Camp militaire d'Ors

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Le Camp Militaire d'Ors est un ancien camp militaire français situe sur la commune d'Ors dans le Nord.

Historique[modifier | modifier le code]

L'origine du Camp Militaire d'Ors remonte indirectement à un autre camp, celui de Raucourt-au-Bois.

Création[modifier | modifier le code]

Ce camp de Bois-l'Évêque a été créé sur une emprise de 187 hectares en 1932[1] sur une parcelle restant soumise au régime forestier[2] acquise pour y prolonger le dispositif Maginot, avec projet de construction des dispositifs annexes à la ligne Maginot. Le commandement militaire avait installé dans ce camp un casernement de sécurité pour deux bataillons de forteresse, avec des travaux commencés en 1938, visité par le maréchal de Lattre de Tassigny en juillet 1946. Les travaux sont rapidement interrompus par la Seconde Guerre mondiale.

L’armée allemande occupe alors la forêt de Mormal, ainsi que le massif de Bois-l'Évêque. Elle y installe des bâtiments et dépôts de munitions. Pendant ce temps, la végétation recolonise le camp de manœuvres créé par les français.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après guerre, l'ancien projet français est abandonné. Mais 5 ans après l'armistice (vers 1950), l'Armée de terre se réintéresse aux installations laissées par les allemands dans le Bois l'Évêque. Elle envisage d'y établir un dépôt permanent de munitions[2].

Un échange de terrain est négocié avec le ministère de l'agriculture (propriétaire en France des forêts domaniales). L'armée française récupère le massif de Bois l'Évêque et en échange rétrocède au Ministère de l'Agriculture (pour gestion par l'ONF) d'une partie des 651 ha du Camp de Raucourt [2] (du nom de la commune de Raucourt-au-Bois situé en lisière ouest de Mormal). Via deux dépêches ministérielles[3] le secrétaire d'État à la guerre lance une étude visant l'installation d'un nouveau dépôt de munitions à Bois l'Évêque (184 ha 46 a et 20 ca), en plusieurs tranches de travaux[2], sur la base des restes d'anciennes installations allemandes. La première tranche devait permettre le stockage de 3600 tonnes[2].
Fin de 1952 à septembre 1953, les bâtiments et soutes sont rénovés sous la surveillance du Génie ; On restaure ou complète le casernement existant pour y abriter un officier marié, quatre sous officiers et 60 hommes de troupe ; on rénove des magasins à munitions (1, 2, 3, 4, 5, 7, 31, 32, 33, 34, 36, 38, 39, 40, 1 bis, 2 bis et 3 bis), des quais et merlons de protection ; des voies de circulation desservant ces magasins (des routes de 3 m de large et une plate-forme de 23 m x 6 m devant chaque magasin). L'ancien réseau ferrée est détruit[2] et une clôture « à base de poteaux et chevaux de frises »[2] enclos le site. En 1953 également, le 1er juillet, décision est prise de transférer à Ors le dépôt de munition de Vic-sur-Aisne[2].
Le 7 janvier 1954, les munitions commencent à arriver (jusqu’au 5 juillet 1954) pour atteindre 1 583 tonnes, avant même accord du ministère de l'Agriculture pour cet usage en Forêt (l'accord est délivré le 4 avril 1954, pour un dépôt sur 184 hectares, 46 ares et 20 centiares). L’armée y fait construire un château d'eau et augmente cette même année la capacité de stockage sur site, à 6000 puis à 10 000 tonnes.
En 1955, 1559 tonnes de munitions y sont stockées, mais le plan est approuvé pour 10 000 t de capacité[4]. Les munitions continuent à affluer : le 11 septembre 1955 on en compte déjà 8 490 tonnes ; ce site sera « en son temps le plus gros dépôt de munitions du Nord », fournissant notamment la Base aérienne 103 Cambrai-Épinoy en munitions petits calibres, en missiles air-air et en missiles terre-air[5].
le 06 août 1958 Le dépôt de munitions de Bois-l'Evêque (Nord) est classé par décret, au regard de la loi du 8 août 1929[6]. Le même décret crée un « polygone d'isolement » autour du dépôt, qui sera modifié en 1972[7]. Il était géré par environ 200 personnes (au début des années 2000) sous l'égide en 1953 de la 772e compagnie de munitions spécialement créée [8] pour la garde et la gestion du dépôt, sous le contrôle d'un officier (Le lieutenant Paul Brunelle), avec 2 détachements de munitions de la 2e compagnie régionale du Matériel... puis par le 212° CMT (compagnie du matériel du territoire).
Le 26 septembre 1959, De Gaulle en allant au Pommereuil et à Landrecies s'arrêta dans le dépôt pour saluer le responsable du dépôt (le capitaine André Villain, commandant le dépôt de 1956 à 1960).

Fin du camp[modifier | modifier le code]

Le 7 juillet 1998 par décision n° 1700/DEF/EMAT/CE/ES/200 l'État décide de fermer l'« entrepôt de réserve générale de munitions d'Ors »[5].

10 ans plus tard, le 18 novembre 2008, Un décret abroge le décret du 6 août 1958 ayant créé le dépôt de munitions de Bois-l'Évêque (Nord)[9]. Le site sera rétrocédé à la Communauté de communes de Haute Sambre-Bois l'Évêque et reconverti en pôle d'animations pour les écoles et les centres aérés[5].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 13 avril 1932 affectant au département de la Guerre une partie de la forêt de Mormal
  2. a b c d e f g et h Amicale des artificiers, L'histoire du dépôt de munitions de BOIS L'ÉVÊQUE
  3. dépêches ministérielles n° 24542!DCM/MU 51 du 12 mai 1952 et n° 1279/DG/TS du 20 mai 1952
  4. approbation par dépêche ministérielle
  5. a b et c La Voix du Nord, Ken, le dernier « survivant » de l'ancienne base militaire d'Ors, mercredi 2008-07-09
  6. Loi n°1929-08-08 du 8 août 1929 relative aux servitudes autour des magasins et établissements servant à la conservation à la manipulation ou à la fabrication des poudres, munitions, artifices ou explosifs
  7. Décret du 14 avril 1972 portant modification du polygone d'isolement de l'entrepôt de réserve générale de munitions d'Ors
  8. Dépêche ministérielle n° 11793/EMA/10 S du 8.09.1953
  9. Décret du 18 novembre 2008 portant abrogation du décret du 6 août 1958 portant classement du dépôt de munitions de Bois-l'Évêque (Nord) au regard de la loi du 8 août 1929 et établissement d'un polygone d'isolement autour de lui NOR: DEFP0826429D