Cannelle (ourse)

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Cannelle
Cannelle MHNT.jpg
Informations
Espèce
Sexe
Date de décès
Lieu de décès
Lieu de vie
Masse
95 kgVoir et modifier les données sur Wikidata

Cannelle était la dernière représentante d'une population d'ours des Pyrénées. Elle a été abattue le par un chasseur, René Marquèze. Son ourson, Cannellito, âgé de huit mois au moment de la mort de sa mère a survécu ; il est le dernier représentant de la lignée pyrénéenne d'Ursus arctos[1].

Mensurations[modifier | modifier le code]

Cannelle mesurait 2,28 m sur 0,72 m, pour un poids de 95 kg[2].

Mort[modifier | modifier le code]

Le 1er novembre 2004, un groupe de six chasseurs se rend sur les hauteurs d'Urdos, en vallée d'Aspe, pour une battue au sanglier. L'un des chasseurs voit arriver Cannelle et tire au-dessus pour l'intimider. Un autre chasseur, René Marquèze, est poussé par l'ourse vers un ravin, et c'est après avoir remonté qu'il a tiré sur Cannelle : tuée, l'ourse tombe dans le ravin où son corps sera récupéré par un hélicoptère de la gendarmerie. Selon les associations de défense de l'ours, Cannelle aurait mené une « charge d'intimidation »[3], alors que pour les opposants à l'ours, René Marquèze aurait tiré en situation de légitime défense[4]. Le chasseur aurait pleuré après avoir tiré sur l'ourse[5].

La mort de Cannelle a suscité une large émotion, le président Chirac déplorant « une grande perte pour la biodiversité en France et en Europe »[6]. Elle a décidé les pouvoirs publics à effectuer en 2006 une deuxième introduction d'ours slovènes dans les Pyrénées.

Procès pour destruction d'espèce protégée[modifier | modifier le code]

Mis en examen pour destruction d’espèce protégée, René Marquèze, 64 ans, a d’abord bénéficié d’un non-lieu le 19 janvier 2007, ayant plaidé l'état de nécessité. L’État et dix-neuf associations écologistes, qui s’étaient portés partie civile contre lui, font alors appel du jugement et, le 6 avril 2007, la cour d'appel de Pau annule le non-lieu et ordonne le renvoi de l’affaire en correctionnelle.

René Marquèze a bénéficié d’une relaxe par le tribunal correctionnel de Pau en date du 21 avril 2008[7].

Il a été condamné en appel le 11 septembre 2009 à payer un total de 11 000 euros à sept des huit parties civiles[8]. En mai 2013, c'est au tour de l'association de chasse dont il était membre d'être condamnée à verser 53 000 euros au WWF au titre du préjudice moral subi par cette association de protection de la nature[9].

Naturalisation et conservation[modifier | modifier le code]

Naturalisation de l'ourse Cannelle par Brian Aïello

Le cadavre de Cannelle a d'abord été conservé dans un congélateur de l’École nationale vétérinaire de Toulouse puis, en août 2013, l'ourse a été naturalisée par Brian Aïello et Jean-Pierre Barthès, les taxidermistes du muséum d'histoire naturelle de Toulouse (MHNT) et a intégré ses collections. Elle fut présentée au cours de l'exposition temporaire Ours, mythes et réalités du 11 octobre 2013 au 3 août 2014[10]. La naturalisation du plantigrade a été réalisée avec un nouveau procédé[11] mis au point par le laboratoire de taxidermie du muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Cette naturalisation a nécessité trois mois de travail. L'ensemble des étapes a fait l'objet d'un documentaire de Jacques Mitsch intitulé On l'appelait Cannelle et d'un suivi photographique par Christian Nitard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cannellito ? Bouh ! », sur La Buvette des alpages.
  2. Folklore judiciaire autour de la mort de l'ourse Cannelle
  3. « Mort de l'ourse Cannelle, c'était écrit | FERUS », sur www.ferus.fr (consulté le 26 avril 2018)
  4. Louis Dollo, « Les circonstances de la mort de Cannelle », sur www.pyrenees-pireneus.com (consulté le 26 avril 2018)
  5. Thomas Baïetto, « Récit. "On n'a pas tué d'homme, juste un ours" : quatorze ans après, la mort de Cannelle hante toujours la vallée d’Aspe », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  6. « La mort de Cannelle devient une affaire d'État », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne)
  7. « Justice - Relaxe pour le tueur de Cannelle », sur enviro2b.
  8. AFP, « 11.000 € d'amende pour avoir tué un ours », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  9. « Mort de l'ourse Cannelle : l'association de chasse condamnée au civil », sur france3.fr.
  10. « L'ourse Cannelle, star de la future expo du Muséum de Toulouse, est en cours de naturalisation », sur france3.fr.
  11. Brian Aïello, « L’utilisation des polyéthylènes en taxidermie », La Lettre de l’OCIM. Musées, Patrimoine et Culture scientifiques et techniques, no 163,‎ , p. 15–21 (ISSN 0994-1908, DOI 10.4000/ocim.1619, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Association FERUS, association nationale de protection des grands carnivores ayant pour but de favoriser le maintien et le renforcement des populations d’ours dans les Pyrénées.
  • La Buvette des alpages présente toutes les actualités sur les ours dans les Pyrénées et l’actualité pastoralisme prédateurs.