Canis lupus hodophilax

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Le Loup de Honshū (Canis lupus hodophilax) est une sous-espèce éteinte de loup de l'espèce Canis lupus (loup gris).

Description[modifier | modifier le code]

Canis lupus hodophilax est un loup à pelage gris. À quatre pattes, ses épaules s'élèvent à un peu plus de 30 cm du sol[1].

Étymologie et dénominations[modifier | modifier le code]

Le terme hodophilax, assemblage de deux racines grecques ὁδός / hodos (« chemin ») et φύλαξις / phulaxis (« garde »), signifie « gardien de chemin ». Le nom scientifique Canis lupus hodophilax fait référence à une légende japonaise qui affirme que les personnes circulant, à la nuit tombée, sur un chemin de montagne sont parfois accompagnées par un loup qui veille à leur sécurité[1]. Le mammifère de montagne est couramment appelé ōkami, Nihon Ōkami[2] ou encore yamainu (chien de montagne)[3], au Japon[1],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'espèce Canis lupus hodophilax est identifiée en 1839, par le zoologiste néerlandais Coenraad Jacob Temminck[5].

Comme pour le Loup d'Hokkaido, disparu à la fin des années 1880[1], le déboisement de son habitat, à partir de la fin du XVIe siècle, la rage, à partir de 1732, et la chasse, pour protéger le bétail, ont eu raison de l’espèce, présente au Japon sur les îles Honshū, Shikoku et Kyūshū[4],[6],[1]. Le Loup de Honshū, considéré jusqu'à l'époque d'Edo (1603-1868) par les fermiers comme une divinité protectrice des cultures contre les sangliers et les cerfs, est officiellement déclaré espèce éteinte en 1905[5],[6]. Cette année-là, des naturalistes étrangers, venus collecter au Japon des animaux exotiques pour la société zoologique de Londres, achètent à des chasseurs le crâne et la fourrure d'un Loup du Japon. Les restes du canidé, découvert à Higashiyoshino, sont conservés au musée d'histoire naturelle de Londres[4],[6]. En 2020, quatre spécimens empaillés de Canis lupus hodophilax existent dans le Monde ; l'un d'entre eux, ramené du Japon par Philipp Franz von Siebold, est préservé au musée national d'histoire naturelle de Leyde, aux Pays-Bas, un autre au musée national de la nature et des sciences de Tokyo[4].

Origine[modifier | modifier le code]

Des analyses génétiques, effectuées par un chercheur japonais du Collège doctoral de recherche avancée, ont établi que Canis lupus hodophilax est originaire du continent asiatique. L'animal, une sous-espèce de Canis lupus parfois considérée comme une espèce distincte[1], aurait colonisé l'archipel nippon depuis la péninsule de Corée durant la période 125 000–25 000 ans avant le présent (Pléistocène supérieur)[4].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Cette espèce de loup est représentée dans le film Les Enfants loups, Ame et Yuki, dans lequel l'homme-loup est l'unique descendant de cette race anéantie par les hommes, éteinte depuis 115 ans (en respectant les dates à l'époque de la sortie du film, en 2012).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) John Knight, « On the Extinction of the Japanese Wolf », Asian Folklore Studies, vol. 56,‎ , p. 129—159 (lire en ligne [PDF]).
  2. Nihon Ōkami (日本狼 ou ニホンオオカミ?, litt. « Loup du Japon »).
  3. Chien de montagne (山犬?).
  4. a b c d et e (en) Alex K. T. Martin, « In search of Japan's extinct wolves: Sightings of a mysterious canine in Chichibu have been captivating animal enthusiasts » [« À la recherche des loups du Japon éteints »], The Japan Times, (consulté le ).
  5. a et b « Loup de Honshu (Canis lupus hodophilax) », sur ManimalWorld (consulté le ).
  6. a b et c (en) Alex K. T. Martin, « Debate over Japan's extinct wolf grows » [« Le débat enfle à propos du loup éteint du Japon »], The Japan Times, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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