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Candi (Indonésie)

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Temples d'Indonésie
Localisation

Un candi est un temple hindou-bouddhique d’Indonésie, principalement érigé du IVᵉ au XVᵉ siècle.

Le Kamus Besar Bahasa Indonesia (dictionnaire) le définit comme un ancien édifice de pierre destiné au culte ou à conserver les cendres de rois et prêtres incinérés ; les archéologues indonésiens l’entendent plus largement comme structure sacrée employée pour rites et cérémonies[1]. Par extension, des ouvrages profanes (portes, ruines urbaines, bassins, bains) sont parfois dits candi, tandis qu’un sanctuaire funéraire au sens strict est un cungkup.

À Bali, candi désigne un petit sanctuaire monocellulaire en pierre ou brique, avec portique, escalier et toit pyramidal, situé dans un pura (temple hindou balinais) ou non nécessairement ancien (ex. reconstruction d'un portique au parc national d'Alas Purwo)[2].

Dans le bouddhisme indonésien contemporain, candi peut se confondre avec stupa ; les temples de Borobudur (Java central), Muara Takus (Riau) et Batujaya (Java occidental) sont ainsi des stūpas complexes. En usage moderne, le terme s’applique aussi aux temples hindou-bouddhiques d’autres pays (Cambodge, Thaïlande, Laos, Birmanie, Inde), et l’on trouve des répliques à échelle réelle (Pawon, perwara de Plaosan) dans des vihara (complexe religieux) actuels.

Terminologie

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Le terme candi désigne une structure dérivée du type indien de sanctuaire monocellulaire, surmonté d’une tour pyramidale et précédé d’un portique. Le préfixe candi est également attribué aux nombreux "temples-montagnes" édifiés en Indonésie comme représentation du mont cosmique Meru, image synthétique de l’univers[3]. Toutefois, le terme s’applique aussi à diverses structures non religieuses de la même période, telles que les gapura (portes), les petirtaan (bassins) et certains ensembles d’habitation. Parmi les candi non cultuels figurent les portes de Majapahit Bajang Ratu et Wringin Lawang, toutes deux situées à Trowulan. Le bassin de bain "Candi Tikus" à Trowulan et Jolotundo sur les pentes du mont Penanggungan, de même que les vestiges d’habitations et de structures urbaines non religieuses comme Ratu Boko et certaines ruines de la ville de Trowulan, sont également considérés comme des candi[4].

Dans la Java ancienne, un temple était probablement désigné à l’origine par prāsāda (sanskrit : प्रासाद), comme l’atteste l’inscription de Mañjuśrīgr̥ha (datée de 792 apr. J.-C.), qui mentionne « Prasada Vajrāsana Mañjuśrīgr̥ha » pour désigner le temple de Sewu[5]. Ce terme est parallèle aux termes prasat en cambodgien et en thaï, qui renvoient à la structure verticale d’un temple.

Dans l’historiographie indonésienne, l’étymologie de candi est disputée : une hypothèse hindoue la rattache à Candikā (manifestation de Durgā), suggérant une fonction funéraire et un lien avec l’au-delà ; une hypothèse bouddhique l’apparente au pali cedi (skt. caitya), voire au bodhisattva Candī/Cundī, en écho au chedi thaï (stūpa).

Sur le plan fonctionnel, les temples javanais anciens auraient servi de dépôts des cendres royales, en cohérence avec la conception bouddhique du stūpa comme reliquaire[1]. Cette dimension mortuaire s’articule au schème du devarāja : la statue du garbhagṛha peut figurer le souverain défunt divinisé (en Viṣṇu ou Śiva)[1]. L’exemple canonique est la représentation du roi Airlangga déifié en Viṣṇu assis en majesté sur le dos de Garuḍa - figure ailée mi-homme mi-oiseau - tenant ses attributs (cakra, śaṅkha), dans une niche architecturée au style javanais oriental, situé dans le temple de Belahan.

Architecture

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Fondements cosmologiques et plan directeur

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Plan de Borobudur prenant la forme d'un mandala

L’architecture des candi s’inscrit dans la tradition hindoue du Vāstu Śāstra : le plan adopte des compositions en mandala, les élévations se structurent en flèches hautes, et l’édifice tout entier fonctionne comme une image du mont Meru, demeure des dieux. De ce fait, le temple modélise l’univers tel que le conçoit la cosmologie hindoue, avec ses différents loka hiérarchisés.

