Camp de concentration de Banjica

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Camp de concentration de Banjica
Jajinci prisoner.jpg
Un soldat allemand pointe son arme sur un prisonnier à Jajinci
Présentation
Type Camp de concentration
Gestion
Victimes
Géographie
Pays Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Localité Voždovac
Coordonnées 44° 46′ 15″ nord, 20° 28′ 03″ est

Géolocalisation sur la carte : Serbie

(Voir situation sur carte : Serbie)
Camp de concentration de Banjica

Le camp de concentration de Banjica (en serbe cyrillique : Бањички логор ; en serbe latin : Banjički logor) était un camp de concentration nazi en fonction durant la Seconde Guerre mondiale en Serbie occupée. Il était situé à Belgrade dans le faubourg Banjica et dans l'actuelle municipalité urbaine de Voždovac[1]. Prévu au départ pour héberger des otages, il interna ensuite des Juifs, des Serbes, des Roms, des Partisans communistes et d'autres opposants au Troisième Reich. Les registres du camp conservent les noms de 23 637 prisonniers, dont 4286 trouvèrent la mort ou furent exécutés[1],[2]. En raison de sa valeur historique et humaine, le camp est aujourd'hui classé sur la liste des biens culturels de la Ville de Belgrade[3].

Le camp est resté ouvert de juin 1941[1] à septembre 1944. Il était géré conjointement par les forces d'occupation nazies sous le commandement de l'officier de la Gestapo Willy Friedrich[4] et par la Garde nationale serbe. L'administrateur du camp était Svetozar Vujković (en), un ancien policier, assisté de Đorđe Kosmajac, tous deux connus pour leur cruauté[2].

Les premières exécutions dans le camp eurent lieu fin juin 1941 contre « les communistes et les Juifs »[5]. La première exécution de masse eut lieu le , avec le meurtre de 170 prisonniers[6].

Fonctionnement du camp[modifier | modifier le code]

Le camp était spécialement réservé aux Serbes accusés d'êtres communistes, royalistes ou opposants à l'occupation ; en outre, environ 900 Juifs et 300 Roms transitèrent aussi par le camp durant la Seconde Guerre mondiale. Ses occupants y étaient amenés par les forces allemandes et par la police spéciale serbe. La police spéciale, dirigée par Ilija Paranos et Božidar Bećarević (pl), y conduisit 4 456 prisonniers, dont 1 409 y furent exécutés, soit 31,60 % de l'ensemble des morts liées au camp. Avant l'exécution, les prisonniers étaient interrogés et torturés. Les autres prisonniers furent amenés au camp par les forces armées, soit, principalement par la SS (11 311 arrestation, 1872 morts) et la Gestapo (1 773 arrestations, 326 morts)[2].

Jajinci, qui était alors un village près de Belgrade, servait de lieu d'exécution pour les occupants de Banjica. Certaines sources font état d'une exécution de masse de 250 à 450 Juifs le au lieu-dit de Trostruki surduk (en)[7].

L'un des prisonniers de Banjica était Toma Petrović, chauffeur de l'ambassadeur de Grande-Bretagne. Il avait tenté de cacher le plus possible d'armes et d'explosifs laissés dans les locaux de l'ambassade mais il fut découvert par la Gestapo.

Plusieurs milliers de prisonniers furent envoyés en camp de concentration ou en camp de travail en Allemagne ou en Pologne, comme à Mauthausen-Gusen et Auschwitz. Le musée de Banjica conserve aujourd'hui des objets enlevés aux prisonniers, comme des photographies, des effets personnels, des dessins et des objets artisanaux.

Le camp de concentration de Banjica a été fermé en septembre 1944, un mois avant le retrait des nazis de Belgrade. Son commandant, Willy Friedrich, a été jugé par une cour militaire à Belgrade le et condamné à mort[4].

Héritage[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le site du camp a été transformé en musée ; ce musée fait partie du Musée de la Ville de Belgrade.

En 1984, la Radio Télévision Belgrade a produit une série sur le camp intitulée Banjica[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Trial of the Major War Criminals Before the International Military Tribunal, Nuremberg by International Military Tribunal Contributor Hermann Göring International Military Tribunal 1947, page 283
  2. a b et c (sr) Zlatoje Martinov, « Logor Banjica – važno mesto u istoriji zločina », sur http://www.republika.co.rs, (consulté le 6 septembre 2012) - Compte-rendu du livre Logor Banjica – logoraši 1941–1944
  3. (en + sr) « Banjica Camp », sur http://beogradskonasledje.rs, Site de l'Institut pour la protection du patrimoine de la ville de Belgrade (consulté le 31 octobre 2012)
  4. a et b (en) « Noteworthy War Criminals Second World War-Europe. Commandants of Concentration Camps and Concentration Camp Trials » (consulté le 6 septembre 2012)
  5. (en) Christopher Browning, Fateful Months : Essays on the Emergence of the Final Solution. Holmes and Meyer, New York 1991, page 49
  6. (en) Sabrina P. Ramet, The three Yugoslavias : state-building and legitimation, 1918-2005, Washington, D.C. Bloomington, IN, Woodrow Wilson Center Press Indiana University Press, , 817 p. (ISBN 978-0-253-34656-8, OCLC 805097343, lire en ligne), p. 131
  7. (sr) « 5. »Konačno rešenje«, u Srbiji — prva faza », sur http://elmundosefarad.wikidot.com, Site de El Mundo Sefarad (consulté le 6 septembre 2012)
  8. (en) « Banjica », sur https://www.imdb.com, Site de l'Internet Movie Database (consulté le 6 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]