Camp de regroupement

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

les camps de regroupement sont créés essentiellement pour recueillir des réfugiés

France[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : guerre d'Algérie et guerre d'Espagne.

Algérie[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre d'Algérie, les camps de regroupement sont créés dans le but de priver le FLN de l'appui de la population. Les regroupements de population désignent les déplacements massifs de population dans des lieux ad hoc et sont à distinguer des recasements, qui sont des déplacements de population dans des villes ou villages préexistants[1].

À partir de 1957, les autorités en Algérie française décident de lutter contre la guérilla menée par le FLN en reprenant le contrôle de la population et en privant le FLN des moyens logistiques (abri, nourriture) qu'il obtient de gré ou de force auprès de la population. Pour cela, des zones interdites sont créées, où tout être vivant, homme ou animal, est abattu sans sommation. La population qui y vit est chassée de ses habitations et regroupée dans des villages de tentes ou construits à cet effet, sous la surveillance de l'armée. Les villages vidés de leurs habitants sont souvent détruits pour ne pas pouvoir être utilisés par le FLN. Le déplacement de la population est en général forcé, même s'il est parfois arrivé que la population elle-même d'un village demande la protection de l'armée française pour échapper aux zones de conflit ou à la pression du FLN.

Les camps de regroupement rassemblent assez rapidement environ un million de personnes. Mais éloignée des champs qu'elle ne peut plus cultiver, privée de son bétail, la population est à la merci des conditions d'alimentation prévue par l'administration, et celle-ci est souvent insuffisante, entraînant des carences alimentaires. Les conditions sanitaires se dégradent et la mortalité infantile est importante.

En février 1959, Michel Rocard, élève à l'ENA et en stage en Algérie, adresse un rapport sur les camps de regroupement à un proche de Paul Delouvrier, délégué général en Algérie. Le 31 mars, ce dernier donne l'ordre aux autorités militaires de suspendre les regroupements, et de concentrer les moyens sur l'amélioration des camps existants. Cet ordre sera assez mollement suivi.

L'existence des camps de regroupement et leur état est en général ignoré de la population métropolitaine, jusqu'au 22 juillet 1959, où Le Figaro fait la une avec un reportage de Pierre Macaigne qui scandalise les lecteurs. Une campagne d'opinion se lance. La comparaison avec les camps de concentration est évoquée. Dans les mois qui suivirent, la situation des regroupés sera petit à petit améliorée.

En 1961, la population totale de regroupés s'élève à environ deux millions de personnes[2], soit un tiers de la population rurale musulmane d'Algérie. De nombreux regroupés sont demeurés dans des camps de fortune après l'indépendance de 1962, et encore après 2000[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Vidal-Naquet, La Raison d'État, Paris, Éditions de Minuit, , 331 p. (notice BnF no FRBNF33215382)
  • Michel Cornaton, Les Regroupements de la décolonisation en Algérie..., Paris, Éditions ouvrières, , 296 p. (notice BnF no FRBNF32968787)
  • Michel Rocard, Rapport sur les camps de regroupement : et autres textes sur la guerre d'Algérie, Paris, Mille et une nuits, , 322 p. (ISBN 978-2-84205-727-5)
  • Benjamin Stora et Mohammed Harbi, La guerre d'Algérie : 1954-2004, la fin de l'amnésie, Paris, Robert Laffont, , 728 p. (ISBN 978-2-221-10024-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]