Tripartition sacrée (horizontal & vertical)

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Le temple de Shiva à Prambanan se compose de trois royaumes ascendants, la base du temple (Bhurloka), le corps (Bhuvarloka) et le toit (Svarloka).

Cette hiérarchie se traduit par une tripartition cohérente en horizontal comme en vertical:

  1. Le Bhurloka (bouddhisme : Kāmadhātu) correspond au domaine inférieur des mortels et s’exprime par la cour extérieure et le socle.
  2. Le Bhuvarloka (bouddhisme : Rūpadhātu), domaine médian des sages, ascètes et dieux mineurs, est figuré par la cour médiane et le corps du temple.
  3. Le Svarloka (bouddhisme : Arūpadhātu), domaine supérieur des dieux, s’incarne dans la cour intérieure et la toiture, couronnée selon les cas par un ratna, un vajra, un cube (Java oriental) ou, pour les complexes bouddhiques, par un stūpa/dagoba.

Le sanctuaire de Shiva à Prambanan illustre clairement cette stratification en trois registres[6].

Deux grands styles

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Sur le plan stylistique, R. Soekmono distingue deux grands ensembles[1]. Le style de Java central (essentiellement antérieur à l’an 1000) privilégie des volumes massifs, des toitures nettement étagées - souvent en trois niveaux -, des sommets en stūpa (bouddhique) ou ratna/vajra (hindou), et des portails au décor Kāla (masque monstrueux) et makara (bestiaire mythologie indien). Les reliefs, fortement saillants, adoptent un traitement plutôt naturalisant ; le plan est concentrique, symétrique, avec temple principal au centre entouré de perwara (sanctuaires secondaires) en rangs réguliers, généralement orienté à l’est, et bâti majoritairement en andésite.

Le style de Java oriental (postérieur à l’an 1000 et englobant Sumatra et Bali) se caractérise par des silhouettes élancées aux toitures à ressauts fondus, un couronnement cubique (hindou), parfois dagoba - petit stūpa - cylindrique (bouddhique), des portails ornés de la tête de Kāla seule, des reliefs plus plats et stylisés proches du wayang, et une disposition linéaire, asymétrique, suivant la topographie (temple principal au fond/en hauteur, perwara en avant), avec une tendance à l’ouest et l’usage fréquent de la brique rouge.

Exceptions, hybridations et cas limites

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De nombreuses exceptions nuancent ce découpage. Des sanctuaires de Java oriental (ex. Penataran, Jawi, Jago, Kidal, Singhasari) utilisent l’andésite, matériau typique de Java central, tandis que des ruines de Trowulan (Brahu, Jabung, Pari) sont en brique.

Prambanan offre une silhouette élancée rappelant Java oriental mais conserve une toiture de type Java central. L’implantation géographique ne coïncide pas toujours avec le style : Candi Badut, situé à Malang (Java Est), relève par sa période et son vocabulaire du VIIIᵉ siècle de Java central.

Échelle des ensembles et évolution régionale

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À l’échelle des ensembles, les complexes anciens du nord de Java central (par exemple sur le plateau de Dieng) demeurent modestes, avec peu de temples et un décor sobre, tandis que les ensembles plus tardifs du sud (tels Candi Sewu) se développent en compositions plus vastes, concentriques et richement ornées.

Rémanences austronésiennes à l’époque Majapahit

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La période Majapahit voit un retour d’éléments mégalithiques austronésiens, notamment les pyramides à degrés (punden berundak)[7], visibles à Candi Sukuh et Cetho sur le mont Lawu (Java central), ainsi que dans les sanctuaires à degrés des pentes du mont Penanggungan, dont la morphologie évoque, par analogie formelle, les pyramides méso-américaines[8].

La plupart des candi bien conservés sont construits en andésite, appréciée pour sa durabilité en climat tropical. D’autres matériaux, comme la brique (notamment à l’époque Majapahit), le tuf, le stuc, l'enduit (vajralepa) et le bois apparaissent selon les phases et fonctions constructives :

