Candelabrum cocksii

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Le genre Candelabrum[1] de Bainville, 1830 (= Myriothela Sars, 1851)[2], ou Hydranthe, contient des espèces d’Hydrozoaires de grande taille (jusqu’à 10, voire 30 cm de long) solitaires ou coloniaux (mais dans ce cas les effectifs restent faibles : 2 ou 3 individus).

Leur corps est constitué de trois parties :

  1. une région basilaire ou pied, assurant la fixation de l’animal au substrat,
  2. une région moyenne, dite des blastostyles, dédiée à la reproduction sexuée,
  3. une région distale, nourricière, terminée par l’orifice buccal.

Ces animaux sont très contractiles et susceptibles de subir des variations importantes de volume et d’aspect selon les circonstances. Les côtes européennes hébergent une espèce : Candelabrum cocksii.

Morphologie[modifier | modifier le code]

L’animal, solitaire peut atteindre, en extension, quelque 12 cm de long mais ne dépasse pas 2 à 3 cm à l’état rétracté. En extension, la section du corps est approximativement circulaire[3].

Le pied[modifier | modifier le code]

Il est appliqué en partie contre le support auquel il adhère très fermement grâce à des organes de fixation qui sont des tentacules disposés à la manière de haubans et terminés par une pastille chitineuse. L’ensemble du pied peut être revêtu d’une cuticule plus ou moins jaunâtre appelée périsarc.

La région moyenne[modifier | modifier le code]

Généralement renflée et de couleur blanche, elle porte, au moment de la reproduction sexuée, de nombreuses expansions appelées blastostyles que l’on peut considérer comme des individus abortifs, dépourvus d’orifice buccal, destinés à la reproduction. Chaque blastostyle produit des ébauches de méduses (= médusoides, encore appelées gonophores ou sporosacs) qui ne vont pas jusqu’au terme de leur évolution, elles demeurent fixée au blastostyle et produisent sur place des gamètes. Les blastostyles de C. Cocksii sont hermaphrodites, ils portent des médusoides mâles, relativement petits (0.3-0.4 mm), près de la base et des médusoides femelles, plus gros (0.7-0.8 mm), distalement.

La région nourricière[modifier | modifier le code]

Cylindrique, de couleur rouge, elle est entièrement recouverte de courts tentacules à extrémité renflée (dits capités) qui, grâce aux nématocystes dont ils sont armés, assurent la capture de la nourriture. Cette région porte à son extrémité l’orifice buccal (orifice unique de la cavité digestive, qui tient lieu également d’anus).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Candelabrum peut se reproduire par voie asexuée et sexuée[3]. La reproduction asexuée se ferait par bourgeonnement à partir de la région située entre le pied et la partie moyenne. Elle aurait lieu au début du printemps, en principe avant la reproduction sexuée.

La reproduction sexuée se déroule, en Bretagne, de janvier à septembre, et peut-être toute l’année. Les gonophores femelles contiennent plusieurs ovules qui fusionnent en un seul (un seul noyau subsiste). L’ovule étant fécondé, l’œuf se revêt d’une cuticule. Expulsé du gonophore il est alors capté par 1 à 3 tentacules adhésifs (« clasper » des auteurs anglo-saxons) semblables à ceux qui assurent la fixation de l’animal, qui le maintiennent amarré au géniteur durant tout le développement embryonnaire. Ce curieux phénomène est décrit par Allman et Korotnev, dont les dessins très parlants sont repris par Delage et Hérouard[4] page 104. Le développement conduit à une larve actinula, en forme de tonnelet, munie d’une vingtaine tentacules grâce auxquels elle peut se déplacer sur le substrat sur lequel elle finit par se fixer.

Nutrition[modifier | modifier le code]

Lorsque les proies (principalement de petits crustacés, notamment des Amphipodes) entrent en contact avec les tentacules capités de la région nourricière, les nématocystes explosent, leurs filaments pénètrent le corps de l’animal, le retiennent et lui injectent leur contenu toxique. Toute la région se replie ou s’enroule autour de la proie qui est véhiculée de proche en proche par les tentacules jusqu’à l’orifice buccal. La digestion d’un amphipode dure environ 5 à 6 heures.

Distribution[modifier | modifier le code]

Candelabrum cocksii se rencontre depuis le niveau des basses mers de vive eau moyennes jusqu’à des profondeurs de 17 mètres, voire peut-être supérieures à 100 mètres. Sur l’estran l’animal est fixé à la face inférieure des blocs et sur les crampons de laminaires.

L’espèce est connue des côtes de l’Atlantique du nord-est, de l’entrée de la Manche (Royaume-Uni et Bretagne) jusqu’au sud de l’Espagne (Cadix). Sa répartition de détail reste cependant à préciser. En Bretagne cette espèce est présente à Roscoff[5], aux Glenan[6] et dans la baie de Concarneau (cf photos plus bas).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hewitt, C.L. & Goddard J.H.R., 2001. A new species of large and Highly contractile hydroid in the genus Candelabrum (Hydrozoa : Acanthoathecatae) from southern Oregon, U.S.AJ. Zool. 79 : 2250-2288.
  2. Cornelius, P.F.S. 1997. On the nomenclature of the hydroid, Candelabrum phrygium (Fabricius, 1780) (= Myriothela phrygium, Arum Cocksi). J. mar.Biol. Ass. U.K. 57 :521-524.
  3. a et b Schubert,P. 2006. The European athecate hydroids and their medusae (Hydrozoa, Cnidaria) Revue suisse de Zoologie XXWW
  4. Delage, Y & Herouard, E. 1901. Traité de zoologie concrète, tome II, 2e partie, Schleicher Frères éd. PARIS.
  5. TEISSIER, G. 1965. Inventaire de la faune marine de Roscoff. Cnidaires-Cténaires. Travaux de la Station Biologique de Roscoff 16: 1-53
  6. CASTRIC-FEY, A. 1970. Sur quelques hydraires de l’Archipel de Glénan (Sud-Finistère). Vie et Milieu 21: 1-23

Galerie[modifier | modifier le code]