacelle, ont été utilisés pour transporter le courrier civil ou militaire, des passagers et des pigeons voyageurs. Sollicité pour trouver une riposte, l'industriel allemand Krupp construisit plusieurs mousquets anti-ballons. Ce furent les premiers canons antiaériens.

Le premier avion abattu au combat est un monoplan Nieuport italien abattu par une batterie de mitrailleuses le 10 septembre 1912 durant la guerre italo-turque[1].

C'est durant la Première Guerre mondiale, qu'eurent lieu les premiers combats aériens. Parallèlement aux chasseurs, furent développés des avions dont le rôle était de « bombarder » les tranchées ennemies (en fait, au tout début, il ne s'agissait pas de bombardement tel que nous le concevons actuellement : les pilotes lançaient des briques, des grenades, des pierres… voire des boites de corned-beef à la main de leur avion). Les poilus durent donc apprendre à se défendre contre ces « bombardiers ».

Ce n'est que lors de la Seconde Guerre mondiale que les canons antiaériens furent réellement utilisés. Ils furent très utiles aux britanniques pendant le Blitz, couplés avec leur système radar. Les allemands utilisaient aussi les canons de Flak 88 et 37 mm, mais malgré de lourdes pertes infligées aux bombardiers alliés, ils ne purent que ralentir le rouleau compresseur du Royal Air Force Bomber Command et de l'USAAF (United States Army Air Force). On utilisa des pièces d'artillerie de tout calibre allant jusqu'à 128 mm.

Au XXIe siècle, il est quasi-impossible d'abattre un chasseur moderne ou un bombardier stratégique avec un canon antiaérien du fait des vitesses importantes ou des altitudes ou ils opèrent. La vitesse de pointage en direction (azimut) et de l’élévation du canon a été accélérée par des systèmes électro-pneumatiques ou hydrauliques et parfois télécommandés par un radar de tir à la place des manivelles (et de la recopie des données des APT) de la Seconde Guerre mondiale mais elle reste insuffisante. Les canons antiaériens restent toutefois efficaces contre les avions volant à très basse altitude (strafing), les hélicoptères voire les drones. Des systèmes d'armes à très grande cadence de tir sont utilisés depuis les années 1980 dans la lutte antimissile à bord de navires de guerre et, depuis les années 2000, à terre également contre les projectiles d'artillerie et les roquettes.

Durant la guerre du Viêt Nam, et plus récemment en Irak, les Américains ont perdu un nombre non négligeable d'aéronefs abattus par les tirs groupés d'infanterie (fusils et mitrailleuses légères). La méthode qui consiste à tirer en l'air et créer un mur de « ferraille », bien que d’un rendement douteux, oblige les aviateurs à éviter ces zones, même à risques limités.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chapitre 1 - Genèse de la DCA française », sur Base Documentaire Artillerie (consulté le 30 septembre 2015).

Lien externe[modifier | modifier le code]

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