  • Andésite : Roche volcanique extrusive (texture aphanitique à porphyrique, gris clair à foncé), abondante à Java. Taillée en blocs à tenons/mortaise et aisément sculptable au burin, elle sert aux murs, sols, élévations et bas-reliefs narratifs (ex. Borobudur, Prambanan), ainsi qu’aux statues de divinités et de Bouddha[9].
  • Brique (terre cuite) : Employée à Java dès la construction du temple Batujaya (IIᵉ–XIIᵉ s.), elle est maîtrisée à l’époque Majapahit (XIVᵉ–XVᵉ s.) avec des mortiers à sève de liane et sucre de palme, donnant des compositions géométriques (ex. Candi Brahu, Pari, Jabung ; à Sumatra : Bahal, Muaro Jambi, Muara Takus). Moins pérenne que l’andésite sous pluies de mousson, elle nécessite souvent restitution par briques neuves en restauration[10].
  • Tuf : Roche volcano-sédimentaire claire (batu putih) disponible près des massifs calcaires (ex. Ratu Boko, montagnes de Sewu). De qualité inférieure pour la sculpture, elle est utilisée comme remplissage interne ou pour des murs d’enceinte (observé à Sewu, Sambisari), l’andésite formant l’enveloppe externe sculptée[11].
  • Stuc : Matériau apparenté à un béton ancien (sable, pierre, eau, parfois coquilles broyées), attesté à Batujaya pour des éléments de construction et revêtements ponctuels.
  • Enduit (vajralepa) : Enduit blanc jaunâtre appliqué sur l’andésite, composé de chaux (calcaire broyé), tuf/argile blanche (kaolin) et liants végétaux (gomme, résines), puis peint en couleurs vives. Des traces subsistent à Borobudur, Sari, Kālasan et Sewu.
  • Bois : Probablement utilisé pour planchers, poutres, escaliers, huisseries et charpentes (indices d’entailles et umpak de colonnes à Sari, Plaosan, Ratu Boko)[12]. Les essences ayant péri en climat humide, ne subsistent que les empreintes dans la pierre.

Motifs et décor

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Les candi javanais déploient un vocabulaire ornemental d’une grande cohérence, où le décor n’est jamais purement ornemental mais participe à la définition de l’espace sacré. Aux seuils, le dispositif Kāla–makara (masques) signale et protège la transition du profane au divin ; dans le registre śivaïte, le couple liṅgayoni condense la symbolique de la création. Les parois portent de vastes bas-reliefs narratifs - bouddhiques à Borobudur, hindous à Prambanan - qui articulent doctrine, rituel et scènes de vie. La statuaire de Bodhisattva-Tārā, Devatā-Apsarā et Lokapāla peuple ainsi les galeries, tandis que dvārapāla et lions gardent les accès. Enfin, la lecture confessionnelle se prolonge aux pinacles (stūpa, ratna, vajra, dagoba cylindrique), véritables marqueurs sommitaux d’une théologie rendue visible par l’architecture.

Porte de Borobudur ornée d’un Kāla au linteau et de makara aux rampes, ouvrant sur le grand stūpa sommital ajouré à l’arrière-plan.

Kāla–Makara

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Dans les candi javanais, le Kāla–makara est un dispositif à la fois décoratif et apotropaïque : la tête de Kāla (figure monstrueuse, personnification du temps dévorateur et gardien du seuil) couronne le linteau, tandis que deux makara (monstres marins, véhicule de Varuṇa, hybrides de mammifère et de poisson) flanquent l’entrée ou forment les rampes d’escalier[13]. À Borobudur et Prambanan, on observe des gueules de makara projetant rinceaux, perles ou figurines (gana), et parfois la langue du Kāla se prolonge en rampe.

Liṅga–yoni (Śivaïsme)

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Linga-yoni dans le candi Sambisari, à l'est de Yogyakarta.

Le liṅga (pilier phallique, puissance créatrice de Śiva) - parfois tripartite : base carrée (Brahmā), section octogonale (Viṣṇu), sommet cylindrique (Śiva) - est implanté dans la yoni (dalle à cuvette, symbole du ventre et de Pārvatī), munie d’un bec verseur souvent orné de nāga pour canaliser les ablutions rituelles. Présent dans les temples hindous (absent des bouddhiques) dès les première constructions du plateau de Dieng (VIIe s.), il s’inscrit aussi dans l’idéologie royale (ex. Gunung Wukir et l’inscription de Canggal, 732).

Bas-reliefs : fonctions et styles

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Bas-relief du Rāmāyaṇa sur le déambulatoire du temple de Śiva à Prambanan.

Les parois portent des bas-reliefs à valeur narrative et symbolique : à Borobudur, cycles bouddhiques (Karmavibhaṅga, Lalitavistara, Jātaka, Avadāna, Gaṇḍavyūha) et scènes de vie quotidienne (architecture vernaculaire, marché, navigation) ; à Prambanan, récits hindous (Rāmāyaṇa, Bhāgavata Purāṇa).

