Mi (papillon)

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Euclidia mi

Le Mi ou le M noir (Euclidia mi) est une espèce de lépidoptères (papillons) de la famille des Erebidae.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

En France, ce papillon est connu sous les noms de « Mi »[1],[2],[3] ou de « M noir »[3]. Ces noms proviennent de la forme des motifs présents sur les ailes antérieures qui ressemblerait vaguement à un µ grec

Au Royaume-Uni, on l'appelle Mother Shipton Moth du nom d'une sorcière / voyante qui vécut dans le Yorkshire au début du XVIe siècle[4] dont le visage orné d'un grand nez crochu apparaît sur les ailes de l'imago.

L'imagerie populaire a inspiré le nom de ce papillon au Royaume-Uni

Dans les pays germanophones, on parle de Scheck-Tageule (scheckig signifie tacheté ou pie dans le cas d'un cheval).

Description[modifier | modifier le code]

L’envergure de l’imago atteint 25 à 30 mm. Ses ailes antérieures présentent des motifs gris, marron et blancs. Au milieu des ailes, sur le corps, apparaît une large structure sombre, au centre de laquelle une protubérance ronde et noire est visible. Les ailes postérieures sont brun foncé avec des bandes de taches jaunâtres ou blanches disposées en arc de cercle.

Les chenilles mesurent 40 mm de long et ont un corps glabre et mince. Elles ont seulement deux paires de fausses pattes anales, qui ne sont pas fonctionnelles. Elles sont de couleur jaune clair à brun beige, avec une bande longitudinale claire sur le dos et deux bandes sombres plus larges sur chaque côté qui peuvent aussi être partagées en lignes plus fines, et pour finir, une bande longitudinale claire sous les stigmates[5]. On peut confondre la chenille avec celle de la Doublure jaune.

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Biotope[modifier | modifier le code]

Euclidia mi vit principalement dans les terrains secs et dégagés tels les pelouses calcaires, les prairies, la lisière des forêts, mais aussi dans les prairies humides et en bordure des tourbières. Il est absent des prairies exploitées de façon intensive, recevant une fumure abondante[6].

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce est signalée en Europe occidentale et septentrionale et dans une grande partie de l'Asie.

Biologie[modifier | modifier le code]

Euclidia mi produit 2 générations par an dont l’imago vole de fin avril à mi-juillet puis de fin juillet à fin août. Les chenilles sont visibles de septembre à octobre (1re génération) et de juin à août pour la seconde génération. La seconde génération n'est que partielle. Les chenilles sont actives de jour comme de nuit et très sensibles aux vibrations. En présence d’un danger, ou au moindre choc, elles s’enroulent sur elles-mêmes et se laissent tomber sur le sol. On les retrouve souvent en train de dormir sur des plantes qui ne sont pas leurs plantes hôtes. Elles se nourrissent de trèfle des prés (Trifolium pratense), de génistelle (Genista sagittalis), de mélilot officinal (Melilotus officinalis), et de vesce de Cracovie (Vicia cracca). Le M noir hiverne à l’état de chrysalide, tantôt à même le sol et tantôt suspendu à une plante[6].

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce actuellement appelée Euclidia mi a été décrite par le naturaliste suédois Carl Alexander Clerck en 1759, sous le nom initial de Phalaena mi[7]. Par la suite, elle a longtemps été classée dans le genre Callistege Hübner, 1823 et connue alors sous le nom de Callistege mi. En 2003, le genre Callistege a été rattaché au genre Euclidia Ochsenheimer, 1816 dont il est aujourd'hui considéré comme un sous-genre[8]. On désigne depuis lors l'espèce sous le nom d’Euclidia mi ou Euclidia (Callistege) mi.

Protection[modifier | modifier le code]

En France, cette espèce ne fait pas partie des espèces protégées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lépi'Net.
  2. Muséum national d’Histoire naturelle [Ed]. 2003-2021. Inventaire National du Patrimoine Naturel, Site web : https://inpn.mnhn.fr., consulté le 13 décembre 2020
  3. a et b Papillons de Poitou-Charentes.
  4. http://www.wilsonsalmanac.com/mother_shipton.html
  5. L'article allemand d'origine a pour source principale : Heiko Bellmann, Der Neue Kosmos Schmetterlingsführer, Schmetterlinge, Raupen und Futterpflanzen, p. 260, Franckh-Kosmos Verlags-GmbH & Co, Stuttgart 2003, (ISBN 3-440-09330-1)
  6. a et b Heiko Bellmann: Der Neue Kosmos Schmetterlingsführer, Schmetterlinge, Raupen und Futterpflanzen, p. 260, Franckh-Kosmos Verlags-GmbH & Co, Stuttgart 2003, (ISBN 3-440-09330-1)
  7. FUNET Tree of Life, consulté le 14 décembre 2020
  8. Goater et al. (2003)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Günter Ebert (Hrsg.): Die Schmetterlinge Baden-Württembergs Band 5, Nachtfalter III (Sesiidae, Arctiidae, Noctuidae). Ulmer Verlag Stuttgart 1997. (ISBN 3-8001-3481-0)
  • Manfred Koch: Wir bestimmen. Schmetterlinge. Band 3. Eulen. Neumann Verlag Radebeul 2. Auflage 1972
  • Barry Goater, Lázló Ronkay, Michael Fibiger: Catocalinae & Plusiinae. - Noctuidae Europaeae, Volume 10., Sorø, 2003, (ISBN 87-89430-08-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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