Canal de Sauvage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Canal de Sauvage
Illustration.
Le canal sur la carte de Cassini du XVIIIe siècle.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Début Clesles
48° 31′ 21″ N, 3° 50′ 20″ E
Fin Saint-Just-Sauvage
48° 33′ 10″ N, 3° 43′ 49″ E
Traverse Marne
Caractéristiques
Statut actuel Aliéné (propriété privée)
Longueur km
Altitudes Début : 76,9 m
Fin : 67,9 m
Maximale : 76,9 m
Minimale : 67,9 m
Dénivelé m
Infrastructures
Écluses 6
Histoire
Année début travaux 1676
Année d'ouverture 1697
Concepteur Artus Gouffier de Roannez

Le canal de Sauvage est la plus longue des onze dérivations[1],[2] qui furent établies au XVIIe siècle et XVIIIe siècle sur la Seine, pour améliorer la navigabilité du fleuve entre Troyes et Nogent-sur-Seine[3].

Présentation et localisation[modifier | modifier le code]

Le canal de Sauvage est situé dans le département de la Marne. Il s'étend sur 9 km entre Clesles et Saint-Just-Sauvage. Il réduit de 5 km la distance à parcourir sur la Seine.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1655, Hector Boutheroüe de Bourgneuf obtient de Louis XIV par des lettres patentes[4],[5], la concession de la navigation de la haute-Seine entre Nogent-sur-Seine et Troyes, mais le projet n'aboutit pas. Après de nouvelles lettres patentes en 1676[5],[6], l'entreprise nommée « La nouvelle navigation de la Seine » commence les travaux, sous la direction de Artus Gouffier de Roannez[7]. Ils sont aussitôt suspendus à la suite de procès intentés par des habitants de Nogent-sur-Seine et ne reprennent qu'en 1685[8]. La navigation est établie jusqu'à Saint-Mesmin en 1697, puis jusqu'à Troyes en 1700[9],[6]. Les dommages causés par l'hiver 1709 et le manque d'entretien interrompent la navigation, justifiant en 1720, la révocation des privilèges accordés[4]. En 1727 les droits de navigation sont rendus aux anciens propriétaires qui font quelques réparations, mais en 1746 la navigation avait cessé. En 1760 le sieur Bouquet acquéreur du canal, le fait réparer et rétablit la navigation entre Nogent et Méry. En 1766, il est de nouveau abandonné[9]. La navigation ne fut restaurée jusqu'à Troyes qu'en 1846, par l'ouverture sur un autre tracé, du canal de la Haute-Seine.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Le canal comportait 6 pertuis fermés par des portes à secteurs[10]. Ces portes, inventées par Artus Gouffier de Roannez[11], constituent une innovation majeure. En effet, par la forme en secteur de cylindre des vantaux, la force résultant de l'action de la pression de l'eau due à la chute passe par l'axe vertical de rotation. Cette particularité rend la manœuvre des portes de pertuis, malgré la charge de l'eau, bien plus facile et rapide qu'avec les autres systèmes connus à cette époque[12]. Gilles Filleau des Billettes en fit une description à l'Académie royale des sciences en 1699[13]. Le principe en sera repris à grande échelle en 1997, lors la réalisation des portes du barrage Maeslantkering.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le canal au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le seul élément encore visible des ouvrages réalisés sur le canal de Sauvage est le pertuis de Clesles. Le canal est maintenant une propriété privée. Il fait le bonheur des pêcheurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces dérivations étaient: Le canal Bruley, le canal de Fouchy (canal Saint-Étienne), le canal de Barberey, le canal de Riancé, le canal de Payns, le canal de Savières, le canal de Saint-Mesmin, le canal de Mesgrigny, le canal de Sauvage, le canal de Pont-sur-Seine et le canal de Nogent.
  2. Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Des Canaux de navigation et spécialement du canal de Languedoc, Veuve Desaint (Paris), , 588 p. (lire en ligne), « Marne, Seine », p. 275
  3. « Canal de Sauvages », sur Le dictionnaire des canaux et rivières de France (consulté le 29 mars 2018)
  4. a et b Ernest Granger, Précis historique et statistique des voies navigables de la France et d'une partie de la Belgique, Napoléon Chaix, , 796 p. (lire en ligne), « Canal de la Haute-Seine », p. 649-652
  5. a et b Théodore Ravinet, Code des ponts et chaussées et des mines, ou collection complète des lois concernant le service des ponts., t. 4, Supplément, Carilian-Goeury, (lire en ligne), p. 31
  6. a et b Pierre-Jean Grosley, Mémoires historiques et critiques pour l'histoire de Troyes, Duchesne, (lire en ligne), « Navigation de la Seine », p. 19
  7. (en) Alice Stroup, Royal Funding of the Parisian Academie Royale Des Sciences During The 1690s, vol. 77, American Philosophical Society, (lire en ligne), partie 4. « the company called La nouvelle navigation de la Seine, which was Roannez's brainchild »
  8. Académie royale des sciences, Histoire de l'Académie royale des sciences, Jean Boudot, , 282 p. (lire en ligne), « Sur quelques machines employées dans une nouvelle navigation de la Seine », p. 114-116
  9. a et b Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube, Mémoires, Dufour-Bouquot, , 236 p. (lire en ligne), « Notice sur la navigation de la Haute-Seine par Pierre-Olivier Lebasteur », p. 175-200
  10. Gérard André, « Artus Gouffier de Roannez, entrepreneur de la " nouvelle navigation de la Seine " entre Troyes et Nogent. », La Vie en Champagne, no 93,‎ , p. 25-37 (ISSN 0758-4245, résumé)
  11. Christian Huygens, Œuvres complètes de Christiaan Huygens. Correspondance, M. Nijhoff, , 815 p. (lire en ligne), « N° 2788 Année 1693 », p. 395
  12. Henri Melchior de Lagrené, Cours de navigation intérieure, fleuves & rivières, Éditions Dunod, (lire en ligne), « Portes cylindriques à axe vertical », p. 153
  13. Académie royale des sciences, Histoire de l'Académie royale des sciences, J. Boudot, (lire en ligne), « Description d'une nouvelle manière de porte d'écluse par Gilles Filleau des Billettes », p. 63