Différences stylistiques majeures :

  • Java central (≤ 1000) : relief haut, traitement naturalisant, proportions idéales.
  • Java oriental (≥ 1000) : relief plus plat, pose raide, style stylisé proche du wayang balinais (héritage perceptible en peinture Kamasan).

Divinités et êtres célestes

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  • Kinnara/Kinnari (couple ailé), souvent gardiens du Kalpataru (arbre de vie), communs aux temples Borobudur, Mendut, Pawon, Sewu, Sari, Prambanan.
  • Bodhisattva et Tārā (temples bouddhiques) : figures élégantes, parées, tenant lotus (padma, utpala, kumuda), khakkhara ou chamara, souvent en tribhaṅga (notables à Plaosan, Sari, Kālasan, Sewu, Pawon, Borobudur).
  • Devatā et Apsarā (temples hindous) : cortèges célestes, sages brahmanes, lokapāla (gardiens des directions) ; à Prambanan, le « panneau Prambanan » alterne siṃha en niche et Kalpataru foisonnant, flanqué d’animaux ou de kinnara.
Dvārapāla trapu, accroupi, yeux ronds et crocs, brandissant une gadā (masse), gardant l’entrée monumentale du candi Sewu.
  • Dvārapāla : paires de géants armés gardant portails et points cardinaux ; en Java central, silhouettes trapues aux yeux ronds et crocs ; en Java oriental/Bali, plus musculeux (ex. Adan-adan, Singhasari monumental ~3,7 m). Les gardiens de Sewu (huit statues) ont servi de prototype pour les Gupolo des kraton de Yogyakarta et Surakarta.
  • Lions (siṁha/singa) : paires en façade comme gardiens symboliques (influence indienne bouddhique), présents à Borobudur ; variantes ailées à Penataran.

Couronnements (pinacles)

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Stūpa périphérique ajouré de Borobudur, cloche perforée sur padmāsana, abritant un Bouddha assis.

La confession se lit aux sommités :

  • Bouddhique : stūpa (type cloche ajourée à Borobudur : padmāsana + dôme (anda) + harmikā + yasti), parfois dagoba cylindrique (Java oriental).
  • Hindou : ratna (pointe « gemme », parfois de type keben/fruit de Barringtonia), ou vajra (à Prambanan, repris sur les meru balinais).
  • Tardivement en Java oriental : cube (hindou), dagoba cylindrique (bouddhique) ; on rencontre aussi des faux liṅga-yoni sommitaux.

Implantation

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Carte des principaux sites de la "période classique indonésienne" (hindou-bouddhique). Les points noirs indiquent les sites hindous, les points rouges les sites bouddhiques.

La plus forte concentration de candi se rencontre dans le kabupaten de Sleman (DI Yogyakarta) ainsi qu’à Magelang et Klaten (Java central), correspondant aux régions historiques de la plaine de Kedu (vallée du Progo, secteur Temanggung–Magelang–Muntilan) et de la plaine de Kewu (vallée de l’Opak, autour de Prambanan), berceau de la civilisation javanaise. D’autres ensembles remarquables se situent en Java oriental - régions de Malang, Blitar et Trowulan. Java occidental conserve un petit nombre de temples, tels Batujaya et Cangkuang. Hors de Java, des temples de type candi existent à Bali, Sumatra et dans le Kalimantan méridional, bien que rares ; en Sumatra, deux sites se distinguent par leur densité : les complexes de Muaro Jambi (Jambi) et de Padang Lawas/Bahal (Sumatra Nord).

Les candi peuvent être édifiés sur des terrains plats ou accidentés : Prambanan et Sewu s’élèvent sur une plaine basse nivelée, tandis que Gedong Songo et Ijo occupent des terrasses de hauteur sur pentes collinaires ou montagneuses ; Borobudur est, pour sa part, construit sur un éperon rocheux. Leur implantation, orientation et organisation spatiale dans le paysage, tout comme leurs partis architecturaux, résultent de facteurs socioculturels, religieux et économiques propres aux communautés et pouvoirs qui les ont édifiés et entretenus[14].

Le temple de Jiwa à Batujaya
  • Site de Batujaya ensemble de stūpa bouddhiques en brique rouge et mortier, situé à Batu Jaya, Karawang (Java occidental), probablement daté du VIᵉ siècle apr. J.-C. sous le royaume de Tarumanagara
  • Site de Cibuaya ensemble de temples hindous viṣṇuites en brique rouge et mortier, également à Batu Jaya, Karawang (Java occidental), probablement lié au royaume de Tarumanagara au VIᵉ siècle apr. J.-C.
  • Bojongmenje ruines d’un temple hindou à Rancaekek, kabupaten de Bandung.
  • Cangkuang l’un des rares temples hindous de Java occidental encore conservés, daté approximativement du VIIIᵉ siècle. Situé à Leles (Garut, Java occidental), sur une île au milieu d’un lac couvert de nénuphars. À la différence des grands ensembles javanais, Cangkuang est modeste, avec une seule structure encore debout ; une statue de Śiva y fait face à l’est (lever du soleil). Datation incertaine
Plaine de Kedu
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Bouddha dans un stupa ouvert à Borobudur

La fertile plaine de Kedu s'étend dans le centre de l'île, à l'ouest du volcan Merapi, au nord-ouest de l'ancienne ville royale de Yogyakarta et au sud-ouest de la ville coloniale de Magelang.

Flancs du Merapi
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  • Sengi : complexe de 3 temples, Asu, Pendem et Lumbung, datant du VIIIe siècle.
  • Morangan
  • Lawang
Sambisari
Environs de Yogyakarta
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Ngawen
  • Canggal : complexe bouddhique du VIIIe siècle, dans lequel on a trouvé une inscription, datée de 732 apr. J.-C., mentionnant le nom de Sanjaya, seigneur de Mataram.
  • Gunung Sari : ruines d'un temple principal et 3 temples secondaires.
  • Gunung Wukir : site de l'une des plus anciennes inscriptions trouvées à Java et datée de 732 apr. J.-C. Il n'en reste que la base du sanctuaire principale et 3 temples secondaires.
  • Ngawen : 5 sanctuaires du VIIIe siècle.
  • Sambisari : temple hindouiste du Xe siècle, découvert en 1966 par un paysan qui travaillait sur un champ appartenant au village de Karyowinangun.

Ensemble de temples hindous situé sur le plateau de Dieng, près de Wonosobo (Java central) : huit petits sanctuaires des VIIᵉ - VIIIᵉ siècles, les plus anciens de Java, au cœur d’un paysage ponctué de cratères de boue bouillonnante, lacs colorés, grottes, fumerolles soufrées, sources chaudes et conduits souterrains.

9 temples (gedung songo signifie "les neuf constructions") construits aux VIIIe et IXe siècles.

Région de Klaten
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  • Merak : 2 temples hindouistes du Xe siècle au milieu d'un village.
  • Karangnongko.
Flancs du mont Lawu
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  • Cetho : temple hindouiste du XVe siècle.
  • Kethek : autre temple hindouiste du XVe siècle.
  • Sukuh : encore un temple hindouiste du XVe siècle, en forme de pyramide.
La plaine de Prambanan
  • Roro Jonggrang : principal temple du complexe de Prambanan, datant du IXe siècle et dédié à Shiva. Il est flanqué de temples dédiés à Vishnu et Brahma. Des bas-reliefs racontent des récits tirés de l'épopée du Ramayana.
  • Le complexe de temples bouddhiques de Candi Sewu ("les mille temples") est antérieur à Roro Jonggrang. Il consiste en un sanctuaire principal entouré de temples plus petits alignés selon plusieurs carrés concentriques. Il possède des statues de gardien bien conservées, dont on trouve des répliques dans la cour centrale du kraton (palais royal) de Yogyakarta.
  • Lumbung : complexe bouddhique constitué d'un temple principal et 16 temples plus petits.
  • Plaosan : sanctuaire bouddhique datant probablement du IXe siècle.
  • Arca Bugisan : 7 statues (arca) du Bouddha et de bodhisattva dans différentes poses et expressions.
  • Sajiwan : temple bouddhique.
  • Sari : sanctuaire bouddhique du VIIIe siècle comportant 9 stupas.
  • Kālasan : temple bouddhique du VIIIe siècle construit pour commémorer le mariage d'un roi.
  • Kedulan : découvert en 1994 par des carriers.
Banyunibo
Ratu Boko et environs (au sud de Prambanan)
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Le Candi Ijo
  • Palais de Ratu Boko : construit aux VIIIe et IXe siècles dans un mélange de styles bouddhique et hindouiste.
  • Arca Gopolo : groupe de 7 statues (arca) disposées en cercle.
  • Banyunibo : petit complexe bouddhique du IXe siècle, formé d'un temple principal entouré de 6 temples plus petits, formant un stupa.
  • Barong : peut-être un temple hindouiste du IXe siècle.
  • Dawangsari : peut-être autrefois un stupa, il n'en reste qu'un ensemble de pierres d'andésite.
  • Candi Ijo : complexe comportant un sanctuaire principal et 3 temples secondaires.
  • Watugudig : groupe de poteaux disposés en forme de gong, dont quelque 40 ont été excavés. Les habitants du coin croient qu'il s'agit de la tombe du roi Boko.
  • Candi Abang : en forme de pyramide, il rappelle un peu Borobudur.
  • Gampingan.
  • Sentono : ensemble de grottes en contrebas d'Abang.
  • Payak : bassin rituel, peut-être hindouiste.
Dvarapala ou statue gardienne à Panataran
  • Badut : petit temple shivaite construit vers 760, le plus ancien connu de Java oriental.
  • Jago : fin du XIIIe siècle. Ses terrasses sont décorées de bas-reliefs dans le style du wayang kulit qui racontent des passages du poème épique indien Mahābhārata.
  • Panataran : seul complexe de temples d'une certaine importance de Java oriental, construit entre les XIIe et XVe siècles. On pense qu'il s'agissait du temple d'État du royaume de Majapahit.
  • Singosari : dédié aux rois de Singasari (1222-1292 apr. J.-C.), prédécesseurs de ceux de Majapahit, il a été construit en 1304.
  • Temple de Sumberawan.
Région de Tretes et Trowulan
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Le Candi Brahu à Trowulan
  • Jawi : temple funéraire bouddhique du XIIIe siècle.
  • Mont Penanggungan : 80 sites au total, dont peut-être la tombe du roi Airlangga, mort en 1049.
  • Surawana : petit temple de Majapahit, situé dans le village de Canggu près de Kediri et construit en 1390 apr. J.-C., peut-être en l'honneur de Wijayarajasa, prince de Wengker.
  • Tikus : situé à Trowulan, site de la capitale de Majapahit.
Le temple de Muara Takus
  • Candi Gunung Kawi : situé au village de Sebatu, secteur de Tampaksiring (kabupaten de Gianyar) ; l’un des plus anciens temples de Bali, daté de 989 ; cinq sanctuaires taillés dans la paroi rocheuse, formant de véritables grottes.
  • Candi Kalibukbuk : au village de Kalibukbuk (kabupaten de Buleleng) ; l’un des rares temples bouddhiques dans une Bali majoritairement hindoue ; datation probable du VIIIᵉ siècle.
  • Candi Mengening : à Banjar Sarasada, village de Tampaksiring (kabupaten de Gianyar) ; daté du règne du roi Marakata, vers 1022.

Bibliographie

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  • Dumarcay, J. 1986 Temples of Java Kuala Lumpur: Oxford University Press
  • Holt, C. 1967 Art in Indonesia Ithaca: Cornell University
  • Patt, J.A. 1979 The Uses and Symbolism of Water in Ancient Indonesian Temple Architecture University of California, Berkeley (thèse de doctorat)
  • Prijotomo, J. (1984) Ideas and Forms of Javanese Architecture Yogyakarta: Gadjah Mada University Press
  • Soekmono, R. Candi:Symbol of the Universe pp.58-59 in Miksic, John 1996 (editor) 1996 Ancient History Volume 1, Archipleago Press, Singapour, (ISBN 978-981-3018-26-6)

Références

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  2. (id) Okezone, « Peninggalan Majapahit yang Tersembunyi di Alas Purwo : Okezone Women », sur https://women.okezone.com/, (consulté le )
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  7. Aditia Gunawan et Arlo Griffiths, « Old Sundanese Inscriptions: Renewing the Philological Approach* », Archipel, vol. 101,‎ , p. 131–208 (ISSN 0044-8613 et 2104-3655, DOI 10.4000/archipel.2365, lire en ligne, consulté le )
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  10. Muhamad Shafiq Mohd Ali et Zuliskandar Ramli, « Analysis on the Composition of Ancient Brick in Telagajaya Village, Batujaya Temple Complex, West Java, Indonesia », Advances in Social Science, Education and Humanities Research, Atlantis Press,‎ (DOI 10.2991/assehr.k.220408.017, lire en ligne, consulté le )
  11. Sri Kusumobroto, « Preliminary Note on Tjandi Sambisari: A Recently Discovered Temple in Central Java », Indonesia, vol. 7,‎ , p. 1 (ISSN 0019-7289, DOI 10.2307/3350799, lire en ligne, consulté le )
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Liens externes

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